Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: ** Serge ** le 03 mai 2012 à 14:13:22
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http://fredbouammache.blogspot.com/2012/05/la-theorie-du-clash.html (http://fredbouammache.blogspot.com/2012/05/la-theorie-du-clash.html)
La théorie du "clash"...
En sécurité personnelle plus que dans tout autre domaine, le moment que l'on identifie comme étant celui du point de rupture et de non retour, peut susciter bon nombre d''interrogations.
En tant que pratiquant, en tant qu'adepte de sécurité personnelle, êtes vous réellement bien préparé à affronter la théorie du "clash" ?
Voyons dans un premier temps ce qu'il convient d'appeler la théorie du "clash". Un soupçon d'idée de résistance, une volonté farouche de survivre et une détermination à ne pas subir en sont les ingrédients idéaux. Où bien, quand il faut exprimer un refus, un état de résilience absolu face à l'adversité...
Cette adversité n'est pas forcément & simplement assimilable à un acte d'agression. Elle peut venir du "dedans", de votre intérieur (vos moments de doutes, de troubles...), ou de votre professeur . A trop vouloir se reposer sur son enseignant, on risque fort de ne plus pouvoir se relever un jour et de devenir un(e) éternel(le) assisté(e). Tant et si bien qu'avec un peu de recul et de discernement, il est navrant de constater que bon nombre d'écoles ou de professeurs contemporains instruisent encore à leurs élèves avec un savoir non contenu, usurpé voire même totalement faussé.
Lorsque je vois des pratiquants s'évertuer à reproduire des scènes d'agressions sous forme de jeux de rôles et de "drills" ou gestes techniques de défense dans le plus pur style "à toi - à moi", à grand renfort de "blabla" somatique, de vociférations, de rituels simulés ou théâtralisés, je me dis que les vrais agresseurs, les vrais violents de la rue ou des campagnes, ont de beaux jours devant eux.
Préparer ses élèves à faire semblant ne peut mener qu'à leur perte, ou à une courte et foudroyante désillusion lors d'un véritable moment de vérité. Seuls les vrais expérimentateurs de violences (subies, canalisées, endiguées ou délivrées) sont à même de connaître leur sujet. Les autres ne sont que des spectateurs, voire même des spéculateurs ! Comme me le disait Henry Plée lors d'un fameux stage, "le véritable sens de l'art du combat s'acquiert principalement en risquant sa vie"... Et là on ne joue plus, l'art de combat n'est plus une thérapie comportementale ou un loisir créatif !
Cet engagement, combien d'enseignants l'abordent dans leurs classes. Non, le but n'est pas d'inquiéter mais de rassurer, dire à ses élèves qu'après moult années de pratiques plus ou moins studieuses ils n'ont toujours aucune chance de survie lors d'un véritable "clash" dans la rue, çà le ferait moyen, mieux vaut distiller du réconfort et de l'assistanat... D'ailleurs, posez vous la question suivante : sans vôtre prof que deviendriez vous ? Si ce genre de réflexion vous plonge dans un état de panique ou de béatitude, c'est qu'il est temps de changer de crémerie martialo-défensive !
Le "clash" doit également être cet éclair de lucidité qui vous ouvre les yeux sur une voie qui n'est pas forcément la vôtre (on a chacun une voie personnelle, seuls les moutons ont une voie commune), et qui vous oriente vers les sommets de votre intime personnalité. Un contrat envers vous même qui a force d'expériences, d'enseignement et de rencontres favorisera l'émergence de principes de défense personnelle, si tel est votre but.
La finalité dans la théorie du CLASH, c'est de déceler en vous cette parcelle d'authenticité qui vous permettra de vous affranchir de tout enseignement dogmatique tout en cherchant, par vous même, en persévérant à force de tâtonnements et d'erreurs constructives. C'est aussi en échangeant lors de rencontres avec des pratiquants de divers horizons, susceptibles de vous éloigner au maximum de votre zone de confort, de vous pousser quelque peu dans vos derniers retranchements, et ce de façon positive et bénéfique, tout en favorisant l'émergence d'un état d'esprit sain, intact, fort, propre à embrasser, appréhender ou éviter toute éventualité de conflit !
