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Auteur Sujet: Gestion du stress à court, moyen et long terme  (Lu 24452 fois)

19 mars 2009 à 22:30:07
Lu 24452 fois

DavidManise


Salut :)

Bon...  on connaît tous les exercices de respiration pour se calmer à court terme...  ça marche super bien.  Mais quid du stress à moyen terme ?  A long terme ?  Comment durer psychologiquement dans une crise qui s'éternise ?  Comment les gens dans les camps ont tenu psychologiquement pendant plusieurs mois ?  Plusieurs années ?  Comment les gens dans les pays en guerre peuvent-ils survivre mentalement à toute cette horreur ?  Qui y arrive ?  Qui n'y arrive pas ?  Comment ?

Il y a là un immense pan de la survie que nous n'avons pas du tout exploré ici.  Ou alors très peu, et très mal.

Voyant des gens d'expérience débarquer parmi nous ("Sois toi même", Wapiti, Mad Max, sans parler des petits jeunes de 45 ans comme Did ;))...  je profite de leur présence pour poser ces questions.  J'aimerais avoir votre son de cloche...  aux sages mais aussi celui de tous.  Parfois le stress n'attend pas le nombre des années. 

Qu'est-ce qui a bien fonctionné pour vous sur le long terme ?  Quelles sont vos recettes, si vous en avez ?

J'attends d'avoir vu un débat s'entamer avant de commencer à poster mes conneries à moi.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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19 mars 2009 à 23:00:58
Réponse #1

Vaer_dig_selv


Survie dans les camps de la mort ?
Je n'ai pas lu le compte-rendu de Bruno Bettelheim, je sais seulement qu'il existe.
Ni celui de Victor Frankl. Je ne le sais indirectement que par Stephen Covey, qui ne donne pas de liste de références.
J'ai lu le récit par Primo Levi "Si c'est un homme". La suite, dans un camp russe à direction militaire (et inorganisée...), puis leur rapatriement est conté sous le titre de "La trêve", et démontre à quel point les survivants étaient devenus démerdards et incassables. Le second livre est franchement drôle par endroits : la négociation de troc pour une poule avec des villageois (ukrainiens ?).

A un tout autre niveau de stress, le gérer en relation : s'imposer d'écouter trois fois plus qu'on ne parle, s'entraîner à faire parler, à aider les autres à élaborer leurs idées et leurs solutions, tout en mettant ses propres soucis dans sa poche. Récompense : le rendement amoureux en est plutôt bon. Apparemment personne n'écoute, beaucoup imposent.

Pour le stress professionnel, un apport essentiel avait été celui du psychologue Jean-Paul Garnier. Psychologue à Air-France, en plus il animait une association loi 1901, pour venir en aide aux cadres confrontés à une période de chômage et de reclassement. C'est courant maintenant, cette précarité d'emploi, c'était nouveau en 1971, du moins pour les cadres, ils tombaient dans le vide. Chaque semaine, au milieu des offres d'emploi que nous parcourions fébrilement dans l'Usine Nouvelle, il y avait les quelques lignes de son Centre d'Aide Psychologique.

En une demi-journée, il nous a fait assimiler l'écoute active à la Carl Rogers.
Une autre fois, après nous avoir bien fait exposer nos rancoeurs et nos soucis, il écrivit trois maximes au tableau de papier :
Personne ne nous doit rien.
Il n'y a que moi qui puisse changer.
Qu'est-ce qui ne va pas en moi, qui fait que ce que vous faites me dérange ?


Il a pris soin de restreindre : Ce ne sont pas des vérités, ce que j'ai écrit là, mais si vous adoptez ces maximes, ça ira mieux pour vous.

Restreignons encore : en milieu professionnel qui ne soit que modérément pervers.
En milieu très pervers, évidemment que ces maximes sont largement insuffisantes, voire désarmantes quand il faudrait justement être armé.

Une référence à avoir lu : Daniel Goleman, L'Intelligence émotionnelle.
Ce qui est moins bien, est que des gens qui l'ont dans leur bibliothèque ne l'ont pas forcément assimilé... En fait, ce qu'ils n'ont pas assimilé, c'est qu'il leur faudrait renoncer à leur réflexe (et à leur culture familiale) de lancer n'importe quel combat, n'importe quelle controverse, pour reprendre à tout prix la position haute. Savoir prendre la position basse, et y résister tranquillement, cela s'apprend.
Une référence encore, et très accessible en poche au Seuil :
P. Watzlawick, J. Helmick Beavin, Don D. Jackson : Une logique de la communication. Collection Points, au Seuil.
« Modifié: 19 mars 2009 à 23:14:42 par Vaer_dig_selv »

19 mars 2009 à 23:45:47
Réponse #2

Bartlett


Citer
Je n'ai pas lu le compte-rendu de Bruno Bettelheim   

Moi si. Dans "Survivre"  Bettelheim s'oppose a l'idée que les survivants des camps de la mort avaient un esprit particulier qui leur auraient permis de tenir mieux que les autres.

