Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: Nathan-Brithless le 12 septembre 2014 à 07:50:09

Titre: maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Nathan-Brithless le 12 septembre 2014 à 07:50:09
Petite consultation de camarades du forum qui auraient quelques compétences en matière de travail social ou de maltraitance conjugale.
J’ai fait, il y a quelques mois connaissance d’une femme de 31 ans, mariée et mère de deux enfants.
A cette époque, son mari, sans la maltraiter physiquement, lui fait subir une forme assez subtile de violence psychologique. Quand elle se confie à moi, j’identifie rapidement beaucoup de comportement typique du « pervers narcissique ». Je lui envoie par mail un profil de ce type de comportement, et elle admet qu’il y a de nombreux point troublant (ce qu’elle nie aujourd’hui).
Elle tente alors une thérapie de couple au cours de laquelle le mari promet de se corriger.
Début juin, au cours d’une crise durant laquelle elle manifeste un désir d’indépendance, le mari lui fout une raclée d’importance, qui justifie l’intervention de la police.
Elle le quitte alors, et entame une procédure de divorce.
Si durant la période de vacance scolaire, tout lui est (relativement) facile à gérer, la perspective de la rentrée scolaire des enfants l’effraie un peu. Le confort et la sécurité des années de mariage, couplés à quelques bon souvenir de neuf ans de vie commune lui donnent une nostalgie de cette vie. Elle sombre alors dans une dépression.
Il est important, je pense, de souligner que durant son adolescence, cette femme fut élevée par un père violent.
Fin aout, le mari fait amende honorable (confirmant à mes yeux son statut de manipulateur), et négocie son retour au domicile conjugal et l’abandon de la procédure de divorce.
Concernant la fois où il l’a battue, elle m’explique qu’il « ne l’as fait qu’une seule fois, parce qu’il m’aime et avait peur de me perdre » (je cite).
Elle se coupe alors socialement des personnes qui avaient la volonté de l’aider, s’isolant socialement de tout ce qui n’est ni son cadre professionnel  ni sa cellule familiale et tente de reconstruire une vie de famille.
Questions :
-As-t-elle une chance de réussite de cet objectif ?
-Le mari, après une période plus ou moins longue de « normalité » ne risque-t-il pas de recommencer, sous forme psychologique au moins ?
Des avis ?
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Al Bundy le 12 septembre 2014 à 08:20:16
Salut

Je ne pense pas que l'on puisse le savoir puisqu'on ne sait pas ce qui se passe dans la tête du mari: vrai trouble psy ou juste un enc**é, ça fait malgré tout une différence car un pervers narcissique répond à un profil précis qui ne changera pas de lui même, si c'est un enc**é peut être qu'il peut évoluer...

De ma petite expérience le plus dur est encore de savoir ce qu'il y a dans la tête de la victime, de savoir ce qui la pousse à agir, ou plutôt de mesurer la proportion envie de continuer l'histoire/attachement/manipulation/culpabilité, pour la pousser dans la bonne direction.

Si elle est apte à entamer et comprendre des recherches par elle même tu pourrais l'orienter sur des lectures sur le sujet (par ex Cyrulnik etc), ou directement l'encourager à rencontrer un psychologue qui pourra peut être révéler la motivation de ses choix.
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: azur le 12 septembre 2014 à 08:52:27
Vu de ma petite expérience (dans le cadre pro, avec l'aide de collègues, nous avons pu sortir une femme de la maltraitance, mais en plus, l'histoire s'est bien terminée puisque le mari a fait amende honorable et se comporte bien), j'aborderais le sujet sous deux angles:
- du point de vue du mari: sur le principe, il ne faut nier à personne la possibilité de changer (ce qui n'interdit pas de rester vigilant); tant qu'un élément tangible n'a pas prouvé le contraire, il faut garder espoir que la situation du couple s'est améliorée
- du point de vue de l'épouse: on ne peut forcer personne à être heureux! Un ami me disait: "pour être heureux, il faut déjà le vouloir". Si elle a décidé (contrainte, là est la question à laquelle elle-même ne répond pas...?) de couper le contact avec ses amis, il est difficile de s'immiscer dans ce monde fermé.

