Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: Ancien forum le 28 mai 2006 à 11:21:13

Titre: mon plan alerte chimique
Posté par: Ancien forum le 28 mai 2006 à 11:21:13

Posté par Looping

Comme convenu voici mon plan, désolé le document est long …

il est inspiré des consignes de la Sécurité Civile et personnalisé à ma situation. C’est un plan qui n’a aucune prétention. Ce scénario m’a permis de constater que j’ai encore des lacunes… A vous de construire le vôtre. Vos remarques, critiques sont les bienvenues. :)

AVANT l’événement :

Je me renseigne avant d’emménager dans un nouveau logement sur les risques Naturels et Technologiques et sur la localisation des sites industriels potentiellement dangereux (SEVESO et autres) :

- auprès des voisins, les retraités ne sont souvent pas avares d’informations sur le sujet:
- auprès d’un sapeur pompier de la localité

Je demande les éventuelles  instructions spécifiques
-à la mairie (y a t-il des plans locaux ?) ,
-ou en contactant la préfecture (SIDPC – bureau Sécurité Civile)

(même si je suis loin des sites chimiques, un % significatif d’accident chimique concerne des wagons citernes, parfois en pleine ville mais aussi des camions citernes, personne n’est donc à l’abri.)

Je me prépare mentalement à la survenue d’un tel événement et je réfléchi aux actions à entreprendre  dans une telle situation.

J’en parle à mes proches. Je définis une pièce de confinement.

Choix de la pièce :

L’idéal est une pièce dépourvue de fenêtres et de portes extérieures. Si vous avez une cave chez vous c’est excellent. Mais nous n’avons pas tous cette chance.

Si vous etes seuls, un débarras ou les toilettes peuvent faire l’affaire.

En famille il faut plus d’espace.  Pas de panique si vous n’avez pas de pièces sans fenêtres suffisamment grande. Choisir alors la pièce de vie qui a le moins d’ouvertures et qui est le plus facilement calfeutrable. Il faut réduire les infiltrations d’air venant de l’extérieur avec des matériaux simples comme du scotch, un boudin placé sous la porte, etc…

Garder à porter de main les matériaux pour le confinement éventuel (rouleaux de scotch, boudins, serpieres)

Faire mieux : réaliser en famille un exercice de simulation (pas toujours simple de convaincre ses proches)

Je prépare un sac contenant le minimum si je dois évacuer immédiatement sans avoir le temps d’emporter de bagages.

Par exemple : copie des papiers d’identité, double de clés, 2e paire de lunettes si indispensable, traitement médical, petite pharmacie de poche, 1 lampe solide avec piles en état, une petite radio, une bouteille d’eau…

Au moins un  BOB minimaliste, ou mieux un vrai BOB avec un vrai  KIT survie.(paradoxe, le BOB dans notre cas c’est pour rester)

PENDANT

le cas choisi est celui d’un homme seul au moment de l’alerte (Pour ne pas trop compliquer).

L’alerte est décidé par les autorités (préfecture) en cas de menace grave. Comme nuage de produit toxique suite à une fuite,  des émanations de vapeurs toxiques suite à une explosion ou un incendie (mais aussi des problèmes climatiques graves de type tornade).
Début d'alerte : la sirene qu’on connaît :  son modulé (montant et descendant). composé de trois séquences identiques d'une minute chacune, séparées par un silence de 5 secondes. Seule les grosses agglomérations en sont équipées. (A la campagne, ma commune n’en a pas…)
L’alerte peut être donnée par haut parleur (embarqué sur véhicule) voir par le porte à porte sur une zone limitée.

J’estime la situation (avec les éléments dont je dispose)

-      localisation approximative du lieu de l’accident, observation visuelle du panache de fumée, évaluation de la distance qui nous sépare, direction du vent,  déduction éventuelle de l’entreprise concernée pour ceux qui connaissent bien les lieux…

Je prends les actions nécessaires :

Tout d’abord je ferme la fenêtre (si elles n’ont pas volé en éclat), arrête ventilation, climatiseur, chauffage, à l’heure du repas ce que j’ai sur le feu …

Note : en cas d’explosion, les vitres soufflées occasionnent des blessures multiples par coupures (avoir une pharmacie à la maison avec bandes, compresses, stéristrip  et autres n’est pas un luxe quand les secours sont dépassés)

J’allume  la radio sur une station FM locale, France bleu par exemple.