Pour lui sa vie ou sa mort était complétement soumise a des éléments hors de sa volonté.Sa préocupation était de durer tout en gardant en lui ce que j'appellerais son "ame ", faute de mieux, sa capacité a rester humain malgré ce que leur faisait subir les Nazis.

Bettelheim a été dans un camp de concentration en 1938, son vécu est différent de ceux qui sont passés dans les camps de la mort( a partir de 1943).

Je remet le lien en Anglais

http://www.psy.dmu.ac.uk/brown/dmulib/BET.htm

C'est l"analyse que fit Bettelheim de ce qu'il avait vécu dans les camps et aussi du
pourquoi.

Comme reméde au stress a long terme, je dirais la foi.Les religions et la foi ont été percus comme un "truc"" pour appaiser l'ame humaine, seul animal doté de conscience et donc le seul a savoir qu'il va mourrir.




 
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

20 mars 2009 à 00:14:58
Réponse #3

Oxossi




Une méthode simple et efficace, mais difficile à mettre en oeuvre en pratique consiste, tout simplement, à "penser à autre chose".

Je l'ai vu dans un bouquin écrit sous la forme "compartimenter son esprit" ("partition your mind" = comme un disque dur). Il s'agit d'imaginer son esprit comme une armoire avec plein de tiroirs. Il y a un ou plusieurs tiroirs "à soucis", et il faut apprendre à n'ouvrir qu'un tiroir à la fois et à ne se concentrer que sur celui-là.

Isoler les questionnements, les problèmes. Cette capacité à compartimenter permet de ne pas s'appesentir sur le négatif, de façon à se préserver.

C'est par exemple une question de survie à un boulot stressant, être capable de le ranger dans une boîte de son esprit quand on rentre à la maison, pour ne pas laisser le stress envahir sa vie de couple, sa vie de famille...


Les handicapés ont pas mal de choses à nous apprendre aussi sur la gestion du stress sur le long terme.

Une des réponse, est, je crois, de trouver des raisons de satisfaction même dans le malheur.

Cette capacité à positiver, à vouloir tirer le meilleur d'une situation si grave soit-elle, est à mon sens une caractéristique première du survivant.

D'ailleurs, Steven Calahan dans son livre "à la dérive" (76 jours dans son radeau de survie à dériver à travers l'atlantique) décrit bien sa capacité à s'émerveiller de cette mer qui pourtant le met dans une telle situation de péril. Malgré ça, il arrive à trouver son environnement magnifique. Il parle de "a view of heaven from a seat in hell".

Une de mes meilleures amies a à peine trente ans mais elle a le dos en compote, comme si elle en avait 70.

Elle ne pense plus à rien d'autre qu'à aller mieux, à guérir. Je lui conseillais récemment de se trouver un hobby, un intérêt qui lui procure du plaisir, rien qu'à elle. Je crois que c'est important pour pouvoir passer les moments difficiles. Trouver de la satisfaction: quand on on pense à cette chose plaisante, quand on la fait, ça occulte les choses douloureuses, et le temps passe plus vite.

Or, beaucoup de choses s'améliorent avec le temps. Donc réussir à faire passer le temps est essentiel.

Ce que je viens d'essayer de raconter me paraît hyper basique et ne semble pas mériter un post. Mais d'un autre coté ça me paraît important quand même, alors je me lance. Et ce n'est pas parce que ça paraît évident que c'est facile à mettre en oeuvre en pratique.

-Oxossi



20 mars 2009 à 00:53:06
Réponse #4

Anke


+1 avec toi Oxossi. Effectivemment le cloisonnement est ( pour moi) une bonne solution, tout du moins ça marche pour moi. Il en découle naturellement la reflexion suivante : " je ne vais pas me cailler le lait pour un truc que je ne peux maitriser à l'avance" ce qui veut dire que je me tracasserai quand ça va arriver, pas avant et ce qui sous-entend que j'ai suffisamment de confiance en moi ( ou de l'inconscience, mais ça on le sait après...) pour ^tre convaincu que je saurais réagir. Bref des pensées positives et confiance dans l'avenir ( enfin le plus possible). On peut rapprocher ce dernier sentiment de la Foi ( croire en un monde meilleur, une puissance de bonté supérieure etc...bref un "demain").
Se donner toutes les occasions possible d'être satisfait de soi-même, même pour la moindre connerie, c'est important de garder une image positive de soi-même : hygiène, tenue vestimentaire( même si si ce n'est pas vrai, c'est la recherche qui est importante), port du corps, mouvements ( se redresser, se tenir droit par ex) démarche, tout est bon, il faut faire feu de tout bois.
Et puis surtout, surtout, chercher tout le temps des trucs pour s'émerveiller, positiver les "merdes". C'est une vraie gymnastique, "voir", essayer de voir le positif en chaque chose.
Aimer, aussi ça aide... ça c'est sûr, ça sauve même. Mais ne pas aimer forcément qu'un seul être, mais tous. On peut aussi chercher à aimer. Ce qui sera important c'est ce qui permettra de dépasser la situation intenable, se dépasser.
On peut regarder un verre avec de l'eau dedans, on a le choix : le voir à moitié vide... ou bien à moitié plein. Selon l'option que l'on choisit, on sera heureux ou malheureux. Je crois que quoi qu'il arrive, on peut faire le choix du bonheur...ou pas. La vraie liberté quoi... Je crois que tout ça, ça fait tenir et longtemps...

