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Auteur Sujet: "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?  (Lu 22504 fois)

19 février 2012 à 12:40:45
Réponse #25

DavidManise


Ouaipe, Dadou.  

Y'a deux extrêmes qu'il faut éviter.  

- Les "exigences d'enfant" d'un côté.  Vouloir tout, tout de suite.  Attendre que la solution tombe, toute cuite.  Pleurnicher et subir "même pas en silence" comme le dit si bien Woodrunner.

- De l'autre, cette bonne vieille culture du martyre samouraï marche ou crève...

Entre les deux, il y a une gestion intelligente de ses ressources, pour pouvoir durer, être utile sur le long terme tout en n'ayant pas une vie de m*rde si possible.  Après, chacun voit midi à sa porte hein.  Et je prétends pas être mieux qu'un autre.  Je me suis ruiné la santé en mode samouraï...  et je continue régulièrement à ne pas faire attention à moi, justement parce que je n'accepte pas le concept tout simple que j'ai le droit d'avoir des limites moi aussi.

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Stages survie CEETS - Weblog

19 février 2012 à 12:56:25
Réponse #26

Patrick


Pour ce qui suit, je suis entièrement d'accord.
Y'a deux extrêmes qu'il faut éviter.  

- Les "exigences d'enfant" d'un côté.  Vouloir tout, tout de suite.  Attendre que la solution tombe, toute cuite.  Pleurnicher et subir "même pas en silence" comme le dit si bien Woodrunner.
- De l'autre, cette bonne vieille culture du martyre samouraï marche ou crève...

Entre les deux, il y a une gestion intelligente de ses ressources, pour pouvoir durer, être utile sur le long terme tout en n'ayant pas une vie de m*rde si possible.  Après, chacun voit midi à sa porte hein.  Et je prétends pas être mieux qu'un autre.

J'ai juste un doute sur la propension naturelle de la plupart au perpétuel évitement, l'affrontement étant nécessaire en certaines circonstances.

19 février 2012 à 12:59:50
Réponse #27

DavidManise


Moi aussi :'(

Mais bon après y'a la sélection naturelle qui fera son boulot aussi...

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Stages survie CEETS - Weblog

19 février 2012 à 13:07:01
Réponse #28

azur


J'ai 43 ans et ai changé de boulot un certain nombre de fois (beaucoup). Pourquoi ? ormis les jobs alimentaires qui me permettaient de manger en attendant de trouver autre chose de plus interressant, j'ai quitté certaines places parceque je ne m'y retrouvais plus, que je m'étais trompé. J'aurai pu, parfois, regretter mes choix, cela m'a couté de l'argent.
Mais je suis resté libre.
Maintenant, je suis un peu "casé", ce que je fais me plais.
A part au niveau mental (et encore), je ne juge pas cela etre du ressort de la survie, mais comme l'a dit Patrick, du sens de l'adaptation.
Si on peut se permettre de quitter un boulot qui ne nous plait pas en ayant des solutions de secours, pourquoi se priver  8)
Cependant, comme je le répète à ceux des jeunes que j'encadre (génération zapping) qui veulent changer d'emploi dès que celui qu'ils ont leur semble trop pénible / rébarbatif / inintéressant (rayez la mention inutile...): un métier, c'est d'abord pour avoir à manger et pouvoir dormir à l'abri, et ça n'est pas forcément prévu pour être agréable, sinon on ne serait pas payé pour le faire... et ça serait un loisir!
Évidement, le fait d'être chargé de famille a une influence sur la décision. Et c'est clair que si on peut concilier les deux, autant ne pas se priver.

Si les gens sont en train de craquer dans ces conditions, je ne donne pas cher de leur peau en conditions dégradées sur le long terme.

Que nos sociétés soient en bout de course, en état littéral de décadence et aillent vers autre chose OK, et c'est probablement souhaitable, mais serions nous devenus si fragiles et sensibles et admis notre propre condamnation à subir nos destins pour "craquer" ?
Je crois que si les gens craquent, c'est parce qu'ils refusent d'admettre qu'ils ont accepté de subir. On cherche en permanence à trouver un responsable pour ses propres erreurs... c'est un déni de responsabilité. Si, au lieu de s'apitoyer sur leur sort, il se prenaient en main, ils s'apercevrait Ô MIRACLE que ce n'est pas si compliqué, et qu'ils ne sont pas si malheureux!

