Plop,
C'est une histoire assez connue, de nombreux reportages, documentaires, films existent sur le sujet...
Cet été Kaizen y a consacré un article que j'avais raté:
http://www.kaizen-magazine.com/comment-les-cubains-ont-converti-leur-ile-au-bio/
Bon résumé apolitique.
Arnaud.
j'ai visionné cette vidéo sur you tube qui décrit comment Cuba a fait face à la crise engendrée par la chute de l'empire soviétique, et par la même à la raréfaction de l'énergie et notamment du pétrole.
j'ai vraiment trouvé intéressant de voir comment la permaculture, appliquée à l'échelle d'un pays, si petit soit-il, a apporté des solutions viables et pérennes.
je sais que vous avez, tous, déjà visionné maintes et maintes vidéo sur le sujet, mais au cas ou...
https://www.youtube.com/watch?v=KEF19NV_3SE (https://www.youtube.com/watch?v=KEF19NV_3SE)
Merci pour cette vidéo.
Sur le même sujet, pour celles & ceux qui comprennent l'anglais, une conférence de Robyn Francis (vétérante de la permaculture) joliment intitulée « Target one Earth » :
https://www.youtube.com/playlist?list=PL2F90DDC3B9E46868
A Cuba , ils avaient quand même pas mal de billes pour y survivre : des racines encore paysannes, de la terre pas stérilisée par l'agriculture conventionnelle , et un climat tropical...chez moi dans le sud ,avec l'urbanisation et l'oubli des savoirs faire , l'état de nos terres , et les sècheresses récurrentes , je serai bien moins optimiste .
Tu as raison Daeron, la marche est peut être plus haute pour nous, eu égard à nos vilaines habitudes.
Je n'ai pas une grande expérience en permaculture, mais il semble qu'elle apporte de réelles solutions. De mémoire, Rabhi a fait des miracles au Burkina faso, et je crois que c'est un peu sec la bas :).
Par ailleurs, quand on arrête d'utiliser les engrais et les pesticides à tort et à travers, qu'on prend soin de la terre, elle reprend vie.
la ou je rejoins ton pessimisme, c'est sur notre entêtement à maintenir un niveau de vie intolérable pour l'environnement. Cuba n'a pas eu le choix et s'est adaptée au diktat international... quel sera la notre ?
Citation de: Campeur le 10 Août 2016 à 09:27:51
Tu as raison Daeron, la marche est peut être plus haute pour nous, eu égard à nos vilaines habitudes.
Je n'ai pas une grande expérience en permaculture, mais il semble qu'elle apporte de réelles solutions. De mémoire, Rabhi a fait des miracles au Burkina faso, et je crois que c'est un peu sec la bas :).
Par ailleurs, quand on arrête d'utiliser les engrais et les pesticides à tort et à travers, qu'on prend soin de la terre, elle reprend vie.
la ou je rejoins ton pessimisme, c'est sur notre entêtement à maintenir un niveau de vie intolérable pour l'environnement. Cuba n'a pas eu le choix et s'est adaptée au diktat international... quel sera la notre ?
Pierre Rabhi s'est installé pas très loin de chez moi en Ardèche dans les années 70 je crois pour tester ses idées sur l'agriculture en terrain aride. S'inspirer de son travail est surement une très bonne base ;)
Il y a également les travaux du couple Bourguignon qui sont super intéressants en particulier sur la stérilisation de la terre.
Sans être un spécialiste de leurs travaux, il semble quand même que la situation, si elle est "critique", ne soit pas "rédhibitoire" pour nos sols ; par contre, le plus tôt on changera de logique, le plus vite nos sols se porteront mieux. Et ca, c'est l'affaire de chacun d'entre nous :-D
(donc un poil moins pessimiste que toi, même si je partage complétement ton avis sur le constat)
Yeap , mais j'ai tendance à croire ce que je vois . Et les rares exemples de permaculture que j'ai vus étaient de belles fumisteries .
Le premier , un travail colossal de mise en place et un rendement minable, après il s'interdisait toute autre énergie que manuelle , du coup ça limite énormément .