20 mars 2009 à 08:48:30
Réponse #5

DavidManise


En Gaspésie on a un dicton : "on partira les wipers mais qu'y commence à mouiller".  Traduction, on mettra les essuie-glaces en route seulement quand il commencera à pleuvoir :)

Dans vos réponses, je distingue clairement deux écoles.  L'une consiste à s'adapter, à trouver des solutions, à se rendre malléable, flexible (ou de réduire l'importance qu'on accorde à son corps en décidant de croire qu'on lui survivra, etc.)...  on réduit son niveau de stress sans s'isoler de sa source.  L'autre consiste à s'isoler mentalement de la source du stress, à "prendre des vacances" mentalement (la foi, je m'en rends compte, est un peu à cheval entre les deux).

J'attends la suite avec impatience :)

David
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20 mars 2009 à 09:32:41
Réponse #6

Anke


Je me pose juste la question : le stress ou la situation stressante ne peut-il être un moteur puissant et déboucher sur un épanouissement.
Bon, il t'arrive un truc à la noix, ça remet tout tes schémas mentaux en question, ça t'oblige à changer tes repères, c'est une véritable révolution. Au final, ç'est l'occasion de re-développer ta créativité, tes reflexes etc... ( tout ce qu'on veut). Auquel cas, c'est une remise en question totale et profonde de nos objectifs véritables de vie. Un peu comme un grand coup de pied au cul ! Y'a des moments, dans une vie, c'est nécessaire, ça peut permettre de ne pas la louper, sa vie.
Tiens ! Voilà un exemple du verre à moitié plein...
Je ne sais pas si au final, il y a deux écoles, je ne suis pas sûr de ça ( on fera le bilan plus tard, on en tirera surement des conclusions).

20 mars 2009 à 09:38:45
Réponse #7

DavidManise


Hmmm...  une troisième école sympa ça : accepter le stress lui-même.  Le reconnaître pour ce qu'il est...  un dispositif de survie dans un contexte où on va être obligé de se bouger le cul.

Bien ça.  Ca nous soulage du stress causé par le fait d'être stressé...  le stress du stress disparaît. 

Ca sent l'expérience de vie tout ça. 

Donc ça nous fait trois grands axes de réflexion.

Cool :love:

David
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20 mars 2009 à 09:42:43
Réponse #8

Oxossi



on réduit son niveau de stress sans s'isoler de sa source.  L'autre consiste à s'isoler mentalement de la source du stress, à "prendre des vacances" mentalement.


Juste une précision, je crois qu'il ne faut pas confondre "cloisonnement" et "négation".

Il s'agit de mettre un instant en veilleuse la source du stress, le temps de reprendre sa respiration en gros, mais pas de la nier en bloc. Juste le temps de se requinquer pour pouvoir retourner l'affronter plus fort.

Un autre principe de vie que j'aime bien (mal transcrit mais je fais ce que je peux :) ):

Avoir la force de changer ce que l'on peut changer,
Le courage de ne pas changer ce qui ne peut pas l'être,
Et la sagesse se savoir distinguer entre les deux.

En gros, il s'agit d'utiliser son énergie à des choses peut-être modestes, mais utiles, plutôt que la gaspiller sans réelle efficacité à essayer d'atteindre un objectif inatteignable (on rejoint unpeu un post sur la motivation où il était évoqué les sportifs qui se donnaient des objectifs trop importants, se donnant ainsi des excuses totues faites pour échouer).

Exemple: je vais me faire une pov hutte de branchages plutôt que de courir par tout en hurlant et maudissant le ciel que ces **** de secours ne m'aient pas encore retrouvé.

"Pray but row for the shore" quoi ;)

-Oxossi

20 mars 2009 à 09:45:11
Réponse #9

Oxossi


accepter le stress lui-même.  Le reconnaître pour ce qu'il est... 

Ouaiiiis, je suis bien d'accord, à condition de ne pas lui accorder plus d'importance qu'il n'en mérite, pour ne pas le laisser nous bouffer.

Bref, garder le destrier de l'émotion sous le contrôle des rênes de la raison (c'est pas de moi :) ).

