Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en contexte dégradé / vie en autarcie => Discussion démarrée par: Ouistiti le 25 avril 2025 à 16:54:20
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Bonjour à tous je repartage ici ce post que j'ai lu sur le forum, et qui a retenu mon attention de par sa qualité.
J'invite aussi tous ceux qui ne le connaîtrait pas à lire Carl Rogers, afin de mieux entrevoir et comprendre l'art de la communication entre homo sapiens sujet au combien vaste et complexe. Vous trouverez beaucoup d'articles en liens car il est étudié dans la santé par les médecins, infirmiers et autres professionnels... Savoir vous adresser à votre entourage quel qu'il soit peut vous être d'une aide précieuse, vous pouvez trouver des alliés de circonstance, désamorcer une situation conflictuelle ou apporter votre aide (victime choquée, perdue, vulnérable).
J'ajoute aussi cette interview de Laurent Combalbert négociateur du Raid :
https://m.youtube.com/watch?v=zVqs4pqVuaA&pp=ygUTbmVnb2NpYXRldXIgZHUgcmFpZA%3D%3D
Le post en question :
La définition est relativement "simple" : l'évitement, c'est l'art de ne pas se trouver à l'endroit où ça craint.
C'est un truc qui se joue uniquement entre toi et toi: ta connaissance du lieu, des moeurs, éventuellement des personnes présentes, ton analyse de la situation, et les solutions que tu mets en place.
Dès qu'une personne extérieure rentre en jeu, on n' est plus dans l'évitement, mais dans la désescalade ( si la situation est déjà tendue ) ou dans la gestion de contacts "inconnus" ( pour reprendre l'expression "Managing unknown contacts" de SouthNarc, a.k.a Craig Douglas ).
Ce qui est une démarche très différente.
Si on parle d'évitement selon "ma" définition, car c'est, en effet, quelque chose que je prône "par défaut".
Si la situation le permet ( et on pourrait imaginer une foule de contextes qui ne le permettent pas ), il est toujours plus sage de se tenir loin des troubles plausibles, possibles ou probables.
Est-ce la peur qui guide cette décision ?
Peut-être, sûrement même, d’une certaine façon… entre la peur de faire face à l'agression physique ( avec les répercussions corporelles, morales et sociales ) et la peur de blesser ou tuer l’adversaire, les raisons sont multiples.
Pour ce qui est de la désescalade, là les choses sont beaucoup moins tranchées.
Ce qui peut très bien fonctionner le jour A, peut se révéler désastreux le jour B, et inversement.
Un des problèmes avec la désescalade, c’est que pour bien des personnes, cela se résume à s'aplatir face à l' agresseur en espérant que celui-ci va se calmer.
Cela suppose une sorte de passivité qui dérange profondément, raison pour laquelle l’expression « passive stance » est inappropriée
Cette phase est tout, sauf « passive ». Elle sert justement à prendre le contrôle de la situation, via la communication et le placement.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire en observant la scène de l’extérieur, on ne « subit » pas l’action de l’autre, nous usons du placement et de la communication pour l’amener dans la direction qui nous intéresse.
L’autre « légende urbaine » qui énerve à propos de la désescalade : il ne s’agit pas forcément d’être « gentil » ou « arrangeant » avec son interlocuteur.
Lui faire comprendre que vous n'êtes pas un kebab tout en restant poli et en évitant de lui fournir des arguments pour vous les briser menu, c’est AUSSI de la désescalade.
Lui coller une mandale de gitan, d’entrée de jeu, avant même d’avoir prononcé un mot, ça pourrait aussi s’apparenter à de la désescalade.
Stay safe and take care.
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Yo,
Au niveau de la désescalade, il semble qu'il faille préciser que l'objectif du procédé, est de remettre de la discussion, et donc de la raison (par "opposition", à l'émotion) dans une situation, afin d'éviter qu'elle ne dérive vers une agression, et donc les conséquences qui vont avec (conséquences physiques, juridique, psychiques).
Dès lors, c'est une compétence qui sera surtout utile sur de l'agressivité défensive (ou émotionnelle, selon les auteurs), où "l'agresseur" réagit à la perte d'un acquis (cf. le principe de la pyramide de Maslow).
Face à une agressivité offensive (prédation), dans la mesure où le choix de t'agresser (pour obtenir quelquechose) est fait bien en amont, avec une stratégie pour obtenir ce quelquechose, mettre en place une désescalade ne servira à rien. A la limite cela peu permettre de gagner un peu de temps, mais le temps dans ce genre d'agression ne joue pas forcément en la faveur de la victime.
Pour ce qui est de l'agressivité indéterminée, où là on parle de personnes instables psychiquement, c'est vraiment pas l'outil que je mettrais en place....
Pour ce qui est de la frappe préventive, ce n'est jamais de la désescalade, dans la mesure où ça ne permet pas d'empêcher les conséquences - physiques, juridiques - d'une altercation, en démarrant cette dernière. Par ailleurs, une frappe préventive ferme la porte à la légitime défense.
(A lire: "Neurocombat", "Anticiper & déjouer les agressions",....)
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Le post original, Serge qui citait Eric Lem:
https://forum.davidmanise.com/index.php?topic=55810.0
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Le post original, Serge qui citait Eric Lem:
https://forum.davidmanise.com/index.php?topic=55810.0
Merci pour la source. :doubleup:
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Face à une agressivité offensive (prédation), dans la mesure où le choix de t'agresser (pour obtenir quelquechose) est fait bien en amont, avec une stratégie pour obtenir ce quelquechose, mettre en place une désescalade ne servira à rien. A la limite cela peu permettre de gagner un peu de temps, mais le temps dans ce genre d'agression ne joue pas forcément en la faveur de la victime.
Si on est dans un cas où ce qui est recherché par le prédateur est quelque chose que l'on est prêt à abandonner*, faut-il renoncer à la désescalade ?
Sachant que l'agresseur peut être passablement stressé, et qu'il n'a pas forcément une bonne appréciation du degré de violence effectivement nécessaire (donc risque d'en faire trop).
Dans de tels scénarios il me semble que ce peut être, paradoxalement, à l'agressé de rassurer l'agresseur, en donnant des signes de soumission, en lui donnant ce qu'il veut, bref en lui montrant qu'il n'est pas nécessaire de recourir à une violence excessive (sachant que par ailleurs trop de calme pourrait lui faire penser qu'il y a un loup... pas simple).
Exemple extrait du Livret sécurité des agences bancaires (qui me semble applicable si on se fait braquer à domicile, ou car jacking etc) https://www.afb.fr/uploads/2023/03/20130513_Livret-securite-2012-FBF-AFB-version-definitive-1.pdf :
Vous devez…
Selon les consignes de votre entreprise, déclencher ou non les dispositifs de sécurité, sans prendre de risques et sans mettre en danger votre vie et celle de vos collègues et clients.
Garder votre sang-froid, rester calme et, si nécessaire, rappeler aux personnes présentes (clients, collègues) de garder leur calme.
Laisser les mains apparentes et éviter tout geste brusque ou ambigu.
Obtempérer aux seules injonctions des malfaiteurs sans aller au-delà de leurs exigences. Un trop grand empressement peut les rendre méfiants et agressifs.
Justifier les raisons de votre comportement, si nécessaire appuyez-vous sur la signalétique existante (par exemple : pas d’accès aux fonds ou pas de détention de clés).
* pas pareil si ce qui est demandé est le larfeuille, ou quelques heures en mode médiéval dans une cave...
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* pas pareil si ce qui est demandé est le larfeuille, ou quelques heures en mode médiéval dans une cave...
Tarantino, Willis, Katana :D :lol:
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Si on est dans un cas où ce qui est recherché par le prédateur est quelque chose que l'on est prêt à abandonner*, faut-il renoncer à la désescalade ?
C'est la règle du "mieux vaut" de Rory Miller: https://youtu.be/IYD5fGKblO4 (https://youtu.be/IYD5fGKblO4) . Donc ça dépend un peu de la situation de ce que tu es en mesure de faire, de ce que recherche le prédateur, de la relation coût/bénéfice, etc Si le type veut ton portefeuille et que tu risques ta peau à ne pas lui donner, peut être vaut il mieux le lui donner. Si le type veut ta peau, les possibilités de négociations vont être plus limitées.
Après, on n'a peut être pas la même définition de édésescalade".
La desescalade, pour moi, regroupe tout un tas de techniques - écoute active, reformulation, etc - qui ont pour but de permettre à l'autre de reprendre pied face à ses émotions, pour rétablir une relation basée sur la raison.
Après, là où je te rejoins, c'est que le monde n'est pas forcément tout blanc ou tout noir. Il peux y avoir des cas où quelqu'un qui était parti en mode prédation se retrouve à être rattrapé par ses propres émotions, ou inversement.
Maintenant, il faut aussi se rappeler que la majorité des cas de violence en France, sont plutôt de type émotionnel - de mémoire (et je peux me tromper) c'est autour de 8 fois sur 10. Ca ne veut pas dire que c'est moins violent ou plus excusable, etc mais simplement qu'on est dans un contexte où si on ne veut pas que ça finisse en bain de sang, il faut 1 - se gérer soit même 2 - essayer de revenir sur un mode de dialogue qui prend en considération l'autre et son problème pour réussir à trouver une issue. En tout cas, mon cahier des charges à moi, dans la self que je pratique - et chacun est libre d'en avoir un différent - c'est vraiment être en mesure de rentrer chez soi en un seul morceau, en minimisant au maximum les conséquences physiques, psychiques et juridiques (ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas aller à la maioche, mais que si on y va, c'est pour arrêter une agression qu'on a pas pu gérer autrement et c'est tout).
Une petite vidéo sur la désescalade: https://youtu.be/y1TnPLxkGOE (https://youtu.be/y1TnPLxkGOE)
Tcho
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Si y'a bien un truc que j'ai retenu de ces dernières années et 2-3 bonnes embrouilles :
- regard franc
- voix calme et posée, vocabulaire non agressif
- posture "agressive" : rentrer dans la zone de confort de l'agresseur, parfois avec un contact physique (le dernier c'était une main posée sur son thorax, prête à frapper la gorge à tout moment, sachant qu'il avait déjà commencé à frapper dans la voiture de mon collègue qui conduisait)
- laisser une porte de sortie honorable (ex: on t'a pas vu, t'arrivais un peu vite aussi, chacun est un peu fautif, le mieux c'est chacun en tire leçon et se barre de son côté)
Ca marche dans mon cas, je suis loin d'être un gros gabarit mais j'ai un physique athlétique (L aux épaules, S à la taille :lol:), le type de l'agression citée plus haut me dépassait d'un bon 15cm pourtant ce type de manœuvre l'a fait redescendre relativement vite. Le fait que durant la discussion je le dirigeais petit à petit hors de la chaussée vers un mur afin de m'en servir si vraiment cela devait dégénérer a dû aider un peu aussi.
L'idée que je m'en fait c'est de faire comprendre au gars en face que c'est plus honorable de s'arrêter là et que si on va au carton, je ne suis pas certain de gagner mais qu'il n'y aura que des perdants. Une totale passivité c'est le plus sûr moyen de se faire victimiser.
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Si y'a bien un truc que j'ai retenu de ces dernières années et 2-3 bonnes embrouilles :
- regard franc
- voix calme et posée, vocabulaire non agressif
- posture "agressive" : rentrer dans la zone de confort de l'agresseur, parfois avec un contact physique (le dernier c'était une main posée sur son thorax, prête à frapper la gorge à tout moment, sachant qu'il avait déjà commencé à frapper dans la voiture de mon collègue qui conduisait)
- laisser une porte de sortie honorable (ex: on t'a pas vu, t'arrivais un peu vite aussi, chacun est un peu fautif, le mieux c'est chacun en tire leçon et se barre de son côté)
Là tu es en effet, typiquement, dans l'agressivité émotionnelle, et les outils sociaux et toute la technique assertive fonctionne assez bien là dessus.
Pour ce qui est de la soumission, encore une fois ça dépend du contexte. Sur de la prédation, s'il y a une arme dans l'affaire, ça ne vaut peut être pas la peine d'aller à la maioche pour un portefeuille. Par contre, ce n'est pas parce qu'on se soumet, que la soumission est passive; elle peut très bien être active: prendre tout les éléments qui permettront de faire une déposition, par exemple....
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Salut,
Plutôt que désescalade, qui me semble un cahier des charges extrêmement ambitieux, j'aime bien parler de prévention du passage à l'acte : mon objectif n'est pas que le mec en face se calme ou redescende émotionnellement. C'est qu'il ne passe pas à l'action physiquement. Pour ça, de l'apaiser émotionnellement peut être un outil. Mais parfois la meilleure méthode sera la pure et simple dissuasion très menaçante. Ou un mélange subtil de :
- ne pas lui donner de justification pour déclencher / être "sympa" / être respectueux, etc.
- ne pas lui donner l'ouverture ou l'opportunité tactique de déclencher avec un rapport de force à son avantage ;
- être prêt (mentalement, physiquement, techniquement, et dans la géométrie de l'intéraction / l'espace) à entamer les hostilités, mais choisir de ne pas le faire ;
- etc.