Le deuxième était esthétique mais trop petit pour prétendre à l'autonomie , et à base d'un paillage sur broyat de déchet vert . Le hic , c'est qu'il fallait un volume plutôt conséquent de déchets et une utilisation intensive d'un broyeur . Il n'utilise presque pas d'eau , mais bon il va au marché une fois par semaine pour s'approvisionner.
Moi je fais à l'ancienne , sans aucun produit chimique , à part une bouillie sous dosée . J'ai de bons rendements et on est autonome en fruits légumes . Le hic , c'est que j'utilise une quantité phénoménale de fumier .
Un équilibre entre ces 3 approches est le modèle vers lequel je vais tendre .
Dans tous les cas , je reste très inquiet face au manque d'eau , car perma ou pas une plante ou un arbre a besoin de beaucoup d'eau pour bien produire...il paraît que certains s'en passent mais je ne l'ai pas encore vu de de mes yeux .
Une question que je me pose. L'adoption de poules ou (et) de lapins, ne serait-elle pas une piste pour fournir au moins une partie du fumier?
Bon, au niveau autonomie ça se discute car il faudra un complément à l'herbe et aux déchets du jardin pour leur alimentation, du blé pour les poules, de l'avoine, de l'orge et du foin de luzerne pour les lapins, ainsi que de la paille pour la litière.
bonjour la mouette,
le fumier de lapin est de mauvaise qualité m'a t'on dit, ça doit être en rapport avec le fait qu'ils sont coprophage, par contre celui de poule est excellent
Daeron, j'ai passé 2 semaines à la ferme du bec Helluin qui est un centre de formation à la permaculture, leur rendement n'est pas mauvais, bien au contraire à en croire l'étude de l'INRA qui y a été faite sur trois ans. les maraîchers traditionnels crient au loup
http://www.fermedubec.com/inra/Rapport-%C3%A9tude-2011-2015-Bec-Hellouin_30112015-2.pdf (http://www.fermedubec.com/inra/Rapport-%C3%A9tude-2011-2015-Bec-Hellouin_30112015-2.pdf)
Il y a du bon à prendre dans tous les systèmes à partir du moment ou ils permettent de nourrir la terre, d'économiser l'eau, de faire que les systèmes interagissent les uns avec les autres pour réduire les efforts et l'usage des produits phytosanitaire.
quant à l'eau, il semblerait qu'on puisse s'en passer (bon quand tu vois la végétation autour, l'eau doit tomber régulièrement :)) je n'ai pas encore pris le temps de m'attarder sur son expérience, mais on parle beaucoup de Pascal Poot :
https://www.youtube.com/watch?v=Kr6sUexvNjU (https://www.youtube.com/watch?v=Kr6sUexvNjU)
Bonjour Campeur
J'ai entendu dire le contraire sur le fumier de lapin. Une copine n'utilise que ça dans son petit potager et, chez nous, les tomates ne semblent pas s'en plaindre.
Je ne suis pas une spécialiste, non plus, très loin de là ;)
Citation de: LaMouette le 10 Août 2016 à 11:19:38
poules ou (et) de lapins,
BJR Les poules sont beaucoup plus faciles et plus rentables à élever surtout en semi liberté :doubleup: HN
C'est clair Campeur qu'il y a des pistes à creuser...mais il est je crois plus sain d'avoir une attitude sceptique sans nier bêtement en bloc ces contre modèles .
Je vais finir par faire une butte de perma .
Pour le fumier , j'ai entre 12 et 35 poules en permanence , elles me fournissent une part négligeable de ma fumure...mon potager tourne à fond les 4 saisons avec une rotation à peu près rigoureuse .
L'alternative serait de doubler la surface , et en cultiver la moitié en engrais vert .
Pour la fermedubec , elle semble être dans un climat frais , océanique et pluvieux , tu m'étonnes qu'il arrose pas le type .
Citation de: djeep le 10 Août 2016 à 16:55:57
BJR Les poules sont beaucoup plus faciles et plus rentables à élever surtout en semi liberté :doubleup: HN
Ayant les deux, je confirme. Les lapins sont fragiles et sans vaccins on ne peut espérer les garder longtemps.
Même élevés pour leur poil - j'ai des lapins angoras - ce n'est pas rentable financièrement si l'on en prend bien soin. Seul le plaisir de filer l'angora de ses propres lapins peut le justifier. Alors, élever des lapins de chair, ce doit être bien pire.
