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Auteur Sujet: Le stress, portrait d'un tueur - John Heminway  (Lu 5487 fois)

09 août 2011 à 09:39:14
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run974


Un documentaire intéressant en rediffusion actuellement sur France 5.

Durée 52'  Année 2008
Production National Geographic Television / Stanford University

(1/5...)
http://www.dailymotion.com/video/xbw0d6_1x5-le-stress-portrait-d-un-tueur_news

Citer
Le stress est extrêmement répandu dans nos sociétés modernes et semble nous guetter à chaque tournant. Il gâche nos journées et nous empêche de dormir la nuit.
De nouvelles découvertes scientifiques dévoilent à quel point le stress peut être dangereux ; loin d'être un simple état d'âme, le stress est un phénomène réel et quantifiable. Il peut à la longue détruire les cellules de nos cerveaux, nous faire grossir, boucher nos artères, et même attaquer nos chromosomes.
http://documentaires.france5.fr/documentaires/le-stress-portrait-dun-tueur


Citer

Indispensable à la survie, le stress entraîne à doses chroniques des effets dévastateurs sur les organismes. C'est ce dont témoignent deux études. L'une menée sur les primates par le neurobiologiste Robert Sapolsky de l'université de Stanford et l'autre réalisée pendant plusieurs années sur des fonctionnaires britanniques par le Pr Michael Marmot.

« Quand on cherche à sauver sa vie, les fonctions essentielles prennent le dessus. Les poumons s'emballent pour envoyer d'énormes quantités d'oxygène dans le sang, le coeur s'accélère pour la transporter à travers le corps et permettre aux muscles de réagir instantanément, la tension artérielle augmente pour fournir l'énergie dont le corps a besoin. Tout le reste est oublié : la croissance, la reproduction... Ce n'est pas le moment d'ovuler si votre vie est en jeu, vous ferez cela après. S'il y a un après... » Depuis plus de trente ans, le neuro-biologiste Robert Sapolsky étudie les conséquences du stress sur les primates. Objet de ses attentions, une colonie de babouins du Masaï-Mara, au Kenya. -« Pour un mammifère normal, poursuit le chercheur, le stress, c'est trois minutes de terreur dans la savane. Après, soit il s'en sort, soit il meurt. »
Pour les singes sur lesquels il travaille, il en est tout autrement : « Si vous êtes un babouin ici, il ne vous faut que trois heures par jour pour vous procurer votre compte de calories. Cela vous laisse donc neuf heures de libre pour rendre la vie de vos congénères infernale. Ils ne sont pas stressés parce que les lions les pourchassent, ils sont stressés les uns par les autres par des tensions socio-psychologiques qu'ils ont eux-mêmes inventées. »
Grâce aux analyses des prélèvements cellulaires et sanguins qu'il a effectués sur eux, Sapolsky a mis en évidence que la position sociale d'un singe dans le groupe conditionne son taux d'hormones du stress. En clair : « Les mâles les plus agressifs et les plus rusés, explique-t-il, arrivent au sommet et bénéficient de tous les avantages : femelles à gogo, nourriture à profusion et cortège inépuisable de toiletteurs. Les autres, les subalternes, sont soumis à un stress chronique dont attestent un rythme cardiaque et une tension artérielle plus élevés. »

Cette découverte a valu au scientifique américain le Prix du génie de la Fondation MacArthur en 1987. Elle a aussi conduit le Pr Michael Marmot, un universitaire londonien, à mener sur plusieurs années une vaste étude auprès de 28 000 agents de la fonction publique britannique : « Cette étude, indique-t-il, a montré que plus vous êtes au bas de la hiérarchie, plus le risque de maladies, surtout cardiaques, est important. Ceux qui sont au deuxième rang sont plus menacés que ceux qui sont au sommet, et ainsi de suite jusqu'en bas de l'échelle. » Un individu baignant dans un stress chronique a donc plus de risques de voir son état de santé altéré. Tout un chapelet d'affections, des ulcères gastriques aux problèmes cardio-vasculaires, de l'obésité aux problèmes graves de sommeil, de la dépression aux troubles psychiatriques, qui conditionnent directement l'espérance de vie.
Mais les effets du stress n'ont pas que des conséquences physiologiques visibles ; avec le temps, les télomères, la structure terminale de nos chromosomes, sont eux aussi modifiés. En étudiant le patrimoine génétique d'un groupe de mères d'enfants handicapés, Elizabeth Blackburn, de l'université de San Francisco, a ainsi pu observer leur effilochage, dont le corollaire est le vieillissement accéléré : « Pour chaque année passée à vous occuper d'un enfant chroniquement malade, vous vieillissez de six ans », assure même Robert Sapolsky.