(Note en cas d’événement majeur en France concernant une partie importante de la population, j’écouterais France inter . La direction de la Sécurité Civile a un studio dans ses locaux et peut prendre l’antenne sur France Inter à tout moment en cas de crise grave)

Si la FM ne fonctionne pas (les relais peuvent être endommagés ou la réception perturbée dans une pièce sans fenêtre)  j’utilise les petites ondes ou les grandes ondes, (France inter petites ondes LW : 162 KHz ) France Info émet aussi en grandes ondes.

Je ne téléphone pas à mes proches. Ou je ne contacte par les secours pour leur demander ce qui se passe. Le téléphone doit être utilisé pour les urgences réelles.
 (Un afflux d’appel téléphonique entraîne la saturation des standards téléphoniques, résultat : plus de réseau téléphonique comme lors des secousses sismiques dans le NE de la France : 30 minutes de coupure dans certaines zones.)


  
Je ne vais pas chercher les enfants à l’école. (très bien David)

Je n’ai pas encore de B.O.B. maison  (manque de préparation) à défaut je prend mon sac à dos montagne (avec le kit survie), je place une radio à piles dans le sac, un bouquin pour patienter et un gilet polaire (T° cave). Tout cela ne me prend que quelques dizaines de secondes, je dois savoir où se trouve chacun des éléments ci-dessus.


CONFINEMENT

Note : en cas d’alerte : la mesure à prendre est le confinement. (non Riketz pas de fuite à vélo dans notre scénario)

Les seules exceptions qui nécessitent l’évacuation immédiate sont :

-      les incendies
-      le risque d’inondations, (ou ruptures de digues, de barrages) et les raz de marées en zone côtières
-      des consignes d’évacuations données par les autorités, dans ce cas si on me demande de quitter mon domicile, je collabore aussitôt.
(sources : Ministère de l’intérieur – Sécurité Civile)

"Si vous êtes à votre domicile, sur votre lieu de travail ou dans un établissement recevant du public (magasin, salle de spectacle), vous êtes déjà en sécurité relative. Fermez les portes et les fenêtres. Si vous êtes dans la rue, n’y restez pas. Entrez dans le bâtiment le plus proche"

source : Urgences Pratiques- Dr E. TORRES – 10/ 2001


Dans le cas de notre scénario, direction la cave, j’écris un mot sur le tableau de la cuisine pour préciser à mes proches que j’y suis.

Au passage je prend une chaise, c’est plus confortable de patienter assis.

Dans la cave : je passe quelques m de fil électrique fin dans le soupirail (il me servira d’antenne pour améliorer la réception radio)

SE CALFEUTRER

J’obstrue le soupirail avec des bandes de scotch résistant (encore un autre usage du duct ). Je place boudin et serpieres au bas de la porte. (excellent Pierro)

Note "Lorsque des produits toxiques ou radioactifs
sont en suspension dans l’air, la protection la plus efficace
consiste à se réfugier dans un abri clos et bien isolé. Les murs, les
toitures et les fenêtres protègent de l’exposition au nuage toxique
et arrêtent la plupart des rayonnements radioactifs. Toute tentative
de calfeutrage, même si elle n’est pas parfaite, suffit souvent à limiter
l’entrée d’air dans l’habitation »

source : Urgences Pratiques


ATTENDRE

Je relativise la situation. Les enfants seront pris en charge à l’école par les services concernés. Je garde un  esprit positif, cette expérience est un bon exercice, je conserve un certain sens de l’humour…

Je reste à l’écoute des infos et des bruits du dehors si je les entends. Des consignes pourraient éventuellement être donnée par haut parleur (embarqué sur véhicule).

J’attend la fin de l’alerte, tranquillement assis sur mon siége. Pour la soif, dans ma cave il y a de l’eau en bouteille (et même des choses à manger pour les gourmands).

Dans mon kit, j’ai plusieurs lampes, en cas d’éventuelle coupure de courant il manquerait plus d’être plongé dans le noir, confiné dans la cave.

Je lis le dernier bouqin du Manitou (on l’attend tous) ou me rédige des petites fiches Survie, c’est le moment de mettre les astuces  du forum par écrit et  de  rentabiliser ce temps libre..

(en famille il faudrait prévoir de quoi occuper les plus jeunes avec des jouets mais aussi les ados avec jeu de société par exemple)

Un seau ou un récipient est utile pour soulager sa vessie si besoin… :D

En France, les mesures de confinement sont généralement assez courtes, quelques heures sont souvent suffisantes pour écarter un risque de contamination. Ces mesures sont souvent préventives mais elles doivent être appliquées avec sérieux.

FIN DE L’ALERTE

J’attend la fin de l’alerte (sonnerie continue de 30 SECONDES si ma commune est équipée ) ou consignes données par haut parleur (embarqué sur véhicule), porte à porte, radio…



APRES :

-      Lors de l’accident d’AZF à Toulouse, de nombreuses vitres et toitures ont été endommagées.

