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Auteur Sujet: Le liant papier.  (Lu 16041 fois)

08 janvier 2010 à 15:45:01
Lu 16041 fois

Tengu


Définition de Wikipédia :

Le liant papier (Papercrete en anglais), est un matériau de construction remarquable fabriqué à partir de papier/cartons recyclés, sable et chaux (ou ciment).

Composition et définition du liant papier :
Le papier est constitué de fibres de cellulose, les papiers glacés et de luxe contiennent de l'argile ce qui n'est pas négligeable. L'utilisation de silice (sable) permet d'accroître par 3 la résistance de la brique à la compression. La chaux ou le ciment permettent de lier l'ensemble.

Pour les habitués en bio-construction, on s'aperçoit que cette composition correspond à la définition de l'adobe (fibres, argile et ciment). Donc ce produit n'est pas nouveau. Il a d'ailleurs fait l'objet d'un dépôt de brevet en 1928 et a été occulté car il utilise un procédé trop simple et n'aurait pas rapporté suffisamment d'argent aux industries concernées.

Principe
Le principe est d'utiliser des papiers de récupération (journaux, revues, catalogues) que vous allez laisser tremper dans l'eau. Vous allez mixer le tout et y ajouter 30% de sable + 10% de chaux hydraulique ou ciment. Vous obtenez donc une pâte que vous pouvez couler dans des moules et laisser sécher au soleil.

Liens :

http://www.livinginpaper.com/ : en Anglais.
http://www.onpeutlefaire.com/articles/a-liant-papier.php : en Français.
http://www.papercrete.com/ : en Anglais.

Photos :





Test perso :
Une modeste brique 15*10*5, une grosse surprise : la résistance, ce truc est léger mais hyper costaud, c'est encourageant.

08 janvier 2010 à 22:12:54
Réponse #1

psydomos


Salut!

ça à l'air intérressant comme concept, je ne connaissais pas.
Combien de temps à mis ta brique pour sécher et dans quel condition stp?

"Je sais que je ne sais rien" Socrate
"Le progrès est ce qu'on en fait, confier son dernier souci à des milliers d'inconnus qui n'en n'ont rien à foutre ou permettre de vrais moments de vie démultipliés.."
Patrick, o "cacique" do CEETS

11 janvier 2010 à 09:59:25
Réponse #2

Tengu


Pour le sechage de la brique prevoir quelques jours en fonctione de la météo bien sûr.

Je n'aurais pas le courage de faire une maison avec ce matériau, mais je me suis interessé à la technique pour fabriquer de petits meubles (légers et resistants).

En cours de réalisation, une niche d'intérieur pour mes monstres.

Remarque :
La perte volumique lors du sechage est de l'ordre de 30%, si on rajoute un coup de ponceuse pour avoir un aspect bien lisse, il faut donc prévoir des moules 40 à 50% plus grands.
« Modifié: 11 janvier 2010 à 10:20:05 par Tengu »

11 janvier 2010 à 10:37:26
Réponse #3

vagabond


Un des gros avantage de cette technique est son coût.
Par dessus le marché, vu le poids, en général on moule de très grosse unité.
Un autre avantage est qu'il n'y a pratiquement aucune limite de forme.
Bien construite, donc bien conçu, ce sont des murs qui ne nécessitent pas d'isolation.

Pour construire une maison, il faut d'abord prévoir la réalisation d'un malaxeur à partir d'un bidon de 200 L de récupération.

Faire aussi, le plus tôt possible, un enduit car c'est un matériau qui craint fortement l'humidité.

Quelques pistes pour les chasseurs de bons plans.

Vagabond

11 janvier 2010 à 10:40:17
Réponse #4

athlon


petite idée / question... si l'on fait un coffrage en conséquence, rien n'empêche de faire des pans entiers de mur ???

Il doit y avoir peut être une limiter mécanique à la fissure durant le séchage....
"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

11 janvier 2010 à 10:53:02
Réponse #5

vagabond


petite idée / question... si l'on fait un coffrage en conséquence, rien n'empêche de faire des pans entiers de mur ???

