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Auteur Sujet: Teinture d'iode naturelle  (Lu 25537 fois)

23 avril 2007 à 22:33:26
Lu 25537 fois

nicogala


La teinture d'iode est un puissant désinfectant qui est antiseptique, antifongique, anti-inflammatoire, bactéricide, et cicatrisant, de plus elle peut servir à désinfecter l'eau de boisson.
Son intérêt est donc évident.

Pourquoi j'en parle ? Parce cette teinture d'iode découverte au 19eme siècle était tirée du goemon.
Basiquement, le goemon (algues laminaires de préférence) séché et brûlé donne un pain de soude, les vapeurs condensées et mélangées à de l'alcool donnent la teinture d'iode.

On pourrait donc imaginer que, en situation de survie à moyen ou long terme à proximité du bord de mer, on puisse tenter d'en fabriquer...

Le problème c'est que je n'ai pas réussi à trouver les détails de la méthode d'obtention : sont-ce les fumées d'incinération des algues ou bien celles d'un traitement ultérieur des pains de soude qui sont utilisées ? Y a t'il des astuces pariculières ? etc.

Si vous avez des infos utiles là-dessus, ça pourrait être intéressant ;)


Je pense aussi que des macérations de laminaires apportent pas mal d'iode aussi, mais je ne sais sous quelle forme hélas...
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

23 avril 2007 à 22:47:58
Réponse #1

Blue


BOn je ne suis pas trop intéressée à la chose vu que je suis allergique à l'iode...

Pour la macération, je dirais une teinture alcoolique non ?

Blue

23 avril 2007 à 23:46:57
Réponse #2

nicogala


Bah tu sais, tu ne crains rien avec cette teinture d'iode car l'allergie à l'iode n'existe absolument pas ;)

Tu es peut-être allergique à certaines protéines des fruits de mer ou à la providone de la Bétadine, mais en aucun cas à l'iode. Et heureusement que ça n'existe pas car l'iode est essentielle à la vie, en fait "allergie à l'iode" est un gros abus de langage, comme "crise de foie" (ou "allergique au lait" dans la plupart des cas) ;) (un peu de littérature...)


La macération alcoolique pourquoi pas, mais en situation de survie par définition on n'a pas d'alcool, à moins de faire une bière ou un hydromel (mais faut pouvoir !) titrant entre 3 et 5° ... non, justement : obtenir une solution iodée à partir des algues et ce relativement "simplement" serait super car permettrait de traiter les plaies et infections en l'absence de médicaments ou d'alcool...
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

24 avril 2007 à 00:59:36
Réponse #3

Blue


Je suis allergique à la bétadine et de ce fait, j'ai eu droit à une prémédication (antihistaminqiue et corticoïde) avant mes scanners car je devais avoir une injection d'un "produit iodé". Les toubibs ont décrétés que je devais être "allergique à l'iode"... Je n'aime pas les fruits de mer mais c'est par goût avant tout(et je pense bien qu'en cas de disette j'en avalerais...  ;) ).

J'avoue que je n'ai pas été chercher plus loin, je me disais que c'était une histoire de quantité car bien entendu je ne fais pas de réaction au sel marin...Donc je pourrais ingérer sans souci les ptites pilules magiques en cas de problème d'incident nucléaire ?

Je demanderai à mon toubib à l'occasion par curiosité de sa réponse...

J'ai parlé macération alcoolique dans une optique autarcie long terme pas en tant que situation de survie court terme...Désolée...

Blue

24 avril 2007 à 01:48:06
Réponse #4

Blue


"L'iode

Jusqu'ici, pour obtenir du salpêtre en brûlant des algues brunes (Fucus, Laminaria...,) on recueillait des cendres riches en chlorures, bromures, iodures, carbonates et sulfates de sodium, potassium, magnésium et calcium mais on ne cherchait à garder que les composés de sodium et de potassium. Les liqueurs mères que l'on obtenait par extraction à l'eau étaient connues sous le nom de salin de varech ou soude de varech. Pendant le processus d'évaporation, le chlorure de sodium commençait à précipiter et, un peu plus tard, le chlorure et le sulfate de potassium. Pour détruire les composés sulfurés : polysulfures, sulfites et hyposulfites résultant de la réduction des sulfates lors de la calcination, il fallait ajouter de l'acide sulfurique dans la liqueur mère.

Un jour de 1811, ayant sans doute utilisé un excès d'acide, un salpêtrier Bernard Courtois [1777-1828] a la surprise de constater un dégagement de vapeurs violettes, qui ont une odeur irritante semblable à celle du chlore. Lorsque ces vapeurs se condensent sur des objets froids, elles ne donnent aucun liquide mais de jolis cristaux très foncés d'un bel aspect métallique.

Bien que ces propriétés saisissantes lui fassent suspecter la présence d'un nouvel élément, Courtois ne dispose ni d'un laboratoire suffisamment équipé, ni du temps nécessaire à de telles recherches, les guerres de l'Empire exigeant de grosses livraisons de salpêtre. Aussi demande-t-il à deux de ses amis comme lui originaires de Dijon, C.-B. Désormes et N. Clément, de poursuivre cette investigation, dans leur laboratoire du Conservatoire des Arts et Métiers.

L'annonce par Clément et Désormes de la découverte de l'iode n'a lieu que deux ans plus tard, le 29 novembre 1813 à l'Institut. Ils donnent tous les détails pour l'obtention de la nouvelle substance selon le procédé découvert par Courtois et suggèrent que, combinée à l'hydrogène, elle semble donner de "l'acide muriatique". C'est alors que Gay-Lussac qui a été nommé rapporteur des travaux présentés par Clément, se met à l'étude de cette nouvelle substance. Dès lors Gay-Lussac et Davy entrent en compétition et les conclusions qu'ils donnent, le 12 décembre pour le premier et le 13 pour le second, sont pratiquement les mêmes, aussi les historiens des sciences admettent qu'ils doivent se partager tous deux l'honneur d'avoir élucidé la nature de l'iode."
http://www.sabix.org/bulletin/b37/chimie.html

Je crains que la récupération de l'iode ne soit qeulque peu compliquée...