Un processus réversible:

Des dommages qui ne sont, heureusement, pas irréversibles, et pour peu que les causes du stress disparaissent, les télomères peuvent retrouver leur forme initiale. Parmi les remèdes chaudement recommandés par les médecins figurent la compassion et le souci des autres, la sociabilité et l'entraide, mais aussi le plaisir et la détente. Adopter des comportements sociaux plus intelligents que ceux de nos cousins les singes finira bien, un jour, par être à notre portée. Il en va de la santé publique dans nos sociétés hautement hiérarchisées.



;)

« Modifié: 09 août 2011 à 11:33:34 par run974 »

09 août 2011 à 11:14:07
Réponse #1

** Serge **


Un petit article simple, en complément :

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/sante/200903/23/01-839154-le-stress-positif-mythe-ou-realite.php

Le stress positif, mythe ou réalité ?





Selon Éric Gosselin, professeur de psychologie du travail et des organisations à l'Université du Québec en Outaouais, le stress positif au travail est un mythe tenace et une croyance populaire qu'il faut dénoncer.

     
Quand on demande à un patron si ses employés sont stressés, il arrive souvent de l'entendre répondre qu'ils le sont... juste assez! Le stress positif comme moteur de performance est reconnu depuis longtemps par la majorité des psychologues, et on en parle dans la plupart des manuels de gestion.

«Le stress positif est ce qui met du piment dans notre vie et on en a besoin, dit Richard Pépin, professeur en comportement organisationnel à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il est bénéfique dans la mesure où ça ne dépasse pas nos capacités d'adaptation.»

 

Quand on donne à un employé des objectifs élevés mais accessibles, on crée un stress positif qui le stimulera, explique M. Pépin. C'est un facteur d'accomplissement.

«Un stress positif encourage à aller au-delà de nos limites et à trouver un sens à notre vie et à notre travail, dit-il. L'employé qui n'a aucun stress au travail est celui qui a complètement décroché. Il est un poids pour l'organisation.»

Un mythe, selon certains

Mais tous ne sont pas du même avis. Éric Gosselin, professeur de psychologie du travail et des organisations à Université du Québec en Outaouais, considère plutôt le stress positif au travail comme un mythe tenace et une croyance populaire qu'il faut dénoncer.

Le stress serait positif et améliorerait la performance tant qu'il ne dépasse pas un certain degré. Au-delà de ce point d'équilibre, si le stress augmente davantage, la performance chute et le stress devient détresse.

«Tout le monde utilise cette notion, et tous les livres de base en psychologie du travail présentent de cette façon la relation entre le stress et la performance, dit Éric Gosselin. Mais en réalité, très peu d'études scientifiques démontrent que c'est vrai.»

Colette Richard, étudiante à la maîtrise sous la supervision de M. Gosselin, a recensé 52 études sur le lien entre le stress et la performance au travail, menées entre 1980 et 2006. Elle a constaté que 75% de ces études démontrent au contraire que plus le stress au travail est élevé, plus la performance diminue.

Mais il reste que la notion de stress positif domine largement. «On y croit parce que ça semble logique, dit Éric Gosselin. Mais scientifiquement, dans l'état des connaissances actuelles, on n'est pas capable de le démontrer.»

Le professeur est si convaincu qu'il faut combattre cette idée qu'il donne une conférence sur le sujet, présentée en avril au Canal Savoir.

«Il faut que les gens soient informés parce que, actuellement, il y en a qui sont stressés et qui pensent que c'est bon, dit-il. En même temps, dans les organisations, on se base sur l'idée que le stress est positif s'il est bien dosé, et on essaie de soumettre nos travailleurs à un stress moyen pour qu'ils soient le plus performants possible.»

Ainsi, quand les patrons disent que leurs employés sont «juste assez» stressés, si on demande l'avis des employés, on se rend souvent compte que ceux-ci n'en peuvent plus, ajoute le chercheur.

Perception et gestion du stress

Gérard Ouimet, professeur agrégé en psychologie organisationnelle à HEC Montréal, assure que le stress positif existe.

«Le stress n'est pas une maladie, c'est une réaction d'adaptation de l'organisme à une situation stressante, dit-il. C'est la perception de l'individu qui fait que le stress est positif ou négatif. Par exemple, un gardien de but qui aime être mis au défi, pour lui, c'est un stress positif de recevoir beaucoup de tirs.»

Toutefois, il reste que, sur le plan biologique, le résultat est le même. Si le stress est prolongé, même s'il est perçu de façon positive, il aura un impact sur la santé, ajoute M. Ouimet.