Il doit y avoir peut être une limiter mécanique à la fissure durant le séchage....
Effectivement, une des limites serait la fissuration.

Il y a un autre souci, il faudrait étudier la possibilité de manutention des murs monoblocs, ce qui n'est pas gagné car là aussi on risquerai de créer des fissures et des ruptures avec des conséquences importantes sur la suite de la construction.

Il ne faut pas oublier que c'est une technique qui a été développé en raison de son coût de mise en oeuvre, sans grosse infrastructure ni matériel lourd.

Un autre détail qui peut sembler anodin : L'encre contenue dans les publications diverses qui servent de base peuvent être nocives, il est donc important de les enfermer dans le mur et de recouvrir celui-ci le plus vite possible.

Vagabond

11 janvier 2010 à 11:03:33
Réponse #6

nicogala


Deux questions :

- quel est le retrait lors du séchage ?

- les morceaux de papiers doivent-ils être déchiquetés avant ou après mouillage, si après, n'y a t'il pas de risque d'avoir de trop gros morceaux de papier qui fragiliseraient la brique ? (typiquement une boulette de 3-5 cm dans une brique)
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

11 janvier 2010 à 11:13:45
Réponse #7

vagabond


- quel est le retrait lors du séchage ?
Cela dépend principalement de la quantité d'eau (pourcentage) que tu auras mis dans ton mélange. Il ne faut pas oublier que c'est de la fabrication maison, alors cela reste plus ou moins aléatoire.

- les morceaux de papiers doivent-ils être déchiquetés avant ou après mouillage, si après, n'y a t'il pas de risque d'avoir de trop gros morceaux de papier qui fragiliseraient la brique ? (typiquement une boulette de 3-5 cm dans une brique)
Le papier doit être mis à tremper et doit impérativement être malaxé pour y incorporer les autres agrégats, d'ou l'utilité d'un malaxeur bricolé maison qui permet d'obtenir plus facilement une pâte onctueuse qui se coule sans trop de souci.

J'espère avoir été clair, sinon n'hésite pas.

Vagabond

11 janvier 2010 à 11:55:35
Réponse #8

athlon


Effectivement, une des limites serait la fissuration.

Il y a un autre souci, il faudrait étudier la possibilité de manutention des murs monoblocs, ce qui n'est pas gagné car là aussi on risquerai de créer des fissures et des ruptures avec des conséquences importantes sur la suite de la construction.

Il ne faut pas oublier que c'est une technique qui a été développé en raison de son coût de mise en oeuvre, sans grosse infrastructure ni matériel lourd.

Un autre détail qui peut sembler anodin : L'encre contenue dans les publications diverses qui servent de base peuvent être nocives, il est donc important de les enfermer dans le mur et de recouvrir celui-ci le plus vite possible.

Vagabond

Je pensais par exemple à une petite cabane de jardin faite d'un empilement de U comme ceci :

III    III
I        I
I        I
IIIIIIIIII

Ceci sur une hauteur "classique" d'une brique.

Ensuite concernant ta remarque sur les encres nocives, je ne recouvrirai pas TOUT ETANCHE... la partie nocive doit pouvoir "s'évaporer"...donc idéalement un revêtement respirant sur la face extérieur et protection "étanche" sur la face interne de la construction.

A+
"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

11 janvier 2010 à 11:57:15
Réponse #9

athlon


Cela dépend principalement de la quantité d'eau (pourcentage) que tu auras mis dans ton mélange. Il ne faut pas oublier que c'est de la fabrication maison, alors cela reste plus ou moins aléatoire.
Le papier doit être mis à tremper et doit impérativement être malaxé pour y incorporer les autres agrégats, d'ou l'utilité d'un malaxeur bricolé maison qui permet d'obtenir plus facilement une pâte onctueuse qui se coule sans trop de souci.

J'espère avoir été clair, sinon n'hésite pas.