Quelques bâches c’est utile, ainsi que des feuilles de polyanne transparentes, marteau, clous, vis cordelettes (et ce même si on est pas propriétaires)

-      Je m’informe des besoins éventuels des voisins, personnes âgées ou seules.



NOTE sur les masques à Gaz :

Je n’en ai pas. Lors d’un accident chimique, on ne connaît avec certitude qu’après coup la nature des produits chimiques, le type de Gaz dégagé.

Il existe de nombreux filtres pour gaz organiques, inorganiques, l’amoniaque… Lequel choisir alors ? Il faudrait une cartouche de chaque ! les coûts sont très élevés.

Et une cartouche inadaptée ne sert, à rien !*

*il y a bien les cartouches NBC,  la vente est réservées à l’armée et aux services concernés.

De plus il faut gérer les dates de péremption. Il faut un masque/membre de la famille, des modèles spécifiques peut courant pour les enfants…

Même avec un modèle adapté, en atmosphère contaminée le filtre se charge très vite et nécessite d’être changé rapidement pour continuer de respirer…(Et si le taux d’O2 tombe en dessous de 20% le masque ne vous sauvera pas du manque d’oxygene)

Ceux qui en ont déjà porté savent qu’au bout d’une heure on en a vite marre (buée, transpiration, gène, chaleur) tout comme les tenues NRBC.

Certains gaz ne tuent pas seulement par inhalation mais aussi par simple contact cutané, une combi complete NRBC (scaphandre) est alors nécessaire.

Bref je ne m’équiperais d’un masque à cartouche NBC que si j’habitais à proximité immédiate d’une très forte concentration de sites à risques.

Les secours utilisent une autre solution. Un appareil respiratoire alimenté en air comprimé par bouteilles, une solution à autonomie réduite encore plus chère que le masque à cartouche. (excellent Karto).

CONCLUSION

Comme toujours, on  voit l’importance de la préparation, mais aussi du matériel que l’on a sous la main, et enfin la valeur de l’aspect psychologique (état d’esprit positif) pour rendre la situation moins pénible.
Titre: mon plan alerte chimique
Posté par: Ancien forum le 28 mai 2006 à 23:31:54

Posté par riketz

Je ne sait pas si y'a des risques, mais en cas de calfeutrage à long terme, t'a prévu que l'air respirable pourrait commencer à manquer? C'est à mon avis le point noir du calfeutrage, d'autant plus si y'a du monde et de la panique (les deux facteurs AMHA qui font qu'on consomme beaucoup plus d'air que l'on pense!).
Titre: mon plan alerte chimique
Posté par: Ancien forum le 29 mai 2006 à 17:00:06

Posté par Looping

Bonne question Riketz,

Mais dans un local non surpeuplé, même hérmétique, on peut tenir plusieurs heures sans air frais...

Voir l'article ci dessous.

"Confinement
et risque d’asphyxie

A l’intérieur d’une habitation dont les plafonds sont habituellement
situés à une hauteur de 2,5 mètres, si la surface disponible au sol est
de un mètre carré par personne (ce qui correspond à un local véritablement
surpeuplé), chacun dispose approximativement d’un volume
d’air de 2,5 mètres cubes. Dans ces conditions extrêmes, le risque
d’asphyxie par manque d’oxygène ne sera manifeste qu’après deux
heures de confinement. Le risque toxique lié à l’accumulation de gaz
carbonique ne sera à prendre en compte qu’au bout d’un temps deux
fois plus long.

Dans la plupart des scénarios catastrophes utilisés lors des études
de danger, le nuage toxique s’est suffisamment dilué au bout de la première
heure qui suit l’accident pour permettre d’interrompre le confinement.
Le risque d’asphyxie est donc à peu près nul, même dans les
conditions extrêmes décrites.

Uregnce pratique"
Titre: mon plan alerte chimique
Posté par: Ancien forum le 31 mai 2006 à 20:33:02

Posté par zaratounga

Citation de: Looping link=1148808074/0#0 date=1148808073

Je définis une pièce de confinement.

Choix de la pièce :

L’idéal est une pièce dépourvue de fenêtres et de portes extérieures. Si vous avez une cave chez vous c’est excellent. Mais nous n’avons pas tous cette chance.

Euh, ce n'est pas dangereux une cave ?
Il me semble avoir vu quelque part (ici) que les gaz toxiques avaient souvent une facheuse tendance à retomber plutôt que monter... un abri à l'étage serait plus préférable ?

Bonjour à tous sinon (c'est mon premier post, whouahou  8-) )