Et s'ils ne s'entendent pas sur les «bienfaits» du stress, nos chercheurs s'accordent à dire que les organisations doivent donner à leurs travailleurs des conditions qui favorisent leur bien-être.

Selon Éric Gosselin, les entreprises doivent être sensibilisées au fait que, si elles veulent des travailleurs productifs et créatifs, il faut leur fournir un environnement de travail moins stressant. Le stress au travail a augmenté au cours des dernières années, selon lui. Et il a des conséquences sur la santé.

«Plus on se soumet à des sources de stress, plus on va avoir des problèmes de santé, dit-il. On voit d'ailleurs de plus en plus des jeunes souffrir d'épuisement professionnel.»

Il faut aussi passer d'une gestion du stress au travail à une gestion des agents de stress sur une base individuelle. L'employé lui-même a la responsabilité d'avoir une vie équilibrée.

«Si quelqu'un se place dans une situation stressante pour faire avancer sa carrière, par exemple, c'est son choix, dit Éric Gosselin. Mais il doit alors limiter son exposition au stress dans les autres sphères de sa vie.»


 


Caroline Rodgers © 2000-2011 Cyberpresse inc., une filiale de Gesca. Tous droits réservés.
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
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09 août 2011 à 12:39:22
Réponse #2

Giom


Intéressant, mais je doute que les mecs payés pour faire ces études sur le stress positif travaillent eux même sous stress...

Je travaille tous les jours avec cet saloperie de stress dans le bide, ça te ronge, ça te bouffe, ça te gangrène la vie, tu te tapes du psoriasis, tu deviens hargneux, mauvais voire haineux et ça peut dégénérer jusqu'au suicide pour certains.

J'arracherais bien les tripes de tous ces connardsJe n'apprécie pas du tout ceux qui croient aux vertus du stress " positif " pour booster la productivité de leur boite ou monter les échelons en écrasant la gueule visage des autres  :glare:

« Modifié: 15 août 2011 à 18:35:04 par Giom.2 »

09 août 2011 à 17:34:58
Réponse #3

Solstice


Je serais moins virulent que Giom, mais j'en pense pas moins...Voila 10 ans que je suis sous stress quasi-permanent, j'ai jamais rien vu de positif la dedans, ça m'a également apporté des maladies sympas...

09 août 2011 à 17:56:38
Réponse #4

crotale


Un stress "positif" permet de franchir un cap, de surmonter une étape pénible et difficile, tout en monopolisant "naturellement" une énergie constructive et salvatrice.

Tout forme de stress n'est pas bonne à endurer, le plus dur étant d'avoir des "îlots" de détente et de sérénité régénérante pour celles et ceux qui subissent ce stress.

Il y a des gens qui sans stress "positif", ne seraient plus de ce monde ou ne se seraient pas accomplis comme ils le sont actuellement.
http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

09 août 2011 à 18:16:20
Réponse #5

Giom


Un stress "positif" permet de franchir un cap, de surmonter une étape pénible et difficile, tout en monopolisant "naturellement" une énergie constructive et salvatrice.

Tout forme de stress n'est pas bonne à endurer, le plus dur étant d'avoir des "îlots" de détente et de sérénité régénérante pour celles et ceux qui subissent ce stress.

Il y a des gens qui sans stress "positif", ne seraient plus de ce monde ou ne se seraient pas accomplis comme ils le sont actuellement.

Ouais sauf que moi j'appelle ça l’adrénaline. C'est elle qui fais monter le tabasco jusqu'aux oreilles et qui te fais réfléchir a 200 a l'heure, analyser rapidement la situation pour réagir plus vite, de décupler tes forces pour sauver ta peau; bref tes neurones se connectent plus vite dans ta matière grise pour que le corps puisse prendre le relais et agir.

Le "stress positif " n'est qu'un prétexte pour rentabiliser au max les gens qui bossent dur. Rien a voir avec la survie pour moi.

09 août 2011 à 18:55:42
Réponse #6

crotale


Peu importe le nom que tu lui donne, du moment que tu parviens à identifier le problème et à surmonter les effets délétères...

Chacun se sert du ou des prétextes qui l'arrange après tout, certains le font avec dignité sans se plaindre aussi ;D
http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

09 août 2011 à 19:26:47
Réponse #7

bison solitaire


Le stress peut effectivement être positif (surtout celui qu'on s'inflige seul pour passer un cap comme le dit Crotale, par exemple un marathon ou encore l'épreuve des 100 combats... un raid multisport, un concours peu importe lequel...)
Par contre, le stress qu'on nous inflige sous prétexte de performance et d'objectifs, alors là oui j'aurais tendance à crier à l'escroquerie voire au terrorisme intellectuel.