Vagabond


Le mélange peut se faire à la betonniere si l'on en a une, ou encore avec un mélangeur sur perceuse :
http://www.leroymerlin.fr/mpng2-front/pre?1045592243.pos=0&03-zoom-produit-render=off&04-selectionne-pour-vous-render=off&backurl=pre?idLSPub=1049090309%26renderall=on
"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

11 janvier 2010 à 15:09:51
Réponse #10

vagabond


Désolé pour toi athlon, mais les retours que j'ai eu de tentatives d'utilisation d'une bétonnière furent assez désastreux.

Les bétonnières tournent trop lentement et n'offre aucune possibilité de déchiqueter le papier détrempé.

En effet, même en laissant longtemps le papier dans l'eau, il reste quand même en feuille tant qu'il n'est pas broyé et réduit en pâte. De ce fait, on bricole un malaxeur maison avec une ou plusieurs lame de tondeuse à gazon.

Vagabond


11 janvier 2010 à 15:31:23
Réponse #11

athlon


ha... ok je pensais pas qu'il faudrait déchiqueter... et que penses tu de l'option mélangeur perceuse ?

Ou alors tu ne vois que la version avec lame de tondeuse ?
"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

11 janvier 2010 à 15:55:17
Réponse #12

corbak


ha... ok je pensais pas qu'il faudrait déchiqueter... et que penses tu de l'option mélangeur perceuse ?

Ou alors tu ne vois que la version avec lame de tondeuse ?

Je serais toi j'opterais plus pour un malaxeur, c'est plus gros, mais plus résistant. La perceuse pourra tenir le choc mais il y a risque de surchauffe... Et quand ça fume c'est pas bon signe.

Je pense que la matière doit être assez dense donc la perceuse est une mauvaise idée.

Le malaxeur tourne assez vite, si au préalable le papier est déchirer puis mis à tremper ça peut éventuellement suffire. A voir.

Croaaaaaaaaaa


11 janvier 2010 à 19:56:18
Réponse #13

vagabond


ha... ok je pensais pas qu'il faudrait déchiqueter... et que penses tu de l'option mélangeur perceuse ?

Ou alors tu ne vois que la version avec lame de tondeuse ?
Dans l'optique perceuse, tu te retrouves avec le même problème, ça ne déchiquette toujours pas le papier pour en faire préalablement une bouillie, et c'est un point plus qu'important pour réaliser une préparation homogène.

Je pense que la matière doit être assez dense donc la perceuse est une mauvaise idée.
Ceci est effectivement une vérité, car pour rendre le mélange fluide, il faudrait mettre beaucoup trop d'eau et après il y aurait des gros problèmes au séchage.

Vagabond

11 janvier 2010 à 22:00:16
Réponse #14

nicogala


L'idéal serait ce que l'on appelle un cutter en agroalimentaire : une cuve avec une ou plusieurs lames (comme lame de tondeuse) tournant sur un axe central (comme les robots de cuisine mais en bcp plus gros) ... Mais ça devient de l'outillage spécialisé et onéreux (et sûrement en triphasé)
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

11 janvier 2010 à 22:51:25
Réponse #15

vagabond


L'idéal serait ce que l'on appelle un cutter en agroalimentaire : une cuve avec une ou plusieurs lames (comme lame de tondeuse) tournant sur un axe central (comme les robots de cuisine mais en bcp plus gros) ... Mais ça devient de l'outillage spécialisé et onéreux (et sûrement en triphasé)
C'est un peu le principe, mais ça peut se bricoler avec une lame au fond d'un fut de 200 L et un moteur thermique pour l'entrainer.

Pour gagner en hauteur et surtout éviter tous les problèmes liés à l'étanchéité toute relative du fond de cuve, on fabrique un entrainement par courroie et poulie.

Ne pas oublier de réaliser un système de vidange de la cuve, ça peut paraitre complètement con, mais je peux vous garantir que c'est vraiment désagréable de se rendre compte à la fin du malaxage qu'on doit se "démerder" pour vider 150 L de mixture.