- Oxossi

20 mars 2009 à 09:48:27
Réponse #10

raphael


Il existe, il me semble, aussi un stress positif et négatif. L'un est benefique l'autre non.
Se connaitre et s'accepter


20 mars 2009 à 09:56:43
Réponse #11

Anke


Citer
accepter le stress lui-même.  Le reconnaître pour ce qu'il est...  
Vi, c'est tout a fait ça, en commençant par l'identification du pb ou de la situation( étape importante amha) ça permet surtout ( je crois hein, je ne suis pas sûr de tout ça) d'éviter les reflexes de négation ( bien normaux, le "denie", c'est aussi une manière de se protèger) pour refuser la réalité.
Un exemple tout con : j'ai une copine aide-soignante qui ne supporte pas la vue d'une plaie ( particulier pour quelqu'un qui fait ce boulot). Elle a trouvé un mode de fonctionnement ( fuite, pas être là, trouver quelqu'un qui fera à sa place) avec lequel elle arrive à se "protèger" de ça, mais au détriment de sa crédibilité professionnelle, voire personnelle ( elle me fait un peu penser à une poupée de porcelaine). Son comportement dans la vie courante en est imprègné : la machine à laver tombe en panne, c'est la catastrophe nationale, elle n'arrive pas à ouvrir le réservoir pour faire le plein de la bagnole, c'est donc son mari qui s'en occupe.
Bon, je la trouve un peu ( pas mal même !) "boulet", mais somme toute elle a trouvé sa manière à elle de faire face à tout ça. Elle sait à l'inverse ( et c'est ça qui est curieux je trouve) qu'en cas de pépin majeur ( avec risque vital par ex) elle sera incapable de "réagir" et qu'elle serait sans aucun doute dans les premières à "y passer". Mais elle accepte ! ( ça me scie à la base...)
Y aurait-il des victimes pré-déterminées ? Et des gens destinés à "s'en sortir" quoi qu'il puisse arriver ( Martin Gray par ex) ?

Dernière phrase à prendre avec beaucoup de précautions, on peut dériver facile...

20 mars 2009 à 09:57:36
Réponse #12

Kilbith


bonjour,

Je suis un peu embêté pour répondre rapidement sur ce poste.

D'une part, comme cela touche directement à ma pratique professionnelle (gestion du stress, burn out....) il me faut construire une réponse argumentée.   ^-^

D'autre part, cela touche encore plus mon épouse qui publie fréquemment sur ce thème (coping...) particulièrement sur la classe d'âge "adulescent". :-\

Enfin, j'ai des proches qui sont eux des spécialistes du stress au travail, donc je dois écrire des choses très très argumentées... :'(


Au final je ne suis pas certain qu'une approche "psychologisante", "psychalanisante" ou "scientifisente" soient les seules possibles....tout n'est pas Raison.

Dans ce domaine la Foi (sans exclusive : Chamanisme, Boudhisme, Vegetalisme,  Communisme, Jaïnisme, Zoroastrisme, Catholicisme, Pacha Mamisme, BrunoBethellisme...) à aussi son rôle à jouer.

Or ce domaine n'est pas un domaine que l'on peut aborder dans le cadre d'une démonstration. Et c'est un domaine banni sur sur ce forum.

Pourtant, la Foi, est indéniablement un soutient pour des milliards d'hommes face à l'adversité et ce depuis la nuit des temps.

"Le trépas vient tout guérir mais ne bougeons d'où nous sommes, mieux vaux souffrir que mourir, c'est la devise des hommes"

 ;) Je vais revenir plus tard pour développer les aspects faisant appel à la Raison.

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

20 mars 2009 à 10:01:48
Réponse #13

Vaer_dig_selv



Une méthode simple et efficace, mais difficile à mettre en oeuvre en pratique consiste, tout simplement, à "penser à autre chose".

Je l'ai vu dans un bouquin écrit sous la forme "compartimenter son esprit" ("partition your mind" = comme un disque dur). Il s'agit d'imaginer son esprit comme une armoire avec plein de tiroirs. Il y a un ou plusieurs tiroirs "à soucis", et il faut apprendre à n'ouvrir qu'un tiroir à la fois et à ne se concentrer que sur celui-là.

Isoler les questionnements, les problèmes. Cette capacité à compartimenter permet de ne pas s'appesantir sur le négatif, de façon à se préserver.


J'ai beaucoup de réticences envers ce cloisonnement, j'ai bien du mal à en dire, mais l'exposé risque d'être confus.

La solution d'hier devient vite le problème d'aujourd'hui. Je parle de ce qui existe chez moi : la fuite devant le conflit, vers quelque bricolage pas très urgent, mais dont je m'imagine qu'il me procurera du moins une réussite partielle à court terme. Exemple, en octobre 1982 je me suis polarisé sur la construction d'un buffet, qui ne fut jamais achevé, pour éviter de traiter le fait que nous avions englouti nos économies dans un escroc qui m'avait ébloui. De toutes façons, le conflit d'intérêts ne fut jamais éteint. Arthur Janov et sa femme présentèrent alors l'ultimatum à mon épouse : "Il faut que tu quittes ton mari, car son incroyance va détruire ta thérapie primale", puis l'abandonnèrent froidement au début du gué. Voir la suite à http://lavaujac.club.fr/paranoia.html.

De nos jours je suis ligoté presque partout par ces conduites de fuite devant les conflits.

Autrement dit, j'ai du mal à dire du cloisonnement mental devant les conflits, et des fuites névrotiques dans des activités secondaires. Adolescent, je fuyais vers le scolaire, puis un peu vers la musique. Sexagénaire, j'ai perdu la musique, et gagné l'écriture.