On naît pour vivre, et l'espace qui nous sépare de la mort ne devrait être consacré qu'à la force de vivre en complète sérénité avec soi-même & son environnement.
Incorporez la théorie du clash dans vos domaines de prédilections, lorsque votre sonnette d'alarme retenti c'est qu'il est tant de vous réveiller...
Gardez les yeux bien ouverts : "Un homme sage ne rentre pas dans la bouche du dragon..."
Fred Bouammache - © - 2012
http://fredbouammache.blogspot.com/ (http://fredbouammache.blogspot.com/)
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Cela dit, je suis assez d'accord avec l'affirmation d'Henry PLEE, mais m'interroge néenmoins sur sa confrontation avec de telles situations, sauf erreur de ma part.
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Je pense qu'on peut TOUS être d'accord sur l'affirmation de Me Plée, ainsi que sur l'idée générale du texte de Fred, cependant il y a une question qui me taraude...
Si on a pas 15 ans d'expérience à risquer ses miches (quel que soit le terrain envisagé), point de salut possible?
Qu'il y ait un MONDE entre l'entrainement le plus réaliste qui soit et la réalité en tant que telle, c'est un fait que nul instructeur honnête ne pourrait discuter.
Mais faut-il pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain?
Ou en d'autre termes, faut-il laisser tomber l'entrainement (qui ne sera jamais qu'un ersatz de réalité) et aller "prendre de l'expérience" en se frottant volontairement à des situations que le concept même de protection personnelle réprouve?
Vaste question à laquelle je n'aurai certainement pas la prétention de répondre...
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C'est tout le coeur du problème qui m'a incité à placer le texte de Fredo.
Régulièrement, nous tournons ( ici, sur le forum ) autour de ce questionnement pour toujours nous retrouver face à une impasse.
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Ou en d'autre termes, faut-il laisser tomber l'entrainement (qui ne sera jamais qu'un ersatz de réalité) et aller "prendre de l'expérience" en se frottant volontairement à des situations que le concept même de protection personnelle réprouve?
C'était quelque chose de très courant par le pasé on sortait se chamailler pour tester et se tester. Mais, pour autant on se trouve alors confronté à une certaine réalité, mais est-ce LA réalité.
La réalité d'un mec de la BAC qui bosse avec un team, une formation et du matos dans un cadre professionnel est-elle celle de ce gamin qui est racketté au sortir du Collège, de cette barmaid ou encore cette assistante sociale ?
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Ou en d'autre termes, faut-il laisser tomber l'entrainement (qui ne sera jamais qu'un ersatz de réalité) et aller "prendre de l'expérience" en se frottant volontairement à des situations que le concept même de protection personnelle réprouve?
Tout dépend de l'entrainemment...
Il faudrait voir si l'on parle de SdC ou SD, c'est quand meme un point important.
Il y a une difference dans un entrainemment "SD" theatralisé, un entrainemment de boxe, et une vraie aggression.
Faire une simulation de combat " tout est permis pour sauver sa peau", ca peut virer au n'importe quoi ( souvenir d'un post de Patrick, sur un "combattant" de Krav qui s'echauffait avant de faire un sparring ).
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Synchronicité :
Then the two big ones that affect all other things-- purpose and context.
Purpose, of course, has dimensions. Self-defense ? Dueling ? Raiding and war ? Exercise ? Performance ? But there is also a sneaky one that for many people may be more important and more valuable but is almost always unconscious. Is the purpose for the student ( all of the examples-- SD, dueling, etc. are to make the student better at something ) ? Or is the purpose for the relationships ? Is the training about the school, the system, or the hierarchy ? Subconscious, but if there's koolaid being served it is to preserve or create a relationship. That focus sometimes rewards magical thinking and outlandish promises and false confidence.
The other, of course, is context. In what world is the student expected to use the skills ? Only within the safe nest of the school? In the modern world complete with cell phone cams and self-defense laws, traffic and blood-borne pathogens ? Or in an imaginary or reconstructed medieval world ?
Complex idea.
Rory Miller - © - http://chirontraining.blogspot.com/2012/05/note-from-montreal.html (http://chirontraining.blogspot.com/2012/05/note-from-montreal.html)
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Synchronicité, à nouveau.
http://www.youtube.com/v/QG3z-UU0kig?