On peut regretter le temps où la morale prenait le pas sur la stricte légalité et où la société donnait implicitement mandat à certaines personnes détenant une autorité morale, par l'exemplarité (nécessaire) de leur comportement et leur impartialité (suzerain, curé, instituteur, maire...) pour intervenir dans ce genre de cas. Désormais, la société accordant la primauté au droit sur la morale, tu ne peux pas faire grand-chose.
Titre: Re : Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Phil67 le 12 septembre 2014 à 13:30:04
(Difficile de donner des conseils pertinents en n'étant pas dans le domaine, sans trop connaître leur contexte et en se basant sur des éléments provenant uniquement d'un seul protagoniste. J'essaye juste de prendre un autre angle d'analyse --peut-être à côté de la plaque-- complémentaire aux messages précédents.)


Je ne pense pas que l'on puisse le savoir puisqu'on ne sait pas ce qui se passe dans la tête du mari: vrai trouble psy ou juste un enc**é, ça fait malgré tout une différence car un pervers narcissique répond à un profil précis qui ne changera pas de lui même, si c'est un enc**é peut être qu'il peut évoluer...
En effet, sachant qu'en plus le "diagnostic" d'une personnalité perverse narcissique n'est pas si simple à établir.

C'est un sujet particulièrement à la "mode" en ce moment (livres, sites, articles "psy" de magazines), ce qui peut engendrer un "catalogage" assez rapide. On risque le phénomène Doctissimo où les toubibs voient débarquer des patients se croyant atteints de toutes les pires maladies du monde après s'être auto-diagnostiqués sur le Web à partir de la liste de leurs symptômes.

Même pour les professionnels il n'est pas évident de "classer" les individus dans les bonnes "cases".


- du point de vue du mari: sur le principe, il ne faut nier à personne la possibilité de changer (ce qui n'interdit pas de rester vigilant); tant qu'un élément tangible n'a pas prouvé le contraire, il faut garder espoir que la situation du couple s'est améliorée
- du point de vue de l'épouse: on ne peut forcer personne à être heureux! Un ami me disait: "pour être heureux, il faut déjà le vouloir". Si elle a décidé (contrainte, là est la question à laquelle elle-même ne répond pas...?) de couper le contact avec ses amis, il est difficile de s'immiscer dans ce monde fermé.
On peut également rajouter :
- du point de vue du couple : dans certains cas c'est plus la dynamique du couple qui est la source des problèmes que les 2 personnes individuellement (La Palice n'aurait pas dit mieux :lol:). Des couples fusionnels (au sens névrotique) peuvent être très difficiles à décoder de l'extérieur avec des apparences quelque fois trompeuses et des choix de vie surprenants. Pourtant il arrive que chacun s'y "épanouisse" pendant des années.


La première tentative de thérapie de couple est tout de même encourageante : un "pur pervers narcissique" l'aurait probablement esquivée en rejetant l'origine des problèmes sur l'autre. Il a donc accepté de prendre la situation en compte en essayant d'agir (pas toujours évident d'accepter certaines remises en question même en n'étant pas "PN"). On ne peut évidemment rien en conclure si ça c'est juste limité à 1 ou 2 consultations assez superficielles en ne "jouant pas le jeu".

J'imagine que la plupart des conseils risquent d'être rejetés et interprétés comme intrusifs. Inciter à reprendre des rendez-vous tous les X mois serait peut-être un moyen de rester à la "bonne distance" sans se faire claquer la porte au nez. Un tiers totalement extérieur sera probablement le mieux placé pour faire des points réguliers ou aider le couple à sortir d'une spirale négative.