Pour être heureux, il faut déjà le vouloir!!!
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

19 février 2012 à 13:29:39
Réponse #29

DavidManise


Je crois que si les gens craquent, c'est parce qu'ils refusent d'admettre qu'ils ont accepté de subir.

put**n, celle là j'te la pique, si tu permets :doubleup:
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Stages survie CEETS - Weblog

19 février 2012 à 13:32:38
Réponse #30

azur


put**n, celle là j'te la pique, si tu permets :doubleup:
mais je te z'en prie... si ça peut aider! :trash:
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

19 février 2012 à 14:12:05
Réponse #31

Kipik


Je crois que si les gens craquent, c'est parce qu'ils refusent d'admettre qu'ils ont accepté de subir. On cherche en permanence à trouver un responsable pour ses propres erreurs... c'est un déni de responsabilité. Si, au lieu de s'apitoyer sur leur sort, il se prenaient en main, ils s'apercevrait Ô MIRACLE que ce n'est pas si compliqué, et qu'ils ne sont pas si malheureux!
Pour être heureux, il faut déjà le vouloir!!!

Tout cela m'apparaît vrai.
Dans le même temps, je ne suis pas certain que ce soit si simple pour tout le monde.
Quand un programme est installé sur l'OS "esprit humain", c'est très complexe à désinstaller.
Le conditionnement de soumission, qu'il soit là parce qu'il a été un élément appuyé du dressage de l'enfance ou qu'il soit un mécanisme de défense, une sorte d'occultage klingon social, il a une raison d'être.

Après... c'est effectivement un état d'esprit qui ne va pas disparaître de lui même comme par magie. La guérison ne peut s'initier que par une démarche personnelle et volontaire. Ouille ! L'image qui me vient à l'esprit, c'est celle d'une personne dans une barque qui rame comme un malade et qui n'avance pas parce que celle ci est attachée à une ancre fixée au fond de l'eau. Bref, il a intérêt à trouver un couteau pour couper le cordage ! Et là, est-ce que tout le monde peut y arriver ? Sincèrement, je ne sais pas.

La lecture de ce forum m'a fait prendre mieux conscience à quel point la survie en milieu hostile était dur, demandait des connaissances pointues et un apprentissage long. Le survivaliste de salon, dont je fais encore parti, paumé dans la pampa, il ne survivrait pas très longtemps et servirait vite de délicieux festin aux insectes nécrophages (les veinards). Mais le sentiment que j'ai, c'est que paradoxalement, la vie en société, même en y étant correctement intégré avec un emploi et un domicile, génère un stress terrible et exponentiel parce que face à ce qu'on perçoit à tort ou a raison comme une menace, on ne peut pas réagir naturellement, c'est à dire courir ou se battre. Enfin, disons que c'est très compliqué à mettre en œuvre, et ça peut être impossible selon le milieu où l'on est. Bref, en dehors des menaces réelles sur son intégrité physique, l'ennemi, c'est AMHA le petit vélo que l'on a dans la tête.  

19 février 2012 à 14:12:44
Réponse #32

** Serge **


Depuis l'apparition de ce sujet sur le forum, une citation d' Anthony Robbins ( dont je suis loin de partager toutes les vues ) me trotte en tête tellement elle s'y applque à merveille :

To effectively communicate, we must realize that we are all different in the way we perceive the world and use this understanding as a guide to our communication with others.

Tony Robbins


"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

19 février 2012 à 14:15:02
Réponse #33

zapi


Citer
Le seul point où on n'est pas d'accord, c'est sur le "on doit composer avec".  Pour moi c'est comme si tu me disais qu'en survie on doit rester sous la pluie et composer avec.  Hors de question.  Je compose pas avec la pluie.  Je me fous à l'abri, et si on est en groupe ben on se fout collectivement à l'abri.