En fait, dans les intéractions violentes de ce genre, les humains sont souvent assez primaires et vont fonctionner avec un cahier des charges assez animal et instinctif, qui revient en gros à mesurer le risque et le bénéfice en permanence et en temps réel. Exactement comme avec un chien agressif, si je m'éloigne de ce qu'il protège, ça va le calmer. Si je lui fais face et que je réussis à lui faire peur, ça va le calmer aussi. S'il ne peut pas se permettre de reculer, pour X raison, une tentative d'intimidation va le faire passer à l'acte. Et si je fuis comme une proie, idem.
Donc, en gros, il faut surfer sur une ligne étroite de "je ne suis pas une proie, et je ne suis pas une victime non plus". Et, sur un plan relationnel, on est sur une autre ligne étroite : "je ne te fournirai pas de prétexte pour me cogner, mais je vais quand-même rester maître de moi-même et acteur dans la situation".
La manière de gérer de Tompouss, ci-dessus, est exactement là-dedans : garder l'avantage tactique et être positionné pour pouvoir se défendre voire attaquer au besoin (signaux très clairs sur un plan physique et tactique) mais ne pas donner de justification au passage à l'acte, et continuer à parler calmement sur un plan relationnel.
C'est ce paradoxe de "je peux te fumer et je choisis de ne pas le faire", couplé à "je te respecte et je te permets de sauver la face" qui fonctionne souvent le mieux.
Sinon, une option toute simple est juste de quitter la zone, hein. Ca m'est arrivé pas plus tard que la semaine dernière, avec un petit teigneux, devant ses gamins. Je vous épargne les détails sordides de l'histoire mais en gros je lui ai dit un truc qui lui a déplu. Il a directement escaladé en mode ultra-agressif en s'approchant à 15cm de mon nez pour m'aboyer dessus. Le plus drôle c'est que c'est cette distance que je bosse activement et régulièreent depuis trois mois en protocoles de défense au Kung Fu, du coup sans le savoir il est rentré dans un terrain extrêmement dangereux pour lui.
Je suis resté planté trois secondes pour bien montrer que mon action de retrait était un choix calme et délibéré, je lui ai dit "oui, ok, t'as raison, bonne journée". Et je suis parti calmement. Il m'a suivi en continuer de me hurler dessus que ce que je disais c'était du vent et que j'avais aucune preuve de rien. J'ai continué de dire "oui-oui, allez salut". Et je suis parti sans plus argumenter.
Dans ce cas-là, de rester sur zone aurait été le début d'une escalade encore plus grande. Un moment donné il m'aurait touché, je l'aurais touché aussi pour établir un contact physique et sentir sa structure. Il aurait vu ça comme une insulte, il aurait essayé de me cogner. J'aurais profité de cette justification pour lui en coller une légalement... alors qu'en réalité la meilleure option était réellement de partir pour éviter cette escalade.
Bref, si le but est de se protéger en faisant le moins de mal possible (ce qui était mon objectif, au final), les options sont nombreuses.
La clé reste de se rappeler qu'on n'a pas la possibilité de faire l'éducation de tous ces blaireaux à deux pattes... et qu'on n'est pas là pour ça.
Le bisou !
David
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Après, on n'a peut être pas la même définition de désescalade.
La desescalade, pour moi, regroupe tout un tas de techniques - écoute active, reformulation, etc - qui ont pour but de permettre à l'autre de reprendre pied face à ses émotions, pour rétablir une relation basée sur la raison.
OK. Je partais sur une définition plus proche de celle de David: ce qui permet d'éviter ou de limiter la violence, à partir du moment où une forme de relation potentiellement ou directement conflictuelle existe (si on peut éviter la relation c'est encore mieux).
De ce point de vue que la personne en face soit revenue à la raison (c'est mieux), ou qu'elle soit fumasse, l'important est qu'elle abandonne ou limite la violence.
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Yo,
En faite, AMHA, le gros intérêt de nommer les différentes tactiques (que se soit la désescalade, l'intimidation, le recadrage, la fuite, la soumission active etc E.Quequet en a dénombré plus d'une 20ène) c'est de pour les entrainer spécifiquement. Au final, ce ne sont que des outils. Avoir le bon outil, pour le bon problème donne des cartes en plus pour se sortir des problèmes quotidiens.....
Un exemple: sur un poste de secours, on récupère une personne alcoolisée qui est tombée, a saigné du nez et à donc du sang plein les mains, qu'on essai du lui faire laver dans l'évier. En me parlant, elle essaie de me toucher le bras, je fais une fermeture de garde pour éviter qu'elle me touche, avec un pas de côté et lui qu'elle n'a pas besoin de me toucher avec ses mains pleines de sang. Ce simple recadrage ferme sans agressivité lui a fait prendre conscience - en parti peut être, vue son état - de la situation, mais aussi a élevé le niveau de vigilance des autres secouristes....et elle est allée se laver les mains...
Tcho
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Yohan m’a dit au revoir, agacé par le marchandage. Mary tu te rends compte que tu discutes pour 2 euros ? Oui et alors. On est pas tous agent immobilier, excuse-moi, et ce n’est pas seulement une question d’argent mais de principe, je déteste qu’ils nous prennent pour leurs pigeons. Il se barre et me laisse avec le chauffeur qui déclarait timidement avoir peur du noir et du silence.
On se met enfin d’accord pour 30 pesos. On démarre. Trajet de nuit sur sentiers forestiers. Ça roule une trentaine de minutes. Il s’arrête, il coupe le moteur.
Le chauffeur est jeune, mais ils ont toujours l’air vieux. Il ne se retourne pas, me scrute dans le rétro, je ne le vois pas bien.
- Regarde autour de toi. C’est l’obscurité et le silence. Tu vas payer 70 pesos.
Il attendait un coin paumé et désert.
- Pardon ? Tu peux répéter ?
Il est très calme et son culot ne colle pas avec sa voix tranquille. Il se retourne de trois quarts.
- Silencio… el silencio…mira a tu alrededor.
Je dérape. Je parle français, espagnol, anglais. Il me faut de longues secondes pour être sûre de la situation. Ce fils de p*te ne sait pas que je connais le village de San Roque et situe très bien où nous sommes. Je bondis du véhicule.
J’ai trois sacs — ce qui n’arrive jamais mais ça devait tomber sur cette nuit, dont un cabas contenant des aliments et du thé. Je l’incendie. Je cherche à traduire le mot « traître ». Je grince des dents. Il s’en va.
Je repère un large portail en métal noir à ma droite, à l’angle du sentier. Disculpa ? Buenas noches ! Des chiens hurlent. Je me met par terre, essaye de ranger mes affaires. Porter trois sacs c’est risqué, j’ai une priorité, je dois au plus vite libérer mes mains.
Le chauffeur, évidemment, fait demi-tour. Je vais lui apprendre que s’il est prévisible, lui, moi je ne le suis pas.
Il me demande de monter. Il tient à terminer son travail, comme convenu me déposer à San Roque.
- Trop tard. Tu n’auras pas un sous. Rien. Zéro. Nada. Never.
Il me supplie de remonter. Il joint les mains et prend une petite voix. Doctora Maria, per favor….Doctorita.
Je le sens inquiet. Je ne sais pas à quoi il joue. J’insulte. Je blasphème. Sur le Coran, sur la Thora, j’irai nulle part avec toi, tu n’auras pas un centime de mes mains, sur la vie de ma mère, je ne m’appelle pas Mary si je cède.
Il est encore plus statique. L’air abattu. Je suis en feu. Ses phares m’aveuglent, je me lève, je suis accroupie, je me relève, bastardo no hablar con me. Il est debout à 1 mètre. Je suis en difficulté, des trucs tombent au sol, la fermeture en zip de mon military bag lâche. Je garde un œil sur ses mains. Je m’attends à tout. J’évalue son poids de gros lard. Trop de skinny-fat dans ce pays.
Je lève la voix pour le faire reculer. Ça ne marche pas. Il se rapproche. Il n’a pas peur. Il se trouve que moi non plus. Je m’éloigne, les sacs entre les doigts et sur le dos, j’essaie avant tout de supprimer cette asymétrie humiliante (lui debout, moi accroupie, sac éventré. Lui serein, moi rouge).
Je trouve enfin ma lampe-torche. J’hésite à sortir la ceinture, il n’a pas l’air méchant mais on ne sait jamais. Je n’ai pas les idées claires et je suis visiblement plus agressive que lui. La ceinture pourrait me servir à l’étrangler en cas de besoin. Je renonce à sortir le reste.
Il s’avance et se montre plus ferme.
- Tu vas me payer et ensuite je partirai.
- Fils de put**n, cette fois je ne le répéterai pas : c’est toi ou moi ce soir, sur la tombe de ma grand-mère.
Un indigène sort de la nuit, flegmatique, il longe le sentier, tel un escargot, fusil sur l’épaule. Il nous ignore royalement. En même temps, je n’insiste pas, je serais incapable de lui expliquer ce qui vient de se passer, l’abus de confiance, le chantage.
Je crois qu’il va me falloir trois heures au moins pour sortir de là. Je me remets en marche, une poche externe déchirée, j’ai l’air d’un pantin de bascule.
Il me suit. Il commence à être menaçant. Il m’éblouit de ses phares. Je l’imagine me renverser. J’envoie une note vocale un peu amusée à ma petite sœur en Suisse; je feins d’être en conversation. Je n’ai plus de batterie.
Un nouveau moto-car survient, il déferle. Je lui barre la route. Un très jeune homme, une demoiselle, un bébé, une couverture. Je leur demande de bien vouloir me déposer à San Roque, je tâche de ne pas montrer que potentiellement je suis en danger. Le chauffeur escroc descend très lentement et s’appuie à l’avant du tuktuk. « Elle me doit 70 pesos. Elle refuse de payer. Molesta ».
Attends, tu as dit quoi là ? Je te dois combien ? À combien on avait fixé la course ?
70 pesos qu’il dit.
Répète voir ? À combien ?
70 pesos. Il ose.
Je me mets une grosse gifle. Je lui demande de répéter à nouveau.
Je m’inflige une seconde grosse gifle.
Le voir persister dans le mensonge, yeux dans les yeux, et raconter ce qu’il veut aux autochtones me rend hystérique. Je mourrai cette nuit s’il le faut mais la déloyauté n’aura gain de cause.
Je repars de pied ferme. Sans me retourner. Je n’ai peur de rien ni de personne. Et surtout pas de la Selva. Je marche telle une flèche, torche au front — brindille luminescente — un mélange coupable d’insultes et de sermons, des gros mots et des serments. L’immensité verte qui m’entoure.
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Je cherche à traduire le mot « traître ».
“Traidor”
Tu l'as échappé belle.
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Yo,
Yohan m’a dit au revoir, agacé par le marchandage.....
Tu vois que tu as des trucs intéressant à partager ;) Merci! :)
Quand je me déplaçais à l'étranger, je faisais pareil: je négociais le prix avant départ. Après, comme j'étais rarement seul, je n'ai jamais été ennuyé (selon les coins, être plusieurs ne veut pas forcément dire grand chose).
Par contre, je note l'idée d'avoir ton (tes) sacs avec toi; perso je gardais mon sac à dos avec mon matériel pros pour éviter les vols dans les coffre, mais pas ma valise. C'est une bonne idée si tu dois t'extraire rapidement. :)
Maintenant est ce que 70 pesos valaient la peine de risquer sa peau? Je ne sais pas; est-ce qu'une fois les 70 obtenus, ton gresseur n'aurait pas chercher à en avoir encore 30 de plus, etc Je ne connais pas du tout le contexte dans lequel tu étais.
Tcho
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Bonjour,
A titre informatif, je me permet de signaler ce livre sorti en 2022 : Désarmez la violence
https://www.librairiesindependantes.com/product/9782263178672/
Plus d'infos sur le site Protegor : https://protegor.net/2022/02/desarmez-la-violence-le-nouveau-livre-de-self-defense-moderne/
Je viens de le commencer, j'essaierai d'en faire une synthèse pour ceux qui le souhaite.
A +
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[...]
Salut, ça ce lit bien ton compte rendu :)
Pourquoi as-tu cherché à cacher que potentiellement tu étais en danger ? Très sûrement ils t'auraient sortis de la sans te demander quoi que ce soit ni demander son avis au chauffeur, surtout avec une femme latine à bord qui connaissent mieux que quiconque la situation dans laquelle tu te trouvais et les bobards du chauffeur.
J'ai passé plusieurs années sur la route en autostop en Amérique Latine, et la situation que tu décris m'est arrivé à plusieurs reprises, même si je faisais toujours bien attention avant de monter dans la voiture d'expliquer que je fais du stop, ce qu'est le stop. Ceci dit je n'ai jamais eu à me défendre physiquement dans ce contexte. C'était toujours des tentatives médiocres. Aussi et c'est injuste mais le fait d'être un homme décourage les minables.