L'argument du "confort" me semble également être un "alibi" soit :
   - au déni
   - à une faible estime de soi mise à mal pendant des années (travail à faire individuellement)
   - à la peur de la solitude ou de se "lancer dans le vide" sans projet ou cadre établi (après avoir vécu 9 ans ensembles depuis l'âge de 22 ans, soit quasiment toute sa vie d'adulte)
   - à l'attachement qui l'empêche de faire le deuil du couple (surtout après seulement 2 mois de séparation)
   - à des "bon conseils" ou pressions familiales (schéma mentaux ancrés depuis des années : "c'est rien, ça va passer, tu ne vas pas tout casser juste pour ça" ou "de toutes façons tu n'es pas capable de t'en sortir toute seule" ou "encore un de tes coups de tête"...)
   - à des difficultés économiques (le taux de divorces est en baisse avec la crise économique :huh:)
   - ...

Difficile à interpréter depuis de l'extérieur...
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Al Bundy le 12 septembre 2014 à 14:19:32
Juste une parenthèse, je pense qu'il est dangereux de dire:

"La première tentative de thérapie de couple est tout de même encourageante : un "pur pervers narcissique" l'aurait probablement esquivée en rejetant l'origine des problèmes sur l'autre."

Cela sous entend qu'on peut attribuer une réaction automatique au PN, et donc faire tout de même une sorte de diagnostic (même au conditionnel).
Un PN pourrait très bien rentrer dans le jeu pour garder la main mise sur la proie.
Un PN ne ressent rien envers l'autre, "seul compte son plaisir", et justement une des difficulté de repérage réside dans le fait que pour l'entourage, le PN est un homme "bien", tout est bien calculé, donc pourquoi pas ne pas aller faire une thérapie pour continuer à jouir d'elle?
Ce point de détail n'est qu'à l'attention des lecteurs qui peuvent aller trop vite à faire des associations hâtives!

Prudence  ;)

Aussi "Je pense pas que le mari va changer de fond. Juste la methode.
Il y aura toujours de la violence psy/ manipulation; meme si ca se verra pas forcemment."

Nous ne connaissons pas les protagonistes, et même si il y a 90% de chance que ce soit un enc**é de base, il faudrait je pense garder à l'esprit qu'il est possible que le gars se reprenne pour devenir le bon mari aimant, et de ce fait, parler en terme de probabilité plutôt qu'en terme affirmatifs.
Restons ouverts aux bonnes possibilités!
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: VERDUG0 le 12 septembre 2014 à 18:08:41
Aussi "Je pense pas que le mari va changer de fond. Juste la methode.
Il y aura toujours de la violence psy/ manipulation; meme si ca se verra pas forcemment."

Nous ne connaissons pas les protagonistes, et même si il y a 90% de chance que ce soit un enc**é de base, il faudrait je pense garder à l'esprit qu'il est possible que le gars se reprenne pour devenir le bon mari aimant, et de ce fait, parler en terme de probabilité plutôt qu'en terme affirmatifs.
Restons ouverts aux bonnes possibilités!.

Je connais pas les deux individus donc c'est point de vue "général".
je pars de l'hypothese d'un PN et sa proie.
Je pense pas que le mari va changer de fond.
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Christian le 12 septembre 2014 à 18:28:54
Bonjour,

je me permets de répondre ici, puisque je suis travailleur social et que j'officie depuis 15 ans maintenant dans le domaine de la protection de l'enfance. Loin d'être un spécialiste des violences conjugales j'y suis confronté très régulièrement sur le plan professionnel et au début de ma carrière , l'une de mes amie en était victime. Je me suis donc formé informé auprès de spécialistes sur la question.
On retrouve presque systématiquement un schéma type dans les violences conjugales qui se traduit sous la forme d'un cycle, appelé cycle de walker :
(http://www.eoliaforse.fr/ViolencesConjugales/cycleviolence.gif)
image issue du site :http://www.eoliaforse.fr/ViolencesConjugales/le_cycle_de_la_violence_conjugale_et_ses_consquences.html (http://www.eoliaforse.fr/ViolencesConjugales/le_cycle_de_la_violence_conjugale_et_ses_consquences.html)