Le bavardage des autres c'est parfois comme la pluie. Un camarade de promotion (vétérinaire )s'est suicidé dernièrement ( a 38 ans ) donc oui le boulot peut tuer, il n'est pas facile de trouver un équilibre qui plus est pour les humains un équilibre c'est dynamique ça bouge tout le temps et on voudrait gueuler une bonnne fois, mais c'est pas possible, sinon tout le monde va nous regarder de travers, ( je precise que je n'ai pas de problèmes particuliers mais comme veterinaire gros animaux je peux gueuler tout seul dans ma bagnole, ce qui me permet de pas engueuler les gens qui me doivent des sous , me téléphonent le week-end ou au soir, ce qui se rajoute a mes petits tracas familiaux (anodins certes) alors non j'ai pas une vie de m*rde mais des fois "la pluie" me fais chier. je pense pas que les gens heureux soient majoritaires, les gens sont résignés, alors ils essaient d'oublier la pluie qui rend leur vie toute grise: internet, la biere, la clope, bavarder, les courses, le lotto, les vacances. c'est des pauses, d'autres luttent, parfois de manieres frenetique; chacun doit trouver son equilibre: mais vu le nombre de suicide, de divorce, de calmants vendus, d'anti dépresseurs faut pas dire que c'est facile.
« Modifié: 19 février 2012 à 14:54:06 par Bison »

19 février 2012 à 14:19:20
Réponse #34

Bison


Bon, on n'a pas beaucoup avancé dans la direction du message initial.
Discussion bloquée le temps de faire le ménage

Ménage fait, discussion débloquée

Ce message sera bientôt effacé.
« Modifié: 19 février 2012 à 15:08:18 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

19 février 2012 à 14:19:47
Réponse #35

azur


Et quand ton taf ne te permet plus de te loger correctement, de remplir le frigo, de payer le chauffage, de te soigner correctement parce que ton salaire a été réduit par ce qu'autour de toi tout augmente et parce que ou que tu ailles il en est ainsi tu fais quoi ?
Tu n'as pas bien lu le préambule: ce conseil s'adresse à ceux (nombreux dans les jeunes de la génération zapping) qui passent de métier en métier parce qu'aucun ne leur plait.Quand on leur pose la question, la réponse est presque invariable: "c'est trop dur, c'est chiant, c'est pas intéressant... y a des jours où j'ai pas envie"  :glare:

Citer
pour être heureux il suffit de le vouloir ?
on devrait dire ça aux grecs , suis sur que ça les ferrait marrer ce genre de poncifs
Tu as encore mal lu...  :closedeyes: j'ai dit: pour être heureux, il faut déjà le vouloir.
C'est un état d'esprit: il y a ceux qui sont d'éternels insatisfaits... et ceux qui, malgré les difficultés, tirent du bon de chaque épreuve.

Tu as picolé, hier soir?  ::)
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

19 février 2012 à 15:07:14
Réponse #36

Bison


MP reçu de Micamar


Citation de: Micamar
"Je tiens à tous vous remercier pour vos interventions.

Cela me permet de m'améliorer. J'entends par là de devenir vraiment meilleur.

En fait je fais juste un passage éclair, et je me permets de répondre à tous ceux qui ont parlé de Caliméro, qui semblent croire que je geins et que je gémis (j'ai lu en diagonale, hein, je ne vise personne en particulier). Sauf votre respect, veuillez lire ma présentation. Je suis l'antithèse du type qui geint.

Avec une douleur au genou droit qui me pousse à souhaiter l'amputation, et qui me lâche à peine quand je dors, je suis plutôt du genre à serrer les dents, voir les miches, et à avancer, quitter à boiter, quitter à y aller à cloche pieds. Si j'ai pas de bus pour aller au taf, je fais du stop.

Infirme, mais adaptable.

Fin de la mise au point.

Je voulais juste mettre le doigt sur un possible cas de survie. Après, on peut appeler autrement les cas de défenestration des employés d'EDF ou France Télécom.