J'aurais pu mettre sur le tapis ma conduite de l'été 1997, fuite vers le travail scientifique tandis que mon épouse et sa fille aînée préparaient ouvertement un assassinat, faisaient la tournée en séduction des voisins pour leur interdire tout contact avec moi, etc. Trop long. Le résultat scientifique n'est pas nul ; j'ignorais, et les physiciens de l'université Lyon 1 continuèrent d'ignorer encore longtemps, que j'étais antériorisé depuis 1986 par John Cramer. Résultat à http://lavaujac.club.fr/GEOMETRIE_infond.htm, qui date de 1999. Le seul point qui n'était pas antériorisé par Cramer date de mai 1998 : le calcul de la géométrie des fuseaux de Fermat, avec des moyens élémentaires.

Or la présence ou l'absence de résultats dans l'activité dérivative sont extrêmement aléatoires, cela aurait pu être un piège mortel tout aussi bien. Des savants fous, on n'en manque pas, hélas.

Cloisonnement ? Oui si on maîtrise le rythme de réouverture du tiroir à soucis, si on sait ne pas être prisonnier de sa poltronnerie, puis de son oubli de sa colère première, et de l'oubli des conditions aux limites. Sinon, la solution d'hier devient pour toujours le problème d'aujourd'hui.
« Modifié: 20 mars 2009 à 10:07:08 par Vaer_dig_selv »

20 mars 2009 à 10:20:00
Réponse #14

Anke


Bully, il dis ça autrement ( je crois que ça revient à ce que tu dis Vaer) : " Pas me faire des noeuds au cerveau avec des trucs qui me servent à rien. " il ajoute souvent "gardez le sourire et faites des pompes", j'aime bien, ça résume à l'essentiel je trouve...

Citer
Or la présence ou l'absence de résultats dans l'activité dérivative sont extrêmement aléatoires
.
On s'en fiche pas un peu de ça ? L'activité dérivative c'est déjà le résultat...

20 mars 2009 à 10:23:27
Réponse #15

DavidManise


Pourtant, la Foi, est indéniablement un soutient pour des milliards d'hommes face à l'adversité et ce depuis la nuit des temps.

Je ne suis pas contre une démonstration des mécanismes qui font de la foi un outil efficace de gestion du stress ;)  Je suis contre les débats stériles, creux et passionnés qui enterrent les idées intéressantes dans un remblai de connerie...  en l'occurrence je suis certain que tu saurais amener la chose intelligemment et de manière très enrichissante.  Et ça, ça serait plus que souhaitable :up:

Citation de: Sois toi même
Cloisonnement ? Oui si on maîtrise le rythme de réouverture du tiroir à soucis, si on sait ne pas être prisonnier de sa poltronnerie, puis de son oubli de sa colère première, et de l'oubli des conditions aux limites. Sinon, la solution d'hier devient pour toujours le problème d'aujourd'hui.

Devant le conflit souhaitable "objectivement", oui.  Face à des choses contre lesquelles on ne peut rien, en revanche, je vois dans le cloisonnement un répis salutaire.  On recule pour mieux sauter.  L'important ici étant le "pour mieux sauter".

David
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20 mars 2009 à 10:27:46
Réponse #16

alexr


Se donner toutes les occasions possible d'être satisfait de soi-même, même pour la moindre connerie, c'est important de garder une image positive de soi-même : hygiène, tenue vestimentaire( même si si ce n'est pas vrai, c'est la recherche qui est importante), port du corps, mouvements ( se redresser, se tenir droit par ex) démarche, tout est bon, il faut faire feu de tout bois.

Cette histoire de tenue vestimentaire me rappelle une anecdote lue dans le récit du dissident soviétique Vladimir Boukovsky, ... et le vent reprend ses tours. Ce gars a passé pas mal de temps dans les geôles et les asiles psychiatriques soviétiques. En prison, certains dissidents avaient pris l'habitude de se confectionner une sorte de plastron, avec un morceau de drap, pour cacher leur chemise en lambeau, afin de préserver leur apparence physique et ainsi leur dignité.

20 mars 2009 à 10:34:17
Réponse #17

Anke


Le cloisonnement permet (pour moi) de faire face aux pbs les uns après les autres avec chacun un ordre de priorité. Stérile amha de tenter de tout résoudre d'un coup. Ex : il pleut et ça caille - Priorité un, je me mets à l'abri. Priorité deux, je me réchauffe. Illusoire de tenter de me réchauffer sous la pluie battante et glaciale. Ce type de comportement ou d'analyse est applicable à plein d'autres trucs.

20 mars 2009 à 10:54:39
Réponse #18

Woodrunner


Je suis un dopé au stress,... c'est grave doc?

Je m'explique 3 fois par année on reçoit des recrues auquelles on doit en un temps reccord inculquer un nouveau métier, des nouvelles références, un style de vie, de réflexion différente,...

