Nos Partenaires

Auteur Sujet: blessures et garrot (= hémorragie et écrasement de membre)  (Lu 14348 fois)

10 janvier 2007 à 19:17:34
Lu 14348 fois

Jacques


P'tit préambule qui va bien  :

L'auteur décline toute responsabilité dans l'utilisation bonne ou mauvaise des propos de cette contribution : ils ne sont que simples citations à titre de curiosité et de rappel de ce qui peut être trouvé dans la littérature, certains cours particuliers et très appliqués de secourisme, etc. Il incite chacun à vérifier par lui-même avant une éventuelle mise en application. En continuant à lire, vous vous engagez implicitement à n'engager aucune poursuite qui serait liée à cette contribution ni contre le contributeur, ni contre le propriétaire, ni les modérateurs et autres contributeurs du forum de David Manise, ni même contre ma soeur ou encore la société. De façon analogue, en poursuivant votre lecture, vous reconnaissez implicitement comprendre pleinement le sens de cet avertissement. Etc.

Contrairement à ce qui est trop souvent raconté, l'utilisation du garrot n'est pas toujours une aberration.
Elle est toujours dangereuse et la mise en oeuvre doit être réservée à des situations bien précises :
avant de soulever un obstacle qui comprime depuis longtemps un  membre : on met alors le garrot entre la partie écrasée du membre et le tronc.
Lorsqu'on n'est pas en mesure de stopper autrement une hémorragie à un membre : par exemple en cas de multiples personnes inconscientes ou si vous avez mieux à faire que porter assistance directement (par exemple continuer votre scoubidou ou regarder la tv).
Lorsque les manoeuvres hémostatiques de point de compression local et distant ont échoué.

La certitude d'une prise en charge médicale évoluée dans la demi-heure est une circonstance facilitant la décision.

Le garrot présente deux risques majeurs : la mort et l'amputation, liés au choc endotoxinique.
Lorsqu'on met un garrot, les cellules en aval ne sont plus irriguées. Leur nécrose provoque la libération de toxines qui peuvent provoquer le décès si elles se diffusent dans l'organisme. Si l'équipe médicale ne sait pas quand un garrot a été posé, elle peut être amenée à amputer le membre pour prévenir ce choc ou si la compression a déjà provoqué des dégâts trop importants.
C'est pour éviter ce choc endotoxinique qu'on peut être amené à poser un garrot par exemple entre un arbre qui écrase une jambe et le tronc de la personne : dans ce cas il évite que les toxines libérées dans la zone écrasée par l'arbre ne soient diffusées dans le reste de l'organisme à la levée de l'arbre.

Bien utiliser un garrot :
uniquement quand il n'y a pas d'autres solutions en présence d'un risque mortel (écrasement prolongé de membre, avant de lever l'obstacle).
Uniquement sur un membre.
uniquement entre la zone lésée et le tronc de la personne.
il doit être assez large pour ne pas blesser les tissus qu'il enserre. Au besoin, interposer des épaisseurs de tissu.
il doit être serré avec modération, juste assez pour arrêter l'hémorragie. Un des moyens les plus pratiques est l'emploi d'une tige glissée dans le garrot et qu'on tourne pour faire varier la pression.
il doit rester visible en permanence : pas question de remettre des vêtements ou une couverture par dessus.
Il faut mettre sur le front ou toute autre zone très visible l'heure de pose du garrot, en heure SNCF (pour 8 heures du soir zéro minutes, mettre 20H00 et non 08H00 ...). Protéger l'inscription de l'effacement accidentel si absence de marqueur indélébile.
il faut desserrer régulièrement et progressivement le garrot avant de le serrer à nouveau. Les délais indiqués par la littérature varient de 10 à 30 minutes ...

Et hop là !

11 janvier 2007 à 09:12:50
Réponse #1

Jacques


Dans ma contribution comme dans d'autres qui tournent autour du garrot, il y a omission d'une manoeuvre qui peut être intéressante, bcp plus que la pose d'un garrot : après
- les points de compression local ou distant,
- le coussin hémostatique,
- la compression / obturation de l'artère au doigt,

il y a "tout simplement" l'utilisation d'une pince hémostatique qui permet de clamper l'extrémité sectionnée, d'éviter l'ischémie massive du garrot et qui permet de se libérer les mains.