@ Daeron
J'maginais que les poules pouvaient fournir une plus grande part. Comme je l'ai dit, je ne suis pas spécialiste et je te remercie donc de ce retour très instructif pour moi.
Il a déjà été question des agricultures sur ce forum et je préfère renvoyer aux échanges que j'ai eu sur le sujet:
Ici, en partant du gaspillage alimentaire: http://forum.davidmanise.com/index.php/topic,66291.0.html
Et ici, en partant du loup, de l'agropastoralisme et de la politique agricole en général: http://forum.davidmanise.com/index.php/topic,66772.0.html
J'ai encore eu une longue discussion sur le sujet il n'y a pas une semaine... et l'évolution de l'agriculture en France passera d'abord par une réforme en profondeur des programmes scolaires des formations agricoles.
Et quand on aura rendu de l'indépendance intellectuelle aux agriculteurs, il faudra ensuite reconvertir tout ceux qui vivent des ventes d'outils agricoles ou de phytosanitaires. Il faudra aussi être capable de s'affranchir des contraintes réglementaires imposées par Bruxelles...
La conclusion, c'est qu'il suffit de volonté politique (politique au sens littéral du terme)... et c'est bien là le problème!
D'accord avec la marche à suivre Azur...mais m'est avis que reconvertir les parasites qui pullulent dans l'agriculture va être la tâche la plus ardue de ton programme .
Citation de: Daeron le 11 Août 2016 à 10:56:36D'accord avec la marche à suivre Azur...mais m'est avis que reconvertir les parasites qui pullulent dans l'agriculture va être la tâche la plus ardue de ton programme .
Quand les agriculteurs auront compris que leurs rendements de productions (et donc leur CA) baisse BEAUCOUP moins vite que les charges, les parasites perdront rapidement leur clientèle! Et alors ils n'auront pas le choix!
Mon meilleur ami, éleveur de mouton dans le Poitou (en moins de 10 ans, il est passé du 80% bergerie au 100% plein air... il produit un peu moins mais vie beaucoup mieux!) prenait l'exemple du Colza: semé par un quad à la volée avec un distributeur de granulés anti-limace, ça ferait baisser les rendements de 20%? 30%? Mais ça ferait chuter les charges de combien??? 50%? 70%?
Sans compter le temps gagné!
Citation de: Daeron le 10 Août 2016 à 22:18:39
Pour la fermedubec , elle semble être dans un climat frais , océanique et pluvieux , tu m'étonnes qu'il arrose pas le type .
salut daeron,
la ferme du bec est en seine maritime, coté flotte on manque pas :).
Pascal Ploot, qui semble ne jamais arrosé, sauf au moment du repiquage, est lui à une heure de Montpellier. après au regard des photos, la végétation alentour semble malgré tout assez verte.
http://www.lepotagerdesante.com/pages/contact/ (http://www.lepotagerdesante.com/pages/contact/)
pour ce qui est de la permaculture, ce ne sont pas obligatoirement des techniques de culture révolutionnaire, bien au contraire, ce que j'ai pu voir, empruntait aux techniques de maraîchage des Parisiens du 19ème siècle et au bon sens paysan, tout simplement.
la permaculure, c'est aussi et avant tout des "design"... autrement dit, comment organiser l'espace de culture, pour qu'il soit optimisé au regard de son environnement au sens large du terme. c'est quand les liens sont optimisés que le rendement global s'améliore.
un site pioché au hasard qui explique pas mal les concept :
http://www.foretscomestibles.com/permaculture/design-conception/principe-outil-realisation-maintenance-reevaluation.html (http://www.foretscomestibles.com/permaculture/design-conception/principe-outil-realisation-maintenance-reevaluation.html)
si je prend l'exemple du bec Heluin, que je connais mieux (qui ne veut pas dire bien ;)).
- l'espace de culture est organisé autour de la maison, comme dit le proverbe, le meilleur engrais, c'est l'ombre du jardinier
- Des points d'eau sont répartis partout sur le site (moins de déplacement pour l'arrosage - stockage eau de pluie), réverbération des rayons solaires (microclimat), auxiliaire au jardin...)