09 août 2011 à 19:38:58
Réponse #8

Gros Calou


Je suis avec Fred à 100 que dis-je à 1000 % peut importe le nom, mais pour moi c'est un atout majeur, il m'est arrivé comme beaucoup d'entre nous d'être en stress, moi puissance 10000 face à deux mecs l'un avec un manche de pioche et l'autre avec un stiletto (véridique, je raconte en MP si vous le voulez), résistant à la douleur et déterminé quand au finish, bien qu'il m'en coûte de prendre le manche en travers de la tronche (deux coups de stiletto en passant, pour la forme  ;# ).  Mais là à mon avis il fallait plus que ça vu que mon fils était derrière moi, erreur fatale, c'est une mitrailleuse Gatling qu'il fallait à ce moment précis. Que ce soit détermination, adrénaline, motivation, le stress était là et vecteur + motivateur de ce que vous voudrez, mais c'est un sacré atout  ;)

Etant seul peut-être que cela aurait été plus bad pour moi, mais derrière moi même s'il n'est pas présent, il y a mon fils qui a besoin de moi, et ça je l'ai en visée donc ......  >:(
« Modifié: 09 août 2011 à 19:51:26 par Gros Calou »

09 août 2011 à 20:24:37
Réponse #9

phare2000


Cela me fait penser au film de Charlie Chaplin des temps modernes. Finalement dans la discussion je ne vois pas parler du stress dans l'histoire. N'est-ce pas lié à notre monde moderne. En bref : le boulanger en 1675 était-il aussi stressé que celui de 2011 ? On peut se poser la question sur plein d'autre métier. C'est quoi le sens du mot stress à cette époque. Le boulanger en 1675 c'est quoi son stress une forme de survie ? Si il est malade plus de rentrée financière .... Mais est-ce que cela était ainsi ? Moi je pense sérieusement que le stress n'est pas le même avec les époques, il s'est amplifié avec le temps.
« Nous devons être le changement que nous voulons pour le monde ».Gandhi

09 août 2011 à 21:50:57
Réponse #10

thorwald


dans mon travail, je suis aussi soumis au stress depuis une dizaine d'annees.
tant que c'etait pontuel ET que les resultats etaient bons ça allait.
maintenant, depuis 2 ans, c'est permanent, en pire, et les resultats ne sont pas mieux, meme moins biens.
c'est peut etre l'age et/ou l'accumulation, mais maintenant ça commence a jouer sur ma santé.
la bonne chose, c'est que je m'en rends compte.
le probleme, c'est que j'ai du mal a prendre du recul . mais j'ai commencé. j'aurais jamais cru qu'un jour il faudrait que je me force a  moins m'impliquer dans mon taf....

en conclusion, je dirais que pour moi, un peu de stress est positif, mais trop, c'est trop

10 août 2011 à 08:22:33
Réponse #11

Solstice


Tiens c'est intéressant comme réflexion phare2000, j'aurais tendance à penser comme toi même si du coup je pense que ce stress était intégré au mode de vie. Du coup si quelqu'un à une info sur l'histoire du stress, ça m'intéresse aussi!

10 août 2011 à 08:47:32
Réponse #12

Patrick


Je me faisais la réflexion de combien j'étais bien à plaindre de devoir reprendre le travail après 3 semaines de vacances dont 10 jours passé en Italie dans la maison que j'avais pu louer. Et puis en rentrant dans le parking du taf, j'ai regardé exactement en face et j'y ai vu un gars de mon âge (50) qui attendait l'ouverture de Pôle Emploi. Ce que j'ai vu dans ses yeux m'a instantanément fait préférer mon stress au sien et je suis sûr qu'il aurait bien aimé échanger nos places aussi.

Alors c'est sûr c'est pas facile, mais ils doivent être bien rares ceux qui ont un taf qu'ils adorent, plein de sens, avec une hiérarchie géniale qui les soutient et correctement rémunéré.

10 août 2011 à 09:14:56
Réponse #13

bison solitaire


Je me faisais la réflexion de combien j'étais bien à plaindre de devoir reprendre le travail après 3 semaines de vacances dont 10 jours passé en Italie dans la maison que j'avais pu louer. Et puis en rentrant dans le parking du taf, j'ai regardé exactement en face et j'y ai vu un gars de mon âge (50) qui attendait l'ouverture de Pôle Emploi. Ce que j'ai vu dans ses yeux m'a instantanément fait préférer mon stress au sien et je suis sûr qu'il aurait bien aimé échanger nos places aussi.