Blauer introduces the concept flinch which is our natural response to "noxious stimuli", in plain terms a threat. Our "cross extensor reflex" is a survival mechanism is basically a flinch that has a relationship with combatatives.
Blauer introduces the ASAP model that determines the nature of the flinch. ASAP standing for Awareness Suddenness Aggression Proximity which all affect the type of flinch. The flinch can range from a micro flinch to a full on face covering with the hands.
If a stimulus is experienced too quickly we will get a flinch. Our goal is to train and get a mental blue print to help convert a flinch more effectively.
You can not practice an ambush, if someone puts on a Hi-Gear suit...there is immediate threat discrimination so there can not be a true ambush. So we have to synthetically create an ambush in our minds to practice our complex mechanics from a flinch to drawing the gun.
Blauer challenges the traditional notion that complex motor skills are not capable under stressful situations, for untrained people yes, but you can train yourself to engage complex motor skills by training under elevated heart rate and stress conditions.
http://www.youtube.com/v/hk8PpR-uqR8?
In this interview by Mike Hughes with Tony Blauer segment 2 of 4, Blauer describes the three progressive evaluation of a human with a territorial level which are Primal, Protective, and Tactical. Tony gives a practical example of how we first have a primal reaction. We then flow into a protective mindset and actions. Finally we think tactical and take various potential complex motor skills to protect property, family, or our life.
In an ambush our amigdulla, the limbic portion of the brain, acts viscerally and we have to train our bodies to have a blue print to follow our flinch.
One concept is to set ourselves up for success so when we are predisposed to a startle flinch and flow into a tactical movement. This can be a simple as handing back material to a potential threat with our strong hand which may seem counterintuitive but Blauer explains that we are actually more predisposed to handle any Sudden, Aggressive, Proximate action against us.
Tony prescribes to train for your next fight not your last one. Think of your deficiencies and analyze what is probable and train any deficiencies we may have. If we know a stimulus is being introduced too quickly which produces a micro flinch or a major flinch, we have to convert the flinch and not just flinch and go to gun but rather flinch, make an appropriate defensive and tactical movement.
Tony describes that our cross extension reflexes will give a violent reaction to grip and squeeze what is in our hands. The most dangerous fight is an ambush, so we have to understand how we will potentially react and train from that flinch, mindset and body orientation.
Drill: Blauer describes a drill (@5:30 ) where he whips tennis balls or Nerf balls at someone and they have to flinch and then go to a draw from that body position. For training alone, a second variation of this drill is to visualize and feel the threat and try to organically react (see 7:55), close your eyes, shift your body weight, flex your calfs etc. Now visualize a fight progression and for example engaging in circular movement. There are various progressions where you can visualize to a micro-flinch and have an outside 90 elbow bend, fingers splayed, attack the threat and then go to the guns.
http://www.youtube.com/v/b07_YGUAgnA?
This is the 3rd video of 4 of Mike Hughes interviewing Tony Blauer. Blauer recommends to make training opportunities through out the day (e.g. when brushing teeth). Tony discusses placing many targets and secondary targets down and laterally spaced to simulate a moving target.
Regarding how do we drill, visualize an ambush and envoke a spear (an appropriate SPEAR based on ASAP model (your Awareness, the Suddness of the visualized threat, the Aggression of the visualized threat and the Proximity of the visualized threat). The SPEAR is a bridge to our next move
A good way to make space is to knock the bad guy back. We know whats behind the bad guy but we don't know whats behind us.
4:30. So imagine the scenario, "fake" the flinch the best you can and work your mechanics. You may visualize a very close threat where it makes most sense to hit the guy then go to the weapon. (note sound goes out at 6:20 but talking about a safety protocol).
7:00 Tony discusses a partner drill where two guys can train with continuous movement and attack each other at zombie speed and work natural reactions and converting micro flinch responses to find various changes of angles to change positions to train various possible positions and working mechanics from these positions.