L'important c'est que l'histoire ce soit bien terminée :up:. Quelle leçon en as tu tiré pour l'avenir en terme de désescalade ?
@Patapon ;) : oui, toujours avoir son sac à ses pieds ! Raison de plus pour rester raisonnable et condenser.
A plus !
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Coucou les gens,
Merci beaucoup Patapon et Aleksi.
Quelques pistes de réflexion :
1. La notion de dépendance. Evidemment, l’autonomie permettrait d’éviter ce type de situation. C’est sur ce levier précis (ma dépendance à son véhicule et à son bon vouloir) qu’il a voulu s’appuyer. Et sur des craintes ancestrales : le mot silencio est chargé de sens. Un sens péjoratif. C’est tout à la fois : solitude, pénombre, ténèbres, jungle, péril. Il ne disait pas « selva » mais « silencio ».
2. Ce n’est pas un hasard si ce chauffeur m’a choisie. Déjà, il a assisté à l’embrouille avec mon pote Yohan. Et il a dû penser : elle se fait lâcher par son mec, c’est cuit, elle est livrée à elle-même. Il croyait assister à une scène de ménage (mdr). De surcroît, pour les sacs : une personne encombrée = une personne touchable.
3. La portée dissuasive de mon comportement. Je me suis mise en colère puis il y a eu un certain calcul. En l’occurrence, je n’avais hell aucune crainte pour ma vie ; sinon j’aurais tout donné sans hésiter. L’imprévisibilité m’a rendu nerveuse et c’est en vérité plus la situation ultérieure qui me cassait les pieds. C’est à cette précarité subjective que je ne voulais pas céder : j’avais un rendez-vous super important le jour-même à 8h du matin, j’avais intérêt à être ponctuelle et présentable. Je voyais déjà se faufiler la nuit blanche et le résultat sur ma peau, un teint blafard et des cernes.
4. L’opiniâtreté inutile : j’aurais pu me débarrasser des sacs en plastique et réorganiser rapidement le reste. Thé, oignons, conserves, ce n’est pas une perte phénoménale. Mon côté minimaliste fait que je ne veux rien gâcher. Ça peut devenir absurde et contre-productif, en vraie situation de survie.
5. Se montrer agressif, choqué, indigné, sur ce coup, c’était la meilleure manière de lui signifier que j’étais intouchable. Ma rage était authentique. Et j'allais lui prouver, jusqu'au bout, le fait que si, lui, n’était pas un homme de parole, moi, j’étais une femme de parole.
6. La problématique du milieu social jouait un rôle déterminant à mon avantage. Le fait que je portais des signaux de « supériorité », le rendait moins intrépide, paradoxalement. Parce qu’il avait conscience, en effet, que son acte pourrait provoquer de sales répercussions (sur sa réputation, sur sa famille) si par la suite je décidais de contacter l’Ambassade et déposer plainte aux autorités.
7. Toujours prendre en photo la plaque d’immatriculation.
8. La communication fallacieuse avec ma sœurette. Je mentionne à voix haute - ostensiblement - le nom de l’établissement clos. Le décalage horaire fait qu’elle dort et dans tous les cas, elle ne pourrait strictement rien pour moi. Or, lui, ignore tout cela. La tactique sert à lui faire croire que je fournis ma géolocalisation à quelqu’un qui est susceptible d’intervenir à tout moment.
9. Il n’y avait pas un chat sur la route. Et pas de lampadaires. Le second motocar est survenu environ 45 minutes après une sorte de course-poursuite avec le malhonnête. La présence du nourrisson vient sécuriser la situation pour tous. Personne ne le mettra en danger. L’escroc de passage est immoral mais il n’est pas assassin. Ma priorité est d’être cru par ces jeunes. Ils ont l’air sceptiques. Ils me posent des questions stupides. L’autre leur bourre le crâne. Je cesse très vite de me justifier et je clôture les échanges : être 1h30 du mat, gringa avec sacs, devoir rentrer à pied. Je vous laisse avec votre conscience. Le couple se permet même une leçon : « fallait fixer le prix avant ». La grosse blague. Bref.
10. Instinctivement, je ne tiens pas à divulguer outre-mesure le fait que je suis coincée, parce que je n’ai pas confiance en eux. Et il est hors de question que je remette mon destin entre leurs mains. Avant tout, je dois impérativement rester cohérente devant le chauffeur; je dois maintenir, sans faille, une ligne de conduite, afin de ne pas perdre la face, ne pas fragiliser ma posture.
11. Point intéressant et inattendu : le couple me rattrape 2 kilomètres plus loin. Je ne sais pas trop quelles discussions ils ont tenu avec ce monsieur qui représentait un travailleur normal. C’est un sentier étroit, en zigzag. Ils s’arrêtent, sourire aux lèvres, et me font signe de monter. C’est alors un autre discours qui les anime : « l’autre est un voleur, on est désolé » ; en fait, ils craignaient ce qu’il aurait pu leur infliger, donc ils ont fait mine d’être de son côté; par souci de solidarité compatriotique aussi. En réalité, ils savaient que j’étais de bonne foi et ils m’ont dit : tu vas rentrer avec nous et nous on te fera rien payer. J’ai rétorqué que leur récompense est auprès du Seigneur.
12. Dans l’incertitude, toutefois, vis-à-vis du retournement de situation généré par ce duo, j’indique sans tarder le centro comunitario où je me rend. Et je mentionne, un à un, le nom des habitants que je côtoie. C’est une stratégie préventive là-aussi : « je connais du monde là-bas, on m’y attend, soyez droits ».
13. Le jeune papa se retournait constamment en conduisant. Pour vérifier qu’il n’était pas suivi. Lorsqu’ils m’ont déposé aux abords du village (300 habitants) tout le monde dormait. j’ai veillé à être la plus discrète possible. J’ai scruté autour et patienté un peu avant de pénétrer la résidence, puis j’ai bien refermé la porte, sans allumer les lumières.
14. Quand je peux refuser de lâcher mon bébé dans le coffre ou sur le toit, je refuse et argumente, mais ce n’est pas gagné d’avance. Il faut parfois insister... Les bus sont pleins à craquer dans certaines contrées; c’est à juste titre perçu comme un manque d’altruisme d’occuper plus d’espace que prévu et je culpabilise du côté individualiste-je-fais-ce-que-je veux-alors-que-je-suis-chez-vous. En l’occurrence, un tuktuk n’a pas de coffre à proprement parlé. Il y a un large porte-bagage à l’arrière muni de cordes en polypropylène. Nouer, dénouer, défaire le truc, ça prend du temps. J’évite au max. Même en ville, peu importe le moyen de transport, le backpack est placé à côté de moi, toujours une main dessus (bretelle de préférence) ou un bras autour.
15. Être attentif aux portes. Entrées/sorties. Afflux. Jamais installée de dos.
16. On parle d’une somme modique. Ce trajet coûte initialement 10 pesos. Le triple parce qu’il fait nuit, que je suis une gringa, et qu’il ne bénéficiera pas, il est vrai, de voyageur pour le trajet de retour. 70 pesos ne représente rien. C’était une pure question de principe. C’est également un choix très personnel. On marche tête baissée ou on meurt debout. Après, sans grande surprise, c’est un tas de facteurs combinés qui permettent d’agir aussi librement (confiance en soi, expériences croisées, aptitudes aux combats) à commencer par les limites dudit chauffeur. Je crois que c’était un poltron. Il n’aurait pas attenté à mon intégrité physique. C’est un truc que tu évalues dans le regard et la voix. Et puis, très honnêtement, on était à proximité d’une région agricole (je ne veux pas la citer) où la criminalité est statistiquement basse, la population connue pour son flegmatisme ; les étrangers courent très peu de risques.
17. En règle général, je déconseillerai d’agir ainsi. En revanche, c’est en disant « non » une fois, qu’on peut se dire « non » dans d’autres cas. Et c’est précisément cette force négative que les prédateurs perçoivent, en amont de leur approche. Je pense que les malveillants qui pressentent que tu as le « non » développé en toi, ceux qui flairent ça – à l’image des requins flairant à des kilomètres le sang du « oui », et bien ils ne s’aventurent pas. Ou ils s’aventurent moins. A mon sens, c’est plus souvent le « non » interne et profond qui forge (et pas la parlotte ni les démonstrations de force). Un « non » ferme du fort intérieur, écho serein, impassible. Et ce « non », invisible mais bien réel, t’accompagne et te protège contre d’éventuels abus, tel un reflet éblouissant de la prédisposition à ne pas se laisser faire. Inutile d’ajouter que ce n’est pas une immunité mais une voie pour s’en approcher un tant soit peu.
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Et puis, très honnêtement, on était à proximité d’une région agricole (je ne veux pas la citer) où la criminalité est statistiquement basse, la population connue pour son flegmatisme ; les étrangers courent très peu de risques.
Région agricole.
Trouver un magasin d'outillage. Se procurer la petite lame locale / machette / serpette qui va bien dans les champs / bois du coin.
L'avoir à portée de main. 8)
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“Traidor”
Tu l'as échappé belle.
Merci bien, Shirokuma également, je n’avais pas vu ton message.
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Yo,
Région agricole.
Trouver un magasin d'outillage. Se procurer la petite lame locale / machette / serpette qui va bien dans les champs / bois du coin.
L'avoir à portée de main. 8)
C'est le genre de trucs à "double tranchant" ;#
Plus sérieusement, il y a plein de coin dans lesquels je préférerai lâcher 3 balles plutôt que de me retrouver en taule pour avoir menacé (ou pire) quelqu'un....vraiment. Il y a quelques pays dans le monde dans lesquels les occidentaux sont juste tolérés, et penser qu'on aura gain de cause devant un tribunal me parait un peu hasardeux, selon...
Après, ça ne veut pas dire qu'on doit se laisser faire, mais une gazeuse ou une canne en bois me paraissent préférables, si elles conviennent au contexte légal local.
14. Quand je peux refuser de lâcher mon bébé dans le coffre ou sur le toit, je refuse et argumente, mais ce n’est pas gagné d’avance.
Juste, pour qu'il n'y ai pas de quiproquo malencontreux, quand tu parles de ton "bébé" il s'agit de ton backpack? ;)
Après, sans grande surprise, c’est un tas de facteurs combinés qui permettent d’agir aussi librement (confiance en soi, expériences croisées, aptitudes aux combats) à commencer par les limites dudit chauffeur. Je crois que c’était un poltron. Il n’aurait pas attenté à mon intégrité physique. C’est un truc que tu évalues dans le regard et la voix. Et puis, très honnêtement, on était à proximité d’une région agricole (je ne veux pas la citer) où la criminalité est statistiquement basse, la population connue pour son flegmatisme ; les étrangers courent très peu de risques.
Amen! Les outils vont dépendre du contexte et de ton état à toi (ta préparation, ton état physique et psychique, etc). Là, de ce que j'en analyse, tu as joué de l'intimidation sur un prédateur, truchant ainsi son rapport coût/bénéfice. Concrètement, si le type avait eu un besoin vital de ces 70 pesos, la donne aurait été différente, car le rapport coût/bénéfice aurait été différent, mais là, ça a plutôt bien fonctionné. Ca a été un acte délibéré de ta part ou tu as fait ça de façon instinctive (ou un peu des deux), tu dirais?
Tcho
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Plus sérieusement, il y a plein de coin dans lesquels je préférerai lâcher 3 balles plutôt que de me retrouver en taule
Idem.
Juste, pour qu'il n'y ai pas de quiproquo malencontreux, quand tu parles de ton "bébé" il s'agit de ton backpack? ;)
Il s’agit du petit Brayan, 2 ans, que je trimballe avec moi sur les routes et qui est une imitation pas trop déconnante du Tasmanian Tiger base pack 52L ;D
Là, de ce que j'en analyse, tu as joué de l'intimidation sur un prédateur, truchant ainsi son rapport coût/bénéfice.
Absolument.
Ca a été un acte délibéré de ta part ou tu as fait ça de façon instinctive (ou un peu des deux), tu dirais?
Je pense qu’il ne s’attendait pas à une réaction aussi immédiate et brutale, susceptible d’entraîner chez le scélérat un état relativement proche de la sidération.
Il n’a jamais vu une blanche se foutre à elle-même une paire de tartes dans la gueule.
Il a revu ses prétentions à la baisse (avant l’arrivée du couple grâce auquel il a repris du poil de la bête). Il avait finalement renoncé au 70 pesos. En faisant demi-tour pour quémander, c’était pour les satanés 30.
Voilà une transition embarrassante…parce qu’en refusant net, c’est moi qui passe pour une voleuse. Du coup c’est lui qui se sent légitime à me poursuivre mordicus pour obtenir son dû.
Il cherchait à renouer le dialogue. Je demeurais sur ma ligne de conduite.
Tu n’as pas voulu me déposer à San Roque, maintenant tu vas le payer.
En plus, le type s’était fait passer pour un trouillard devant tout le monde, sur l’agora, à côté des autres chauffeurs alignés : « silencio me fait peur, c’est chaud la nuit, je flippe trop, besoin d’une compensation ».