Mais comme je n'ai lu qu'en diagonale les réponses, je préfère prendre le temps de lire, et je posterai une réponse. A tête reposée, comme disait Louis XVI (ça marche aussi avec Marie Antoinette).

Dans mes lecture attentives de réponses, j'inclus ton lien, David (permets que je te tutoie).


Encore un grand merci à tous.


Micamar"

La présentation de Micamar

Je suis de ceux qui pensent que le sujet évoqué par Micamar est un sujet grave.

Je libère le fil, et on reste dans le cadre "relations humaines sur les lieux du travail" ...


Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

19 février 2012 à 23:25:48
Réponse #37

Bomby


Bonjour,

Je vais répondre un peu de façon globale, en axant surtout sur deux points : ce que je suis et ce que je cherche.

(...)

Le problème se trouve là. J'écoute et j'entends des choses qui soit me déplaisent, soit me choquent, soit m’indiffèrent totalement.

Et c'est à ce moment que la situation relève de la survie. En exagérant à peine, car j'éprouve le besoin de me protéger des fadaises, banalités, niaiseries, bétises, méchanceté que j'entends. Ou que je vois. Par exemple, voir un collègue faire sa vaisselle à l'eau courante me met dans un état de souffrance. Supportable, certes, car le pronostic vital n'est pas engagé, mais une souffrance tout de même.

Est-ce le fruit de mon imagination, ou d'un conscience aigüe de faire partie d'une totalité vivant, fragile et finie ?

J'ai bien conscience que le fait de vivre en collectivité nécessite de faire des concessions, de mettre son mouchoir dans sa poche.

Je souffre peut-être d'un excés de sensibilité. J'ai pas dit sensiblerie. Autre exemple : je ne supporte pas les caquetage, les gloussements des certains collègues. Alors je vais me résigner à mettre de l'eau dans mon vin.

Mais qu'en est-il de la méchanceté, de la mesquinerie, celle que l'on doit affronter tous les jours ? Celle qui mine, qui use.


Pour info, je fais un boulot loin d'être pénible. Je suis assistant comptable en cabinet et ma seule contraire, en dehors des horaires, c'est une certaine productivité. Mais la vie est affaire de choix.


S'il s'avère en fait que tout n'est que le fruit de mon  imagination, je me mettrai en quête d'un psy, les modérateurs supprimeront ce fil et je me concentrerai sur les techniques de production du feu.  ;D

(...)

Salut Micamar,

ce que tu décris semble correspondre au fait que tu sur-réagis aux comportements de tes collègues quand ces comportements te déplaisent, a priori une sur-réaction émotionnelle qui pour toi entraîne une souffrance et qui te mine...

A priori, le problème viendrait plutôt de toi et de ta gestion des tes émotions, déceptions, agacements... Ceci étant peut-être lié aux épreuves que tu as connues et qui te rendent probablement moins tolérant que d'autres à un certain nombre de petites mesquineries ou bêtises du quotidien...

Tu évoques l'idée de te mettre en quête d'un psy... Si tu valides le fait que c'est plutôt toi qui surréagis à des choses que la plupart endurent sans souffrance ou sous difficulté particulière, fussent-elles déplaisantes, c'est sans doute une bonne idée... Tu ne seras pas le premier (ni le dernier) et, dans ce genre de cas, non seulement la personne concernée mais aussi son entourage proche ont souvent beaucoup à y gagner (là, je parle d'expérience)...

Par ailleurs, et de façon plus générale, je suis toujours personnellement gêné par le fait de voir imputer trop de difficultés d'équilibre psycho-affectif, voire des dépressions ou des suicides, au contexte de travail...

Dans les cas réellement critiques, il semble peu probable que le seul cadre de travail soit en cause, même s'il peut jouer un rôle réellement néfaste et par exemple celui d'élément déclencheur ou révélateur...

Fort heureusement par exemple, tous les employés de certaines entreprises stigmatisées (parfois hâtivement) pour des séries de suicides n'ont pas décidé d'en finir avec la vie...