Blauer cautions trainers when trainers and appreciating scenarios or reverse engineering skills... turn the premise of realistic movements before we draw, into a complex motor skill before we introduce it. Blauer refers to Bruce Lee's quote 'In memory of a once fluid man, crammed and distorted by the classical mess.' The "classical mess" in this instance was what Lee thought of classical martial arts. Blauer notes the inherent contradiction of the model to fluidily spontaneously and organically 'do it like this' which is a paradox. When some one asks Blauer, "so how would you flinch in a situation like this....", Blauer ansers, "I wouldn't know." The flinch is automatic and not train, but our conversion of the flinch is key.
There are three major simuli to produce a flinch, what we see, what we hear, what we feel. We may be tuned in at a auditory level in some circumstances while in others vision and feeling may provide greater awareness.
At 9:00 Mike Hughes describes that engaging in mechanics from different upper body orientations while on the treadmill (walking 3mph @ 12% grade) to train cardio and work mechanics (e.g. reloads) from various upper body orientations.
http://www.youtube.com/v/buVMrnYi9xs?
Tony suggests training fine motor skills at elevated heart rate so they are available for us when our heart rate is elevated. One drill Tony does is hit the treadmill hard and jump off and engage in a combative drill with a partner.
We can have a ton of training opportunities throughout the day. Even at obscure times during the day we can work on visualizing threats and also work on accessing weapons at various weird body orientations.
(3:40) With regard to flinch training, there are three things to remember, a threat very near will produce immediate head protection, as the distance changes but the protective mechanism will have the hands slightly more extended, thirdly our hands will intercept the threat-line, the trajectory from the threat to the head. If a dog comes at us the threat line may be lower and our hands will be lower.
The SPEAR is simple is ambidextrous right out of the gate. So our "skills", our complex motor movements, have to be trained in high volume, but be sure to train them in awkward positions.
Blauer cautions that in a role playing course, don't stage the scenario, but rather flash the movement and produce the flinch synthetically to get adrenaline dump, change heart rate change, and other physiological changes. In this manner we are not putting one another in danger to make the training sustainable. In a friendly environment we can induce the adrenaline dump and the physiological changes... then we can train skills from that start point.
During the day a high volume of slow motion drill work can add value but be sure to give the three stimuli of auditory, visual and tactile to start the 1000 mile journey of figuring out what works and what doesn't work.
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Je remets également cette série de Steve Morris sur l'emergency mindset que j'avais déjà porté à l'attention, il y a quelques années :
http://www.youtube.com/playlist?list=PL3A44644628923B5D (http://www.youtube.com/playlist?list=PL3A44644628923B5D)
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Bonjour à tous
Je crois qu’il existe un grand malentendu sur l’objectif réel des personnes qui s’entrainent à la pratique un Am, un système de combat, de SD etc. En général , l’on s’entraine afin de faire face à un danger potentiel avec une motivation qui est personnel même si elle est issue d’un collectif et je pense que la réflexion consistant à dire que nous devons nous entrainer le plus prêt possible de la réalité est une bonne chose, reste à définir la réalité car comme le dit Patrick la réalité d’un policier n’ est pas la réalité d’un gamin de 15 ans etc.. Chacun y va de son expérience réelle ou prétendue, de sa pédagogie, de son système etc. En découle forcement des trucs du style « la mienne est plus grosse que la tienne » qui font la joie des forums et autre discussions de vestiaire. Cela n’est pas sans intérêt y compris par le coté burlesque.
Je vous livre l’état de mes recherches à l’ instant T sur l’étude du comportement des humains en situation de crise, et mes expérimentations en recherche-action sur le sujet. Je ne vais pas développer, j’en ai pas le temps, vous en ferez ce que vous voulez……. L’expérimentation est faite depuis 5 ans sur 270 personnes de 19 à 47 ans, elle s’enrichi de 40 personnes chaque année environ, les personnes sont issues de tout les milieux socioprofessionnels, avec ou sans pratique sportive ( du champion de boxe à l’étudiante qui bosse au MC.DO et qui ne fait jamais de sport), l’ équipe de recherche est composée d’enseignants et étudiants « Master recherche » ou thésards de psychopathologie, psychologie, anthropologie, droit , biomécanique et physiologie ( STAPS), sociologie, géographie, sports de combat, sciences de l’éducation.