En fait, c’était pas vrai. Il y avait une amorce de manipulation.
Et qu’il décide de s’arrêter dans un lieu stratégique. Au beau milieu de la forêt. Le culot ahurissant.
En soi, c’était un énorme coup de pression. Lui était du coin. Lui maîtrisait l’environnement. Lui n’était pas chargé. Lui détenait le véhicule. Lui seul était censé connaître le chemin.
Sa domination était « matérielle ». Ma suprématie était morale.
Tcho.
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En soi, c’était un énorme coup de pression. Lui était du coin. Lui maîtrisait l’environnement. Lui n’était pas chargé. Lui détenait le véhicule. Lui seul était censé connaître le chemin.
Je pense que tu as bien réagis. Il y a certains points qui selon moi auraient pu être mieux maîtrisés mais c'est facile de le dire à froid sans avoir été acteur et sans être une femme moi même.
On ignore tout de la dangerosité de l'individu en question, dans un autre contexte, sans témoins par exemple, il aurait pu aller plus loin, ou pas.
Te mettre des gifles et pour le moins surprenant, cela peut te faire passer pour une personne psychologiquement instable qui peut être imprévisible ou dangereuse. J'ai lu que c'était une technique utilisée par certains détenus pour se protéger dans des environnements durs et hostiles (prisons américaines).
Ce type de situations se produisent aussi sur le territoire national depuis la fin du monopole des taxis pour le transport de personnes en véhicule léger (BlaBlaCar, Uber)...
https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/paris-une-jeune-femme-de-19-ans-accuse-de-viol-un-chauffeur-vtc-pendant-une-course-de-nuit_62510361.html
https://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-une-femme-de-30-ans-accuse-un-chauffeur-vtc-de-lavoir-violee-01-08-2024-UB6O574XABBSBMEQJF5TTJYV3E.php
https://www.leparisien.fr/faits-divers/a-paris-une-touriste-accuse-de-viol-un-chauffeur-uber-non-declare-20-01-2025-7CM7ELE7EVCR7LHRRE6557LPUM.php
Traitement plus global du fait de société par RMC :
https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/transports/il-m-a-propose-de-la-cocaine-des-femmes-temoignent-d-agressions-dans-les-vtc_AV-202405220491.html
Problématique connue dès le lancement de l'activité Uber en 2015 :
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2022/07/14/uber-files-quand-l-entreprise-s-inquietait-qu-une-tentative-de-viol-perturbe-sa-campagne-de-lobbying_6134748_4408996.html
BlaBlaCar :
https://www.lefigaro.fr/faits-divers/viol-d-une-etudiante-pendant-un-trajet-blablacar-l-accuse-condamne-a-8-ans-de-prison-20240213
https://m.youtube.com/watch?v=zQ-kbiJcWeM
Stay safe.
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Il n’a jamais vu une blanche se foutre à elle-même une paire de tartes dans la gueule.
Je te rassure, ce n'est pas pas le seul :lol:
Et niveau contexte, si tu avais du te taper le sprint de ta vie, tu te retrouvait paumer dans une zone civilisée ou ça allait être la galère au milieu de nulle part?
Merci pour tes retours!
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Et niveau contexte, si tu avais du te taper le sprint de ta vie, tu te retrouvait paumer dans une zone civilisée ou ça allait être la galère au milieu de nulle part?
!
The mess in the middle of nowhere.
Obscurité complète et pas âme qui vive à moins de trois heures de marche.
10-15 kilomètres. Dénivelé en montagnes russes.
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Merci!
Désolé de t'avoir harcelé de questions, mais, pour en revenir au sujet du post, ton expérience est intéressante: on voit clairement que l'usage de stratégies offensives (quand bien même sociales), c'est pas sans conséquences.
Ca ne veut pas dire qu'il faut ou non le faire, mais que si on prévoit d'intimider, de recadrer, etc il faut anticiper qu'il va y avoir des conséquences à assumer (ça peut être comme là, la perte d'un moyen de transport, devoir se défendre, fuir dans un environnement qu'on ne connait pas, etc)
Tcho
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C’est pour moi un honneur d’y répondre.
Tchüss.
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Bonjour,
A titre informatif, je me permet de signaler ce livre sorti en 2022 : Désarmez la violence
https://www.librairiesindependantes.com/product/9782263178672/
Salut à tous. J'ai lu ce livre. Très franchement j'ai été déçu, parce que l'auteur est d'une finesse et d'un pragmatisme que j'apprécient énormément et que ça ne ressort pas du tout dans le livre que je trouve un peu bâclé dans sa structure et son déroulé. J'espère qu'il prendra le temps de le refondre et de faire une V2 de l'ouvrage.
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Je le sens inquiet. Je ne sais pas à quoi il joue. J’insulte. Je blasphème.
Bonjour,
Mon sentiment (qui n'est que cela) est qu'en l'insultant ainsi le risque était de passer d'une forme de violence prédatrice (sa tentative de racket) à d'autres formes de violence.
Pour gagner quelques euros il y avait sans doute peu de chances qu'il prenne le risque d'une agression physique. Sachant que vous l'aviez identifié, qu'on vous avait vu partir avec lui, que c'est une région "sûre" donc où normalement on ne se fait pas tuer pour une poignée de dollars etc. Balance bénéfice/risque mauvaise pour lui. Et en cas de passage à l'acte de sa part, pour en sortir, il y avait toujours la solution de lui filer du fric. Tant qu'il était rationnel.
Par contre, en l'insultant violemment, je pense que cela risquait de déclencher autre chose. Sous l'effet de la colère et/ou de l'humiliation il aurait pu vouloir vous mettre une rouste, pour vous remettre à ce qui de son point de vue est votre place (gringa, femme etc) et/ou restaurer son amour-propre de macho offensé.
Au final, tout est bien qui finit pas trop mal et la stratégie adoptée a fonctionné, c'est le plus important.
Et je le répète: ce n'est que ma vision et mon sentiment.
PS: et je comprends tout à fait que par principe on puisse refuser de céder au racket ou autre forme d'extorsion, même si cela se traduit par une prise de risques qui peut paraître disproportionné.
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Mon sentiment (qui n'est que cela) est qu'en l'insultant ainsi le risque était de passer d'une forme de violence prédatrice (sa tentative de racket) à d'autres formes de violence.
Il se peut aussi qu'en cédant, il y voit une faiblesse qui le rendrait finalement plus gourmand.
Le ratio bénéfice / risque, ca se pèse en temps réel, et ca s'ajuste.
Y a un truc aussi, c'est que les casse-c*u!lles sont rarement des victimes.
Tu vois une personne bornée, deter', bah en vrai tu laches et tu passes à autre chose.
Surtout quand t'es un flemmard (il l'est : il avait besoin de la validation des gens autour tout au long de l'histoire)
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Exact, il peut être tenter d'en prendre d'avantage.
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Il se peut aussi qu'en cédant, il y voit une faiblesse qui le rendrait finalement plus gourmand.
Le ratio bénéfice / risque, ca se pèse en temps réel, et ca s'ajuste.
Y a un truc aussi, c'est que les casse-c*u!lles sont rarement des victimes.
Tu vois une personne bornée, deter', bah en vrai tu laches et tu passes à autre chose.
Surtout quand t'es un flemmard (il l'est : il avait besoin de la validation des gens autour tout au long de l'histoire)
Ici ma réflexion était moins la question de céder (une option, mais clairement pas celle envisagée ici dans tous les cas) que la question de faire monter les enchères / changer les règles.
Refuser le racket, afficher sa détermination, était manifesté par le fait de descendre en pleine nuit de la voiture, le refus de revenir sur cette décision, et faire face au salaud.
Ce qui me paraît courageux mais cohérent: un coin paumé de nuit est sans doute un endroit moins dangereux que la voiture d'un agresseur (a fortiori s'il avait pris l'ascendant). Reste qu'il faut avoir les "guts" d'y aller.
En rajouter une couche, insulter le type à répétition, va peut-être renforcer le message d'un certain point de vue. Mais, à rebours de la logique de désescalade, cela tend aussi à aller vers plus d'émotionel, avec le risque (selon moi) de basculer d'une violence crapuleuse vers autre chose de potentiellement pire parce que bien plus incontrôlé.
Mais bon, facile à dire de l'extérieur, respect pour Mary qui a fait face au type et s'en est sortie sans casse.
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Le ratio bénéfice / risque, ca se pèse en temps réel, et ca s'ajuste.
On est toujours dans la règle du "mieux vaut" de Rori Miller.
Après, il n'y a pas de magie: quand tu es dans la situation, que tu n'as pas pu déjouer le piège en amont (car, pour rappel, le mieux c'est de pouvoir voir le bordel arriver et esquiver...même si l'exemple que nous fournis Mary ne s'y prête pas trop), tu vas partir sur une hypothèse et une stratégie qui en découle, sans te faire un arbre décisionnel....et si tu as bien compris dans quelle situation tu es, peut être que tes outils seront efficaces; si tu as mal interprété, probablement qu'ils ne seront pas efficace.
Maintenant, j'ai bien l'image de l’entonnoir évoqué par Chris dans Neurocombat: une agression, plus du avance de dans, plus tu arrives vers le fond de l'entonnoir et moins tu as de possibilité d'échapper à la défense physique. Mais si on remonte le processus, ça veut dire qu'avant d'en arriver là, il y a pas mal de chose à faire pour esquiver, et l'échec d'une ne veut pas obligatoirement dire qu'on va devoir se battre....exemple simple: on sonne à ta porte, tu ouvres et là c'est un commercial qui veut te vendre un truc. Tu t'es fait avoir puisqu'il va pouvoir tenter de vendre, à toi de trouver le bon échappatoire pour t'en débarrasser.....
Tcho
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Bonjour Khee Nok,
Merci de m’avoir fait part de vos impressions, je les comprends tout à fait.
Pour gagner quelques euros il y avait sans doute peu de chances qu'il prenne le risque d'une agression physique. Sachant que vous l'aviez identifié, qu'on vous avait vu partir avec lui
C’est juste.
Par contre, en l'insultant violemment, je pense que cela risquait de déclencher autre chose.
C’est un risque majeur, mais je le sentais indolent.
pour vous remettre à ce qui de son point de vue est votre place (gringa, femme etc)
Gringo : l’amerloque, le ricain. Et par extension, l’étranger. Contexte : mentalité anticolonialiste et conservatisme culturel.
Vice de procédure : je me qualifiais moi-même constamment de gringa, partout, lors d’une présentation et sur les marchés. C’était un retournement du stigmate.
« Allez, steplé, fais une promo à la gringa, tu es obligé ». J’en faisais un argument de vente inversé. Ça les rendait perplexes (et un peu hilares) mais ça marchait.
Aussi, gringito, peut être affectueux. [Exemple, dans une réserve indigène : une petite en pleurs boudait, refusant de rejoindre sa mère à l’autre bout du champ et qui disait doucement : prend la main de la gringita et viens me voir.]
restaurer son amour-propre de macho offensé.
Il était peut-être un macho en privé, c’est possible, ça je ne le sais pas. En l’occurrence, le machisme était rigoureusement absent de son comportement vis-à-vis de moi.
A ce titre, on remarquera que la problématique du genre (mâle/femelle) était absente de nos interactions.
C’était un conflit pécuniaire entre personnes, des tensions entre adultes, un désaccord autour des termes d’un accord.
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pour rappel, le mieux c'est de pouvoir voir le bordel arriver et esquiver...même si l'exemple que nous fournis Mary ne s'y prête pas trop)
Si on refait le film a posteriori (de ce que j'ai compris) :
Mary finit de négocier le prix avec le chauffeur, après que la discussion ait pris un tour suffisament déplaisant pour que le compagnon de voyage du moment préfère splitter.
Le chauffeur accepte finalement un prix qui ne couvre sans doute même pas ses frais d'essence (sauf erreur : 30 Pesos c'est 1 ou 2 litres, ce qui n'est pas assez pour plus d'une heure de route aller-retour).
Mary part donc dans la nuit, seule avec ce type mécontent, sur un chemin peu fréquenté au milieu de la forêt.
Franchement aucune raison de s'inquiéter.
Evidemment le truc c'est que c'est a posteriori ;-)
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le compagnon de voyage du moment préfère splitter.
Le Yohan n’était pas un compagnon de voyage (et il n’avait aucun intérêt à Saint Roche).
Le chauffeur accepte finalement un prix
Ils imposent un prix. Et je cède parce qu’il est minuit passé.
qui ne couvre sans doute même pas ses frais d'essence.
C’était une autre devise. On est sur Internet et pas entre nous. Cf. si possible sans commenter, la parenthèse du dernier paragraphe du point numéro 16 figurant dans la réponse #17.
ce type mécontent
Au contraire, il était très content ce batard.
Cordialement,
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Wesh
Mary part donc dans la nuit, seule avec ce type mécontent, sur un chemin peu fréquenté au milieu de la forêt.
En faite, il n'y a jamais de solution absolue qui marche dans toutes les situations; tout est un rapport de bénéfices/risques.