Ici, dans ton cas, Micamar, j'ai un peu l'impression que tu évoques le contexte du travail parce que c'est dans ce contexte là que tu dois côtoyer des personnes que tu n'as pas choisies et dont certains travers te gênent... Dans les autres contextes (amicaux, familiaux), tu es probablement en mesure de faire un tri ou de limiter la fréquentation de l'autre...

Mais finalement, j'ai vraiment le sentiment que ton problème est plus de ne pas personnellement sur-réagir à tout ce qui te déçoit ou t'est désagréable lorsque tu te heurtes à l'altérité de l'autre, ce que la fréquentation imposée de tes collègues de travail met plus en évidence que la fréquentation de ceux dont tu as fait le choix qu'ils te côtoient...

Cordialement,

Bomby

20 février 2012 à 09:49:34
Réponse #38

Patrick


Le bavardage des autres c'est parfois comme la pluie. Un camarade de promotion (vétérinaire )s'est suicidé dernièrement ( a 38 ans ) donc oui le boulot peut tuer,
Zapi, je suis sincèrement peiné pour ton camarade. Mais je suis désolé le boulot seul ne tue pas par suicide. Il tue par AVC, infarctus, accident, meurtre mais rarement par suicide même si ceux-ci sont commis au travail et relèvent de situations intolérables.

Ce qui amène à se suicider c'est quand les autres sphères de la vie sont aussi impactées.

Souvent, il est plus facile/admissible socialement de stigmatiser le boulot, le patron, l'encadrement, les collègues que d'autres sphères plus intimes et pourtant qui nous minent bien plus en profondeur.

20 février 2012 à 10:13:33
Réponse #39

raphael


Zapi, je suis sincèrement peiné pour ton camarade. Mais je suis désolé le boulot seul ne tue pas par suicide. Il tue par AVC, infarctus, accident, meurtre mais rarement par suicide même si ceux-ci sont commis au travail et relèvent de situations intolérables.

Ce qui amène à se suicider c'est quand les autres sphères de la vie sont aussi impactées.

Souvent, il est plus facile/admissible socialement de stigmatiser le boulot, le patron, l'encadrement, les collègues que d'autres sphères plus intimes et pourtant qui nous minent bien plus en profondeur.

j'ai du mal avec cette explication des suicides au travail, elle est en plus souvent avancée par l'employeur pour se défausser lors de l'enquete de l'inspection du travail.

J'ai connu un cas là ou je bosse, un homme avec des responsabilités importantes qui avait fait sa réputation en menant a bien des projets difficiles. Evidemment le jour ou il y a eu un projet bien merdique : client très chiant, planning intenable, aspect technique très pointu ; c'est lui qui a été designé. Devant les difficultés il s'est vite retrouvé isolé (merci les collegues  :down:) mais la pression de la direction s'est rapidement accrue car même en bossant comme un taré il n'y ait arrivé pas et le client demandé des comptes tous les jours en se plaignant directement au PDG. Ben un jour il s'est pendu tard le soir dans son bureau.

Se connaitre et s'accepter


20 février 2012 à 10:40:47
Réponse #40

Bison


Citer
J'ai connu un cas là ou je bosse, un homme avec des responsabilités importantes qui avait fait sa réputation en menant a bien des projets difficiles.

Je ne peux évidemment pas connaître la réalité de ce cas, mais, une success story au niveau carrière, qui se solde par un échec, cela fait mal. Plus mal à certains qu'à d'autres.

Surtout si le "succès" dure depuis longtemps :  succès dans les études, principes d'éducation qui consisidèrent ce succès comme une obligation.
Qui considèrent aussi qu'il faut relever les challenges difficiles, assumer en travaillant comme un fou ...

Possible aussi que le succès dans la vie privée repose sur des bases semblables :  je suis un bon mari, un bon père ... si je réussis bien ma vie professionnelle.

Avec le corollaire ... si je rate, je ne suis plus rien.
Et on peut rapidement aussi voir la vie privée se dégrader à grande vitesse ...