Alors c'est sûr c'est pas facile, mais ils doivent être bien rares ceux qui ont un taf qu'ils adorent, plein de sens, avec une hiérarchie géniale qui les soutient et correctement rémunéré.

C'est certain Patrick.
C'est d'ailleurs souvent ce que mes parents me disent... quelque chose du genre "faut voir le verre à moitié plein".
Oui mais il faut bien le voir à moitié vide pour pouvoir le remplir de temps en temps.
Et ce type que tu as croisé, j'ai beau être fonctionnaire d'état, je ne me dis pas "si je deviens comme lui..." mais plutôt "quand". Il est aussi là le stress.
Et sans être géniale, entre une hiérarchie saine et une autre inhumaine il y a un monde, et ce qu'on nous sert actuellement (et pourtant j'ai de la chance en ce moment où je suis) c'est tout simplement incohérent. Par exemple: une formation devrait d'abord passer par une analyse des besoins et de la demande... plus la peine la volonté politique suffit à tout. Tout le monde sait que c'est débile, sauf le type qui pense avoir une bonne idée. Un type dans un couloir a une idée, et il faut que ça marche. Je pourrais préciser mes exemples, mais vu le paroxysme du devoir de réserve en ce moment, je me méfie.
Cela dit mes amis dans d'autres administrations connaissent les mêmes dérives.
Pour ma part, maintenant, c'est trop facile de dire qu'on a encore de la chance (même si c'est vrai): c'est comme ça que les choses ne changeront jamais. C'est comme ça que les gars qui se sont exprimés ici ne sont pas écoutés (par leur hiérarchie ou leur collègue).
Je comprends ce que tu veux dire, mais c'est actuellement un peu trop convenu et c'est surtout ressenti comme "tais toi, t'as déjà trop de chance".
Et dernière chose: je suis le premier à être stressé à mort pour bien faire mon boulot... lorsque je m'adresse directement aux humains qu'il y a derrière les listings. Et ce stress là, je le vis pas trop mal... Par contre lorsqu'on me parle du boulot au travers des stats au détriment de l'humain... j'ai REELLEMENT des envies de tout fracasser voire de meurtre...

N.B: dans le post, j'ai volontairement confondu plusieurs services dans lesquels j'ai évolués. Actuellement, dans le boulot, on nous laisse recueillir le ressenti des gens... Faisons de même ici, on ne sais ce qu'ils vivent et ressentent dans leur boulot, et s'ils ont du ressentiment, c'est qu'il y a une raison (par exemple, un abysse entre les valeurs qui leur ont été enseignées et la réalité du monde du travail, ou encore entre le discours de mise dans leur boite et qui ne se révèle être qu'un discours... C'est plutôt sur les raisons du ressenti qu'il faut s'arrêter...)
Et qu'on ne me reserve pas le coup du vote, je me suis déjà exprimé là dessus.

10 août 2011 à 09:36:22
Réponse #14

Patrick


Détrompe toi Eric, ma réaction vient simplement d'une introspection personnelle car je ne peux parler que pour ma situation, je ne sais pas ce que tu vis. Je peux même imaginer le cas particulier de ta corporation dont on ne peut ignorer la dégradation des conditions de travail. Toutefois, quand tu parles de la dégradation de ta hiérarchie, as tu déjà eu une hiérarchie franche du collier, soucieuse de ses hommes et femmes au détriment de sa carrière et des politiques décideurs ?

Crois bien que ma corporation à moi du fait de son caractère hautement sensible et politique doit évolue dans la même ambiance avec des réductions d'effectifs drastiques avec des mutualisations detâches et de postes au forceps.

Pour autant, même si je risque à moyen terme de voir mon poste couvrir les 8 départements de PACA et Corse au lieu de travailler à 10 minutes de chez moi je continue à me sentir privilégiépar rapport à beaucoup et à considérer le plein du verre plutôt qu'un vide intrinsèque.

10 août 2011 à 10:03:57
Réponse #15

bison solitaire


Ben ouais, j'ai déjà eu un super chef de service, un vrai meneur d'homme, le premier à donner l'exemple!!
Le gars qui te dit: "bon là c'est calme, vous, vous allez courir, je veux que vous soyez en forme pour la prochaine affaire".
Actuellement, j'ai énormément de chance en terme d'intérêt professionnel, et le stress pour l'instant n'est surtout que de mon propre fait.
Et concernant ton poste couvrant une superficie plus grande, le problème n'est pas le même lorsque tu as des enfants en bas âge.
Et là aussi, malgré le discours politique, les considérations familiales (enfants, inscription scolaires, prêts immobiliers...) sont inexistantes!!
Donc oui, bien avoir conscience de la chance qu'on peut avoir, mais c'est toujours malheureux de la mesurer à hauteur du malheur des autres.
Et dire qu'on a de la chance, ça sert les discours politiques orientés pour minimiser les situations (parce qu'elles sont toujours minimisées pour éviter les effets de panique).