- un poulailler (avec tunnel de sortie à l'extérieur) est intégré dans la serre (redonne quelques degrés l'hiver) moins de déplacements pour l'évacuation des fientes, évacuation des déchets verts...
- des canards coureur d'inde, sont en liberte sur le site pour manger les limaces dont ils sont particulièrement friand
- un partenariat a été mis en place avec le centre équestre du coin, pour être régulièrement livré en fumure
- un cuisinier est à demeure sur le site et fait de nombreuses conserves qui sont ensuite intégrées dans les paniers à la "saison morte", en même temps qu'il prépare les repas végétarien des stagiaires
etc, etc...
la permaculture, c'est une recherche permanente d'optimisation... même si il préfère le travail manuel et la traction animale, il ne cachent pas leur petit tracteur (mais il ne faut pas le voir sur les photos :glare:) ou sur la pelleteuse qui leur ont permis de défricher et mettre en place les buttes de culture sur un autre site dans les bois, ni sur les 40 stagiaires présent de mars à novembre qui participent aux travaux ;#.
je ne me rappelle plus exactement ce que Cuba a réalisé (j'ai vu le reportage il y a plus d'un an), mais ce dont je me souviens, c'est qu'elle a cherché à optimiser l'exploitation de leur ressources en limitant l'usage des produits pétroliers, devenue une denrée rare. Si nous envisagions réellement la fin du pétrole, nous pourrions utiliser ce bien précieux, pour repenser, optimiser, relocaliser nos systèmes de production alimentaire, pour ne parler que d'eux.
Mais comme le dit Azur, que je viens de lire,
Citation de: azur le 11 Août 2016 à 10:48:10
c'est qu'il suffit de volonté politique (politique au sens littéral du terme)... et c'est bien là le problème!
Tu as cité un mot très intéressant à mon avis mais mal compris actuellement : l'optimisation!
C'est exactement l'objectif de mon meilleur ami: optimiser la culture en fonction des ressources naturelles du lieu, pour avoir une production optimale sans "violer" la terre à coup d'engrais, de travail mécanique superflu ou de phytosanitaires qui sont chronophages et/ou coûteux... et nuisibles à long terme.
Ça demande un peu de bon sens et beaucoup d'humilité face à la nature, mais c'est accessible à beaucoup!
oui Azur,
malheureusement beaucoup confonde optimiser et maximiser.
l'un s'emploie avec une idée de durabilité, alors que l'autre s'entend avec une notion de profit immédiat
La culture sans eau, c'est possible : http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/09/tomates-sans-eau-ni-pesticide-cette-methode-fascine-les-biologistes-257958
J'ai lancé un potager sans eau cette année, la journée les légumes font un peu la gueule, mais je suis allé voir la nuit et la différence est flagrante, il se protègent du soleil en se flétrissant un peu, mais tiennent le coup.
J'ai pas que des réussites, mais quelques fiertés, notamment des carottes assez balaises et sans une goutte d'arrosage ;D
A l'occase je développerai un peu ce que j'ai fait si ça intéresse ici.
"Aujourd'hui, Cuba produit pour sa consommation plus de 70% de fruits et légumes, ce qui ne lui garantit pas une totale autonomie alimentaire, dans la mesure où elle dépend encore des importations de riz et de viande, notamment. Mais, selon les critères de l'ONU, « le pays a un indice de développement humain élevé et une faible empreinte écologique sur la planète ».
pour les nuls comme moi... mon collégien de fils m'en voudrait :-) :
"L'indice de développement humain (IDH) est un indice statistique composite, créé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en 1990 pour évaluer le niveau de développement humain des pays du monde. L'IDH se fondait alors sur trois critères : le PIB par habitant, l'espérance de vie à la naissance et le niveau d'éducation."
pour info :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_IDH (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_IDH)
"Si demain les importations de nourriture devaient s'arrêter, les habitants seraient beaucoup moins en péril que ceux d'un pays comme la France, qui dispose seulement de quelques jours de réserves dans ses supermarchés (d'après le Ceser – Conseil économique, social et environnemental Ile-de-France -, la région dispose de quatre jours de réserves alimentaires)."
ça, c'est pour se faire peur ;)
ce que je retiens :
"au-delà de la révolution agricole, les initiatives individuelles et collectives ont prouvé que les Cubains pouvaient prendre en main leur destin. Une véritable révolution culturelle !"
