Vie Sauvage et Survie
Catégorie Générale => Feu de camp => Discussion démarrée par: ulysse le 03 novembre 2011 à 14:35:45
-
en lien un article du libé d'hier sur les contraintes qui s'exercent sur le metier de garde forestier et la gestion "moderne" des forets française.
je le diffuse car il s'agit d'un lieu de loisir pour beaucoup ici.
http://www.liberation.fr/terre/01012369048-gardes-forestiers-l-ame-abattue
-
bah c'est triste, vive la course aux profits
-
A ce rythme, ONF = Office Nuisible à la Forêt.
-
Bonsoir à tous,
merci Ulysse pour cet article qui est une mine d'informations.
On y trouve énormément de choses.
En contre-point aux statistiques impitoyables sur l'évolution de la profession, on y lit les témoignages passionnés de professionnels qui nous éclairent sur leur vision d'une bonne gestion de la forêt. L'échelle de temps impliquée alors dépasse de loin les petits humains que nous sommes.
Ces témoignages vont tout à fait dans le sens d'échanges que j'ai pu avoir avec des gardes forestiers.
Je garde en mémoire le souvenir d'une discussion avec un agent de l'ONF rencontré au cours d'une balade en forêt en VTT. Je me souviens du malaise qu'il exprimait en me montrant des parcelles dévastées par une exploitation radicale. Les larmes aux yeux, il évoquait l'incompréhension qui régnait entre le sommet de la hiérarchie, préoccupée de rentabilité et les hommes de terrain amoureux de leur forêt.
La situation qui règne dans ce monde de la forêt semble n'être que le reflet de ce qui se passe dans notre société.
Je crains que le passage ci-dessous, extrait de l'article ne soit que trop évocateur pour beaucoup d'entre nous :
Et puis, il y a cette «démarche qualité» issue de la réforme, «une usine à gaz qui nous prend un temps colossal, dénonce Gilles Quentin. Les tâches ont été répertoriées, standardisées et, maintenant, il faut décrire tout ce qu’on fait, puis le transmettre à des gens qui vont faire de beaux tableaux Excel».
L'ordinateur se trouve réduit à la fonction d'outil à quantifier et, sous prétexte de "normes qualité", on cherche à faire passer pour qualité ce qui n'est qu'uniformité.
Et pendant ce temps, le circaète Jean-le-blanc remonte vers le Nord : il niche aujourd'hui dans le Cher.
-
A ce rythme, ONF = Office Nuisible à la Forêt.
[Restons polis et courtois]
Merci de ne pas tomber dans la caricature odieuse en mettant tout le monde dans le même panier. Merci de respecter les agents qui servent souvent de tampon entre la hiérarchie et la forêt.
Le problème est bien plus global qu'une simple réforme, il ne faut pas l'oublier. L'objectif d'ici 2020 est de produire 20 % d'énergie renouvelables en plus. Quelle est la filière la plus avancée et surtout immédiatement disponible pour une transformation rapide pour produire de l'énergie renouvelables ? La filière bois, sur le domaine et les communes sauf qu'il ne s'agit que de 25 % de la surface boisée française...
On peut aussi citer la crise et qui engendra sur l'office une réduction des versements compensatoires. Et pour que la boite continue de tourner, il n'y a pas 36000 solutions : il faut réduire les dépenses et augmenter la production.
C'est là que le bas blesse : allez dire à un agent amoureux de la forêt que ce qu'il a fait 25 ans durant, ne tient plus la route et que c'est comme CELA qu'on fait. C'est normal que ça coince, même si les anciens ont tendance à avoir "la peur du vide" -peur d'enlever trop de bois d'un coup- et qu'il a été montré que, dans une certaine mesure, ce n'était pas un mal (sylviculture plus dynamique).
Maintenant que vaut-t-il mieux ? Que l'Office se casse la gueule et qu'on se retrouve avec je ne sais qui à gérer les forêts (sans aucune expérience et pour seul but le profit probablement) ou une office qui tourne un peu moins rond mais qui grâce à ses agents de terrain, permet encore d'avoir une belle forêt.
a+
-
[Restons polis et courtois]
Merci de ne pas tomber dans la caricature odieuse en mettant tout le monde dans le même panier. Merci de respecter les agents qui servent souvent de tampon entre la hiérarchie et la forêt.
Le problème est bien plus global qu'une simple réforme, il ne faut pas l'oublier. L'objectif d'ici 2020 est de produire 20 % d'énergie renouvelables en plus. Quelle est la filière la plus avancée et surtout immédiatement disponible pour une transformation rapide pour produire de l'énergie renouvelables ? La filière bois, sur le domaine et les communes sauf qu'il ne s'agit que de 25 % de la surface boisée française...
On peut aussi citer la crise et qui engendra sur l'office une réduction des versements compensatoires. Et pour que la boite continue de tourner, il n'y a pas 36000 solutions : il faut réduire les dépenses et augmenter la production.
C'est là que le bas blesse : allez dire à un agent amoureux de la forêt que ce qu'il a fait 25 ans durant, ne tient plus la route et que c'est comme CELA qu'on fait. C'est normal que ça coince, même si les anciens ont tendance à avoir "la peur du vide" -peur d'enlever trop de bois d'un coup- et qu'il a été montré que, dans une certaine mesure, ce n'était pas un mal (sylviculture plus dynamique).
Maintenant que vaut-t-il mieux ? Que l'Office se casse la gueule et qu'on se retrouve avec je ne sais qui à gérer les forêts (sans aucune expérience et pour seul but le profit probablement) ou une office qui tourne un peu moins rond mais qui grâce à ses agents de terrain, permet encore d'avoir une belle forêt.
a+
Effectivement le problème est global.
N'oublions pas que la surface boisée de la France métropolitaine a considérablement augmenté depuis la révolution industrielle.
Après la question est avant tout idéologique à mon sens. Que privilegier: la production d'energie ou le sanctuaire?
Considerer le bois comme une energie renouvelable releve déjà de l'erreur à l'echelle de la population française. Et mélanger preservation et production sur des memes zone également. Si la production est indispensable pourquoi ne pas carrément y dédier des parcelles à temps complet?
Les forestiers veulent entretenir la foret, pas l'exploiter, tout simplement. Et au passage nous faire comprendre l'importance que la foret a en existant , tout simplement , au dela de la production et vente de bois.