En regardant la situation de l’enseignement du combat à notre époque je constate qu’elle cadre exactement avec la société de consommation dans laquelle nous vivons, nous voulons tout et tout de suite, il faut consommer encore et encore, et obtenir le résultat le plus vite possible, « devenir un combattant en un an, voir une semaine » , « devenir instructeur en deux semaines » etc. Les systèmes de combat y compris les plus élaborés, sont devenus des produits de consommation, et nous avons face à nous des consommateurs à qui nous vendons un produit. Pour vendre le produit nous avons recours à des méthodes de marketing, de communication etc. Inévitablement lorsque nous avons à convaincre « que la mienne est plus grosse que la tienne » nous mentons, car le jeu est là, nous sommes en compétition avec le système voisin, avec la fédération voisine, alors nous nous arrangeons avec la réalité, un service militaire classique va devenir un engagement dans les commandos, une méthode de combat classique servant au conditionnement des soldats va devenir une méthode secrète, une embrouille à châtelet devient un combat héroïque etc. Ajoutez à cette situation l’argent et vous avez face à vous une belle industrie qui engrange des millions d’euros chaque année, car il faut bien le dire le bisness des arts martiaux, des sports de combats, des systèmes de défense est très lucratif, vous y trouvez des chaines de télé, une industrie du textile, une presse spécialisée etc. Je choque lors de mes conférences lorsque j’explique que pousser la porte d’un club est un acte d’achat, et que le professeur est là pour te vendre un produit, en général les gens sont d’accord mais jamais chez eux, toujours chez les autres, pourtant je pense qu’il ‘n existe plus de système qui échappe à cela, le bisness est roi au pays du combat. Ceci étant, il y a chez les commerçants des gens très bien, honnêtes, qui te vendront le meilleur produit possible, il y en a certainement sur le forum, il ne te vendront pas une fiat en t’expliquant qu’elle est capable de rivaliser avec une Ferrari sur un circuit. Pour autant, l’arrivée et le développement du bisness est-il de nature à nuire à l’efficacité des méthodes et systèmes de combat ? Personnellement je pense que oui, car très clairement nous allons vers une monoculture des systèmes de combat, je n’ai pas le temps de développer mais réfléchissez bien et regardez autour de vous avant de beugler et d’affirmer qu’il existe des arts dans tout les pays, regardez objectivement, je vous assure qu’il y a de quoi avoir peur, car les systèmes de combat dominant ne sont pas forcement les plus efficaces mais les plus rentables, y compris en terme de domestication de l’espèce.
Actuellement je ne connais pas un système sur le marché (mais je ne connais pas tout) qui puisse former un individu au combat défensif de survie. La plupart des méthodes sont dérivées de combat rituel et les modifications apportées pour en faire des méthodes de « combat de rue » n’y change rien. Très souvent nous avons des adaptations de méthodes existantes, avec des trucs en plus, style attaque aux yeux, aux parties génitales etc. Le fameux « chez nous y a pas de règles » etc. Ceci est utile bien entendu je ne vais pas dire le contraire je l’enseigne aussi. Lorsque nous expliquons cela à nos clients, nous vendons notre produit sans la note explicative ou plutôt avec un mode d’emploi erroné qui correspond au fonctionnement de la machine du prof et de la méthode, au client de se mouler, d’être formé ( du latin formare, prendre forme ) de devenir un pratiquant de judo, de krav, de self , de boxe…… , voilà un mensonge, une incompétence responsable mais pas coupable de la part de profs qui ne sont tout simplement formés pour vendre le produit et qui sont dans la grande majorité des gens honnêtes croyant rendre service . Le style prime sur l’humain, voici la première erreur à mon avis. Cela ne signifie nullement qu’une personne entrainée de cette façon ne puisse pas se sortir d’une situation difficile, mais le gars qui va se sortir de la m*rde devant un problème le fera plus grâce à des capacités personnelles qu’à la pratique d’une méthode commerciale, il y a fort à penser qu’il s’en serait sorti sans cela de toute façon. Les méthodes forment des hémiplégiques aux capacités limitées à la pratique, dans presque tout les cas observés les capacités diminuent lors de l’arrêt ou de la baisse de l’activité de combat. Le combat défensif de survie est affaire de métissage et de développement des capacités individuelles et naturelles durable.