Différents modèles existent. Dans une optique de survie, choisir la plus polyvalente, celle qui permettra notamment de faire des pansements. La pince Kocher - ou de Cocker pour Fred le Survivant - me semble le modèle le plus intéressant dans ce souci de polyvalence.

http://www.msf.org/source/refbooks/MSF_Docs/Fr/Catalog/E/SUR/ESURFOAK+++.pdf


----------------

Ceci mis à part, les propos de Sayamon bien que très hésitants m'évoquent quelque chose également. Cas de figure théorique ou réalisation ? Peut-être une histoire de circulation extra-corporelle avec dialyse. La question serait à poser sur fr.bio.medecine pour ceux qui sont intéressés.

11 janvier 2007 à 16:11:22
Réponse #2

Vrorsh


NB : en formation premier secours, le monsieur nous a dit de ne surtout pas défaire un garot nous même.
Si on le pose, on n'y touche plus jusqu'à arrivée des secours (nous a t il dit).

16 janvier 2007 à 22:33:55
Réponse #3

guillaume


NB : en formation premier secours, le monsieur nous a dit de ne surtout pas défaire un garot nous même.
Si on le pose, on n'y touche plus jusqu'à arrivée des secours (nous a t il dit).

Normale, c'est pour la France. Délais moyen des secours 5min (enfin bon, je trouve ça optimiste).

a+

17 janvier 2007 à 00:56:05
Réponse #4

Rouri


Bonjour,

En ce qui concerne les garrots, en voici un fait par un spécialiste:
Le McMillan Tourniquet. Sa particularité c'est qu'il est fait pour être utilisé par une seule main:
http://www.csmgear.com/cgi-bin/imcart/display.cgi?cat=3

Rouri

24 janvier 2007 à 22:48:56
Réponse #5

Pao


Salut ,
Jacque je suis d'accord avec ce que tu dit, avec simplement un bémol sur le fait que desserrer le garot n'est plus enseigné depuis un bon moment et meme fortement déconseillé. Il est bien stipulé qu'un garrot mis en place doit le rester jusqu'a l'arrivée de secours médicalisés, les seuls halilités à oter le dit garrot.
De plus le délai est d'environ 6 heures ( au meme titre qu'une amputation)
Quoi qu'il en soit merci de rappeler le cadre d'utilisation d'un garrot.
A plouche.
Paulo.
On a beau être con et le savoir, ça fait mal quand même.

30 janvier 2007 à 17:37:24
Réponse #6

Jacques


Salut Pao,

Peu de temps pour répondre.

Si situation où une intervention de secours médicalisés ne semble pas possible avant plusieurs jours (voire moins, j'ignore), le maintien du garrot sans désserrer nous amène sur une zolie gangrène des familles.

Le délai de 6 heures et l'amputation fait référence à quoi ? Je n'ai pas bien compris.

Mais je conçois que c'est pas facile pour apprécier la situation et prendre la décision.

A vous lire

30 janvier 2007 à 17:45:44
Réponse #7

DavidManise


Le délai de 6 heures et l'amputation fait référence à quoi ? Je n'ai pas bien compris.

Le membre amputé ou garroté survit 6 heures.  Passé ce délai il n'est plus possible de le sauver, soit par la chirurgie (en cas d'amputation) ou par le retour de la circulation sanguine (opération risquée qui se fait à l'hosto et avec les produits chimiques qui vont bien).

Ciao !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Stages survie CEETS - Weblog

30 janvier 2007 à 22:53:47
Réponse #8

SurvivalFred


Salut,

AMHA, relâchement du garrot = libération dans le système circulatoire d'une série d'emboles + bonne dose d'acide lactique + toxine du catabolisme cellulaire du membre garrotté ... pas bon tout ça ... L'apparition d'une gangrène ne sera pas (à mon sens) retardée par la perfusion minime engendrée par le relâchement épisodique d'un garrot ...

Juste mon avis à deux clous  ;)

Fred
 

Vous êtes trop devant votre écran d'ordinateur, allez donc pratiquer dehors !!

31 janvier 2007 à 14:07:49
Réponse #9

DavidManise


Tafdak Fred.  Sans parler de l'hypovolémie relative que tu peux créer, avec risques de désamorçage de la pompe et tout...  Pas glop.  Mieux vaut éviter à mon avis.

