Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en contexte dégradé / vie en autarcie => Discussion démarrée par: Kilbith le 19 novembre 2019 à 10:08:11
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Bonjour,
Je voulais présenter ici un tableau d'Alphonse de Neuville intitulé : "Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870"
(https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/70/Bivouac_apr%C3%A8s_le_combat_du_Bourget%2C_21_d%C3%A9cembre_1870.jpg)
Ce tableau, ce témoignage, est intéressant car il montre une réalité de la guerre et illustre les moyens de faire face à une situation en mode dégradé.
Observez comment les soldats se réchauffent : couverture, pelisse de laine de mouton (on retrouve cet expédient en 1914 et 1940) petit feu (les arbres sont vites coupés)....etc.
Plus d'information sur la peinture et le contexte ici (une image avec effet loupe est disponible) : https://www.histoire-image.org/fr/etudes/bivouac-apres-combat-bourget-21-decembre-1870
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En lisant "Bourget" j'ai pensé au lac du Bourget (inculte inside :lol:) du coup après une brève recherche je me coucherai moins bête ce soir.
Je m'étais déjà plusieurs fois posé la question du grammage des uniformes (guerre franco-prussienne et 1ww) parce que pour stationner des heures dans le froid avec ces manteaux, que je suppose de laine, ils devaient être sacrément robustes les gaillards :blink:
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Très instructif, merci beaucoup. :)
Un truc me chiffonne dans cette tentative d'organisation malgré la déroute: ce qu'il reste des bâtiments ne semble pas utilisé, alors qu'ils offrent encore une protection contre le vent.
Après, c'est peut-être inhérent aux contraintes technico-artistiques pour restituer la scène...
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Dans la même veine, lire l'excellent livre de Sylvain Tesson : Berezina , où il raconte l'armée napoléonienne en déroute pendant l'hiver russe avec des cas de cannibalisme, etc.
(https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/81NKEDTAwAL.jpg)
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En lisant "Bourget" j'ai pensé au lac du Bourget (inculte inside :lol:)
Comment tu as fait pour confondre, sur la peinture on distingue pourtant bien l'aéroport à droite ;D
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Un truc me chiffonne dans cette tentative d'organisation malgré la déroute: ce qu'il reste des bâtiments ne semble pas utilisé, alors qu'ils offrent encore une protection contre le vent.
Après, c'est peut-être inhérent aux contraintes technico-artistiques pour restituer la scène...
C'est utilisé au mieux : un drapeau blanc à croix rouge est visible au niveau du pignon droit du bâtiment presque couvert ...
Chill.
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Yo,
Pour ma part je me demande si le fait de dormir dans la tranchée, comme le font certains soldats, pour être protégés du vent (je suppose), compense le fait que le froid glisse au fond de celle-ci.
Peut-être qu'associé à un feu (comme on peut le voir) permet de chasser le froid voir de profiter d'un effet de réflexion sur les parois?
En tout cas, super idée Kilbith de se servir de peintures comme départ d'une réflexion, merci pour cette exercice mental. :up:
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Merci pour le partage de ce super site !!!!
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Après, c'est peut-être inhérent aux contraintes technico-artistiques pour restituer la scène...
Le peintre a vécu ces évènements, mais une peinture n'est pas une photo. Il y a certainement une certaine licence artistique dans la composition.
Pour l'utilisation des ruines, on peut penser à quelques explications :
- On distingue un drapeau de la toute nouvelle "Croix Rouge"
- D'autre part au fond à droite on voit deux soldats en arme sur une barricade, donc le bâtiment est probablement exposé au feu de l'ennemi. Comme tout soldat le sait : un bâtiment isolé ou un véhicule attire le feu.
- A cette époque, les développements de l'artillerie de siège ont rendu obsolète les défenses maçonnées au profit des redoutes de terres (cf. Sebastopol et la Plevna)
- Parfois, il est préférable de se coucher sur la terre ameublie ou pas (qui a tendance à se réchauffer à la longue si on évite l’humidité) plutôt que sur un sol dur en pierre qui conduit énormément l'humidité
- Perso il m'arrive de préférer dormir à la belle étoile que dans des ruines de cabanes super humides et potentiellement insalubres (excrément, punaises et autres joyeusetés d'autant plus problématiques à une période ante antibiotiques) .
- etc....
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Pour ma part je me demande si le fait de dormir dans la tranchée, comme le font certains soldats, pour être protégés du vent (je suppose), compense le fait que le froid glisse au fond de celle-ci.
Peut-être qu'associé à un feu (comme on peut le voir) permet de chasser le froid voir de profiter d'un effet de réflexion sur les parois?
Je me suis aussi interrogé sur ce point.
- Tout d'abord à cette époque les vêtements sont de laine. Avec des vêtements de laine ont peut dormir sur le sol en se passant de matelas isolant. C'est évidemment moins bien, mais c'est possible. L'ennemi c'est l'humidité du sol.
- De toute façon un milouf épuisé ça dort partout (endormissement quelques secondes dans toutes les positions même les plus inconfortables, vérifié maintes fois).
- Un bon milouf ça sait que faire un feu dans un trou...cela permet d'éviter d'être repéré (Notez les pelles sur les paquetages)
- Un bon milouf ça aime dormir dans les fossés, un fossé c'est une redoute avec une épaisseur infinie elle protège des tirs et de l'artillerie (surtout à cette époque sans bcp de fusants). Il est préférable d'avoir froid, plutôt que d'être mort.
-....et en plus on est abrité du vent, du colon et c'est plus chaud (reflecteur).
"Creuses ta tombe et tu survivras". Parole de GV. ;#
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Vous aurez aussi noté le Spahi en haut à droite qui caracole.
Et oui, n'en déplaise à certains, les liens par le sang versé sont tissés depuis longtemps.
(https://www.lalibrairieantique.fr/wp-content/uploads/2019/03/fullsizeoutput_7bec.jpeg)