La préparation d’un individu au combat défensif de survie visant à faire face à une agression, concerne l’individu tout entier dans son conscient, son inconscient, et en fonction de tout les critères de l’instant, il ne s’agit plus de former (faire prendre forme) , d’ instruire, d’éduquer, mais d’ enseigner , et nous sommes là dans un autre registre car enseigner (du latin insignare) signifie signaler, désigner , l’approche est différente, l’ enseignent doit être aussi un pédagogue. Je ne parle pas ici de la pédagogie de l’éducation nationale, je parle du véritable sens du mot en grec ancien ou le pédagogue était l’esclave qui accompagnait un enfant lors de son éducation, là encore le sens est important. Un enseignant désigne et accompagne voilà la première règle établie, désigner et accompagner est un rapport personnel et humain entre deux individus, un échange fait d’humanité, de compréhension, de complicité et de confiance basé sur l’honnêté, le désintéressement matériel et surtout l’ entraide. Il pense impossible d’accompagner 50 personnes 3 fois deux heures par semaines, car accompagner implique de marcher à coté, pas faire face comme nous le faisons dans nos cours. Lorsque j’accompagne je vois les mêmes choses que mon élève, cela facilite la désignation des problèmes, lorsque je suis face à lui je ne vois rien de ce qui le concerne. Par ailleurs l’enseignement ne doit pas se limiter au combat bien entendu, il faut aborder le fonctionnement de l’individu, de l’espèce, aborder le corps, ouvrir l’esprit par la philosophie, le laisser découvrir, faire des erreurs, etc. Nous sommes là dans un enseignement de vie durable qui implique le combat défensif, contre toutes les agressions, aussi bien psycho-sociales que physiques, cela prends du temps, mais la richesse de l’échange est énorme.
Pour ne prendre que le combat, nous travaillons dans un premier temps sur le désapprentissage avec un axe, désapprendre, prendre, apprendre, comprendre avec des résultats au-delà de nos expériences, si un jour j’ai le temps je passe vous expliquer cela en détail, mais suis déjà à la bourre. Les réflexions ci après sont personnelles, elles ne constituent pas une vérité, en combat défensif de survie la vérité n’existe que pour un individu donné, dans un environnement donné, dans un espace temps donné, les secondes passées, sont passés…… mais la rencontre de deux individus en situation réelle qui s’opposent en mouvement dans une situation donnée n’est pas neutre, cette rencontre est créatrice d’autre chose, d’une nouvelle forme, d’une autre masse, qu’un enseignent doit capter, comprendre, et restituer pour faire évoluer son élève.
Bien à vous
JL
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superbe :up:
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mais la rencontre de deux individus en situation réelle qui s’opposent en mouvement dans une situation donnée n’est pas neutre, cette rencontre est créatrice d’autre chose, d’une nouvelle forme, d’une autre masse, qu’un enseignent doit capter, comprendre, et restituer pour faire évoluer son élève.
Bien à vous
Pas plus qu'un enseignant d'université ne prépare à la réalité professionnelle particulière que va rencontrer l'étudiant, ou la réalité d'un sinistre à laquelle essaye de préparer un instructeur premiers secours.
Pour ma part loin des mots qui sont stériles hors contexte et ne satisfont la plupart du temps que celui qui les emploie, je me fie au retour parfaitement "anthropologique" de mes élèves et de leurs retex.
Si
- celui-ci me dit qu'il est moins anxieux et plus vigilant
- cet autre qu'il a modifié des comportements à risque
- celui-là qu'il a quitté un lieux de loisir parce que ça partait en sucette
- qu'encore un autre à su calmer le jeu
- ou rentrer le premier et se replier
Alors j'aurais fait mon boulot d'enseignant de SP, le reste n'est que pignole sur un air de flute de Pan.
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Merci pour votre clin d'oeil les amis, et tout particulièrement à Force pour ce brillant exposé plein de simplicité et de réalisme.
