Vie Sauvage et Survie
Premiers secours et santé => Premiers secours et santé => Discussion démarrée par: Troll le 03 juin 2015 à 12:37:38
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Bonjour,
Il y a un petit moment maintenant, nous évoquions dans un fil le courant des baïnes.
Afin d'élargir encore un petit peu le propos, tout en restant néanmoins dans des aspects marins / côtiers / plages, je vous propose le post suivant sur le phénomène des "vagues submersion".
Description et exemple:
Il s'agit d'une vague ayant la particularité de déferler très vite et extrêmement violemment sur un point précis de la côte. Ce phénomène est donc particulièrement localisé. Malgré l'aspect géographiquement restreint en termes d'impact, il est bon de souligner qu'il peut avoir des conséquences non neutres : la vague des 27 et 28 février 2010 lors de la tempête Xynthia, qui a dévasté La Rochelle , en est un excellent exemple. Aux curieux, les annales de la météorologie pourront fournir d'autres illustrations.
La formation:
La formation de ces vagues repose sur 3 facteurs simultanés - ce qui soit dit en passant rend donc la phénomène "relativement" rare.
=> les marées:
la condition préalable est d'avoir un coefficient de marée fort. Cela signifie donc que le niveau de l'eau sur la côte, par défaut, aura un point haut.
=> tempête au large:
il n'est pas ici question d'expliciter le mécanisme de formation d'une tempête en mer. On retiendra simplement ici que la tempête en question, même si on ne la perçoit pas depuis la côte, génère au large des ondes qui se déplaceront vers les côtes. L'amplitude desdites vagues sera d'autant plus importante que le coefficient de marée sera haut.
=> le relief sous-marin:
Une surélévation importante de l'estran (relief sous-marin en approche des côte) est nécessaire. Ainsi, les masses d'eau se déplaçant vers les terres bénéficient d'une sorte de "tremplin" naturel. Plus la vitesse des masses d'eau (aussi bien en surface qu'en profondeur) est importante, plus "l'effet tremplin" est amplifié.
Les particularités décrites ci-dessus, combinées, forment une vague-submersion. Chaque phénomène pris individuellement ne constitue pas en soit une menace ou un danger quelconque. Leur combinaison est indispensable et chacune représente pour les deux autres un facteur amplifiant.
Facteurs aggravants / amplifiants:
On pourra également considérer que les vents, venant du large vers les terres sont un facteur aggravant car ils vont amplifier d'une part la taille des vagues ainsi que leur vitesse. Il agira de même sur les courants de surface.
L'absence d'obstacles humains ou naturels, telle une digue, ne permettra pas de freiner / casser la prise de vitesse de la vague.
Conclusion et prévention:
Dans une démarche préventive, il faut donc dès lors qu'on envisage un voyage / une vie en bord des côtes:
=> se renseigner sur la nature des fonds marins immédiats
=> rester attentif à la météo en haute mer
=> bien noter les coefficients de marée lors de la période de séjour
=> tenter de repérer les itinéraires de back-up et / ou les points hauts
=> se renseigner sur si oui ou non il y a eu des précédents sur zone ou à proximité
En espérant avoir été utile ou instructif,
Bien cordialement,
Troll
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(http://www.shom.fr/uploads/pics/houle_vaguesevol.jpg)
Deux liens pour expliquer la nature des vagues, de la houle, et des déferlantes :
http://sauvmer.free.fr/meteo/vague.html (http://sauvmer.free.fr/meteo/vague.html)
http://www.je-comprends-enfin.fr/index.php?/Eau-ondes-et-mouvement/pourquoi-une-vague-deferle-t-elle/id-menu-14.html (http://www.je-comprends-enfin.fr/index.php?/Eau-ondes-et-mouvement/pourquoi-une-vague-deferle-t-elle/id-menu-14.html)
Le phénomène de déferlement est important, car c'est le seul moment où l'eau est animée d'un déplacement horizontal, ce qui la rend beaucoup plus dangereuse.
Le phénomène de submersion d'un rivage :
http://www.shom.fr/les-activites/projets/vagues-submersion/ (http://www.shom.fr/les-activites/projets/vagues-submersion/)
Les marées n'ont pas de rôle sur la formation ni la hauteur des vagues, mais le rivage est plus vulnérable aux heures de marée haute (deux fois par jour) en particulier quand les marées sont fortes, ce qui arrive deux fois par lunaison :
Coefficients de marée : http://www.shom.fr/les-activites/activites-scientifiques/maree-et-courants/marees/coefficient-de-maree/ (http://www.shom.fr/les-activites/activites-scientifiques/maree-et-courants/marees/coefficient-de-maree/)
Les menaces de submersion sont prévisibles :
- configuration et vulnérabilité du rivage considéré (edit : quelques indications là dessus sur cartorisque (http://cartorisque.prim.net/))
- direction et importance de la houle (cf météo marine, fichiers GRIB)
- coefficient et horaires des marées (plein de sites Internet)
Les deux derniers points sont repris par les message d'alerte de météo-france : http://vigilance.meteofrance.com/ (http://vigilance.meteofrance.com/) (http://fbouf.fr/photos/vagues-submersion.jpg)
EDIT : un vent très fort venant du large, et une faible pression atmosphérique peuvent accroitre le niveau de la mer (30 cm sont souvent constatés, des maximums de 1.50 m ont été signalés), augmentant d'autant le danger de submersion.
Inversement, un fort vent de terre et une forte pression atmosphérique font baisser le niveau moyen de la mer, réduisant les risques de submersion, et accroissant les risques d'échouage pour les bateaux :D
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Séquence souvenirs : novembre 1982, côte languedocienne, 7 jours de tempête de sud-est.
Après une nuit et un jour au large, par des vents de plus de 80 nœuds (c'est beaucoup), on a réussi à entrer à Port-La-Nouvelle. Pendant trois jours et trois nuits, les vagues ont balayé les rues, détruisant les bâtiments en bord de mer, franchissant les digues et dunes littorales. Chaque vague apportait de l'eau en arrière du bord de mer, en quantité trop importante pour s'écouler naturellement vers la mer. D'où submersion des points bas du pays.
On a mis 36 heures pour faire 150 km en train et en car dans l'arrière pays en partie inondé. Dans les ports de plaisance, beaucoup de bateaux et de pontons avaient rompu leurs amarres et été déposés sur les quais. On a su par la suite que le niveau de la mer était monté de 75 cm à 1.50 m au dessus de son niveau moyen.
Edit : cela avait coïncidé avec, ou suivi, une période très pluvieuse, ce qui n'avait rien arrangé au niveau des inondations.