Ciao !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Stages survie CEETS - Weblog

02 février 2007 à 20:44:45
Réponse #10

Pao


Saluche,
Fred et david on répondu avant moi mais c'est exactement ce que j'aurais répondu.
J'ajouterai simplement que si les secours ne viennent pas au bout de nombreuses heures voire plusieurs jours, soit par impossibilité météo et/ou topographique, soit tout simplement car ils n'ont pas été alertés; de toute façon tes chances de survie ou tes chances de garder ton membre,si tu survie son fortement compromises et bien avant de mourire de gangrène tu seras mort d'une hypovolèmie ou d'une embolie graisseuse si en plus il y a une fracture associèe.
 Mais la c'est dans les cas extrèmes, la plupart du temps, fort heureusement les secours arrivent bien avant en quelques minutes ou heures si accés difficiles.
Il est donc inutile et meme dangereux de relacher régulièrement le garrot pour les raisons que Fred à dit précèdement.

A plouche . ;)
Paulo.
 
On a beau être con et le savoir, ça fait mal quand même.

30 mai 2007 à 09:58:46
Réponse #11

cubitus


Juste un retour d'expérience : vous parlez de pince hémostatique (Kocher ou autre... ) à utiliser sur une hémorragie.

En pratique, quand on est confronté à une artère qui pisse, ça pisse fort ! Du coup on n'y voit rien, mais alors rien du tout... Impossible de trouver l'artère à clamper comme ça.

Le garrot a un gros intérêt dans ce cas là, surtout si on est seul : on sert comme un taré jusqu'à ce que plus rien passe. On nettoie (eau, compresses) pour voir ce qui se passe. Soit on reconnait tout de suite l'artère, on la clampe et on défait le garrot ensuite. Soit on ne repère pas l'artère, on défait gentiment quelques tours de garrot pour repérer d'où vient le saignement... Clampage puis on défait le garrot.

Au total le garrot n'est mis que quelques minutes, pas de problème donc pour l'enlever.

Si on n'a pas de garrot, mais un fil, on peut tenter la même chose avec une ligature. Le principe est le même. Pas d'objection si le fil est du fil à coudre ou du fil de pêche, si ça pisse le sang vous êtes en train de lui sauver la vie. Le fil sera enlevé par le chirurgien qui lui réparera tout ça.
Pour le noeud, on fait simple : noeud simple répété 4-5 fois.

Ca me rappelle une scène du film "il faut sauver le soldat Ryan" : sur la plage, un infirmier clampe désespérément une artère coupée de son chirurgien, il y arrive enfin, sous la mitraille, quand le dit chirurgien se prend une balle pleine tête ! ...  >:(
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

30 mai 2007 à 10:48:46
Réponse #12

guillaume


Juste un retour d'expérience : vous parlez de pince hémostatique (Kocher ou autre... ) à utiliser sur une hémorragie.

En pratique, quand on est confronté à une artère qui pisse, ça pisse fort ! Du coup on n'y voit rien, mais alors rien du tout... Impossible de trouver l'artère à clamper comme ça.

Le garrot a un gros intérêt dans ce cas là, surtout si on est seul : on sert comme un taré jusqu'à ce que plus rien passe. On nettoie (eau, compresses) pour voir ce qui se passe. Soit on reconnait tout de suite l'artère, on la clampe et on défait le garrot ensuite. Soit on ne repère pas l'artère, on défait gentiment quelques tours de garrot pour repérer d'où vient le saignement... Clampage puis on défait le garrot.

Au total le garrot n'est mis que quelques minutes, pas de problème donc pour l'enlever.

Si on n'a pas de garrot, mais un fil, on peut tenter la même chose avec une ligature. Le principe est le même. Pas d'objection si le fil est du fil à coudre ou du fil de pêche, si ça pisse le sang vous êtes en train de lui sauver la vie. Le fil sera enlevé par le chirurgien qui lui réparera tout ça.
Pour le noeud, on fait simple : noeud simple répété 4-5 fois.

Ca me rappelle une scène du film "il faut sauver le soldat Ryan" : sur la plage, un infirmier clampe désespérément une artère coupée de son chirurgien, il y arrive enfin, sous la mitraille, quand le dit chirurgien se prend une balle pleine tête ! ...  >:(

Là je dis, non!

Ce genre d'opération se fait avec assistance médical!

a+

30 mai 2007 à 10:52:49
Réponse #13

guillaume


Guillaume

En cas de catastrophe et sur le terrain... tu fais quoi ? ... tu attends que cela se passe ?

@pluche

Sur moi, loin de tout et sans possibilité de faire autrement je sais pas. Sur quelqu'un d'autre, je ne pense pas car je ne sais pas faire ce genre de chose et je risque de faire plus de dégât qu'autre chose avec mes mains dégeulasse et sous stress.
Et encore moins en premier secours dans la rue!

a+

30 mai 2007 à 11:03:56
Réponse #14

cubitus


Guillaume, je parle d'une plaie avec une artère qui pisse... Le genre de truc que tu ne verras probablement (je te le souhaite) jamais dans ta vie !