Je rejoins Patrick :  une personne avec un sens "normal" de la (sur)vie ne va pas se suicider simplement parce que cela foire au boulot.
Heureusement ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

20 février 2012 à 12:39:59
Réponse #41

zapi


"Je rejoins Patrick :  une personne avec un sens "normal" de la (sur)vie ne va pas se suicider simplement parce que cela foire au boulot.
Heureusement ... "

ben je suis pas d'accord, d'abord les gens vraiment "normaux" il y en a pas beaucoup, ensuite il y a des boulots qui te prennent ta vie: soit par un volume de travail a fournir énorme, soit par des horaires contraignants, soit par des conditions tres pénibles,  donc tu ne vis plus que pour ton boulot, tu ne vis plus que ton boulot, et si la situation se dégrade, il faut croire que beaucoup de gens se sont enfoncés dans un processus ( justement parce qu'ils ont voulus tenir le coup en serrant les dents ) et ne peuvent plus en sortir seuls. dans certains cas le suicide ( par le biais d'assurance ) permet d'assurer la vie economique de la famille .

dans certains cas les gens passent par un palliatif: alcool, medicament, cigarette ce qui prouve bien les effets délétères du stress subit.

Donc sans aller jusqu'au suicide, les autres peuvent etre a l'origine d'un inconfort sur le lieu de travail, c'est quasiment du cas par cas pour résoudre ce type de problème tres ancien et dont les entreprises se préoccupent puisque certaines d'entre elles organisent des team building.

Peut etre organiser ton propre team building en trouvant des points communs et des sujet de discussion commun ( vive le foot ) ?

Savoir ( si possible) se menager une pause au silence ( vive le mp3 ), en parler pour éliminer, en rire avec d'autres, prendre une semaine de vacances ?
Trouver un espace



20 février 2012 à 12:51:37
Réponse #42

Patrick


ben je suis pas d'accord, d'abord les gens vraiment "normaux" il y en a pas beaucoup, ensuite il y a des boulots qui te prennent ta vie: soit par un volume de travail a fournir énorme, soit par des horaires contraignants, soit par des conditions tres pénibles,  donc tu ne vis plus que pour ton boulot, tu ne vis plus que ton boulot, et si la situation se dégrade, il faut croire que beaucoup de gens se sont enfoncés dans un processus ( justement parce qu'ils ont voulus tenir le coup en serrant les dents ) et ne peuvent plus en sortir seuls. dans certains cas le suicide ( par le biais d'assurance ) permet d'assurer la vie economique de la famille .
Désolé, mais il ne faut en aucun cas espérer survivre a un mode dégradé si tu ne vis plus que ton boulot. Parce que là, il s'agit du plus léger des modes dégradé que l'adversité des autres et la complexisation des paramètres.

Là où ça pêche c'est quand la personne est "son boulot" aussi en dehors du boulot, qu'il la caractérise aux yeux de ses proches et que la perspective de le perdre lui ferai ainsi perdre tout ce qu'il croit avoir.

Par contre, si autours de lui il a des gens de valeur qui le voient non pas comme un individu de pouvoir ou de réussite mais comme l'humain qu'il est et, plus important si lui se voit ainsi, il pourra surmonter.

Pas la peine d'espérer surmonter de grandes catastrophes planétaires ni des combats titanesques si on se conforte dans ce plan là.

Quand ma santé à décliné et que je me suis retrouvé dans l'incapacité de faire ce qui comptait vraiment beaucoup pour moi, y compris au travail il y a eu des proches qui on su me dire et me prouver qu'ils voyaient et estimaient qui j'étais et non ce que je faisais.

20 février 2012 à 13:12:12
Réponse #43

azur


Entièrement d'accord avec Patrick pour les quelques cas que j'ai pu voir.

Là où ça pêche c'est quand la personne est "son boulot" aussi en dehors du boulot, qu'il la caractérise aux yeux de ses proches et que la perspective de le perdre lui ferai ainsi perdre tout ce qu'il croit avoir.
Quelque-part, c'est la peur de se sentir dévalorisé ou de se montrer inférieur quand on s'est vu porté au pinacle qui pousse les gens au suicide après un échec professionnel. On pourrait presque dire que c'est un manque de capacité à être humble et/ou modeste qui les tue.