Il faut bien comprendre que dans nos sphères de prédilection, à trop vouloir synthétiser, faciliter et rendre assimilable, on fait tout sauf de la protection personnelle. La démarche ne doit pas venir de l'enseignant mais de l'élève qui sera ensuite mis sur des rails qui lui corresponde fidèlement. Imaginez vous faire une course dans les meilleures chaussures d'Usain Bolt, avec ses meilleurs conseils de professionnel, mais avec des chaussures qui ne soient pas à votre taille ?? ;)
Et en ce sens je suis d'accord avec Pat, si ce n'est que les airs de fausse flûte de Pan que je dénonce sont ceux que jouent bon nombre de profs du fin fond de leur salle ou sur les tatamis, histoire de bercer d'illusions et de séduire leurs élèves... Un bon élève est celui qui se pause les bonnes questions, pas celui qui attend bouche ouverte qu'on lui donne la becquée ;# Un bon prof serait celui qui utilise son vécu-ressenti et son expérience réelle pour en faire profiter quelques autres, sans besoin de séduire, convaincre ou briller. Plus vrai & rare sera celui qui saura être "efficace" dans tout ce qu'il entreprend et pas uniquement dans sa vie personnelle :)
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Je pense qu'on peut TOUS être d'accord sur l'affirmation de Me Plée, ainsi que sur l'idée générale du texte de Fred, cependant il y a une question qui me taraude...
Si on a pas 15 ans d'expérience à risquer ses miches (quel que soit le terrain envisagé), point de salut possible?
Qu'il y ait un MONDE entre l'entrainement le plus réaliste qui soit et la réalité en tant que telle, c'est un fait que nul instructeur honnête ne pourrait discuter.
Mais faut-il pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain?
Ou en d'autre termes, faut-il laisser tomber l'entrainement (qui ne sera jamais qu'un ersatz de réalité) et aller "prendre de l'expérience" en se frottant volontairement à des situations que le concept même de protection personnelle réprouve?
Vaste question à laquelle je n'aurai certainement pas la prétention de répondre...
Non sincèrement non, il ne faut pas arrêter l'entraînement, j'ai vécu le cas ce midi ou un individu de présentation BG est venu me tourner autour, j'avais déjà mon plan bien ficelé, direct dans les valseuses, gollages de tronches portes ouvertes vers la baie vitrée part obus de 105 et la suite qui va bien à la Lee Morrison ;# ;# ;#
Bon le mec était un cadre de l'OCDE et gentil à l'infini à l'inverse de son côté BG qu'il essayait de me laisser croire, peut-être à un moment à t'il sentis que je le voyais venir avec ses supers signaux, super provocants. ??????
Toujours est il qu'avant qu'il sorte son badge, les hôtesse avais un regards comment pourrais je dire avenant à mon égard et je ne l'ai connais pas au delà du bonjour au revoir.Il a sortis son badge et est entré sans emconbres dans le sein des sein, l'OCDE ;#
Mais vu les signaux qu'il envoyait, avec mes zigues, il était mal barré ;#
Pourquoi, et bien parce-que je me pause les questions, ce mec il est clean ou pas ???? Dans le doute et bien je me forge le scénari qui va bien, pour moi et mes collatéraux ;)
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Plus vrai & rare sera celui qui saura être "efficace" dans tout ce qu'il entreprend et pas uniquement dans sa vie personnelle {$default_smiley_smiley}
tu veux dire dans la vie des autres, :huh:
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Et en ce sens je suis d'accord avec Pat, si ce n'est que les airs de fausse flûte de Pan que je dénonce sont ceux que jouent bon nombre de profs du fin fond de leur salle ou sur les tatamis, histoire de bercer d'illusions et de séduire leurs élèves... Un bon élève est celui qui se pause les bonnes questions, pas celui qui attend bouche ouverte qu'on lui donne la becquée ;# Un bon prof serait celui qui utilise son vécu-ressenti et son expérience réelle pour en faire profiter quelques autres, sans besoin de séduire, convaincre ou briller.
Savoir que l'on sait ce que l'on sait, et savoir que l'on ne sait pas ce que l'on ne sait pas : voilà la véritable intelligence, disait Confucius. (Ou tout autre, on s'en cogne au final...)
Pour paraphraser on pourrait dire :
Enseigner ce que l'on sait enseigner, ne pas enseigner ce que l'on ne sait pas enseigner ou que l'on ne sait pas tout court : voilà la véritable honnêteté.