10 août 2011 à 10:56:16
Réponse #16

Bomby


Salut à tous,

j'ai l'impression qu'à travers ses deux derniers posts Bison Solitaire met exactement le doigt sur deux points essentiels pour que le stress puisse être "positif"...

D'une part, à mon avis, il faut que la raison pour laquelle on est contraint ou on se contraint à subir un stress ait du sens (dans son cas par exemple, intervenir sous stress intense sur la voie publique contre la délinquance a du sens, être sous stress pour des questions de reporting ou de statistiques n'en a guère)...

D'autre part (c'est l'exemple du "bon" chef qui envoie ses troupes "courir" quand c'est calme pour qu'ils soient ensuite en forme), il me semble que le stress, même ayant du sens, ne peut être permanent. Il faut une alternance avec des périodes de respiration/récupération... Ce qui me fait penser par analogie, à la méthode Vittoz (d'ailleurs conseillée aux personnes stressées), qui est fondamentalement basée sur le principe d'une nécessaire alternance entre les fonctions émissives du cerveau et les fonctions réceptives-sensorielles. En ce sens, il semble aisé de concevoir qu'un stress permanent est nuisible à la santé (même s'il est certainement plus difficile de le démontrer réellement)...

Alors, évidemment, vu sous cet angle, le management par le stress, plus ou moins théorisé par certains, c'est de la pure c*nnerie, qui sert généralement d'habillage prétentieux aux tendances sadiques de managers incompétents... C'est d'ailleurs totalement contre-productif d'un strict point de vue de management... Ce qui va motiver les gens au travail et les rendre performants, c'est bien plus généralement le sens donné à leurs tâches et l'implication confiante dans une équipe... Et si l'on cherche par exemple à développer la créativité des personnes, il me semble qu'il faut surtout commencer par les déstresser...

Cordialement,

Bomby
« Modifié: 10 août 2011 à 11:11:18 par bomby »

10 août 2011 à 11:11:22
Réponse #17

Patrick


Salut à tous,

j'ai l'impression qu'à travers ses deux derniers posts Bison Solitaire met le doigt sur deux points essentiels pour que le stress puisse être "positif"...

D'une part, il faut que la raison pour laquelle on est contraint ou on se contraint à subir un stress ait du sens (dans son cas par exemple, intervenir contre l
Je rajouterai à la notion essentielle du sens, le degré d'autonomie. Attention, on remarque que trop d'autonomie est souvent perçu comme anxiogène et il ne faut pas qu'autonomie rime avec  "demerdes toi". La reconnaissance est un troisième facteur essentiel même si un déficit peut-être tempéré par une forte perception en terme de sens : mes chefs sont des cons mais ce que je fais est utile et je suis fier de le faire.

Par contre un déficit cumullé est le terreau des Risques Psychaux Sociaux.

A noter que la hiérarchie à ,souvent tendance à minimiser les RPS arguant d'une exagération de la parts des collaborateurs. Or une règle importante de la prévention et de la gestion des RPS conciste à considérer que ce qui est ressentit est, DE TOUTES FAÇONS, une réalité perçue qu'il va falloir traiter.

10 août 2011 à 11:13:16
Réponse #18

b@s


le stress positif, pour moi est interne... je me mets dans une position de défi, qui me stresse, et me permet de grandir. (pour reprendre les exemples:épreuve des 100 combats, marathon...)
ça a donc du sens - pour moi tout au moins.

le stress " fight or flight",celui de sauver ma vie ou celle de mes proches, est nécéssaire... à la survie ... mais tout le monde ne le rencontre pas dans sa vie.

le stress au boulot (à l'école ), impulsé par les personnes ou éléments extérieurs, celui là,te bouffe,et amha est négatif, au moins sur le long terme.
De plus en plus je me rends compte que lutter contre peut aussi être très fatiguant ... dans la mesure du possible être un "grey human" aussi au boulot rend service,ne pas réagir à tout bot de champ, ne pas trop s'exposer, réserver ses colères aux cas importants pour soi ... dans un autre poste j'avais la réputation d'être une tête dure : au début j'en étais assez content, mais je me suis rendu compte que d'autres, plus calmes, très discrets, avaient d'aussi bonnes conditions de travail tout en étant beaucoup moins exposés et attendus au tournant ...