Sujet très intéressant, c'est par le biais de ce forum que j'ai entendu parler du couple Bourguignon, dont j'ai offert offert l'ouvrage à mon oncle (issu du milieu paysan) afin d'obtenir son avis sur la question, ayant une ignorance quasi absolue du sujet.
une question, j'entends beaucoup parler de l'importance des vers de terre, est-ce qu'un apport de vers peut permettre de se passer d'apport d'engrais (fumure ou autre), ou bien les deux doivent nécessairement être présent (le sol ayant besoin constant d'apport externe).
CitationSi demain les importations de nourriture devaient s'arrêter, les habitants seraient beaucoup moins en péril que ceux d'un pays comme la France, qui dispose seulement de quelques jours de réserves dans ses supermarchés
Moui, on sent la veine politique prendre le dessus dans cette phrase. En cas d'arrêt soudain *des importations*, les chaines de supermarché ne tarderaient pas à se réapprovisionner, sachant que la France surproduit massivement, on paierai juste beaucoup plus chers pour nos fruits.
Citation de: Patoruzu le 16 Août 2016 à 22:28:57une question, j'entends beaucoup parler de l'importance des vers de terre, est-ce qu'un apport de vers peut permettre de se passer d'apport d'engrais (fumure ou autre), ou bien les deux doivent nécessairement être présent (le sol ayant besoin constant d'apport externe).
Les vers de terre ont surtout un rôle mécanique en favorisant l'aération, le drainage et donc la pénétration des eaux de pluie.
Ils sont donc complémentaires d'une fumure en facilitant l'amalgame de la fumure avec le substrat initial.
Citation de: azur le 16 Août 2016 à 23:24:13
Les vers de terre ont surtout un rôle mécanique en favorisant l'aération, le drainage et donc la pénétration des eaux de pluie.
Ils sont donc complémentaires d'une fumure en facilitant l'amalgame de la fumure avec le substrat initial.
Bonjour,
Pas que, ils créent également de l'engrais au travers de leurs excréments par transformation des matières organiques, d'ou l'intêret de les préserver et de leur rendre le milieu accueillant.
A+
Gérard
Citation de: Pierrot le 16 Août 2016 à 22:55:22
Pourquoi, on pensait qu'ils étaient trop cons pour se prendre en main, ces gens là ???
Y a des fois je comprends pas tout.....................
qu'est ce que tu ne comprends pas ? qu'on s'étonne que dans un monde quasiment exclusivement basé sur le pétrole, un pays sous pression internationale soit en capacité de donner des leçons. ce n'est pas étonnant, c'est admirable :) ! même s'il a fallu pas mal de souffrance pour y arriver.
Citation de: Daeron le 10 Août 2016 à 10:50:50
Yeap , mais j'ai tendance à croire ce que je vois . Et les rares exemples de permaculture que j'ai vus étaient de belles fumisteries .
Le premier , un travail colossal de mise en place et un rendement minable, après il s'interdisait toute autre énergie que manuelle , du coup ça limite énormément .
Le deuxième était esthétique mais trop petit pour prétendre à l'autonomie , et à base d'un paillage sur broyat de déchet vert . Le hic , c'est qu'il fallait un volume plutôt conséquent de déchets et une utilisation intensive d'un broyeur . Il n'utilise presque pas d'eau , mais bon il va au marché une fois par semaine pour s'approvisionner.
Moi je fais à l'ancienne , sans aucun produit chimique , à part une bouillie sous dosée . J'ai de bons rendements et on est autonome en fruits légumes . Le hic , c'est que j'utilise une quantité phénoménale de fumier .
Un équilibre entre ces 3 approches est le modèle vers lequel je vais tendre .
Dans tous les cas , je reste très inquiet face au manque d'eau , car perma ou pas une plante ou un arbre a besoin de beaucoup d'eau pour bien produire...il paraît que certains s'en passent mais je ne l'ai pas encore vu de de mes yeux .
Salut,
as-tu vu le film "Demain" ?
