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Auteur Sujet: Haïti aujourd'hui, le reste du monde demain ? par Jean-Paul Baquiast et Christop  (Lu 2434 fois)

26 mai 2010 à 13:31:55
Lu 2434 fois

DavidManise


Je ne résiste pas à l'envie de vous coller l'édito du Automates Intelligents de février...  excellente newletter soit dit en passant, sur les sciences de la complexité, l'intelligence artificielle, les systèmes complexes, et tout ces trucs qui occupent mon esprit quand je ne suis pas dans les bois :)

Citation de: Automates Intelligents
Editorial
* Haïti aujourd'hui, le reste du monde demain ?
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
19/12/2010

La catastrophe survenue à Port au Prince doit faire réfléchir à la
fragilité des sociétés complexes, fussent-elles riches et bien équipées
comme les nôtres.

Les témoignages qui proviennent de Port au Prince et des autres parties
d'Haïti touchées par le tremblement de terre parlent de scènes de fin
du monde. Ceci peut s'imaginer facilement, les immeubles officiels et
les habitations ayant enseveli la plupart des habitants. Les rues
envahies de blessés et de cadavres qui se décomposent. Ni eau potable
ni vivres disponibles. Des foules désemparées errant sans savoir où
trouver du secours. Les pillages et des débuts d'agressions de la part
de certains habitants ayant survécu. Aucune autorité capable
d'intervenir, protéger, organiser les secours.

Quelles perspectives pour ceux qui sont encore valides : attendre la
mort sur place en priant ou tenter d'émigrer dans les endroits supposés
disposer d'encore quelques ressources, afin de se les approprier par la
violence ?

Certains scénarios élaborés pour prévoir ce qui se passerait en cas
d'épidémies à forte mortalité, comme celle de la grippe aviaire qui
était censé toucher au moins 30% de la population avec 50% de décès,
envisageaient des scènes sinon semblables, du moins voisines. Mais
celles-ci se produiraient dans les pays riches, par exemple en Europe.
On pourrait donc espérer que les Etats disposant d'une forte tradition
administrative pourraient faire face, à condition d'avoir préparé les
procédures d'urgence, réquisitions et stocks d'approvisionnement
nécessaires. Cependant, si les morts et les mourants s'accumulaient
devant les mairies et les hôpitaux, si les services publics et les
réseaux vitaux se trouvaient bloqués par manque de personnel, si des
groupes armés se formaient pour profiter du désordre afin de piller et
violer, il serait inévitable que s'installe une situation proche de
celle que l'on constate à Haïti. Ce ne serait pas la première fois que
de telles scènes se seraient produites en Europe, sans même mentionner
les guerres. Les grandes épidémies de peste et de choléra en avaient
été l'occasion. Les sociétés touchées s'en sont rétablies, mais à quel
prix ?

Ceci étant, pourquoi évoquer aujourd'hui ces situations ? Pour ce qui
concerne l'Europe, le niveau de vie n'est pas celui d'Haïti, les
grandes épidémies à forte mortalité ne semblent pas – pour le moment –
devoir éclater... Il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Mieux vaut,
pour ceux qui ont le cœur à cela, se préoccuper de la façon dont ils
pourraient participer à l'aide aux victimes du séisme.

Pour notre part, nous pensons au contraire que la catastrophe survenue
à Port au Prince doit faire réfléchir à la fragilité des sociétés
complexes, fussent-elles riches et bien équipées comme les nôtres. En
dehors de catastrophes naturelles ou de grandes pandémies dont on ne
peut pas écarter la survenue, des causes apparemment infimes mais aux
conséquences lourdes pourraient dans un avenir proche ou lointain
provoquer l'écroulement d'équilibres sociaux actuels dont on méconnaît
trop la fragilité.

A échéance de quelques années ou décennies, il s'agira certainement de
ce dont on parle aujourd'hui avec légèreté, les émeutes de la misère et
les grandes migrations agressives en résultant, se développant en Asie
et en Afrique, notamment si le changement climatique aggrave les
conditions de survie déjà précaires de centaines de millions d'hommes.
On risque de voir dans les pays les plus pauvres s'installer des
situations proches de celles s'étant produites à très petite échelle à
Haïti et précédemment à La Nouvelle Orléans. Que feront les pays
riches, Etats-Unis, Europe notamment, à supposer qu'ils ne soient pas
directement touchés par certaines crises ?

La réponse américaine officielle semble déjà programmée: construire des
murs étanches débordant de technologies et implanter derrière ces murs
des gardes nationales paramilitaires fortement armées capables de
«maintenir l'ordre intérieur» sans se soucier des droits civiques. Nous
donnons quelques informations sur ce sujet dans un article publié par
ailleurs sur ce site. L'Europe pour sa part commence aussi à réfléchir
à certaines de ces solutions, comme nous le montrons dans ce même
article. On sera loin alors de la compassion que suscitent via les
médias (c'est-à-dire à distance), les malheurs des Haïtiens. Ce sera au
contraire le retour à l'ère du plus féroce des «chacun pour soi». Mais
faudrait-il s'en étonner ?