J'ai du coup pas mal lu à porpos de cette pseudo-allergie à l'iode...Dire que ce sont mes toubibs qui ont employé ce terme...Et si j'étais allergique à la fois à la bétadine, aux produits contrastants et aux fruits de mer...Ce serait franchement pas de chance (cela supposerait que je sois allergique à 3 molécules différentes)...En fait ils me gavent de médicaments en prémédication des scanners surtout pour se couvrir au cas où...Mais statistiquement, c'est pour rien...Groumph...

Je cherche voir si on fait des teintures de laminaires, je suis presque sûre d'avoir déjà entendu parlé de ça...

Blue


24 avril 2007 à 01:54:06
Réponse #5

Blue


" Traitements pour obtenir l’iode

Lixivation : Les cendres sont concassées en morceaux de l’ordre de quelques cm 3. Le broyage se fait à la masse sur une table recouverte d’un plaque de fonte. Le lessivage dégage une partie soluble qui peut représenter jusqu’à 65% de la totalité. Les lessives contiennent de 6kg à 9kg d’iode au m3.

Concentration : Les solutions sont concentrées par évaporation dans des chaudières peu profondes chauffées à feu nu ou encore en utilisant des serpentins où circule de la vapeur d’eau sous pression. Le chlorure de sodium se dépose d’abord, le chlorure de potassium ensuite. Les eaux mères finales contiennent 100g à 150g d’iode par litre mais aussi les carbonates, les sulfures, sulfites et hyposulfites solubles.

Désulfuration : La désulfuration se fait en milieu acidifié. Il faut verser de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique dans la solution qui à l’origine est très basique. Les carbonates se décomposent les premiers avec un dégagement de dioxyde de carbone. Les composés sulfurés se décomposent ensuite avec un dégagement de sulfure d’hydrogène et un précipité de soufre sous forme essentiellement colloïdale. En portant la solution à ébullition on chasse le sulfure d’hydrogène dissout et on favorise la précipitation du soufre.

Précipitation de l’iode : L’iode est chassé de la solution par l’action du chlore. Celui ci est obtenu par l’addition de chlorates dans la solution acide (au laboratoire on pourra utiliser de l’eau oxygénée). L’iode se précipite alors sous la forme d’une poudre noire.

Sublimation : L’iode lavé et séché par pression est sublimé dans des cuves de céramique surmontées d’un couvercle sous forme de cloche chauffées sur bain de sable. On obtient alors des paillettes contenant de 97% à 98% d’iode. Une nouvelle sublimation peut porter ce taux à 99,5%. C‘est en nous inspirant de ces techniques que nous procéderont à l’extraction de l’iode puis à son dosage."
http://seaus.free.fr/spip.php?article130

Je crois qu'on oublie définivement comme technqiue de survie... ;-)

Blue

24 avril 2007 à 11:15:38
Réponse #6

nicogala


Excellent !  :up:

Attends, pourquoi "oublier" ?
Jusqu'à la concentration pas de problème, ensuite il faut un acide, sulfurique ou chlorhydrique, ce dernier est relativement facile à obtenir ... du moment qu'on dispose du premier  :-\ ... or l'acide sulfurique est connu depuis le 9eme siècle ! On l'obtiendrait par chauffage du soufre, bon faut en avoir, mais serait possible d'en extraire du gypse...

Je t'accorde que c'est un peu alambiqué (<-mouarff! ;D) mais c'est en se plaçant dans une optique de survie à long terme (qques années) ...


Ça me fait rebondir là-dessus : dans un cas de catastrophe à l'échelle planétaire, à quel degrès de civilisation et de connaissances repartirions-nous en tant que survivants ?
Ce que des gens faisaient 1000 ans avant, nous serions sûrement bien en peine de le faire ou seulement de l'imaginer, alors qu'encoder un DVD en DivX ne nous pose aucun problème technique...  ::)

En cherchant (et c'est là que j'aime lancer une qestion...) j'ai trouvé le Conservatoire Numérique des Arts & Métiers qui a numérisé des ouvrages anciens (18-19eme) scientifiques et techniques, ça va de la meilleure technique de labour d'un champ à la fabrication d'antimoine en passant par la liqueur d'anis ( 8)) ... (voir ici)

Ça fait du bien de revoir qques techniques "oubliées" qui sont la base de notre science actuelle, je suis sûr qu'en fouillant ce site on peut trouver des perles pouvant nous intéresser... ;)
« Modifié: 24 avril 2007 à 12:31:21 par nicogala »
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

24 avril 2007 à 11:57:05
Réponse #7

Kilbith


Salut, :)

Super intéressant....

Je suis à la recherche d'un ouvrage sur la "chimie simple". L'apprentissage actuel est très théorique et met en oeuvre des produits sophistiqués (acide chlorhydrique....) sans expliquer leur obtention à partir des produits naturels...

Pour notre problème du moment : Il me semble qu'il y a de l'acide sulfurique dans les batteries de véhicule....

did, ;)

24 avril 2007 à 18:03:42
Réponse #8

Blue


Je parlais d'oubleir par rapport à ton idée de dépqrt de premiers secours... Dans une optique de régression sociale, bien sûr, c'est fort intéressant...

Quand aux thèmes plus généraux abordés ici, j'en débat déjà assez longuement dans le forum qui m'a propulsée jusqu'ici... ;-)

Blue

 


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