Quand tu vois ça, il n'y a pas deux solutions : soit tu fais quelque chose (Cf tout ce qui est dit plus haut par tout le monde) soit tu regardes mourir.

Juste une info sur la rapidité des secours en France : le délai moyen entre l'accident et le premier intervenant "secouriste" est d'environ 15-20' en secteur "civilisé" (pas le plateau des milles vaches, quoi).
Après, pour une intervention SMUR (avec médecin, infirmier, matériel +++), ça doit être de l'ordre de 30-45'.

Une artère fémorale qui gicle c'est quelques minutes pour vider un adulte en pleine forme.
Une petite artère qui gicle c'est 15-20 minutes pour vider le même bonhomme...

Autre chose : même si les secours arrivent à temps, quelqu'un qui a perdu beaucoup de sang a beaucoup de risque de mourir secondairemen (infection, choc,...).

Dernière chose : en situation, avec le stress, on est capable de faire beaucoup de chose dont on ne se croyait pas capable. Il faut juste y avoir pensé avant...
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

30 mai 2007 à 11:17:04
Réponse #15

guillaume


Guillaume, je parle d'une plaie avec une artère qui pisse... Le genre de truc que tu ne verras probablement (je te le souhaite) jamais dans ta vie !

Quand tu vois ça, il n'y a pas deux solutions : soit tu fais quelque chose (Cf tout ce qui est dit plus haut par tout le monde) soit tu regardes mourir.

Juste une info sur la rapidité des secours en France : le délai moyen entre l'accident et le premier intervenant "secouriste" est d'environ 15-20' en secteur "civilisé" (pas le plateau des milles vaches, quoi).
Après, pour une intervention SMUR (avec médecin, infirmier, matériel +++), ça doit être de l'ordre de 30-45'.

Une artère fémorale qui gicle c'est quelques minutes pour vider un adulte en pleine forme.
Une petite artère qui gicle c'est 15-20 minutes pour vider le même bonhomme...

Autre chose : même si les secours arrivent à temps, quelqu'un qui a perdu beaucoup de sang a beaucoup de risque de mourir secondairemen (infection, choc,...).

Dernière chose : en situation, avec le stress, on est capable de faire beaucoup de chose dont on ne se croyait pas capable. Il faut juste y avoir pensé avant...

Je sais tout ça, c'est pourquoi je préférerai faire un point de compression (ou garrot si pas d'autre choix) en attendant les secours car ça, je sais faire ;).

a+

PS: Mon post précédent ne se voulait aucunement agressif  :-[.

30 mai 2007 à 11:18:51
Réponse #16

Jonathan


Tout à fait d'accord sur les dangers du garrot.

Ne pas oublier l'aspect médico légal de tout geste de secourisme. La responsabilité peut étre engagée et c'est le juge qui tranchera sur la pertinence de votre décision.
Il existe, pour les navigateurs "au long cours" des manuels de gestes à pratiquer loin de tout secours. Je vous retrouverai les références.

On peut faire beaucoup d'actes non autorisés, il faut mieux réussir car si on échoue... en dehors des catastrophes on peut téléphoner au centre 15 pour demander un conseil.Avantage il y a enregistrement de la conversation
Si on est seul face a un blessé grave, loin de tout, l'obligation d'alerter les secours et de traiter à son niveau de compétences suffit à remmplir l'obligation d'assistance à personne en danger. Le tribunal n'aura pas la meme exigence avec un simple passant qu'avec une personne secouriste ou d'une profession médicale.

jonathan 25 ans de secourisme

30 mai 2007 à 14:09:45
Réponse #17

cubitus


Guillaume : je n'ai pas trouvé ta réponse agressive...  :-[ peut être que je me suis mal exprimé... sorry !

D'accord avec toi : point de compression d'abord, si ça marche ça suffit.

Sauf que : il y a des gens sur ce forum qui à mon avis sont plus "à l'aise" sur le secourisme et les éventuels gestes. Il faut bien comprendre que tout ça s'apparent plus à du bricolage qu'à de la médecine... compétences transversales comme on dit. Faire un noeud sur une artère si tu ne sais pas faire un noeud sur une branche... :'(

Pour finir donc : une tentative de ligature ou de clampage à la pince sur une artère qui pisse malgré la compression sera moins dangereuse pour la vie du blessé qu'un garrot laissé trop longtemps.