l'argument de patrick, de se contenter de ce qu'on a par comparaison à d'autres,est à double tranchant : combien s'en prennent à ceux qui ont, soit un poste de fonctionnaire, soit une très bonne paie (les deux c'est pas vraiment compatibles :lol:) alors qu'eux mêmes n'ont pas su faire les choix qui les auraient mené aux mêmes résultats ?

je crois vraiment qu'il est sain de "raler" parfois et de pointer ce qui va mal, non pas pour se faire plaindre ou s’apitoyer, mais pour prendre conscience de ce qui fait réaction en nous,pour en tirer les conséquences pour notre "survie" en bon état physique ou mental. Quand tu gueules sur tes mômes parce que tu sors hyper énervé du taf, serendre compte et verbaliser que c'est le taf qui te rend dans cet état est une étape nécéssaire. Se dire que d'autres sont encore plus malheureux ne change pas cette colère qui te ronge.

On a toujours le choix, de changer de vie,de boulot, mais c'est un choix extrêmement difficile et parfois périlleux.

10 août 2011 à 11:27:24
Réponse #19

Bomby


Je rajouterai à la notion essentielle du sens, le degré d'autonomie. Attention, on remarque que trop d'autonomie est souvent perçu comme anxiogène et il ne faut pas qu'autonomie rime avec  "demerdes toi". La reconnaissance est un troisième facteur essentiel même si un déficit peut-être tempéré par une forte perception en terme de sens : mes chefs sont des cons mais ce que je fais est utile et je suis fier de le faire.

Par contre un déficit cumullé est le terreau des Risques Psychaux Sociaux.

A noter que la hiérarchie à ,souvent tendance à minimiser les RPS arguant d'une exagération de la parts des collaborateurs. Or une règle importante de la prévention et de la gestion des RPS conciste à considérer que ce qui est ressentit est, DE TOUTES FAÇONS, une réalité perçue qu'il va falloir traiter.

Complètement d'accord avec toi... D'ailleurs comment trouver du sens dans son travail si l'on n'a aucune autonomie et comment conserver la perception de ce sens si l'on ne reçoit jamais aucune reconnaissance ?

Egalement bien d'accord avec toi sur la minimisation des RPS, qui sont rarement appréciés à leur juste valeur mais souvent soit exagérés à contre-temps par des délégués soit minimisés par la hiérarchie...

J'ajouterais un éclairage complémentaire, pour rebondir également un peu sur le post de b@s, il faut ici en revenir au bon vieux principe de "ne pas subir"...

Ne pas subir, ça peut être de combattre, mais ça commence souvent simplement par le fait de ne pas rester sous le feu de l'adversaire...

J'ai trop souvent vu certaines personnes, dans une situation professionnelle conflictuelle et stressante, soit subir sans rien faire, soit engager le combat mais dans une position défavorable et en restant en substance "sous le feu adverse"... Il ne faut pas forcément très longtemps pour que la situation devienne minante et handicapante... Et, une fois un burn-out ou une dépression survenus, la reconstruction demande en revanche beaucoup de temps...

Il ne faut donc pas surestimer sa capacité de résistance, dans la durée, à un stress permanent, même si l'on est du genre combatif, et il faut parfois savoir renoncer, ne serait-ce que temporairement, à une légitime soif de justice pour se mettre "à l'abri"...

Cordialement,

Bomby


10 août 2011 à 11:36:12
Réponse #20

Patrick


l'argument de patrick, de se contenter de ce qu'on a par comparaison à d'autres,est à double tranchant : combien s'en prennent à ceux qui ont, soit un poste de fonctionnaire, soit une très bonne paie (les deux c'est pas vraiment compatibles :lol:) alors qu'eux mêmes n'ont pas su faire les choix qui les auraient mené aux mêmes résultats ?

je crois vraiment qu'il est sain de "raler" parfois et de pointer ce qui va mal, non pas pour se faire plaindre ou s’apitoyer, mais pour prendre conscience de ce qui fait réaction en nous,pour en tirer les conséquences pour notre "survie" en bon état physique ou mental. Quand tu gueules sur tes mômes parce que tu sors hyper énervé du taf, serendre compte et verbaliser que c'est le taf qui te rend dans cet état est une étape nécéssaire. Se dire que d'autres sont encore plus malheureux ne change pas cette colère qui te ronge.