Dans l'histoire de Mary, en soit, il était difficile d'anticiper que le type ne tienne pas parole....et même si c'était le cas, c'était quoi l'autre alternative? Prendre un autre transport? Il n'y a aucune raison de penser qu'elle l'aurait trouvé ou qu'il aurait été plus honnête.
L'autre solution ça serait de conduire soit même, mais pour rappel, la cause n°1 de décès des militaires et des humanitaires en OPEX, se sont les accidents de transports. Donc conduire soit même, c'est plus risqué que les problèmes sécuritaires. En moyenne, quand tu es en opération extérieure - en tout cas chez les huma - le premier truc que tu cherches, c'est un conducteur local fiable.
Le seul truc qui aurait pu améliorer la donne, au final, c'est d'avoir été 2. Un 2 contre 1 change le rapport de force, et donc les velléités....sauf si le chauffeur t'emmènes dans un guet-apens (mais comme Mary l'a dit: contexte sécuritaire du lieu, plutôt safe). Encore une fois: risques vs bénéfices.
Tcho
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Y a un truc aussi, c'est que les casse-c*u!lles sont rarement des victimes.
Un café crème, s’il vous plaît.
;#
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Salut,
Alors, avec toutes les réserves d'usages (personne d'autre que Mary n'y était, ne tout cas pas moi, et c'est toujours facile de regarder les choses a posteriori avec le cul planté devant l'ordi) :
Dans l'histoire de Mary, en soit, il était difficile d'anticiper que le type ne tienne pas parole...
Je pense le contraire. Sauf si je me plante complètement dans mes calculs de coin de table, puisque 70-30=40 pesos valent 2 Euros, 30 pesos c'était 1,5 Euros. Pour largement plus d'une heure de route puisqu'au bout d'1/2 heure de route il restait 15 bornes à faire, plus le retour. Ça ne paye même pas l'essence. Si c'est trop beau pour être vrai... c'est que ce n'est probablement pas vrai, et qu'il y a un loup.
et même si c'était le cas, c'était quoi l'autre alternative? Prendre un autre transport? Il n'y a aucune raison de penser qu'elle l'aurait trouvé ou qu'il aurait été plus honnête.
Si c'est le cas, s'il est anticipé que la proposition est assez probablement une arnaque, il faut une sacrée bonne raison pour monter dans la bagnole d'un type louche, à minuit, pour partir sur un chemin forestier, non ? Quand je dis sacrée bonne raison, dans un tel contexte, c'est y être physiquement contraint.
Ensuite, comme possibilités pour réduire les risques :
- choisir le chauffeur plutôt que le contraire (ce qui a ici été le cas : "Ce n’est pas un hasard si ce chauffeur m’a choisie"). Sauf à penser que tous les chauffeurs sont malhonnêtes, si, il y a toutes les raisons de penser que celui que l'on choisit au hasard a moins de risques d'être malhonnête que celui qui nous choisit (pas du tout au hasard). Problème: les taxis ça fonctionne en "guilde", ils ont leurs règles pour se répartir les clients, donc pas sûr qu'ils acceptent.
- Garder Yohan sous le coude le plus longtemps possible. Qu'au moins il voie avec qui elle part. Voire lui demander de faire l'A/R en mode chevalier servant (si j'ai bien compris on parle d'une à deux heures de temps). Problème: c'est sexiste, et Yohan a-t-il l'âme chevaleresque ?
- Attendre en espérant trouver quelqu'un de plus fiable pour "covoiturer" (ce qui a finalement été la solution). Problème: très très incertain (et potentiellement risqué aussi, comment dit-on "couple Fourniret" en espagnol ?)
- Partir le lendemain matin, à une heure plus passante et/ou avec d'autres voyageurs, on parle d'un trajet assez court. Problème : reste la question de l'hébergement qui, à supposer qu'il existe, risque de coûter nettement plus de 40 pesos.
- Si on connaît diverses personnes au point d'arrivée, leur demander d'arranger le trajet. Puisque c'était un aller avec retour à vide, le coût est normalement le même (en plus c'est par définition le prix local, le "juste prix"). Problèmes: prend plus de temps, dérange les gens surtout si on s'y prend à une heure indue, qui peuvent d'ailleurs s'en tamponner, ego (fait passer pour quelqu'un de dépendant). C'est aussi le concept du "meet and greet", demander à la boite ou l'hôtel d'envoyer un chauffeur plutôt que prendre un taxi à l'aéroport etc.
- conduire soit même : sans doute inapplicable ici, plus tes bonnes raisons: conduire seule(e) de nuit sur un chemin forestier peu fréquenté... pas terrible. Ceci dit quand j'ai eu le choix: je vivais dans un pays où pour me rendre au boulot en un temps raisonnable il fallait prendre un "moto taxi". Un jour j'ai eu un accident stupide ainsi. Je faisais déjà de la moto, j'ai alors décidé que quitte à avoir un accident ce serait mon accident. Moralité, j'ai eu deux accidents (sans gravité, notamment parce que je portais casque, gants, blouson, jean etc même par 40 degrés) mais je ne regrette pas.
Donc certes aucune solution simple et facile, mais pas non plus aucune solution.
Expérience perso (par procuration) : ma fille de 18 ans, se retrouve au Costa Rica avec deux copines dans un taxi booké pour un trajet et qui semblait remettre en cause l'accord initial. Mon instruction: m'envoyer le numéro d'immatriculation du taxi, vérifier l'activation du traçage GPS, me rappeler toutes les 5 minutes, et au premier arrêt dans un bourg (idéalement avec police visible) descendre sans demander la permission et aller à la police. Et ensuite, à partir de là, éventuellement discuter.
Elle ne m'a pas écouté et tout s'est fini sans souci ;-)
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Un café crème, s’il vous plaît.
;#
Haha, c'est tout à ton honneur de gueuler si on te prend pour une piegonne. ;#
D'ailleurs je me réctifie, il tentait pas de te faire croire que la croire était vachement chère parceque c'est les prix, là, ca aurait du pigeonnage.
Dans ton cas c'est different, il te racketait tout simplement.
Qu'il aille se faire enc**er, et amha, une réaction violente et vulgaire était appropriée.
Mon approche de base c'est : je suis sympa, et c'est mieux pour autrui.
En général ca s'arrete là.
Si ca suffit je deviens très vulgaire.
5% des cas maximum.
Les embrouilles physiques sont très rares pour moi.
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Début du discours endophasique /
Seigneur Tout-Puissant, accorde-moi la patience et l’énergie suffisante pour répondre à mes interlocuteurs, même s’ils peuvent m’agacer, et aide-moi à rester polie en toutes circonstances quand il arrive qu’on me les brise. Amen. / Fin du discours endophasique.
Je pense le contraire. Sauf si je me plante complètement dans mes calculs
Vous vous plantez. Et je vous ai déjà expliqué pourquoi. Je répète : ce n'était pas des pesos. Je répète :« C’était une autre devise. On est sur Internet et pas entre nous. Cf. si possible sans commenter, la parenthèse du dernier paragraphe du point numéro 16 figurant dans la réponse #17 ».
- choisir le chauffeur plutôt que le contraire (ce qui a ici été le cas : "Ce n’est pas un hasard si ce chauffeur m’a choisie").
Faux. J’ai choisi le chauffeur. Je sélectionne le chauffeur après évaluation de l’ambiance tarifaire et marchandage intransigeant de ma part autour de l’agora. Il m’a choisie pour s’arrêter en chemin, couper le moteur et exercer son chantage.
Problème: les taxis ça fonctionne en "guilde", ils ont leurs règles pour se répartir les clients, donc pas sûr qu'ils acceptent.
Si aucun n'avait accepté un accord - un consentement, je serais alors partie vers 6 heures du matin.
- Garder Yohan sous le coude le plus longtemps possible.
Non. Les individus ne sont pas des pions à mon service. Je n’instrumentalise pas les personnes.
Qu'au moins il voie avec qui elle part.
Non. Ce n’est pas son rôle. Ce n’est pas de son ressort. Et ce n’est pas de sa responsabilité.
Voire lui demander de faire l'A/R en mode chevalier servant
Vous l’avez pris pour mon père ? Il me doit quoi, lui ? Sa protection ? Vous plaisantez j’espère ?
Problème: c'est sexiste, et Yohan a-t-il l'âme chevaleresque ?
C’est surtout d’une grande naïveté de votre part. D'abord, qui vous a suggéré que ce Yohan était en bonne santé ? Qui vous a dit qu'il était a minima capable de se déplacer ? C’est hyper gênant pour moi de lire cette masturbation intellectuelle filamenteuse sur un personnage que vous ne connaissez guère.
- Attendre en espérant trouver quelqu'un de plus fiable pour "covoiturer"
Plus fiable que qui ?
reste la question de l'hébergement qui, à supposer qu'il existe, risque de coûter nettement plus de 40 pesos.
Faux. Le logement coûte des broutilles. Et pour moi c'était gratuit.
- Si on connaît diverses personnes au point d'arrivée, leur demander d'arranger le trajet
Non. Quand on tient à être libre de ses mouvement, on ne demande pas aux autres d’arranger ses mouvements.
C'est aussi le concept du "meet and greet", demander à la boite ou l'hôtel d'envoyer un chauffeur
Il n’a jamais été question d’hôtel ni de réception ni de room service… sérieux Khee Nok, arrêtez de projeter votre monde sur le mien.
Imaginez que je verse dans une somme de suppositions...et que je m'égare au travers d'une prose théorique et un verbiage hypothético-déductif autour des amies de votre fille, leurs inefficacités, leurs éventuelles manques de perspicacité, la nature potentielle de leur tempérament, ce serait quand même vachement embarrassant.
Veuillez, en sus, prendre le temps de lire soigneusement mes réponses à votre attention, au lieu d’employer une succession migraineuse de « si » qui accompagne un usage boursouflé du futur antérieur et du conditionnel passé.
Bien à vous,
Mary
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Vous vous plantez. Et je vous ai déjà expliqué pourquoi. Je répète : ce n'était pas des pesos. Je répète :« C’était une autre devise. On est sur Internet et pas entre nous. Cf. si possible sans commenter, la parenthèse du dernier paragraphe du point numéro 16 figurant dans la réponse #17 ».
Si je peux me permettre pour éclairer le quiproquo, si j'ai bien compris, c'est que Mary a dit "pesos" comme elle aurait pu dire "roupi", 'shekel" ou même "cacahouètes". L'idée ici, c'est qu'elle ne veut simplement pas révéler sur un forum public là où elle se trouvait.
Dès lors, l'espèce d'arbre décisionnel qui a été fait est forcément à côté de la plaque. Déjà, parce que pour s'adonner à cet exercice, il faut avoir un minimum de données, et avoir la connaissance du lieu, sinon c'est du clavier-jutsu. ;)
Tcho
-
Yo !
Bon j'avoue que j'ai pas eu le courage de lire tout le débat, là. Je remercie juste Mary pour sa patience et ses réponses très intéressantes et pertinentes.
Je voudrais juste souligner un truc et vous faire part d'une réflexion :
1) Il y a désescalade a court terme, et il y a désescalade à long terme (ou durable). Et si on est amené à revenir souvent au même endroit, la réputation est importante. Il faut être connu pour sa fiabilité. Fiabilité pour les choses bien (tenir ses engagements, être réglo), et fiabilité aussi pour ce qui est de ne pas se laisser faire. Avoir une réputation de victime, à certains endroits (et aussi en France) est vraiment, vraiment coûteux. Et je pense que ça doit peser dans la balance.
2) Parfois la désescalade c'est aussi une escalade brutale en mode "vazy". Un jour à la poste près d'Avignon (la fameuse) j'ai doublé un type pas pro dans la file pro, avec ma carte pro qui me sert justement à être prioritaire dans la file pro... Le mec s'énerve, m'insulte, me nique ma mère et tout. J'essaie d'expliquer je montre ma carte, je montre le panneau pro, il est dédaigneux et il me menace. J'arrête de parler avec lui, je me retourne, il continue. Du coup je lui fais face, j'attends silencieusement. Calmement. Je prends une grande inspiration abdominale et je lâche un énormissime "OOOOOOOHHH !!!!!!" -- et je suis revenu à un ton tout calme, en disant "maintenant tu vas arrêter de me parler mal sinon je vais t'expliquer différemment" et je l'ai regardé fixement en espérant qu'il dise un truc. Sa femme l'a pris par la manche et a dit "viens chéri, c'est un dingue ce type" et ils sont partis. Toute la poste s'est arrêtée de vivre pendant 30 secondes. Quand je suis arrivé au guichet la meuf tremblait encore... bref, j'ai mis un coup de Dark Vador. Mais pour faire ça il faut être prêt à y aller pour de vrai. Le seul bluff qui marche, c'est quand c'est pas du tout du bluff.
Et oui, il y a des conséquences dramatiques, parfois. Mais a force de seulement penser à sa préservation, ou en oublie trop facilement le bien commun, les choses qui ne se font pas, et le fait qu'on ne peut pas tolérer trop longtemps que ça soit le plus con qui aie raison.