Le job est passionnant, mais très stressant quand on y met tout son coeur,... Beaucoup de responsabilités, peu de marge de manoeuvre, des horaires impossibles (+ 16h par jour au charbon plusieurs fois par semaines!) pas assez de cadre pour l'effectif, instruction toujours plus technique, des wagons de délais à tenir par jours... bref j'ai trois fois par années 4-6 semaines où c'est le gros stress, mais c'est dans ces périodes là que je suis le mieux dans ma peau et dans ma tête! Je pète la forme avec 3-4 heures de sommeil par nuit (c'est souvent le seul moment de temps libre sur 24h) je suis très actif, éveillé,... par contre légèrement agressif et je part au quart de tour pour pas grand chose, mais j'adore cela! :blink:

C'est durant ces périodes que je dors le mieux, dès que je ferme les yeux "bingo" pas de rêve pas de cauchemar alors que dès que la pression tombe je ne dors que peu et mal,...typiquement les vacances sont chez moi toujours en mode insomniaque,...

Par contre je paye ces périodes de stress dès le retour au calme généralement par une sale grippe la première semaine de compensation,... >:(

Je pense que dans mon cas le faites que j'aime mon job, que c'est ma passion fait que j'assimile ce stress au bien-être et au sentiment de "réalisation de soi-même",...

Je sais que c'est pas très bon ces shoot de stress mais c'est ma drogue à moi,... Par contre il y a clairement des stress qui détruise rapidement ou insidieusement,... la peur des créanciers, la peur du boureau (que cela soit dans un camp ou au bureau! ;)) la peur du lendemain,...

Et on ne peut pas toujours classer tout ça dans un tiroir ou alors le tiroire déborde,...

Bref je sais pas si cela apporte quelque chose à votre débat mais c'est le stress que je connais,... (bon il y a aussi lui: http://www.youtube.com/watch?v=LivrlU_bmm0&feature=related  :lol:)
« Modifié: 20 mars 2009 à 12:57:33 par Woodrunner »
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

20 mars 2009 à 10:56:49
Réponse #19

Bartlett


Un article sur la foi et le cerveau

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/10/le-cerveau-humain-a-la-foi_1165868_3244.html

Je crois que si on reste dans des limites qui évitent le proselytisme on aurait intérét parler de ses choses. Pour moi la foi ne se limitte pas aux religions, comme disait l'autre il y a des milliers de religions mais une seule foi.

La "religion" de Bettelheim par exemple c'était la psyschatrie de Freud.

Le mauvais coté de la foi , c'est qu'elle peut ammener a la résignation, l'innaceptable devient normal et la mort n'est plus a craindre etc...Il y a méme carrément parfois du masochisme, c'est bien que je souffre et que je sois malheureux parcque comme ca je mérite ma place au paradis et donc je cherche a souffrir et a étre malheureux méme quand tout va bien...

Citer
Hmmm...  une troisième école sympa ça : accepter le stress lui-même.  Le reconnaître pour ce qu'il est...  un dispositif de survie dans un contexte où on va être obligé de se bouger le cul.

Bien ça.  Ca nous soulage du stress causé par le fait d'être stressé...  le stress du stress disparaît.          

Je me rapproche plutot de s'étre facon de voir, si je me retrouve vraiment dans la m*rde, je m'attends a voir un comportement religieux et plutot que d'essayer de le combattre, utiliser ce qui me reste de raison pour me sortir du caca.
Ca marche  un peu comme la peur, elle est naturelle et chercher a la combattre ne fait que l'aggraver, chacun  fait son job la peur préparre le corps et la raison essaye de regler la situation.

Je crois que les gens ont peur du phénoméne religieux parcqu'il associe ca a été fou et a perdre totalement les pédales, mais pour moi personne n'est rationnel a 100% et surtout pas en situation de stress.
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

20 mars 2009 à 11:00:53
Réponse #20

Oxossi



Cloisonnement ? Oui si on maîtrise le rythme de réouverture du tiroir à soucis, si on sait ne pas être prisonnier de sa poltronnerie, puis de son oubli de sa colère première, et de l'oubli des conditions aux limites. Sinon, la solution d'hier devient pour toujours le problème d'aujourd'hui.


C'est le coeur de la difficulté, la "sagesse" que j'évoquais dans mon tryptique, et quand je disais qu'il ne faut pas confondre "cloisonnement" et "négation".

Il est effectivement un peu facile de tout classer dans le tiroir des choses dont "on ne peut rien y faire". Et du coup on ne fait jamais rien.

Cette sagesse, c'est pour moi une forme poussée d'honnêteté intellectuelle envers soi-même: ne pas se mentir à soi-même, c'est le préalable indispensable pour analyser tout le reste et déterminer ce que l'on peut (doit?) ou non changer etc, même si c'est désagréable.

Ne pas se mentir sur ce que l'on est, ses forces et ses faiblesses, ses envies et ses besoins, mais aussi sur sa situation... C'est très très dur, on est tous tentés de se mentir un minimum à soi-même.

Par exemple, plein de gens tentent quotidiennement de se convaincre qu'ils sont "bien" avec la personne qui partage leur vie, pour éviter de devoir quitter cette personne, ce qui est un changement qu'ils peuvent faire, mais qui est difficile.