ce cycle se reproduit et il est impossible de savoir quel laps de temps peut s'écouler entre deux cycles. Parfois il peut y avoir des années. Par contre plus il se répète, plus le laps de temps diminue. il peut aussi s'agir d'un acte isolé, mais je n'ai pas vu ça très souvent.
Votre question est certainement la suivante :
Comment aider la victime pour qu'elle se sorte de cette situation?
la réponse ne va certainement pas vous plaire, mais il n'y a pas grand chose à faire.
Quel que soit les arguments que vous allez employer, elle sera persuadée que vous ne la comprenez pas! elle pensera certainement que vous ne pouvez pas le voir tel qu'il est. Que maintenant il a changé, d'ailleurs, il le lui a dit et l' a juré sur la tête de ses enfants.
Il n'y a qu'elle qui peut faire ce travail de prise de conscience de la situation dans laquelle elle se trouve.
Nos lois (françaises en tout cas) ne nous permettent pas de protéger quelqu'un contre son gré.
Par contre un levier d'action souvent efficace est celui des enfants. Si elle ne fait rien pour elle alors demandez lui de le faire pour ses enfants. D'ailleurs l'un des facteurs les plus important de prise de conscience pour les victimes, c'est lorsque l'un des enfants est à son tour victime.
J'étais dépité par cette réponse que m'avait fait une spécialiste (présidente du Cediff à l'époque, association luttant pour le droit des femmes)à l'époque. Tout ce que vous pouvez faire, m'avait elle dit, c'est d'être là pour elle. Lorsqu'elle voudra vraiment le quitter elle saura qu'elle peut compter sur vous.
Peu de temps après le mari de mon amie avait rossé l'un de ses deux gamins. J'ai donc fait un signalement à la justice. Elle m'en a voulu à mort, Aujourd'hui je suis parrain de sa petite dernière qu'elle a eu d'une nouvelle union.

Un autre levier d'action est d'aborder la question avec l'auteur des violences mais c'est risqué, il faut bien le connaitre et être capable d'empathie, tout en n'acceptant pas l'inacceptable. Il existe ici en Alsace un lieu d'écoute pour auteur de violences.

Si je peux me permettre un conseil, rapprochez-vous du service social départemental ou du Cediff de votre département, ils sauront vous conseiller de vive voix et si jamais votre amie a besoin de quitter son logement en urgence, vous saurez vers qui l'orienter.

Cordialement,

Christian


Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Anwen le 12 septembre 2014 à 18:54:35
Si il y a eu acte de violence, cela peut se reproduire, le "jeu" en vaut-il la chandelle ?

La violence peut être autre que physique,  et même si c'est moins dangereux dans l'immédiat,  c'est tout aussi dévastateur.
 
Si c'est un PN il n'y a pas de chance de changement dans le fond, juste dans la forme.

Si en plus c'est un couple névrotique,  dit "co - dépendant" c'est beaucoup plus compliqué.  Il faut qu'une 2 personnes touche le fond (sans y rester), pour pouvoir rebondir.

Je cite les 2 livres qui m'ont été conseillés :

La peur qui vous sauve
Le complexe de l'ange
Les livres de B. Cyrulnik et ceux de C. André


Mon conseil : fuir
2me conseil : se mettre en position de pouvoir fuir

C'etait mes 2 baffes  ;)  ;#

Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: b@s le 12 septembre 2014 à 20:32:12
la tout de suite j'aurais envie de répondre qu'une grosse droite dans la figure du malotru ... >:(

mais EVIDEMMENT, ce n'est pas la solution, (hein ?), donner des baffes n'a jamais soigné personne (hein ??)

plus sérieusement, je trouve le schéma de christian très édifiant, et il me rapelle certains cas connus avec des enfants maltraités avec les parents.

il est très difficile de se sortir de la m*rde pour 90 % des gens. certains sont naturellement carnivores, mais la plupart beaucoup moins ... affronter seule le vaste monde peut paraitre plus dur paradoxalement que de se faire humilier et prendre des baffes...

j'ai récemment repris de volée un copain qui a désagréable tendance de dévaloriser sa compagne en public. certes, sur le ton de l'humour, mais au bout d'un moment ...
Bref, sur le moment il s'est pas mal vexé, puis il s'est un peu fermé (genre je boude, mais je reste courtois).
étonnement, sa femme est rapidement monté au créneau sur le thème "c'est vrai que mon mari a raison de se plaindre ..."