D'où l'importance, à mon avis, comme je le dis plus haut, de bien garder à l'esprit qu'un boulot, c'est d'abord pour se nourrir et se loger... le reste, c'est du bonus et on peut avoir à s'en passer.

J'ai de mes amis qui ont été mis en causes dans des affaires publiques et ont vu leur réputation ruinée, leur carrière sabrée pour finalement être jeté comme des malpropres (pour couvrir certains chefs, mais c'est une autre histoire)... Humbles, ils ont pris des emplois modestes (qui tranchent avec l'emploi précédent où ils avaient une certaine renommée) et s'investissent dans d'autres activités...
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

20 février 2012 à 13:25:16
Réponse #44

Moleson


Il faut remettre un peu l'église au milieux du village et ne pas confondre survie et petits inconvénients de la vie de tout les jours.

Si quelqu'un se suicide, c'est ni à cause de ses collègues de travail, ni a cause d'une charge de travail trop importante. Si par après on creuse un peu, on va souvent retrouver une souffrance dépressive de longue durée, simplement pas remarquée par l'entourage.
Il s'agit d'une maladie au même titre qu'un cancer.

Alors oui pour quelqu'un qui souffre d'un cancer, respectivement d'un état dépressif il s'agit bien d'une lutte pour la survie.

La tendance lourde aujourd'hui est d'avoir une pléthore de Calimero, pour lesquels un horaire contraignant, des collègues pas sympa, un patron pénible et un boulot pas intéressant est synonyme de de survie. Ils sont dans cette attente, j'ai droit à..... et si c'est pas rempli, ben les pauvres il faut leur organiser une cellule psychologique.

On est en plein dans une société d'assistés et d'abondance
Si on peut se permettre de quitter un boulot qui ne nous plait pas en ayant des solutions de secours, pourquoi se priver  8)
Cependant, comme je le répète à ceux des jeunes que j'encadre (génération zapping) qui veulent changer d'emploi dès que celui qu'ils ont leur semble trop pénible / rébarbatif / inintéressant (rayez la mention inutile...): un métier, c'est d'abord pour avoir à manger et pouvoir dormir à l'abri, et ça n'est pas forcément prévu pour être agréable, sinon on ne serait pas payé pour le faire... et ça serait un loisir!
....
Il faut déjà pouvoir se le permettre...... Ça veut juste dire si on le fait on va pas crever de faim... C'est pas partout la même chose.


Si on veut vraiment voir ce qui peut devenir un problème existentiel, voici l'histoire d'un patient:
A 16 ans en tant que Kosovar il arrive en Suisse. Il fait un apprentissage, trouve un travail et travaille dans la même boîte depuis plus de 15 ans. Il y a 3 ans, son chef est remplacé par un gros con qui mets tout le monde sous pression. Résultat il est le seul de tous les employés avant l'arrivée de supérieur qui n'est pas parti. La raison pour laquelle il est pas parti est son patronyme (Kosovar), qui fait qu'aucune demande d'emploi à été considérée (un peu comme quand on s'appelle Mohammed en France).
Il y a une famille, dont 2 enfants qu'il doit nourrir.
Il n'a pas le choix, il doit supporter une situation qui a fait craquer tous ces collègues de travail. Résultat il doit prendre des anti-dépresseurs pour tenir le coup.
Ça c'est une situation de survie au travail, pas le bavardage des collègues ou le fait qu'un collègue fait la vaisselle à l'eau courante.

Citer
On s'adapte moins difficilement, en tant qu'homo sapiens, à une vie carrément dure matériellement, mais où on a la possibilité de s'exprimer, d'exister dans l'action, qu'à ces vies où tout un système compliqué nous fait vivre une violence peut être moins physique et moins directe (et carrément moins intense), mais permanente, omniprésente, et surtout contre laquelle on ne peut rien...  on subit une violence diluée et devenue banale dans le quotidien, mais on n'a pas d'ennemi sur qui focaliser notre action de défense.  Donc on monte en pression.
C'est juste, mais c'est un phénomène de société. C'est une des conséquence de notre société d'abondance et de tolérance zéro, qui crée un carcan de règles dont le but est d'éviter toute aspérité de la vie et qui finalement donne surtout des outils à tous le nocifs pour te pourrir la vie.
Et ce qui est stressant sont les phénomènes que l'on peut pas influencer.