On a toujours le choix, de changer de vie,de boulot, mais c'est un choix extrêmement difficile et parfois périlleux.
J'ai du mal m'exprimer, tous les jours, au quotidien, j'essaye d'améliorer ma situation et, crois moi, je suis connu au taf  pour m'opposer avec détermination aux consignes et directives qui me sembles inapropriées. Bien sur, ça fait aussi de moi le casse-c*u!lle qui passe son tour pour les promos, mais j'assume.

Bien sûr que dna sun monde idéal totu le monde drvrait avoir un bon taf bien payé et être bien portant, mais totu comme je n'aime pas me plaindre de ma santé au motif qu'il y a bien plus malheureux, je n'aime pas le faire pour la travail.

Et c'est vrai que quand je vois certains de mes collègues qui se comportent comme s'ils avaient été ramenés comme esclaves lors d'une campagne romaine, ça me fout un peu les boules.

Mais c'est vrai aussi, que le fait d'avoir une famille à charge, change aussi la donne et limite la possibilité de tenter d'autres choses ailleurs.

10 août 2011 à 11:42:21
Réponse #21

Patrick


J'ajouterais un éclairage complémentaire, pour rebondir également un peu sur le post de b@s, il faut ici en revenir au bon vieux principe de "ne pas subir"...

Ne pas subir, ça peut être de combattre, mais ça commence souvent simplement par le fait de ne pas rester sous le feu de l'adversaire...

J'ai trop souvent vu certaines personnes, dans une situation professionnelle conflictuelle et stressante, soit subir sans rien faire, soit engager le combat mais dans une position défavorable et en restant en substance "sous le feu adverse"... Il ne faut pas forcément très longtemps pour que la situation devienne minante et handicapante... Et, une fois un burn-out ou une dépression survenus, la reconstruction demande en revanche beaucoup de temps...

Il ne faut donc pas surestimer sa capacité de résistance, dans la durée, à un stress permanent, même si l'on est du genre combatif, et il faut parfois savoir renoncer, ne serait-ce que temporairement, à une légitime soif de justice pour se mettre "à l'abri"...

Cordialement,

Bomby
C'est aussi un des meilleurs entraînement martiaux concernant le mental. Ne pas subir au travail, dans son couple, avec ses voisins. Consentir en marquant les limites, avec qui que ce soit.

Sinon, on finit par perdre l'estime de soi, sa légitimité à exister et on finit par se faire marcher sur la gueule par tout le monde, voire accepter un jour de se faire élargir l'oigne jusqu'à considérer comme normal de se voir abréger ses souffrances comme un soulagement.

10 août 2011 à 12:59:59
Réponse #22

bison solitaire



Et c'est vrai que quand je vois certains de mes collègues qui se comportent comme s'ils avaient été ramenés comme esclaves lors d'une campagne romaine, ça me fout un peu les boules.



Là je te rejoins.
Finalement on va tous réussir à parler de la même chose dans ce fil  :)
...
Pour revenir plus précisément au sujet, le stress négatif est celui qui pousse un individu à commettre des actes irréparables (par exemple, mais il y a aussi la maladie, la dépression...) et une fois produits, ces actes vont entrainer des étonnements de tous ceux qu'ils connaissaient "on comprend pas, il été calme, il a toujours été bien noté"... Et patati et patata...

10 août 2011 à 19:41:55
Réponse #23

Mandrac


Merci pour ce reportage et la discution, le stress rejoint le doute à dose et sur une autre échelle permet des interrogations, une remise en cause, mènerait à voir les choses sous un autre angle, moins consumériste et moins centré sur le nombril, à dépasser nos limites.
Le stress "matériel" t'enfermerait plus dans une boucle, une autodestruction. Je pense qu'a un niveau trop élevé de stress, soit il te bouffe, reste à vie et tu essaie tant bien que mal de vivre avec (avec ou sans médocs), soit un changement radical de mode vie permet de s'en libérer.
" Quand tu parviendras au sommet de la montagne, continue à monter."

11 août 2011 à 08:15:15
Réponse #24

Solstice


Y'a pas que le stress du au taff au passage, y'a également dans sa vie personnelle.
Question : peut on parler de stress post traumatique après un décès (ou de multiples...)? Si oui, comment l'évaluer? Je me demande car après quelques recherches, j'ai vu que ça s'appliquait plus aux personnes qui ont connu des évenements terribles (guerres, violences,etc...)
Un gros +1 avec ça autrement :
Citer
Je pense qu'a un niveau trop élevé de stress, soit il te bouffe, reste à vie et tu essaie tant bien que mal de vivre avec (avec ou sans médocs), soit un changement radical de mode vie permet de s'en libérer.
Même si je ne suis pas sur qu'on puisse s'en libérer...

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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