comme quoi, quand tout le monde y trouve son compte ... ::)
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: gurkhan le 12 septembre 2014 à 21:19:12
il y a une chose que j'ai appris dans mes différents métiers c'est que l'on ne peut pas aller contre la volonté des gens ou leurs schémas psychiques, eux seuls peuvent décider de les changer.
Pour quelqu'un qui a été élevé dans un climat de violence et qui n'a pas suivi de thérapie à ce moment là, la violence fait partie de la normalité et il faudra un déclic important pour qu'elle remette en cause ses schémas.
Ainsi, parfois quand on prend en charge des femmes battues on s'aperçoit que certaines provoquent cette violence et que l'on a nous même envie de les frapper car en fait la violence faisant partie de leurs références, de leur normalité, inconsciemment elles vont la chercher.
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Boris le 12 septembre 2014 à 21:45:16
Je propose deux livres traitant des violences conjuguales.

- les violences conjuguales, de Kathy Souffron

- Traiter la violence conjugale , parcours pour une alternative de Mary Bin-heng. Francoise Cherbit et Edithlombardi.

ce que je pense c est qu il peut etre tres difficile pour des femmes victimes de violence de triuver une issue a leur situation sans soutien.surtout quand elles sont isolées, qu elles ont ete humiliees etc.
il est important de debanaliser la violence qu elle soit psychologique ou physique, et de cesser de penser que les hommes violents sont forcement des pervers narcissiques..... la domination de l homme sur la femme n est pas que la resultante d une maladie psy. Les blagues sexistes, les inegalites hommes femmes, les violences quotidienne  (humiliations, ...)au travail ou dans la rue semble etre le fait de personnes a priori normales. A priori...
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Pouçot le 12 septembre 2014 à 22:20:25
Je me permets de faire remonter ce sujet  (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,64462.0.html), je pense que les deux peuvent être complémentaires, et peut-être que la lecture de l'un permettra d'éviter les redites sur l'autre.  :)
De plus, le sujet que je remonte contient beaucoup d'infos pertinentes qui gagneraient à être enrichies par la problématique soulevée sur celui-ci.
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Nathan-Brithless le 13 septembre 2014 à 00:17:02
malheureusement, de vos réponses, amis, je retiens que mon instinct n'est pas si merdique:un PN ne "guéris" pas; mais il est capable de simuler pas mal pour faire revenir sa victime(ou sa "propriété"). D'autre part, êtes vous d'accords avec moi pour dire qu'a terme, même long, ça va puer ?
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Al Bundy le 13 septembre 2014 à 11:24:41
Personne ne peut répondre
La seule chose à faire (AMHA) qui puisse être concrètement utile pour elle, c'est de la pousser à l'action, aller voir un pro pour essayer de démêler le sac de nœuds.
Si tu fais ça tu fais le maximum et si ça ne marche pas tu pourra dire que c'était déterminé  ;)
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: cosmikvratch le 13 septembre 2014 à 12:47:26
Salut, mes deux balles, sans être un grand spécialiste mais ayant un peu d'expérience sur le sujet

1) sur le pervers narcissique
-on ne "guérit" pas un pervers narcissique, tout simplement parce qu'il ne s'agit pas d'une maladie. Il s'agirait d'un "type" de personnalité s'étant relativement récemment intégré dans certaines théories psychanalytiques, quasi exclusivement françaises et suisses... ::)
Ouvrages de référence:
Les perversions narcissiques, de  Paul-Claude Racamier, l'inventeur du concept
La haine de l'amour : la perversion du lien, de Maurice Hurni et Giovanna Stoll

Cet étiquetage des personnalités "subnormales" est extrêmement contesté, malgré son grand succès médiatique, en particulier dans les magazines au sérieux limité... disons à fort tirage. ;) et sur doctissimo :down:.