On a également tous autour de nous des exemples de fuite de conflit. Faire l'autruche n'est évidemment pas la solution pour gérer le stress.

ça commence par ouvrir les yeux honnêtement. "Bienvenue dans le monde réel Neo" ;)


-Oxossi



20 mars 2009 à 11:12:10
Réponse #21

Berhthramm


Pour la partition et les activités dérivatives, je rapporte une étude menée dans un département de psycho d’une université canadienne, sur la gestion de la douleur. On brûle au laser des étudiants ( des mâles, c’est important), on détermine ainsi leur seuil de douleur (ils retirent la main quand ils veulent), on sépare ensuite en trois groupe :

-   1 groupe témoins : on leur rebrûle la main de la même façon
-   1 groupe distrait du stress (la brûlure), on lui projette en même temps qu’on le brûle des photo de jeunes filles très dénudées (ça marche toujours chez les mâles)
-   1 groupe concentré, on lui projette des photos de brûlures

Il y a des écarts significatifs de résultats avec un décalage important vers le haut (seuil augmenté) du seuil pour le groupe distrait et un retrait précoce de la main  (seuil diminué) pour le groupe concentré, ceci bien sûr en référence du groupe témoins. Chaque individus étant bien sûr comparé à sa valeur de référence personnelle (les comparaisons interpersonnelles en « douleur » sont des biais méthodologique rédhibitoires).

Ceci rejoindrait au moins partiellement le courrant des « cloisonneurs ». Attention cependant à ne pas oublier le stress, gérer oui mais occulter et négliger non…

;)


Pour les « acceptants », j’aime assez la démarche, bien qu’elle ne soit pas toujours facile à mettre en œuvre, c’est aussi cette démarche que je tente le plus souvent d’adopter : « faire avec ».

Pour moi (personnelle, c’est le comment je le fais pas le comment je préconise de faire) la gestion passe par :
-   acceptation
-   rationalisation (danger objectif et danger subjectifs fantasmés)
-   concentration sur la tâche
-   prise de recul

Des petites illustrations de mon expérience perso :

-   un patient trachéotomisé-ventilé me fait un arrêt-cardio respiratoire pendant une séance de kiné respiratoire, j’étais en orange, je suis directement passé en rouge, gueulante pour alerter les IDE présentes, instillation de serum phy dans la canule et aspiration (l’arrêt pouvait être dû à une remonté de « bouchon de sécrétions »), démarrage de la réa à l’ambu (en fait j’ai eu le temps d’ouvrir le sac qui est chez nous à chaque tête de lit et les IDE arrivaient)… Ensuite on aide comme on peut. Et surtout on debriffe après…

-   le stress des exams (parfois très conséquent par expérience, pour en faire passer, pour en avoir passer (et espère en passer encore) dont certains avec un énorme enjeu professionnel), je gère par concentration et prise de distance : le jury est là pour poser des questions, chaque question ne vise pas à me planter mais est l’occasion de donner une réponse et de « marquer des points »…

-   Accouchement de mon épouse pour le petit dernier… Je rentre du boulot, elle me dit qu’elle vient d’avoir deux contractions en moins de 3 minutes (ça c’est accéléré brusquement), je me suis brusquement aussi concentré sur des prises de décisions rapides… ensuite sur le trajet de la mater sur des réflexions bénéfices-risques et des arbres décisionnels : conduire plus vite ? (décision =  non trop de risque, on peut se planter, se tuer, tuer quelqu’un, prudence), s’arrêter et accouchement voiture  (j’ai assisté à un cours chez les pompiers, j’ai pas mal de bouts de théorie, etc…) (décision = non, mais si ça m*rde on y repense, concentration conduite et si problème tu sais faire, tu vas gérer) ? Appeler la sage-femme sur son portable (j’avais le n° , c’est une maison de naissance pas une mater, donc des suivi un peu différent) (décision = ne pas le faire soit même, je demande à mon épouse de le faire et je lui dicte les infos en ma possession et utiles à donner : temps de parcours restant, zone d’arrivée et je demande à ce que la sage-femme attende dans la zone d’arrivée avec un fauteuil roulant)… Ce dernier exemple pour illustrer les arbres décisionnels et les reflexions bénéfices- risques, ça ne diminue pas le stress, ou peu mais en ayant largement réfléchis avant, identifier des critères, protocoliser sa réflexion, ça permet de prendre sous stress des décisions, en étant capable de gérer et de prévoir les avantages et les inconvénient… Cela diminue donc l’impact du stress sur les événements… Du drill intellectuel en fait.


Maintenant pour les stress a plus long terme, je sais pas trop… Ce qu’on retrouve à la lecture de certains sur le stress d’opération militaire (Guy Sager, EM Remarque, Dorgeles, Clostermann, Rudell) on retrouve pas mal de détachement, de cloisonnement et de concentration… On retrouve aussi ça dans le récit de Mac Nab dans la période ou il est prisonnier, avec une grosse dose de concentration…J’ai eu l’occasion professionnellement de bosser avec des gens soumis à des stress opérationnels importants (pompiers, hommes en bleus intégrés dans des groupes particuliers), la concentration sur la tâche à accomplir et l’acceptation du stress comme un paramètres inamovible et à gerer comme un autre sont des constantes semble t-il (maintenant ne l’ayant pas vécu dans mon corps je ne peux pas dire).