Des exemples de permaculture y sont présentés. Après discussion avec mon frère qui est cultivateur bio, lui et ses collègues pensent que les rendements annoncés (dont, en euros/ha) semblent un poil optimistes mais sinon les idées sont là.
regarde aussi l'aquaponie (aquaponie.fr par exemple, avec plein de vidéos didactiques)
un autre concept très intéressant mais qu'on ne sait pas encore bien reproduire (encore un savoir-faire amérindien perdu ...) : la "Terra Preta", pas mal d'articles sur le net (Wiki, ...), il doit être possible d'expérimenter assez simplement
Pour les principes applicables à l'échelle d'une société, il y a des choses très intéressantes à regarder du côté des nordiques qui sont bien partis dans la collecte et l'utilisation des déjections humaines pour la production soit de bois de chauffage (via bio-engrais pour des arbres), soit de biogaz, pour les véhicules notamment
http://www.lasuededurable.com/2128/chantiers/oslo-norvege-quand-nos-excrements-contribuent-a-lecologie.html
My2cents
ciao
3L
Citation de: Pierrot le 17 Août 2016 à 09:05:11
Oui, je ne comprends pas qu'on s'étonne de cela, ça me semble évident, ce sont simplement des gens qui se sont pris en main, et pour moi ça devait être la norme, nous vivrions bien mieux.
+ 1 :D mais on communique tellement peu (au sens large du terme) sur ce genre de réussite que les non avertis sont réellement étonné que ça puisse fonctionner.
Salut à Tous
Pas vu "Demain" , si j'ai le courage je le DL un de ces quatre .
L'aquaponie , à première vue , cela demande beaucoup de plastique et de l'élec pour fonctionner , pas assez lowtech à mon goût .
Pour la Terra Preta , ça n'a pas l'air si simple à mettre en place , mon potager actuel fait dans les 350 mètres carrés , ça fait du lourd à convertir tout ça .
Mon principal soucis , face à une "conversion" à la perma, c'est un problème d'échelle . Quelques mètres de butte ou de pailage -broyat , c'est facile . Mais pour prétendre à l'autonomie , j'ai quand même l'impression qu'il faut beaucoup de déchets verts et un bon broyeur .
Mais bon , Rome ne s'est pas faite en un jour , il faudrait déjà que je me bouge pour faire un petit test .
Pour Cuba , 70% d'autonomie en fruits légumes , c'est une sacré perf , mais bon la route est longue pour prétendre se passer du pétrole...surtout si on importe le riz et la viande qui sont bien plus énergivores à produire et au moins aussi nécessaires que les fruits et légumes .
Salut
un des intérêts de l'aquaponie est de produire ladite viande en même temps (bon, ok, c'est du poisson ou des crustacés, mais ce sont des protéines animales néanmoins).
Pour la Terra Preta, apparemment, ça s'appliquerait uniquement en milieu très très humide donc pas applicable en France métropolitaine (peut-être dans les Pyrénées françaises ...).
ciao
3L
De ce que je lis, je pense qu'il faut éviter d'adopter un mode de fonctionnement "dogmatique" et d'abord apprendre à connaitre l'environnement dans lequel on vie, qui diffère de celui qui se trouve quelques km plus loin.
Et dans le domaine de l'agriculture, il est toujours utile de se replonger dans le passé pour savoir ce que les anciens (avant 1914) faisaient: ils n'étaient pas plus bête que nous et ne demandaient pas plus à la terre que ce qu'elle pouvait donner.
Citation de: Daeron le 10 Août 2016 à 22:18:39
C'est clair Campeur qu'il y a des pistes à creuser...mais il est je crois plus sain d'avoir une attitude sceptique sans nier bêtement en bloc ces contre modèles .
Je vais finir par faire une butte de perma .
Pour le fumier , j'ai entre 12 et 35 poules en permanence , elles me fournissent une part négligeable de ma fumure...mon potager tourne à fond les 4 saisons avec une rotation à peu près rigoureuse .
L'alternative serait de doubler la surface , et en cultiver la moitié en engrais vert .
Pour la fermedubec , elle semble être dans un climat frais , océanique et pluvieux , tu m'étonnes qu'il arrose pas le type .
C'est assez curieux avec les poules. Une poule fournit environ 9Kg de masse sèche en terme de fumier/an, ce qui correspond si on prends 100U de N pour fertiliser ce qui est beaucoup, à 9m2 par poule.