Une néanmoins belle défense de la notion de perversion (française une fois encore):
http://www.nonfiction.fr/article-400-histoire_de_comprendre_la_perversion.htm (http://www.nonfiction.fr/article-400-histoire_de_comprendre_la_perversion.htm)

2) sur les violences conjugales
Il s'agit d'une relation complexe qui s'installe dans le couple. Sans remettre en cause le fait qu'il y a un bourreau et une victime, la relation est vraiment construite à deux...  et va souvent trop loin avant qu'une séparation soit possible.

J'ai peu lu sur le sujet et mon expérience est limitée, mais il me semble que le meilleur moment pour agir est justement lors d'un passage à l'acte, même "minime" genre paire de baffes: mettre en contact la personne le plus rapidement possible avec des personnes compétentes (médecin traitant, associations), c'est une urgence car c'est une question d'heures avant que la personne victime se mette à relativiser (vécu maintes fois). Si la personne est "mûre" pour ça, trouver immédiatement un hébergement d'urgence (amis, foyer voire hôtel), et l'encourager à couper totalement les liens avec le "bourreau".

Il faut accepter l'idée qu'on est souvent impuissant face à ce cercle vicieux, et rester disponible en évitant de mettre en danger la relation qu'on a avec la personne en devenant trop insistant: risque qu'elle coupe les liens et isolement +++.

En cas de contact avec le bourreau: self control maximum car il risque de tout faire pour couper les liens s'il nous sent trop impliqué... voire de lui faire payer une confession qu'elle n'a pas faite...
Il m'est arrivé de soigner à quelques heures d'intervalle une femme avec la gueule en sang en plein déni et son mec à la main fracturée... j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil la nuit suivante! >:( >:( >:(
Lorsque la personne est majeure et nie les faits il est très difficile d'agir (ça n'empêche pas de faire un signalement et de rédiger un certificat médical qu'on garde pour quand elle sera prête).

Comme le montre le schéma de christian, la phase de latence peut durer... et ce n'est pas forcément le meilleur moment pour agir. Par contre verbaliser verbaliser verbaliser, et encourager tout ce qui permet à la personne de gagner en indépendance (formations et recherche d'emploi++, car à ce que j'ai vu souvent la femme est financièrement dépendante et c'est une grosse barrière  psychologique à la séparation)
Prêchons un peu pour ma paroisse: suivi régulier par un médecin traitant attentionné impératif! :up:

A toutes fins utiles: contacts de proximité pour SOS femmes battues:
http://www.sosfemmes.com/ressources/contacts_tel_local.htm (http://www.sosfemmes.com/ressources/contacts_tel_local.htm)
Et les proches peuvent aussi appeler pour demander conseil!!!
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Nathan-Brithless le 25 septembre 2014 à 21:23:40
je remonte ce fil, car la situation à évoluée. Sous le prétexte de 'reformer une famille", la victime s'isole des personnes ayant eu la volonté de l'aider (signal danger) et entre dans une phase de déni particulièrement virulente (allant jusqu'à nier les violences psychologiques passée à et minimiser la raclée reçue-voir mon premier post-"il ne l'as fait qu'une seule fois, parce qu'il m'aime et avait peur de me perdre)
Ma question présente, sachant que ce déni à commencé juste après une petite dépression est
Est ce dangereux pour elle, voir, au niveau des séquelles potentielle , pour ses enfants
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Christian le 26 septembre 2014 à 10:00:18
Bonjour,

Difficile de répondre à la première partie de ta question quant aux dangers pour elle et aux séquelles. Je dirais qu’elle est en phase de « lune de miel ». Comme je le disais précédemment il est impossible de connaître la durée de chaque phase, mais quoiqu’il en soit l’expérience montre que plus le cycle s’est répété et plus les phases sont courtes.

