Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Vie sauvage => Discussion démarrée par: Nathan-Brithless le 21 mars 2011 à 20:45:57
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J'appelle ça "l'effet canasson"...
C'est bien connus, quand le cheval sent l'écurie, il se grouille.
Nous aussi..et ça nous amène parfois à baisser notre garde..et la première des trois secondes avec la connerie n'est pas loin.
Aussi, je n'hésite pas à vous proposer une auto-critique collective et ludique réalisée dans un sain esprit marxiste-leniniste..(Ho-Chu tich muon nam).
Je m'explique:
Fin de raid, de rando, de stage...
Dernier matin, je sort de mon sac, content et reposé par une nuit réparatrice, me convectionne un p'tit dej' roboratif et range mon matos, le sleeping humide de la nuit, sa housse gore tex pleine de condensation et d'odeur de pied(pour n'évoquer que cette odeur là)...c'est la dernière ligne droite...
Midi:beau temps, ciel calme, je casse la croute et m'allonge au soleil pour profiter d'une tasse de café et d'une sucette à cancer bien méritée.ce soir, je serais chez moi, une douche chaude et la bière fraiche m'attend.
Je néglige donc mon vieux réflexe qui consiste à secher mon sac de couchage au soleil et ensuite à re-ranger le bordel immonde que j'ose appeller un sac à dos....
Flemme!
Et si, pour une raison X cette nuit n'était pas la dernière sur le terrain?
Je dormirais ce soir dans un sac moins chaud!
Ca fonctionne pour plein de trucs:le dernier jour d'une manoeuvre, la dernière patrouille d'une OPEX..les exemples ne manquent pas
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Ca fonctionne pour plein de trucs:le dernier jour d'une manoeuvre, la dernière patrouille d'une OPEX..les exemples ne manquent pas
Et c'est pour cette raison que t'as un >:( d'off ou sof qui va faire nettoyer tout le matériel collectif et personel ainsi que rétablir ce qui manque, quand tout le monde est crevé et n'as qu'une idée de dormir. Ce supérieur d'ailleurs va se coucher après tous les autres en ayant aussi fait ce que nous appelons le service de parc.
Moléson
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toujours se dire "quand tu vas gangner du temps c'est que en fait tu vas en perdre beaucoup".
essayer de toujours être alerte.
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"La lenteur arrive souvent au but,
Tandis que la précipitation s'empêtre en chemin."
Proverbe arabe
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je ne parlais pas de vitesse, mais de négligence, par flemme, gout du moindre effort, conscience de-théoriquement-se baigner chaud et boire frais dans quelques heures...
d'un moment de baisse de garde en somme! ;)
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PP dit dans un de ses manuels "soigne ton matériel même et surtout quand tu n'en as pas envie"... Plein de sagesse ;)
J'ai fait pareil que toi ce weekend, en stage en région Parisienne... le midi, j'ai papoté, donné des infos, raconté des conneries... mais j'ai pas fait sécher mon sac à dos :-[
On se fait tous avoir.
David
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"soigne ton matériel même et surtout quand tu n'en as pas envie"
moi par flemme c'est le genre de truc qui me donne envie d'avoir moins de matos ....
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il est vrai que l'on est tous pareil... c'est quand on en a le moins envie qu'il faut ce mettre un coup de pied au derge pour faire ce qu'il y à a faire...
un autre exemple débile: "ouai la vaisselle est pas nikel, mais je fera ça à la maison... "moralité: arrivé à la maison, on se jette dans un bain et on ne rétabli pas son matérielle....
-soit sa nous fait tilte quelque temps plus tard.... ce qui est pas bon mais moindre mal....
-soit on oubli carrément... et bonjour la zone... :o
EDIT
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Rah l'effet canasson, parlez n a un cavalier il vous répondra........
Nan sans déconner, je suis guide tourisme équestre, donc je randonne, mais a cheval; même le derniers jours, même la dernière demi journée je lâche rien et ne fait rien lâché a mes cavaliers: un cheval peu déféré avec arrachement de corne 1km avant l'arrivée: mieux vaut être paré et avoir le matos pré....Une couillonade de bobologie peu aussi avoir lieu: trousse de secours a porté de main pas rangé négligemment au font des fontes.....Vaisselle et autre propre, ranger et séché: c'est rare, mais il nous est arrivé de repartir directement le lendemain matin......alors je vous dis pas le bordel si rien n'est fait........
Pourtant ca a la base ce n'est pas ma nature.....mais je dis merci a mes vieux guide, mono et instructeur qui m'ont formé: eux savaient que des fois ont a besoin du matos toujours prêt......