© Automates Intelligents
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

27 mai 2010 à 11:53:34
Réponse #1

b@s


Nous sommes les cocus de l'armaggedon, derniers à savoir que le jour ou un grain de sable un petite peu plus gros que les autres se coincera dans la machine, ça sera vraiment pas beau à voir...

Sans rire, ça fait peur de voir la prétention de l'homme et sa situation réelle de nos jours : une société individualiste, matérialiste, mais dans laquelle le savoir ne sert pas toujours à l'utile, plutot le futile.

on a renversé la pyramide de Maslow

pas sur que ce renversement soit profitable à notre survie...

27 mai 2010 à 12:09:07
Réponse #2

Chris-C


Merci pour l'article, je retrouve ce que je suis entrain de lire:
"Une brève histoire de l'avenir" par Jacques Attali....

L'avnir s'ra chaud, l'avnir s'ra chaud.........  :-\

27 mai 2010 à 12:59:46
Réponse #3

Anke


L'avenir ? Mais c'est déjà comme ça aujourd'hui !
Aujourd'hui la question a se poser est la suivante amha :
"Est-ce que moralement je suis capable de foutre les pieds sur les épaules du Manitou pour me maintenir hors de l'eau et que lui coule, malgré mes bons sentiments et tout le tralala ?" Je réponds : Oui, ça me posera des pbs mais entre les deux, y'a pas photo, c'est lui qui doit y passer plutot que moi !" Faut être un peu honnète.
Maintenant, il est plus costaud que moi, je risque fort de me prendre une avoine et de rester au fond, auquel cas, j'ai plutot intérêt à négocier et à lui proposer des trucs qui peuvent lui servir, comme ça, j'y gagnerais aussi. Bref chercher "l'union fait la force" plutot que le "chacun pour ma gueule"... Encore faut-il que l'autre, en face, il ait de quoi y réfléchir, que je lui donne de quoi y réfléchir genre le Manitou il se dit : " Houla, chui plus costraud que lui, mais il est vicieux le Anke, et puis il va se bagarrer avec l'énergie du desespoir, qu'est-ce que j'ai a y perdre, qu'est-ce que j'ai a y gagner ?"

27 mai 2010 à 13:46:11
Réponse #4

stefalive


Je ne résiste pas à l'envie de vous coller l'édito du Automates Intelligents de février...  excellente newletter soit dit en passant, sur les sciences de la complexité, l'intelligence artificielle, les systèmes complexes, et tout ces trucs qui occupent mon esprit quand je ne suis pas dans les bois :)


automates intelligents ...oui c 'est du très bon ;)

Sans partir dans un délire apocalyptique "à la mad max" qui planterait le décors révé des fantasmes de survivors en herbe, on peut néanmoins constater que la question en effet n 'est plus SI ces crises arriveront chez nous?, mais QUAND? et à partir de là COMMENT nous les gèrereront...ou pas.
Cette gestion sera nécessairement riche en frictions et aussi paradoxalement en opportunités...:L'interdépendance est plus importante que l'isolement, la complémentarité que l'exclusion.

Si anticiper c 'est prévoir, et que "l'ognon fait la force" (merci PP   ;)), Il faudra surement comprendre et développer de nouvelles stratégies de coopération en se rappelant que les cercles vertueux se forment et se développent à la bordure du chaos...

Les études sur la théorie du chaos montrent qu'une multitude d'agents (par exemple des fourmis, des abeilles ou des personnes dans un marché) agissant en parallèle et de manière simultanée à partir de règles simples peut faire émerger un comportement collectif intelligent susceptible de résoudre les problèmes globaux qui se posent à cette communauté.
Certains y réfléchissent déjà et l'art de la prospective stratégique à de beaux jours devant lui....voir michel godet ou thierry gaudin à ce propos:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Godet
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Gaudin





Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page...

05 juin 2010 à 08:15:29
Réponse #5

tomael


Effectivement c'est intéressant d'élargir ce genre de situations a nos sociétés, et de faire de la prospective..

Mais en meme temps, je trouve que ca peut vite devenir très pervers, et ce pour plusieurs raisons.

Amha, ce genre de discours entraine chez l'immense majorité des peuples occidentaux une peur irraisonnée (on l'a vu avec la grippe A). Et ,bien instrumentalisée, cette peur et le meilleur outil de controle jamais inventé par nos "élite" pour maintenir le troupeaux dans la "bonne" direction? un peu comme la chèvre de msieur seguin (paix a son ame ;#) a qui on éxplique bien que dehors, c'est très dangereux et que le salut réside dans son enclos.

Biensur une catastrophe peut, et finira meme surement par arriver....une météorite pourrait bien nous tomber dessus aussi!

En meme temps,en y réfléchissant bien, je me dit que la plus grande des catastrophe est déja arrivé, et que vivre sur notre jolie planète en ces temps ou une minorité "exploite" la majorité afin de garder son petit confort et dans l'indifférence quasi générale, ca devrait nous inquièter un minimum.

Je ne sais qu'une seule chose, c'est que je ne sais rien.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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