Pour rassurer tout le monde : en 10 ans de médecine, je n'ai jamais eu besoin de faire un point de compression, simplement comprimer la plaie suffit dans 99,99% des plaies...  :up:
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

30 mai 2007 à 22:29:32
Réponse #18

Rod


Salut les aminches,

sur le sujet, voici un modèle de tourniquet facile à poser seul donc je possède un exemplaire:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2104.msg52102.html#msg52102
Je vous renvoie également sur ce message:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2506.0.html
Perso dans l'état actuel de ma formation, je me sens à l'aise pour poser un garrot sur moi ou quelqu'un d'autre, ne me demandez pas de clamper une artère... ;)

Bien à vous,

Rod

31 mai 2007 à 08:01:20
Réponse #19

Blue


Guillaume, je parle d'une plaie avec une artère qui pisse... Le genre de truc que tu ne verras probablement (je te le souhaite) jamais dans ta vie !

Quand tu vois ça, il n'y a pas deux solutions : soit tu fais quelque chose (Cf tout ce qui est dit plus haut par tout le monde) soit tu regardes mourir.

.../...

Dernière chose : en situation, avec le stress, on est capable de faire beaucoup de chose dont on ne se croyait pas capable. Il faut juste y avoir pensé avant...

Un de mes oncles chef d'atelier a débarqué près d'une machine suite à hurlements et a trouvé un de ses ouvriers à terre le bras arraché et un autre évanoui qui l'a fait hésité un instant sur la conduite à tenir...Formation médicale zéro, peut-être d'avoir entendu son frère pompier, peut-être pur instinct, en tous cas, il a bouché avec ses doigts tout ce qui pissait le sang et il a hurlé à son tour...Le membre n'a pas été sauvé (avec l'arrachement impossible de tout remettre en place) mais le type lui doit la vie...Le deuxième s'était tout bonnement évanoui à la vue du premier...
Il se souvient avoir nettement planté un doigt dans l'artère (souvenir déformé suite à l'émotion ?).

Comme quoi on ne réagit pas tous pareil et qu'effectivement de notre réaction peut dépendre la survie de quelqu'un...

Blue

31 mai 2007 à 10:00:48
Réponse #20

James


Là je dis, non!

Ce genre d'opération se fait avec assistance médical!

a+

Guillaume, dans le cas que decris cubitus, soit tu bloque avec un doigt DANS la plaie, soit t'arrives a comprimer l'artere en amont sur un point de compression (ce qui revient plus ou moins a garoter si c'est une artere principale -- eh qui connait ses points de compression, c'est plus rapide et utile que de parler de clamps et de garot, et ca se fait sans outils aucuns! ??? ), soit tu fait ce que dit Cubitus, qui a mon avis sait de quoi il parle
...

Une femorale ouverte, c'est moins d'une minute pour faire quelque chose avant que le mec ne clamse...  T'en a rien a branler de lui carrer des germes dans la plaie.


pis je confirme, la compression de plaie est tres efficace, ca se fait avec les mains, avec ou sans un linge intermediaire.

31 mai 2007 à 13:48:35
Réponse #21

cubitus


Blue : c'est exactement de ça que je voulais parler... le genre de situation improbable qui peut malgré tout arriver. Et ce ne sont pas les pompiers, ni encore moins le médecin SMUR qui sauveront ce type de blessé... trop tard !

Pour le détail morbide, je doute qu'il ait planté son doigt dans l'artère, car au bras le diamètre doit être de l'ordre du centimètre, ou alors il a des petits doigts !!! Par contre il a surement comprimé directement l'artère, ce qui lui a sauvé la vie.

Avoir imaginé ce genre de situation, met le cerveau dans un état de préparation, peut être insuffisant, mais en tout cas il existe un schéma enregistré quelque part (les psy appellent ça des pattern)... Si vous voulez vraiment vous préparer, visualisez la scène, et visualisez vous en train de faire le geste.
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

04 juin 2007 à 19:13:03
Réponse #22

Jonathan


Voici ce que dit le Nauticus  Médecine à bord sans Médecin
se reporter au post Bibliographie médicale









Je laisse le soin aux pros du forum de vérifier si depuis 1977 les techniques restent valables.

Jonathan

04 juin 2007 à 23:23:02
Réponse #23

cubitus


Ben je me rends compte que je ne dois pas trop dire de conneries... ou en tout cas les mêmes qu'en 77... très bien foutu ce guide !  :-[

Il y a tout : la compression de la plaie avant tout, le garrot en dernier recours, le temps de faire autre chose, le clampage et la ligature...

Il ne vous reste qu'à vous entrainer !!!!  ;D
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //