Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: Cam le 02 mai 2012 à 13:57:55
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Salut! revenant un peu sur le forum recemment, je me suis rappelé une petite anecdote qui pourra vous interesser.
ll y a deux ans, je vivais à Londres, dans le quartier de Bethnal Green/Whitechapel, ou j'etais étudiant infirmier. Suite à la lecture d'un post sur le forum, j'avais fait une petite "évaluation des risques", comme un petit exercice amusant, sur le mode, qu'est-ce qui pourrait perturber mon mode de vie (qui me convenait parfaitement), quelle est la probabilité que ca arrive et à quel point serait-ce handicapant? Et, donc, quelles actions de prévention?
Je ne sais plus exactement dans quel ordre, mais en gros je m'etais fait les reflexions suivantes:
- logement: -loyer: j'avais de l'argent de coté pour plusieurs mois, je travaillais occasionnellement le week end, mes parents me filaient un petit coup de pouce de temps en temps: aucun souci previsible/preventible (?) de ce coté là
-bonne volonté du proprietaire: on s'entendait tres,tres bien avec le proprietaire, on ne lui connaissait aucune raison pour laquelle il aurait voulu nous mettre dehors pour recuperer l'appart (deux ans plus tard, c'est toujours des potes à moi qui sont la-bas): aucun souci previsible/preventible de ce coté là
- incendie: alarmes incendies et petit exctincteur, prudence élémentaire, à priori pas de raison particuliere de s'inquieter ni de prendre plus de mesures; inondation: 2e etage, à part crue exceptionelle de la tamise, aussi improbable qu'impreventible; qualité de l'air/materiaux toxiques: idem que la crue, aucune raison ni moyen de prevoir ou de prevenir un probleme
-cambriolage: je le met dans la liste par ce que c'est un passage obligé de la securité du logement, mais à priori rien à signaler, petit immeuble hlm tranquille, mélange d'étudiants/jeunes travalleurs/familles, voisins tres sympas et proprietaire issu du quartier et ami avec tout le monde, quartier "pauvre" mais pas glauque du tout, à part une porte qui ferme à clé pas grand chose à faire, puis on avait rien à voler de toute façon, le tru le plus cher dans l'appart devait etre le vieil ipod d'un de mes colocs.
-nourriture: -la payer: meme reflexion que pour le loyer. plus j'habitais à coté de la city ou j'allais faire les poubelles des sandwicheries à la fermeture des bureaux pour une nourriture abondante, variée et gratuite
-qualité et santé: prudence élémentaire (particulierement avec les "dechets"! ), notion basiques de dietetique
- la stocker: à la reflexion, j'ai fait un petit stock de pates/riz/conserves/eau, après je n'avais aucuns moyen ni raison de prevenir ou prevoir un effondrement des circuits d'approvisionnement du royaume uni :p
- "ordre social" : je n'etais deja plus la-bas quand il y a eu les pillages et emeutes l'année derniere . J'en ai evidemment été tres attristé, meme si le quartier ou j'habitais n'a pas été touché. Je m'etais posé la question quand j'avais fait mon petit "risk assesment" et j'en avais conclu que dans le contexte et l'endroit ou je vivais, personnellement, il n'y avait ni probabilité significative que ca arrive, ni mesures que je pouvais prendre pour le prevenir. Je vous laisse juger à quel point j'avais raison et/ou tord. Apres, au niveau du citoyen et de la societé, c'est un tout autre débat qui n'est pas le sujet de ce fil.
- securité personnelle : encore une fois, quartier tres chaleureux, routine entre la fac/l'hopital/la maison/les bars à concert du coin, à part les precautions élémentaires genre ne pas se balader ivre mort en brandissant un portable tout neuf dans un concert dans un vieux squat ephemere et les bases generales de la prevention, pas de raisons de prendre de mesure particuliere.
- transport: je me deplacais exclusivement à vélo, pour des raisons de confort et de budget. La fac était à 25km de chez moi et l'hopital ou j'etais en stage à 10, j'etais donc hyper-dependant de mon vélo. Là ca devient très interessant , par ce qu'il y a un tas de risques qui présente à la fois une probabilité tres significative, un lourd handicap/perturbation de mon fonctionnement normal s'ils se concretisent, et des mesures tres concretes et possibles à prendre pour les prevenir. Je me deplacais donc toujours avec le materiel pour reparer une crevaison ou un cable de frein, j'avais des pieces de rechange à la maison, un tres bon antivol et je faisais tres attention à l'endroit ou je l'attachais (le vol de vélos est endemique à londres).
Bref, j'avais fait toute une évaluation de ce qui me permettait de vivre comme je le faisais et voulais continuer à le faire, comparant la probabilité de survenue d'une perturbation, avec le degré de handicap qu'elle entrenerait, et la possibilité/faisabilité des mesures de prevention et le degré de handicap qu'elle-meme entrainerait (par exemple, emmenager dans un village des alpes pour prevenir les inondations et les émeutes urbaines ne presentait pas un bilan favorable): c'était la methodologie proposée dans une discussion sur ce forum. J'en été arrivé à la conclusion que le maillon le plus fragile et celui avec le meilleur rapport attention/benefice, était le transport, en l'occurence mon vélo.
Maintenant, pour ceux qui auront eu le courage et l'amabilité de lire jusqu'ici, je vais vous recompenser avec la chute adequate à ma petite histoire ;D : deux semaines plus tard, je me suis fait volé les roues de mon vélo, attaché par le cadre à la gouttière sur le couloir-terrasse devant la porte de notre appartement, au 2e étage, après la porte à digicode de l'immeuble, un soir ou y avait des amis à la maison et ou les allées et venues maison-bar-epicerie ont laissé une fenetre d'une heure seulement ou n'il y avait personne.
Ce qui indiquerait à priori que mon vélo était reperé/surveillé.
Un préjudice limité finalement, c'etait un vieux vélo pas payé tres cher (mais très beau) et j'ai pu assez rapidement recuperer et reparer(enfin,mettre en etat de rouler) un autre vieux velo (ca m'avait couté moins cher que de remplacer les roue).
Voilà, une ptite histoire amusante, un exemple d'analyse bien faite finalement, mais de risque quand meme sous-estimé. Depuis j'attache les roues aussi :'(
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Ah ! Je compatis, j'ai pendant longtemps utilisé mon vélo pour me déplacer, n'ayant pas le permis à l'époque. Mais c'est vrai que je ne faisais pas très attention, c'était un VTT Lambda, rien de très enviable à d'autres vélo mais qui faisait le boulot qu'on lui demandais et qui de plus était très léger donc bien pratique.
Bref, quand je partais le matin jusqu’à mon arrête de bus (35mn à pied de chez moi donc je préférais le vélo ...) je laissais mon vélo attaché devant un supermarché sur un porte vélo et j'attachais l'antivol (truc pas bien solide à 5€ de chez Décat') autour du cadre et de la roue arrière. Je n'ai jamais eu de problème à le laisser là pendant plusieurs mois toute la journée et parfois la nuit, par contre, quand je devais me rendre jusqu'à la gare, c'était autre chose, beaucoup de cadres de vélos abandonnés par leurs roues ...
Aujourd'hui j'ai le permis mais une voiture plus toute récente donc je ne vendrais jamais mon vélo sur lequel le moteur ne risque pas de lâcher ... Un outil bien pratique et peu onéreux à l'achat et à l'entretien qui est donc une chose importante à garder pour moi ! Malgré tout, il faudrait que j'investisse dans un bon antivol même si c'est loin d'arrêter tout le monde !