Le meilleur est probablement de mettre les poules dans le verger ou les déjections vont fertiliser les arbres fruitiers. De plus les poules sont heureuses dans les vergers, elles ont horreurs des espaces vides (peur des prédateurs)
Citation de: Pierrot le 19 Août 2016 à 13:50:33
100 unités d'azote, je pense...
BJR Quelle est la définition et la valeur de cette unité ? HN
1 unité d'azote = 1 kg d'azote contenu dans l'engrais
Citation de: François le 20 Août 2016 à 18:07:34
1 unité d'azote = 1 kg d'azote contenu dans l'engrais
SLT. Merci :doubleup: C'est déjà beaucoup plus clair ainsi ;) HN
Citation de: Moleson le 19 Août 2016 à 12:46:49
Mettre les poules dans le verger ou les déjections vont fertiliser les arbres fruitiers. De plus les poules sont heureuses dans les vergers, elles ont horreurs des espaces vides (peur des prédateurs)
En dehors du fait qu'elles y soient heureuse :-), ce sont avant tout des animaux gratteurs qui font un travail essentiel dans la lutte contre les insectes indésirables. Poules et vergers, c'est l'association parfaite.
1 élément, plusieurs fonction, c'est une des clés de la permaculture :
Poules = aeration de la terre, élimination des nuisibles, fertilisation, viande et oeufs, animaux de compagnie (avec les enfants, c'est top), ornement
Pour mettre en perspective le phénomène cubain, il y a un point sur lequel tout le monde passe en vitesse. Ils ont du multiplier par dix le nombre de personnes employée dans l'agriculture.
Une autre chose qui est passée sous silence, une grande partie du miracle aura été la privatisation des grandes fermes d'état. Pas autre chose quand en UDSSR 80% de la productivité agricole était le fait de petit jardin privé, de quelques centaines de m2.
Les grands kolchose communiste n'ont jamais fonctionnés, avec ou sans pétrole.
Donc je veux bien que c'est un miracle, mais quand en Europe on sera d'accord de payer la nourriture en conséquence pour pouvoir payer 10 agriculteurs conter 1 actuellement les poules aurons des dents.
Citation de: Campeur le 21 Août 2016 à 08:37:52
En dehors du fait qu'elles y soient heureuse :-), ce sont avant tout des animaux gratteurs qui font un travail essentiel dans la lutte contre les insectes indésirables. Poules et vergers, c'est l'association parfaite.
1 élément, plusieurs fonction, c'est une des clés de la permaculture :
Poules = aeration de la terre, élimination des nuisibles, fertilisation, viande et oeufs, animaux de compagnie (avec les enfants, c'est top), ornement
Ouai, il faut faire gaffe quand même... Les poules au verger ça va un moment mais très vite tu retrouves trop de nitrates dans le sol.
Les arbres poussent trop, sont plus sensible au maladies, produisent moins, les fruits se conservent moins bien, etc.
Citation de: Loriot le 21 Août 2016 à 21:23:12
Ouai, il faut faire gaffe quand même... Les poules au verger ça va un moment mais très vite tu retrouves trop de nitrates dans le sol.
Les arbres poussent trop, sont plus sensible au maladies, produisent moins, les fruits se conservent moins bien, etc.
T'as de l'expérience ?
Le point important, c'est le nombre de poules par rapport à la surface... l'excès nuit!
Citation de: azur le 21 Août 2016 à 23:01:56
Le point important, c'est le nombre de poules par rapport à la surface... l'excès nuit!
Ben oui, les réponses à l'emporte pièce comme plus haut ne font pas avancer le schmilblik.
Si on part d'une exploitation de poules pondeuses elle consomment environ par an 50Kg de graines/poule et produisent 73l de fiente. Après si on regarde les apports maximum par hectare d'Azote on arrive à 100 poules hectare pour pouvoir déverser les fientes.
Donc 1 poule/100m2. Ce qui est intéressant il faut 100m2 pour faire 50 Kg de graines. Donc quelque part on est en cercle fermé.