Pour la 2ème partie de question concernant les enfants, je te répondrais simplement que tout citoyen a le devoir de porter à la connaissance des autorités une situation d’enfant en danger. La difficulté est de déterminer le danger pour un citoyen qui n’y est pas confronté souvent car on confond souvent danger et maltraitance (même pour les professionnels la notion de danger est parfois difficile à déterminer).
Dans le doute je te conseillerais d’appeler le 119, numéro gratuit et anonyme si tu le souhaite. Ils te conseilleront.
S’ils estiment que la situation craint pour les enfants ils demanderont aux services du département de mener une évaluation. En règle générale c’est un travailleur social qui se rend au domicile de la famille sur la base des éléments que leur a transmis le 119 et qui est chargé de déterminé la notion de danger pour l’enfant puis de faire des propositions à l’issue de cette évaluation. Je viens tout de suite battre en brèche une croyance populaire qui veut que ce genre de procédure mène systématiquement au placement des enfants. Aujourd’hui la réalité judiciaire (loi de 2007 réformant la protection de l’enfance) et économique (car un placement coute en moyenne 200€/jour) et le peu de places en établissement,n’amène que les enfants en danger grave à être placés.
Pour terminer, il y a de nouvelles dispositions nationales pour lutter contre la violence faites aux femmes dont l’objectif est de ne plus laisser aucune situation sans réponse. Aussi lorsqu’une une femme vient au commissariat ou en gendarmerie et qu’elle refuse de déposer plainte, mais vient uniquement pour une main courante, dorénavant cette main courante sera transmise au parquet, ce qui n’était pas le cas avant.
D’autre part des protocoles de collaboration entre département et justice doivent se mettre en place ou le sont déjà (c’est la cas dans mon département), afin qu’une femme qui vient dénoncer des violences auprès des services sociaux puisse être aidée par la justice.
En déclenchant une évaluation protection de l’enfance tu alerteras donc indirectement la justice sur la situation de violence conjugale de ton amie.

Article  40  du code de procédure pénale :
« Le procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner conformément aux dispositions de l’article 40-1.
Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».


En espérant que cela puisse t’aider.

Christian
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: sharky le 26 septembre 2014 à 18:24:59
Christian,

Notre ami Nathan est belge si je ne m abuse  :) donc la loi de 2007 ne va rien lui apporter.
Mais ça n enlève rien à la justesse de ton texte.
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Christian le 26 septembre 2014 à 22:13:42
oups  :-[
Désolé... je n'avais pas cette information.
Effectivement tout ce que j'ai écrit n'est valable que dans le cadre législatif français.
Pour la belgique, je ne sais pas.
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Nathan-Brithless le 27 septembre 2014 à 08:48:33
la belgitude n'a ici aucune importance, dans la mesure ou la violence physique n'a eu lieu qu'une seule fois(avec intervention de la police, ce n'était pas qu'une paire de claques), mais la violence psychologique était plus fréquente. Or, celle ci étant indémontrable, les mesures légales sont pratiquement inopérantes. Et je pense qu'entrer en déni est plus "facile" pour une personne victime de maltraitance psy
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: sharky le 27 septembre 2014 à 09:31:25
Je parlais des références législatives de Christian qui doivent relativement différés chez vous.

Mais j étais arrivé aux mêmes conclusions que lui, est qu il ne faut pas voir les choses sous l angle des enfants: comment les trouves tu? A l école? Au niveau du comportement? ...
Titre: Re : maltraitance conjugale sous forme subtile
Posté par: Christian le 27 septembre 2014 à 11:24:35
Effectivement, tout ce qui est organisation de la protection de l'enfance ainsi que le traitement de la violence conjugale doit différer en Belgique.
Le 119 qui est le numéro "allo enfance en danger" est un aussi un numéro gratuit français, qui a peut être son équivalent en Belgique.

Si le forum y trouve un intérêt je peux ouvrir un fil avec la description du fonctionnement de la protection de l'enfance en France et ce que peut faire chacun s'il est confronté à ce type de situation.

Nathan, pour le séquelles concernant les enfants, il est certains qu'ils ne sortiront pas indemne de tout celà.
Maurice BERGER, professeur en psychologie de l'enfant, estime qu'il est pire pour un nourrisson de voir sa mère prendre des coups que s'il les prenait lui même (je fait un très rapide raccourci). D'autres comme Cyrulnik, estiment que les enfants ont une capacité de résilience qui dépend de différents facteurs . C'est une question très complexe, mais quoiqu'il en soit on ne peut pas faire de pronostic.

Christian