Un bon mécano ou bricoleur consciencieux est un plus dans ce type de bricolage mais ça ne demande pas non plus un diplôme d'inventeur fou.

Un détail que j'ai oublié de donner : Prévoir un abri pour le séchage et le stockage.

Vagabond

11 janvier 2010 à 23:11:10
Réponse #16

vagabond


leif, c'est une bonne idée mais jusqu'ici je n'ai jamais eu de retour négatif quand à la résistance à l'écrasement.

Il ne faut pas oublier qu'une sablière porte sur toute la longueur de la construction, ça évite d'avoir des points de compression qui risqueraient de poser problème, mais c'est valable pour toute les maisons quelques soient le matériau de construction.

Il faut, dès le début de la réflexion du chantier, penser que le pire ennemi de cette construction alternative est l'humidité.

Vagabond

12 janvier 2010 à 09:17:23
Réponse #17

nicogala


le pire ennemi de cette construction alternative est l'humidité.
Quid des termites ?
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

12 janvier 2010 à 10:53:08
Réponse #18

Tengu


Les termites ne mangent pas le ciment.

Pour une grande plaque 2m*1m, je ferais d'abord un treillis en bambous par exemple et après remplissage du moule, afin d'avoir un structure souple mais résistante.

12 janvier 2010 à 13:58:26
Réponse #19

nicogala


Les termites ne mangent pas le ciment.

Mais les x% de papier : oui.

Et dans la formule que tu donne 30<x<60 selon la quantité d'eau (non précisée)

Si 50% de la brique est bouffée... c'est pas top.

Des infos là-dessus ?
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

12 janvier 2010 à 14:09:32
Réponse #20

vagabond



Si 50% de la brique est bouffée... c'est pas top.

Des infos là-dessus ?
Jusqu'ici, j'ai toujours utilisé des mélanges avec de la chaux et de l'argile. Très résistant et garanti, les bestioles en tous genres évitent la chaux, c'est d'ailleurs avec elle qu'on garanti les mur en bois cordé, entre autre.

Vagabond

12 janvier 2010 à 14:47:21
Réponse #21

Tengu


Certains rajoutent aussi de l'acide Borique (pour tuer les petites betes).

12 janvier 2010 à 14:59:57
Réponse #22

josephcurwen


j'adore le concept!

Concernant le mixer, je viens de trouver certaines infos intéressantes avec notamment le "Tow-Mixer" (mixer tracté)

http://livinginpaper.com/mixers.htm

http://www.youtube.com/watch?v=JoLBeV6tzJ4

L'idée est de récupérer le train arrière d'un véhicule, de rediriger le différentiel vers le haut pour faire tourner l'axe et la lame, en le tractant comme une remorque. Résultat: une lame tournant à bas régime mais avec énormément de force. Rouler 1,5 kms à 8kms/heure suffirait pour faire prendre le mélange.

Du boulot à la base, mais sacré rendement pour la suite.

12 janvier 2010 à 15:44:19
Réponse #23

Tengu


En image : le tow-mixer



12 janvier 2010 à 21:04:34
Réponse #24

vagabond


En image : le tow-mixer



Je ne connais pas le tow-mixer, mais comment contrôler l'humidité si on est entrain de conduire ?

Je m'explique, la quantité d'eau qu'il y a dans le mélange doit être la plus faible possible pour éviter les temps de séchage exagérément long, les retraits trop important et je ne sais quels autres problèmes.

Ça peut paraitre simple, mais le papier est mouillé et malaxé mais c'est un dosage en eau que l'on maitrise relativement mal, ce qui fait qu'en incorporant les autres agrégats, l'idéal est de faire un contrôle visuel permanent pour obtenir une pâte lisse et onctueuse.

Franchement, c'est peut-être un système génial mais je ne trouve pas  d'argument en sa faveur, et même pas la simplicité de réalisation.

Vagabond

 


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