Moléson

20 février 2012 à 13:33:13
Réponse #45

azur


On est en plein dans une société d'assistés et d'abondance Il faut déjà pouvoir se le permettre...... Ça veut juste dire si on le fait on va pas crever de faim... C'est pas partout la même chose.
L'idée de cette phrase, c'est que si le travail ne nous apporte ni gloire, ni béatitudes, ni extase, ni richesse, ni célébrité... et qu'il nous apporte quand même de quoi manger et nous abriter, ben c'est déjà suffisant pour se considérer comme "pas malheureux" et "pas à plaindre".
Malheureusement, actuellement, beaucoup de nos concitoyens ont perdu le sens des priorités...
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

20 février 2012 à 13:35:30
Réponse #46

Bison


Citer
il y a des boulots qui te prennent ta vie: soit par un volume de travail a fournir énorme, soit par des horaires contraignants, soit par des conditions tres pénibles,  donc tu ne vis plus que pour ton boulot, tu ne vis plus que (par) ton boulot

Oui mais ... comment arrive-t-on a ainsi se faire voler sa vie?

Ok, il y a des boulots passionants.
Passionnants jusqu'à être "dévorants" ...
Mais, même quand la passion finit par un clash plus ou moins rude - ce qui est une fin prévisible, quasi normale - la grande majorité des gens ne se laissent pas abattre au point de se flinguer.

Maintenant, si ce boulot "qui bouffe la vie" n'est même pas passionnant, tomber dans son piège relève, amha d'une prédisposition.
 - inquiétude maladive (pour soi-même, pour les siens)
 - manque d'estime de soi, désir de se valoriser par le boulot
 - lavage de cerveau (éducation "à subir", sens du devoir)
 - incapacité à "profiter de la vie"
 - ?

Ce sont des lieux communs, et pourtant!
On gagnerait beaucoup à apprendre à nos enfants à vivre pleinement leur vie.
Il y a des parents qui y sont attentifs, d'autres qui tiennent absolument à faire de leurs gamins de bons petits soldats ...

Maintenant, au niveau des entreprises bien gérées, le "burnout" des cadres trentenaires, c'est un risque bien connu.
Pour un "manager", c'est d'abord un risque pour l'entreprise.
Parce que l'on n'aime pas voir craquer les éléments de valeur ...

Alors, comment prévenir ce "burnout"?
À titre personnel?
En temps que chef?
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

20 février 2012 à 13:46:09
Réponse #47

zapi



20 février 2012 à 13:48:42
Réponse #48

azur


Alors, comment prévenir ce "burnout"?
À titre personnel?
En temps que chef?
- A titre personnel: avoir une grosse capacité à relativiser les choses... ou avoir un cercle familial-amical qui sera capable de donner électrochoc déclencheur
- en tant que chef: retirer certaines voire toutes les responsabilités au gars, ou le mettre en congé d'office (dans l'armée, on peut, quid du civil?).

Il est parfois préférable de donner (d'imposer?) une semaine de congé en urgence à un cadre un peu tendu... que de devoir constater le "burnout" après coup, et s'en passer pendant 6 mois de l'arrêt de travail (ou recruter un nouveau qu'il faudra former).
Suite à la vague de suicide chez Orange, j'avais entendu un médecin du travail sur France-Info qui expliquait que les managers ne reçoivent aucune formation humaine, et qu'il constatait chez une bonne part des employés un malaise devant le manque d'humanité de ces managers... Et pourtant, moyennant quelques efforts minimes, il y aurait des économies facile à faire dans les arrêts de travail.

Dans l'armée, un fort absentéisme médical est souvent le signe d'un commandement inadapté, trop rigide, partial ou démago... à l'inverse, un chef exigeant, mais humain et juste, obtient souvent d'assez bon résultats.
« Modifié: 20 février 2012 à 15:42:10 par azur »
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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