L'équation va changer quelque peu si dans une vision d'autarcie on a 5 poules pondeuses + 1 Coq et chaque année on fait par exemple 30 poulets qui serons sacrifié à 4 mois. Si en plus tous ce petit monde est parqué sur une surface ou ils se procurent une bonne partie de leur nourriture on arrive a des chiffres complètement différents, parce que ce qu'ils mangent sur place est prélevé sur place. En admettant 6 Kg de graines/poulet ça fait en fiente une surface de 1'800m2 on rajoute 600 pour les poules et le coq, soit 2'400m2 de verger que l'on peut faire tourner avec un tel élevage.
Quand on pense permaculture il faut penser en circulaire. Accessoirement il faut aussi 2'400m2 de production de graines.
Le résultat de tout ceci c'est 75Kg de poulet, 1000 oeufs et 2'400m2 de verger fertilisé. Si par exemple c'est des noyer on a 500Kg de noix soit 75l d'huile.
La seule constante à laquelle on échappe pas, il faut autant de place sans culture que de place de culture pour pouvoir produire d'une manière ou une autre l'engrais.
Merci pour les calculs Moleson .
Je n'ai jamais quantifié la fumure que je récupère des mes poules , mais vu qu'elles sortent et se couchent avec le soleil , y en a pas mal qui finit pas sur le tas de compost-déchets verts .
Psychologiquement c'est le volume plutôt faible qui me fait dire que l'apport est minimal par rapport aux tonnes de fumier de cheval que j'injecte chaque année .
Par contre le rendement de 5 tonnes de grain par hectare est très optimiste par chez moi , du moins pour les agriculteurs en bio . Cette année , mon fournisseur en grain , qui est parfaitement capable , installé depuis 30 ans en bio sur 50 hectares , est à 1 tonne hectare ,une fois le grain trié et débarrassé de la fol avoine , la vesce et autres saloperies . Ok , l'année n'est pas terrible , mais les bonnes années c'est 2 tonnes hectares .
Citation de: Daeron le 22 Août 2016 à 15:06:23Par contre le rendement de 5 tonnes de grain par hectare est très optimiste par chez moi , du moins pour les agriculteurs en bio . Cette année , mon fournisseur en grain , qui est parfaitement capable , installé depuis 30 ans en bio sur 50 hectares , est à 1 tonne hectare ,une fois le grain trié et débarrassé de la fol avoine , la vesce et autres saloperies . Ok , l'année n'est pas terrible , mais les bonnes années c'est 2 tonnes hectares .
Tu peux pas parler en quintaux, comme tout le monde??? ;#
10 à 20 quintaux l'hectare, il doit être sur une très mauvaises terres... un céréalier en conventionnel par chez moi produit entre 55 et 80 quintaux l'hectare suivant les années, et la terre n'est déjà pas terrible.
ça me paraitrait énorme qu'un bio ait une production divisée par 3 à 5! :-\
Bonjour
Sur cette vidéo est fait mention de deux livres.
https://www.youtube.com/watch?v=v-XS4aueDUg
A un moment le mec explique que chaque cubain vois par exemple un ventilo et visualise immédiatement comment le démonter et quoi en faire.
En cherchant voici le pdf du livre « Con nuestros propios esfuerzos » (avec nos propres efforts), édité semble-t-il par le gouvernement, pour rassembler et compiler les différentes technique présentes sur l'ile.
http://cubamaterial.com/wp-content/uploads/2013/10/Con-Nuestros-Propios-Esfuerzos-reduced.pdf
Y'a pas mal de trucs intéressants, parfois des explications claires et des dessins, parfois seulement une photo et rien d'autre.
On trouve de tout, des explications sur les semences, a de la mécanique, ainsi que des choses propres au fonctionnement de l'ile.
Le sous-titre « quelques expériences pour affronter le moment spécial en temps de paix » est rigolo. Ça donne le ton, mais à part ça le bouquin est totalement apolitique de ce que j'ai lu jusque-là.
Le sommaire (trouvable à la fin du document), en gros ça donne ca :
chap1 Culture agricole
chap2 Elevage d'animaux
chap3 Alimentation (très élaboré je trouve)
chap4 sante publique
chap5 Transport
chap6 Objet d'usage domestique
chap7 Services à la population
chap8 habitation et matériels de construction
chap9 énergie
chap10 Culture, sport et divertissement
chap11 moyens d'enseignement
chap12 jouets et artisanat
chap13 défense
chap14 autres expériences