Tchuss,
David
P.S.: et attention, je ne pense pas qu'il faille se faire justice soi-même mais quand le respect (des gens, des règles) ne fonctionne pas, malheureusement il reste la peur. Et quelqu'un qui a le courage de s'énerver pose a minima la preuve qu'il n'est pas dans la sidération, et qu'il n'est pas dans un calcul complexe de comment s'en sortir sans bobo que l'autre FDP en face pourrait exploiter en saturant son système pour créer une sidération.
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discours endophasique
Plus simple: dire stop, et arrêtons cette discussion qui vous indispose. On peut même faire "rewind" et effacer si vous le souhaitez.
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Plus simple: dire stop, et arrêtons cette discussion qui vous indispose. On peut même faire "rewind" et effacer si vous le souhaitez.
Frérot, le mal est fait. C'est trop tard ;#
On apprend tous, toujours, des choses nouvelles et dérangeantes. Sauf ceux qui savent déjà tout, évidemment.
Le bisou,
David
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Wesh,
Toute la poste s'est arrêtée de vivre pendant 30 secondes. Quand je suis arrivé au guichet la meuf tremblait encore... bref, j'ai mis un coup de Dark Vador. Mais pour faire ça il faut être prêt à y aller pour de vrai. Le seul bluff qui marche, c'est quand c'est pas du tout du bluff.
C'est ce que j'appel un recadrage: tu met un STOP pour ensuite dérouler ce qui ne te va pas et donner des conséquences si jamais ça continue....et, en effet, ça peu conduire à la machine à baffes; par contre, si ça marche c'est efficace.
Ca m'est arrivé il y a peu dans un poste de secours avec un mec bourré. Le type s'énervait tout seul, et quand j'ai vue que la discussion ne servait à rien, j'ai recadré en expliquant que ce n'était pas la peine de s'énerver et en finissant par un "donc on vous propose ça"; dans le même temps j'avais ancré mes appuis pour pouvoir le réceptionner d'un bon kick s'il me sautait dessus (on parle d'un type alcoolisé, donc on ne sait jamais....et avec des problèmes de santé qui faisaient que je préférais que se soi mes godasses qui le réceptionnent que mes mains....)
Tcho
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On peut même faire "rewind" et effacer si vous le souhaitez.
Du tout, ce n’est pas grave.
Et puis c’était à moi de prendre les
précautions nécessaires (faire une conversion crédible dans la devise indiquée…).
Le raisonnement de départ était légitime :
Le fait que vous cherchiez à connaître le montant exact - au regard de votre expérience en Amérique du Sud - afin de mesurer, justement, la pertinence du tarif, c’est un réflexe d’enquêteur qui paraît louable et c’est aussi un procédé logique, quand on veut mieux capter les tenants et les aboutissants d’une situation où le point névralgique c’est quand même la thune.
Bien à vous,
Mary
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(…) Du coup je lui fais face, j'attends silencieusement. Calmement. Je prends une grande inspiration abdominale et je lâche un énormissime "OOOOOOOHHH !!!!!!" -- et je suis revenu à un ton tout calme, en disant "maintenant tu vas arrêter de me parler mal sinon je vais t'expliquer différemment" et je l'ai regardé fixement en espérant qu'il dise un truc. Sa femme l'a pris par la manche et a dit "viens chéri, c'est un dingue ce type" (…)
Ha ha ha,
le bon vieux “ Kiaï ” de maître Kawaishi. Quel bonheur.
Quand on est bien “présent”, le cri “du ventre” a de l'impact, sur soi et sur le gougnafier d'en face. ;#
“je l'ai regardé fixement en espérant qu'il dise un truc” (LOL)
En général, quand on est vraiment prêt à lâcher les chevaux, tout à coup, il n'y a plus personne… :closedeyes:
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Salut,
Exactement, un "OH" en forme de kiai avec le ventre et toute la structure.
En général, quand on est vraiment prêt à lâcher les chevaux, tout à coup, il n'y a plus personne… :closedeyes:
Faut pas faire de généralisations. Mais c'est sûr que quand subitement on sort de l'esbrouffe et du bluff et qu'on est prêt à rentrer dans le cas concret, ça trie.
David
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Mon approche de base c'est : je suis sympa, et c'est mieux pour autrui.
Avec du sucre roux, s’il vous plaît, de la cassonade uniquement.
;#
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Mon approche de base c'est : je suis sympa, et c'est mieux pour autrui.
Un classique: "Be nice, until it's time to not be nice" ;)
https://youtu.be/O8aNfg0LBgQ?feature=shared&t=148 (https://youtu.be/O8aNfg0LBgQ?feature=shared&t=148)
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On peut aussi être mi-classe mi-sauvage, c’est pas interdit elle a dit :
https://youtu.be/prDCDmchtTg?si=sbDUmOgO-rjLTIzT
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On peut aussi être mi-classe mi-sauvage, c’est pas interdit elle a dit :
https://youtu.be/prDCDmchtTg?si=sbDUmOgO-rjLTIzT
Y en a pour qui le sujet tabou c'est leur origine sino-américaine, d'autres c'est le montant de la course qui ne doit pas changer: ;#
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Y en a pour qui le sujet tabou c'est leur origine sino-américaine, d'autres c'est le montant de la course qui ne doit pas changer: ;#
Ou bien venir frapper à la porte de ma chambre, un nombre incalculable de fois, sois-disant pour me proposer du thé. Je te fais regretter le jour où tu es né.
Ou encore me suivre dans la rue, sans autorisation, comme si j’étais un furet.
Je ne cherche pas seulement à me protéger. Je cherche à punir.
Les anecdotes de voyages sont nombreuses mais je ne sais pas dans quelles mesures mes histoires pourrait intéresser les membres du forum.
Ps : Pour en revenir au poste de notre camarade Ouistiti et « l'art de ne pas se trouver à l'endroit où ça craint » je pense à deux ouvrages autobiographiques qui traitent de situations extrêmement dégradées, sans doute les pires cas de figure :
a) Même le silence a une fin. Ingrid Betencourt.
b) 3096 jours. Natasha Kampusch.
Les deux sont des surdouées de la survie. Et ces récits, des mines d’informations en matière de communication.
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Salut Mary, et salut à tous :)
Si tu veux partager des anecdotes qui apportent du signal au forum et déclenchent des conversations intéressantes comme celle-ci n'hésites pas à ouvrir un topic même. Ça peut aider dans les recherches précises sur la sécurité en voyage au long cours par exemple, etc.
Une de tes phrases me semble mériter un peu d'explication si tu le veux bien, quand tu dis que tu ne cherches pas que à te protéger mais à punir ?
Quand à la loi de ne pas être au mauvais moment au mauvais endroit, c'est une bonne règle de base, je l'applique dans mon quotidien de marin. On dégage des zones cycloniques pendant la période des cyclones (raison pour laquelle je fais cap sur le Guatemala demain matin d'ailleurs), on évite les grandes traversées hauturières en mer du Nord pendant l'hiver, etc etc.
Sur la route, l'instinct développé par l'expérience et la confrontation à un certain nombre de situations merdiques permet d'éviter certains scénarios. J'ai entendu tellement d'histoire de backpackers qui se sont fait dépouillé comme des nazes parce qu'ils se sont laissés entraîner dans une situation sans voir venir la daube (et parce qu'ils veulent que tout le monde y soit beau et gentil). Ça me paraissait surnaturel parfois d'écouter leurs histoires, mais je me retenais de juger puisqu'il n'y à qu'à regarder un chat domestique essayer de chasser pour se rendre compte que quand on est pas dans son élément... on est assez nul (genre moi quand j'essaie d'aider à la création d'une page web par exemple)
Bref, en dormant des années d'affilés dans les rues et forêts d'Amérique Latine, je ne me suis jamais fait voler. J'ai été chercher les ennuis dans les endroits les plus débiles que l'on puisse imaginer sur le continent, mais la fois où ça a vraiment chauffé pour moi, et bien j'étais évidemment au mauvais endroit au mauvais moment, mais avec aucun moyen de le savoir. Morceau de jungle sans histoire, habitants paysans et paisibles, ma traversée du Darien loin derrière moi, etc.
Donc pour moi, la violence peu venir de tout le monde, de nul part, à n'importe quelle moment, imprévu, injuste, pas du tout proportionnel, injustifiée. Un gamin de 11 ans avec son premier flingue et ses premiers grammes de coke. Les trucs qui te démontent c'est ça, c'est la vague scélérate en mer. Et ça viens dans le dos et de nuit.
Donc ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment je ne sais pas, je me contenterai de dire ne pas provoquer le sort, s'évaluer et être certain qu'on a bien évaluer la situation, et être prêt à tout.
Pas une vérité, juste un avis nécessairement biaisé par mes expériences.
A plus ! :)
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quand tu dis que tu ne cherches pas que à te protéger mais à punir ?
Je comprends bien cela.
Si on essaie de me niquer, pour commencer bien sur que j'essaie de ne pas me laisser faire, par instinct de conservation.
Mais en plus j'essaierai de me venger (si je peux).
Pour plusieurs raisons (poids variable selon les circonstance): la satisfaction de la vengeance, assoir ma réputation d'un qu'il vaut mieux ne pas essayer de niquer, et puis essayer de rendre le monde meilleur en ramenant les salauds a resipiscence.
Ce qui n'empêche pas de laisser pisser: parfois (souvent) ça n'en vaut pas la peine.
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Si tu veux partager des anecdotes qui apportent du signal au forum et déclenchent des conversations intéressantes comme celle-ci n'hésites pas à ouvrir un topic même. Ça peut aider dans les recherches précises sur la sécurité en voyage au long cours par exemple, etc.
Coucou Aleksi,
Si elles peuvent servir à long terme. J’aurais quelques idées à suggérer pour un cas de figure très précis : la prise d’otage dans un contexte d’insécurité politique. Je dois vérifier dans quelles mesures la thématique a été traitée sur le site (je ne me suis pas encore servi du moteur de recherche).
Une de tes phrases me semble mériter un peu d'explication si tu le veux bien, quand tu dis que tu ne cherches pas que à te protéger mais à punir ?
Une sorte de vengeance immédiate. J’aime quand les auteurs paient pour leurs actes. Je repensais à deux événements survenus en Inde.
1. Ça me donne l’illusion satisfaisante de les marquer afin qu’ils ne recommencent pas.
2. Ça me donne le sentiment de faire une bonne action pour mon prochain.
Quand dégage des zones cycloniques pendant la période des cyclones (raison pour laquelle je fais cap sur le Guatemala demain matin d'ailleurs), on évite les grandes traversées hauturières en mer du Nord pendant l'hiver, etc etc.
Ces zones sont connues pour leurs turbulences saisonnières, n’est-ce pas ? J’imagine qu’il y a moult statistiques et normes météorologiques. Les données objectives sont d’un si grand secours.
Bref, en dormant des années d'affilés dans les rues et forêts d'Amérique Latine, je ne me suis jamais fait voler.
Dans les rues carrément ?
J'ai été chercher les ennuis dans les endroits les plus débiles que l'on puisse imaginer sur le continent,
Nous on veut bien en savoir plus, hein…
mais la fois où ça a vraiment chauffé pour moi, et bien j'étais évidemment au mauvais endroit au mauvais moment, mais avec aucun moyen de le savoir.
Ce fameux facteur « chance » ou « malchance ». Le fortuit. La coïncidence. La combinaison de.
Morceau de jungle sans histoire, habitants paysans et paisibles, ma traversée du Darien loin derrière moi, etc.
Darién, la frontière terrestre réputée redoutable entre la Colombie et le Panama. La zone est-elle entièrement aux mains des narco-trafiquants ? La traversée a duré combien de jours ? Tu étais seul ? Tu dormais où ? Tu mangeais quoi ?
A plus ! :)
A plus dans le bus.
-
Salut Mary, merci pour tes précisions :)
Pour répondre à tes questions, je ne veux pas (encore ;#) trop spammer le forum avec mes histoires, mais tu y trouvera de nombreuses de mes interventions (pour la plupart je l’espère non anxiogène ;), la dernière nous construisions notre pirogue en Amazonie pour pagayer 500km de forêt vraiment "vierge").
Pour le Darien et faire court car c'est une assez longue histoire, oui j'étais en solo (mon ex compagne s'étant blessée au pied à ce moment pendant une première tentative) mais j'étais quelques jours avec un braconnier que je "connaissais bien" puis plus tard j'ai récupéré -car livré à eux même- un groupe de Pakistanais en route pour les US et Canada que j'ai guidé jusqu'à la civilisation, ce qui m'a évidemment valu de grosses emmerdes comme tu l'imagines, mais au final ne sachant pas trop quoi faire de moi, on m'a bien fait comprendre que si je me faisais la malle discrètement sans me faire choper, on ne viendrait pas me poursuivre, donc je ne me suis pas fait prier le lendemain à l'aube.
La traversée prend entre 8 et 10j, elle m'en a pris 6 car mon compagnon de départ était sous amphétamine et avons avalé la partie montagneuse du trip sans dormir...