20 mars 2009 à 12:11:26
Réponse #22

Vaer_dig_selv


Bully, il dis ça autrement ( je crois que ça revient à ce que tu dis Vaer) : " Pas me faire des noeuds au cerveau avec des trucs qui me servent à rien. " il ajoute souvent "gardez le sourire et faites des pompes", j'aime bien, ça résume à l'essentiel je trouve...
.
Citer
Or la présence ou l'absence de résultats dans l'activité dérivative sont extrêmement aléatoires
On s'en fiche pas un peu de ça ? L'activité dérivative c'est déjà le résultat...

On n'a pas dû bien se comprendre, là.

En ce sens que dans le cas que je connais, l'épreuve locale faisait partie d'une guerre de longue durée, qui n'est pas encore finie, loin s'en faut. Là, ne m'est revenue en tête que l'activité dérivative qui a eu un succès réel à long terme. J'oubliais charitablement pour moi, d'autres dérivations antérieures, qui sont bien moins glorieuses.

On pourrait presque dériver un sujet annexe :
Que pouvons nous faire quand nous voyons quelqu'un se polariser sur une activité dérivante, pour ne pas voir en face un conflit grave, ou une impasse dangereuse ?
Comment être l'adulte de référence, qui donne de la résilience à quelqu'un en danger de se noyer moralement ?

Un point est sûr : ne jamais se cantonner au "raisonnement" essentialiste, en {Sujet + verbe être + attribut}, mais penser dialectique et développemental, penser processus.

Un procédé réussit souvent : faire gagner un degré de réflexivité, faire travailler sur la rédéfinition du problème et de ses frontières.
Exemple :
Citer
Votre mission consiste à faire entrer le ballon dans le filet. Sans plier ni découper la page !



Solution à http://lavaujac.club.fr/Reflexivite.html.

20 mars 2009 à 12:11:55
Réponse #23

Anke


Tafdac avec toi Berthram sur tout ce que tu évoques sauf... sur la douleur. En effet nous ne sommes pas égaux devant la douleur. C'est avant tout une question de saturation chimique des neuro-recepteurs qui sont extrèmement variables d'un individu à l'autre( d'où l'expression, il, elle, est dur(e) à la douleur) diverses expériences ( médecins maudits) on été réalisées durant la dernière guerre à ce sujet. Il est donc débile ( à mon avis à moi hein) de prétendre qu'un individu ( male ou femelle) est plus "doudouille" qu'un autre. Notre acapacité à "endurer" fait juste partie de notre patrimoine chimique ou cellulaire . On ne peut pas faire grand-chose contre ça. Mis à part ce que tu évoques qui me fais plus penser à des transferts d'attention qui pourraient peut-être s'apparenter à la sophrologie.

Quand à la foi ( avec maj ou pas, on s'en fiche)... C'est un sujet délicat ou simple, c'est comme on veut.
En effet, pour un chrétien convaincu ( et là déjà le mot "convaincu" ne convient pas), la foi s'impose d'elle même. C'est un truc que tu as en toi, inexplicable voire irraisonnable ( qui ne dépend pas de la raison) auquel cas, peut-être (pour ceux qui n'ont pas la foi) que l'on peut aborder ce "phénomène" comme s'il s'agissait d'un moyen supplémentaire de "faire face", au même titre qu'une constitution robuste, ou un mental d'acier.
De toute évidence, le fait de croire au bon dieu ( sous toutes ses formes, je n'ai pas de préférence pour allah ou bouddha) est d'un secours prépondérant, je crois que c'est ça qui est important...

20 mars 2009 à 12:23:29
Réponse #24

Vaer_dig_selv



... pour les stress a plus long terme, je sais pas trop… Ce qu’on retrouve à la lecture de certains sur le stress d’opération militaire (Guy Sager, EM Remarque, Dorgeles, Clostermann, Rudell) on retrouve pas mal de détachement, de cloisonnement et de concentration…

C'était une fiction pour dire la réalité, je crois me souvenir que le titre en était "Warriors", film de la BBC mettant en scène une unité britannique de la KFor en Bosnie, assistant aux massacres de civils avec ordre de ne rien faire. Le sous-officier, revenu en caserne au pays, assurait ne plus se souvenir de rien, puis passer au suicide dans la demi-heure suivante, sur un souvenir, justement. S'interrompre juste à temps.

Votre mission, si vous l'acceptez, consiste à débriefer ces hommes qui ont eu une mission militaire impossible et contradictoire. Qui reviennent chargés de souvenirs insoutenables.

Ce doit être ici que j'ai lu que l'armée de sa gracieuse Majesté a perdu plus d'hommes anciens combattants des Malouines par suicides, qu'elle n'en avait perdu au combat sur place.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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