J'avais une petit sac à dos quechua, que j'ai encore dans mon bateau (arpenaz 20) dans lequel j'avais du sucre et des flocons d'avoine, un gobelet, une cuillère, une bache, mon hamac, machette, briquet. Je pêchais à la frontale et à la machette. C'était juste après qu'un jeune scandinave se soit fait descendre à cause d'un gps dans son sac, les groupes armés locaux l'ont pris pour un espion yankee, évidemment... donc je n'avais rien de rien. Si je me souviens bien, 5 dollars US en poche qui sont toutes partie en clopes quand je suis arrivé à Panama City pour me remettre de mes émotions (et pour couronner le tout, je dormais dans un buisson et me suis fait pisser sur mon sac cette nuit là...)
La zone était entièrement aux mains de narcos et surtout de plus en plus, trafic d'humain. Je crois que c'est bien pire encore maintenant, mais paradoxalement plus "safe". Les seuls calmes étaient les bandes côtières, raison pour laquelle les backpackers prennent les lanchas rapidas entre Colombie et Panama.
A plus ! :)
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J'avais une petit sac à dos quechua, que j'ai encore dans mon bateau (arpenaz 20) dans lequel j'avais du sucre et des flocons d'avoine, un gobelet, une cuillère, une bache, mon hamac, machette, briquet. Je pêchais à la frontale et à la machette.
Ce passage mérite reflexion.
Que du matos simple, de tous les jours.
Pas de marque ou produit spécifique, à part le sac Quechua, qui là est plus pour indiquer que n'importe quel sac à dos aurait fait le meme taf.
Bref, pas de grigri, rien de compliqué, ou même d'enviable.
La machette aurtait pu etre une condor à 100e, quart titane snowpeak, tarp DCF, cuillere MSR, hamac Dutchware.
Mais non.
Que du matos de superette.
Enfin, je pense, j'en sais rien ;D
Le "bon" matos, ca peut aussi éloigner du présent, de ce qu'on fait, là, tout de suite.
Observez l'état d'usure de ceux qui vous parlent de X accessoire.
La review d'une pelle neuve, je zappe direct.
Je suis à peu près sur que le matos du camarade Aleksi est bien usé.
-
Observez l'état d'usure de ceux qui vous parlent de X accessoire.
La review d'une pelle neuve, je zappe direct.
Je suis à peu près sur que le matos du camarade Aleksi est bien usé.
;D
Tellement d'accord avec ça.
Savoir entretenir du matos rustique, le nettoyer, l'affuter, le réparer si nécessaire, ça, ça apporte du signal.
-
Ce passage mérite reflexion.
Que du matos simple, de tous les jours.
Tout à fait amigo. Rien de spécial, et le hamac est le type "garimpero" acheté dans la rue en Amazonie, il m'a encore servi pour ma dernière expé (j'en ai quand même acheté 2 autres en rab' que je garde à bord, je les aime tellement que j'ai trop peur qu'il me lâche et devoir acheter autre chose).
Mais en fait l'intérêt de cette stratégie est double (au moins) :
-La première étant de ne pas attirer l'attention comme un sapin de Noël, pour des raisons de sécurité, de tranquillité, je pousserai même jusqu'à dire de respect.
-La deuxième sur laquelle j'ai déjà tellement insisté que j'ai l'impression d'être un vieux radoteur ;#, raison pour laquelle on me voit parfois intervenir de manière quelque peu sceptique sur les sujets qui traitent du voyage au long cours/ vagabondage et matos : tout matériel, de qualité excellente ou médiocre finira par nous lâcher sur un voyage au long cours (je parle genre 3 ans +, quand ça devient la vie et pas un épisode bien délimité). La seul solution viable sur le très long terme et de savoir utiliser ce qui se trouve localement et ne surtout dépendre de rien de "compliqué". Être à même de tout réparer, mais cela va sans dire. D'où l'intérêt de comprendre les systèmes ("école" Kilbith hein :)) plutôt que compter sur la qualité des items individuel.
Et puis... De quoi a-t-on vraiment besoin pour partir à l'aventure ?
J'ai récemment rencontré sur un îlot paumé du sud des Bahamas un jeune aventurier comme je les aime et il fonctionnait tout à fait comme cela. Fort, heureux et débrouillard, il m'a donné du baume au coeur. Nous avons été ensemble chasser une chèvre sauvage (avec permission de la communauté locale qui vit sur une île voisine), nous l'avons fumé et avons eu le temps d'échanger autour de festins sur le feu de camp (pour nous il nous fallait des vivres pour la traversée jusqu'au Guatemala d'ou le fumage). Je me demandais s'il existait encore des jeunes sur la route sans panneaux solaires pliables et smartphones, la réponse est oui :)
-
C’était à Jalandhar, dans le Punjâb. Après mon escapade pluvieuse à travers l’Himachal Pradesh. J’avais booké un Guest house dans un quartier miteux, pour une nuit, le temps d’un transit. Je vérifie l’état de la chambre et des sanitaires. Je redescend au desk : c’est ok. Passeport ?
Je m’installe. Je commence à déballer quelques affaires, je vais me laver (pour changer). Ça frappe fort à la porte. Une fois, deux fois. Je me fige.
Je n’ai qu’une idée en tête, me sécher, me rhabiller, être en mesure de jauger ce qui se passe, être prête « au cas où » afin de pouvoir dégainer de la chambre.
Quelques minutes plus tard, ça refrappe.
- Miss? What are you doing?
De son accent atroce, je comprends que le gars propose du thé.
Je remets une couche de vêtements et j’ouvre. Tu veux quoi ?
- tea ? Miss do you want tea?
- No, thank you, no tea.
Je suis au premier étage. Il remonte quelques minutes plus tard. Il est minuit passé. Je me dis qu’il y a un quiproquo.
- What the hell do you want?
- Talking, open the door.
Je sens mon cœur battre. Battre de colère et d’indignation. J’ouvre une seconde fois la porte : leave me alone. It’s late, very late! Go! Go! Je le toise comme le dernier des déchets et je lui claque violemment la porte au nez.
Je sens que ça ne va pas s’arrêter, mais je suis loin d’imaginer… combien de fois ils vont avoir l’audace de revenir. Le réceptionniste mais également son collègue (une autre voix, un même accent indien des ténèbres) feront des va-et-vient, sans vergogne.
Et plus je disais « non », plus ils insistaient, comme si de rien n’était; tout se passait comme s’il y avait un grand malentendu.
Un autre type frappe à ma porte. Une troisième voix, donc. Sortie de nulle part.
- Bonsoir je suis allemand. C’est la réception qui m’envoie, apparemment vous avez un problème ? Kann ich dir helfen?
- Pardon ? Comment ça j’ai un problème ? Moi ? J’ai rien demandé, bande de gueux. J’ai le droit de dormir ? Vous êtes qui, vous, pour venir à ma porte ?
- Ils ont dit que je vienne vous parler en allemand.
- Mais, c’est une blague ?!? Was redest du ? Geh zurück in dein Zimmer, Idiot.
Le blondinet revient. Il n’a pas l’air de capter pourquoi je l’envoie bouler. Je suis dans un état d’énervement ultime. Au départ, je ne voulais pas lever la voix, mais bon sang… je ne veux pas de thé. Don’t bother me. Leave me alone. Alone. Stop ! Stop !
Les Indiens reviennent, calmes et insistants. Ils agissent selon un mécanisme vicieux que j’ai mis deux mois à déceler : ils te poussent à bout, puis demandent innocemment des comptes.
- Miss, don’t understand, why you’r so angry?
- Because I don’t wanna talk to you, piece of shit!
- Miss, why miss? It’s unfair.
- [modération Aleksi] : il y'a des limites...
- Miss, you are very angry, sorry, please.
Je suis debout dans la pièce. Je culmine de rage. Les images s’entrechoquent : je suis partagée entre l’envie très pressante d’ouvrir la porte pour leur cracher dessus et infliger des front kicks, et la logique de me barricader.
Je me sens largement capable de leur tenir tête (aux deux) mais pas du tout préparée en cas de menace à l’arme blanche. Si j’ouvre cette porte, je prend le risque qu’elle se referme sur moi.
- Je vous demande de partir ou j’appelle la police.
En vérité, je n’ai pas le numéro correspondant et surtout mon I-Phone 3 GS vieux de 8 ans n’a pas de carte SIM active. Je suis un peu piégée. Je mets des coups de poings dans la porte, je hurle. Je veux que l’Hotel m’entende. Il n’y a pas grand monde, j’ai l’impression. Je ne crains pas pour ma vie. Je me sens en position de force. Je veux seulement que ce flagrant manque de respect prenne fin.
Je me glisse dans ce maudit lit, au sein de mon sac de couchage. Je rumine. Je me lève. Je prépare mon plan. Je dors un œil ouvert, toute habillée, évidemment. Mon Queshua est d’ores et déjà fermé, je ne laisse rien traîner.
Je sors mon couteau, je fends le matelas et son drap. Je vide un paquet de cacahuètes sur le sol, sous le sommier, dans la salle de bain, je déverse et j’écrase (je sais, c’est pathétique).
J’essaie de casser les tiroirs.
Je coupe le flexible de la douche.
Je pète la chasse d’eau.
Je tâche de percer un tuyau sous le robinet.
Je mets des coups de pied dans la grille d’aération pour l’endommager.
Je m’arrête là.
J’inspecte les sons. Je sors. Je descends les marches, sans bruit. Je retiens ma respiration. Je quitte l’établissement.
Je vais au Macdo pour la première et dernière fois. Je suis tellement gavée de bouffer des trucs ultra spicy (et pourtant j’apprécie la nourriture épicée mais trop c’est trop, et puis ces litres d’huile dégeulasse, et la crasse ambiante, dans ce pays calamiteux, partout). Je veux des aliments aseptisés et standards.
Le Macdo est climatisé et bien entretenu. Je commande un sandwich (pas de bœuf, c’est interdit par la Loi, en tous cas dans cet État. Et je ne consommais de la viande que sous conditions. Bref, j’ai à peine fini d’avaler ce truc végé infect, je profite de la WIFI, que je réalise l’étourderie : mon billet de train se trouve dans la chambre. Posée sur la couverture.
Mon sang se glace. J’y retourne ? Je le récupère ? Entre temps, depuis mon check-out, ils ont dû s’apercevoir des dégâts.
Je vais à la gare ? Je rachète un billet, allez, y a pas le choix, c’est la décision la plus sage. Non. Tu vas retrouver ce billet. Mais retourner dans les lieux après ce que j’ai fait ?
Je marche. Décidée à mettre la main dessus.
Au carrefour, je tombe sur un régiment de soldats sikhs. Enturbannés, solonnels. Je prend une voix de fiotte. Excuse-me, I need your help. Harassment in the Hotel at night.
- Ils vous ont agressé ?
- Non, ils m’ont proposé du thé.
Je les emmène sur place. Je me conduis comme une victime. Je marche tête baissée, je ralentis le pas, je prend un air désabusé. Ils sont 6 ou 7, sans déconner. Armés, en costume. On se retrouve au lobby, nez à nez avec le verre-de-terre sous le choc et son larbin.
- Vous vouliez quoi cette nuit ?
- Miss, on voulait rien, miss.
- Ah bon ? De minuit à deux heures du matin, vous vouliez rien ?
Ma condescendance laisse place à une facette naturelle de mon visage. Or, intuitivement, je sens que si je veux maintenir la sympathie des fonctionnaires, il faut que je me remette temporairement sous leur protection. J’ai une sainte et définitive horreur de ce genre de patronage.
Ils m’informent : on a passé un appel. Une collègue arrive, vous pourrez tout lui raconter.
Mais je n’ai rien à ajouter. C’était du harcèlement dans sa forme la plus manifeste.
La femme arrive. Sérieuse, sans sourire, professionnelle. J’aime quand elles ne sourient pas à tout va, notamment dans un contexte comme celui-ci. Elle parle assez bien anglais.
- Miss, vous souhaitez déposer plainte ?
- Je ne sais pas, je dois y réfléchir….je joue l’indécise.
- Le réceptionniste dit que vous êtes partie sans payer.
- Moi ? J’ai payé via Booking (c’est faux). Ah, oh fait, j’ai oublié un papier dans la chambre ! Je peux le récupérer ? Je n’attends pas qu’on me réponde. Je monte sans tarder. Je m’empare du ticket. Je le serre contre ma poche. Alléluia.
- Miss, vous venez avec nous au commissariat ?
- Bof, bof, finalement j’ai pas trop envie, pas pour si peu, vous savez, je crois que ce n’est pas la peine…en plus, j’ai un train dans 40 minutes, voilà, je vous remercie, je dois partir, merci encore, aurevoir.
Je les laisse en plan dans le couloir.
Ils font la leçon aux deux sous-merdes.
Je taille vers la gare, direction Golden Temple, Amritsar.
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je relis et relis ton histoire et je ne sais pas trop quoi penser de cela, mis à part que ça pourrait très bien être l'intro d'un film dont l'héroine, qui a pris de l'ectazy, est en plein bad trip en Inde... ^-^
Ca se finit bien quand même?
Bonne soirée
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Je ne cherche pas seulement à me protéger. Je cherche à punir.
Comme ils disent si bien dans Taken : bon chance.
Ou comme disait De Gaulle : vaste programme.
Même moi j'ai arrêté. Du haut de mes 120kg et avec toutes mes capacités de nuisance, j'ai arrêté. Cogner sur les gens ça ne les rend pas moins con. Les insulter ou les humilier non plus.
Désolé.
Je comprends (très bien) la démarche et le sentiment d'injustice. Mais c'est comme essayer de creuser un trou dans l'eau.
Tchuss,
David
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Une sorte de vengeance immédiate. J’aime quand les auteurs paient pour leurs actes. Je repensais à deux événements survenus en Inde.
1. Ça me donne l’illusion satisfaisante de les marquer afin qu’ils ne recommencent pas.
2. Ça me donne le sentiment de faire une bonne action pour mon prochain.
J'ai le sentiment que tu mélanges 3 concepts bien distincts...
- le besoin de protection de soi et des autres... d'une menace ou d'un risque de récidive, en neutralisant le fautif. Ça s'apparente à la légitime défense et c'est nécessaire à la sécurité du groupe, mais ça doit être décorrélé de toute émotion ou ressentiment, le seul objectif étant d'assurer sa propre sureté.
- la soif de justice ou le besoin (ou l'envie) de punir... La sanction est indispensable dans le fonctionnement normal d'une société, pour assurer le respect et la crédibilité des règles communes. Sauf que la justice n'est pas une affaire individuelle, c'est une réponse de la société (et de ses mandataires) par rapport à des règles existantes. Que "les auteurs paient pour leurs actes", c'est normal... mais la décision sur la façon de payer ne peut venir d'une seule personne, au risque d'être subjectif... et donc injuste. Et s'il n'y a pas de règles communes, le plus simple est s'en tenir au point précédent: assurer sa propre sécurité...
- le désir de vengeance qui découle de la haine qu'on peut éprouver envers une personne qui nous a causé du tort... Je me contenterai de rappeler que la haine est TOUJOURS une très mauvaise motivation et que l'aboutissement d'une vengeance fini par causer plus de dégâts chez celui qui se venge (je te renvoie à la conclusion du "comte de Monte Christo" sur le sujet)
A toi de voir ce que tu évoques en utilisant l'expression "vengeance immédiate"... en restant consciente que l'ambition de "punir" par soi-même reste une vaste illusion.
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Tout le quartier semble être là, ils me fixent, on dirait qu’ils voient une blanche pour la première fois.
On retourne le corps.
C’est bien lui, ce satané chaiwala. Le feu a épargné son visage. On ne peut pas en dire autant de Hans, mais il y a peu de doutes, c’était le seul occidental. Les autres corps sont simplement alignés sur le trottoir.
Mais pourquoi ce chaiwala s’était-il mis dans la tête que je devais absolument lui acheter à prix d’or du thé, du thé, et encore du thé ? Comme si c’était spécialement à moi de payer l’insuline de sa cadette, je ne suis pas la Croix Rouge ! Oui la vie est dure, mais si on n’a pas les moyens, on ne fait pas six enfants.
Moi je voulais juste dormir. Une guest-house ça sert à ça, non ? Je devais me lever aux aurores pour attraper mon train, il aurait pu le comprendre.
Mais non. Lui qui revenait, revenait, revenait. Jusqu’à aller chercher cet allemand qui sous prétexte qu’il avait cédé à ce misérabilisme, se croyait autorisé à me demander d’en faire de même.
Moi je voulais juste dormir !
Fatiguée, énervée, je ne sais plus qui a porté le premier coup mais ça a été très vite, mon couteau était sorti. Il n’a même pas crié.
L’essence du réchaud, l’incendie pour faire disparaître le corps. Et puis la fuite dans l’aube.
J’ai fini dans un McDo, un des rares endroits où l’on trouve des toilettes décentes dans ce pays calamiteux. Nettoyer le sang sur mes mains et mes vêtements. Je pense que c’est le manager qui m’a balancée à la police.
En retournant sur les lieux, en voyant les corps, je comprends mieux les moyens déployés pour me retrouver. Je n’imaginais pas que l’incendie s’étendrait autant.
Maintenant on va me ramener au commissariat. Amritsar attendra, longtemps. Mais inexplicablement les policiers reculent et me laissent. Et le lynchage commence.
(PAVC)
:lol:
Magistral.
gros fou rire.
Ton texte est d’une drôlerie.
Et ce Hans, qu’est-ce qu’il foutait là ?
David, avoue que Hans n’avait rien à faire dans cette histoire. Surtout à une heure du mat.
J’en peux plus :lol:
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J'ai le sentiment que tu mélanges 3 concepts bien distincts...
J’ai le sentiment que tu confonds théorie et réalisme de terrain. Législations et légitimité. Croyances collectives et vérité.
le besoin de protection de soi et des autres... doit être décorrélé de toute émotion ou ressentiment ».
Dans l’idéal, peut-être, si l’on pense que les émotions et les sensations ne s’inscrivent aucunement dans l’ordre naturel des instincts de survie…
Les distinctions conceptuelles, si classiques, que tu rapportes, je les partage. La soif de justice et le désir de vengeance peuvent néanmoins être liés.
On ne demande pas à une mère de famille si elle « hait » trop ou pas assez l’assassin de son enfant afin de vérifier si la sentence du Tribunal sera valide.
1. Elle peut ne point haïr ledit assassin, mais vouloir la peine maximale.
2. Elle peut le haïr mais vouloir, en sa faveur, une certaine clémence.
3. Elle peut le haïr et vouloir une peine maximale.
On a tous vu un condamné à mort, la corde au cou, gracié à la toute dernière minute. « Le meurtrier pleurait. Il a demandé pardon. Je l'ai giflé, ce qui m'a calmé ». La gifle ou la potence, la mère de la défunte victime a tranché (les faits se sont déroulés à Nowshahr, province du Mazandaran en Iran, avril 2014).
Sauf que la justice n'est pas une affaire individuelle, c'est une réponse de la société (et de ses mandataires) par rapport à des règles existantes.
C’est un lieu commun. Personne ne te contredira. Sous nos auspices, l’application de la justice est une prérogative régalienne.
En revanche, je serai plus nuancée en contexte sauvage et dans le cadre d’un vagabondage au cœur des pays les plus corrompus…
Tout ce que tu dépeins vaut et dans l’idéal et dans une société civilisée et dans le meilleur des mondes.
J’estime que la justice est une affaire individuelle lorsque la responsabilité personnelle intervient - selon des conditions très précises. Mais il faut que les conditions soient réunies. Et j’estime, a fortiori, qu’elle est affaire individuelle quand l’éthique de la responsabilité personnelle s’impose sous l’égide d’une conviction.
Que "les auteurs paient pour leurs actes", c'est normal... mais la décision sur la façon de payer ne peut venir d'une seule personne, au risque d'être subjectif...
Les tribunaux, les magistrats et les juges, les humains, ne sont pas dénués de subjectivité.
au risque d'être subjectif... et donc injuste.
Je ne parviens pas à voir si ton raisonnement est superficiel ou s’il est naïf.
Comment imaginer que l’objectivité réelle ou supposée d’un décisionnaire est nécessairement gage de justice ? Et pourquoi exclure la subjectivité, elle, comme instrument de justesse ?
Je te rejoins sur l’importance du consensus et du principe de décisions communes. Mais il n’y a rien de très original là-dedans (à moins d’avoir une propension pour l’anarchie).
Je me permets, cependant, de renvoyer aux déclarations d’Éric Dupont-Moretti sur ce qu’il nomme, avec lucidité, « l’administration ».
Je me contenterai de rappeler que la haine est TOUJOURS une très mauvaise motivation.
C’est un parti pris, Azur.
Tu évoques Alexandre Dumas.
Un autre peut mentionner Nietzsche.
Je me censure à citer des Versets.
Enfin, n’ai-je pas employé le lexique de l’illusion et de la satisfaction ? On n’assèchera jamais l’océan des injustices avec des sacs d’arachides.
Aussi, et c’est à mes yeux le plus important, dans le fond : je fais beaucoup d’efforts, dans la vie, pour éviter d’être dans les postures, c’est-à-dire dans le rôle inflexible et de façade qu’on veut bien s’attribuer pour forger une image.
Et pour aller plus loin, je dirais même qu’à chaque fois qu’on voudra me baiser la gueule et que j’aurais éventuellement les moyens safe d’agir sur-le-champs, je me débrouillerai pour essayer de punir.
L’exercice d’une vengeance instantanée, c’est de l’ordre d’une pulsion et de son soulagement. Ce n’est pas une gloire.
« La plupart des gens ne sont pas réellement moraux, ils ont peur d'être jugés immoraux ».
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"Aussi, et c’est à mes yeux le plus important, dans le fond : je fais beaucoup d’efforts, dans la vie, pour éviter d’être dans les postures, c’est-à-dire dans le rôle inflexible et de façade qu’on veut bien s’attribuer pour forger une image.
Et pour aller plus loin, je dirais même qu’à chaque fois qu’on voudra me baiser la gueule et que j’aurais éventuellement les moyens safe d’agir sur-le-champs, je me débrouillerai pour essayer de punir."
Je trouve que les deux phrases s'opposent et que dans un second temps, le sujet initial s'éloigne doucement mais surement. Quel lien avec la notion de desescalade?
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Bon :closedeyes:
Salut Mary, j'ai beau essayer de te suivre et de te comprendre, malgré un mode de vie "similaire" à priori, j'ai l'impression qu'aussi bien sur le fond que sur la forme tout nous oppose. Tes écrits transpirent la haine et les préjudices de toutes sortes.
On n'appelle pas un jeune Allemand qui n'a rien à voire avec la choucroute mais tente de t'aider, un "blondinet".
J'ai dû modérer certaines de tes expressions, pas à la hauteur du forum. Etc. Bref, c'est un peu compliqué là.
Tu confonds backpacking et vagabondage. Les vagabonds ne réservent pas de "Guest House" et ne font pas de "Homestay". Les travels stories du backpack hostel du coin de la rue, franchement on s'en cogne.
Sauf si elles ont à voir avec la vie sauvage et la survie, au sens plus ou moins large. Dans ton cas c'est un peu trop large.
Quand je t'ai invité à poster du signal au début de tes interventions sur ce forum c'est parce qu'il y a un fort potentiel, mais il faut essayer d'être raccord avec l'endroit où tu te trouves, et l'endroit où tu postes. La qualité première du grand voyageur est de devenir caméléon, s'adapter.
Bref, ce n'est pas une vendetta perso, mais je n'arrive pas à saisir le fond du message que tu essaie de nous transmettre.
Je ne poste pas cela pour démarrer une conversation, autant être clair. Si tu veux c'est par MP. C'est un recadrage.
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Quel lien avec la notion de desescalade?
+1 ! ;)
Tes écrits transpirent la haine et les préjudices préjugés de toutes sortes.
+1 ! ;)
Je sais que je vais me faire taper sur les doigts mais c'est pôôôô grave !
Je survivrai... :D
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C'est mon côté JC Van Damme ça ! J'en perd mon latin.
Préjugés en bon français, effectivement ;)
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Saut tous,
Rare ici, deux ou trois points m'interpellent:
Je n'épiloguerai pas sur la justice, qui est une construction morale sans doute, sacrée peut-être, sociale éminemment. Définir en premier item le bien puis le mal pour construire une échelle où mesurer les préjudices est une affaire sérieuse, certes, régalienne dans nos contrées c'est à dire confisquée par une autorité si ce n'est un pouvoir, dépassant en tout cas pas mal de préoccupations primaires d'un backpacker "honnête". Individuellement, je règle mes comptes tout en évitant qu'ils se constituent.
Tu confonds backpacking et vagabondage.
J'en sais rien, mais les hoboes ne constituent-ils pas les backpackers originels ? Moi je crois que si. Les beatniks aussi, en fait.
Backpacker se traduit par routard, à l'origine. On est en plein dedans. Le survivalisme n'en est pas loin (mais un peu quand même tant qu'il n'est pas mis en pratique), ou je m'égare (ce qui a dû déjà être souvent le cas ;D ).
La qualité première du grand voyageur est de devenir caméléon, s'adapter.
J'aurais tendance à dire que la qualité première du grand voyageur est de ne pas heurter dans la cité humaine qu'il traverse (cité humaine au sens classique, bien sûr). S'y confondre à s'y dissoudre le temps d'y passer me semble être autre chose. La théorie du gray-man peut s'entendre sans aller jusqu'au camouflage qui reproduirait l'éthique camo en la transposant à une société civile, souvent disparate ce qui rendrait l'exercice difficile.
Je veux dire que ne pas attirer l'attention, passer inaperçu, se déguiser tel un agent dormant, sont, peut-être trois choses différentes quoique similaires.
À Rome, vis comme les romains. S'adapter, ça va sans dire !