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un cheval peu déféré avec arrachement de corne 1km avant l'arrivée:
salut Gurdil, tu peux expliquer ce que ça veut dire stp?
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Yep:
un cheval qui défère: le fer du cheval tombe........
avec arrachement de la corne: un morceau de corne du pied du cheval s'en est aller........
En situation l'exemple le plus courant: le sabot du membre postérieure (la jambe arrière) du cheval viens touché le talon du fer du membre antérieure (jambe avant): appuie sur le talon du fer(talon de la chaussure en somme...) et arrache le tout.
En règle général si il manque un bout de corne sur le pied du cheval ont change aussi son appuie sur le pied (donc la manière de marche en gros...).
Le jeu consiste a reféré le cheval (avec le même fer), mais en essayant de le broché (rivé les clous ) avec moitié moins de clous.....tout en ne créant pas de point de pression sur l'endroit du pied ou il manque de la corne pour éviter des complications (cornes qui continue a s'éclater etc etc......).
Voilou ca en gros c'est de la maréchalerie d'urgence: pour refaire les pieds comme il faut(voire avec de la résine.....) ca c'est mon maréchale qui le fait et il est vraiment meilleur que moi!!!!
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Etant moi aussi cavalier de rando/voyage, je m'efforce de toujours faire les choses dans cet ordre :
1. le cheval
2. le matos
3. le cavalier
Je crois que c'est une consequence d'un drill maintes fois repete :
1. l'armement
2. le matos
3. le personnel
Mais parfois il faut se faire violence.
Et en tant que pieton randonneur/voyageur, j'ai souvent vecu cette tentation racontee par Nathan.
La solution c'est le drill. Et comme pour tout, le drill vient de la repetition.
L'ideal c'est donc de voyager longtemps.
Quand on part pour quelques jours, on a tendance a se relacher le dernier jour.
Par contre si on part longtemps, les soins aux matos deviennent tellement automatiques qu'on les fait meme le dernier jour.
Ca devient une routine.
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L'ideal c'est donc de voyager longtemps.
Quand on part pour quelques jours, on a tendance a se relacher le dernier jour.
Par contre si on part longtemps, les soins aux matos deviennent tellement automatiques qu'on les fait meme le dernier jour.
Ca devient une routine.
+1, rien de tel que le long cours, ca fait prendre des réflexes qui peuvent bien aider en cas d'imprévus (matos entretenu, toujours rangé a la même place, "rangé" pas jeté en vrac, etc.)
L'avantage c'est qu'une fois pris ce genre de réflexes, ils sont acquis, (enfin pour moi en tous cas) ce qui fait que même pour une sortie a la journée, j'embarque l'essentiel, en bon état de marche, rangé toujours au même endroit... Je n'ai eu qu'une c*u!lle, et je peux dire que l'organisation m'a bien sorti de la m*rde !
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...et ça ne concerne pas que le matos, hélas!
Ce sont aussi les 30 dernières bornes de la route du retour de vacance, ou l'on accélère connement, les dernières patrouilles d'une OPEX, ou , inconsciament on est un peu moins consciencieux...
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ou les derniers mètres avant d'arriver chez soi en vélo, voir en passant la porte du garage que je me suis prise une fois dans la tronche parce que tout heureux de rentrer, j'avais un peu perdu de vue que je n'étais pas en vélo couché mais en vélo traditionnel et que comme d'hab, j'avais déclenché l'ouverture de la porte à distance et m'était directement engouffré sous celle ci... en l'occurrence c'était plutôt encastrer dans celle-ci ;#
Celui qui dit qu'il ne lâche jamais rien, c'est juste qu'il n'a encore rien laché car cela arrive à tout le monde tôt ou tard: la flemme, un ras le bol de la routine, une perte d'attention parce que trop content de rentrer chez soi/au camp/à la base et la boulette est là. Etre conscient que cela peut arriver, permet de reprendre les rennes, de repousser l'échéance. Espérons pour nous tous que le jour où cela arrivera à l'un d'entre nous, ce sera sans conséquence.
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Idem pour une "colo" (ok c'est pas de la survie ;) ) mais...: la majorité des "pépins" arrivent le dernier jour, fatigue des animateurs, excitations des jeunes (on rentre à la maison) etc...
L'erreur c'est de baisser la garde.
Avec l'expérience et le recul j'organise la veille du départ une réunion d'équipe spéciale, avec un rappel des règles de sécurité, je donne des consignes claires à toute l'équipe pour que tous le monde reste bien vigilant.
Une colo se termine quant,d'une les parents récupèrent leur enfant entier, en bonne forme et heureux d'avoir vécu une expérience de vie en communauté, quant le rangement, nettoyage du matériel est bouclé, mais aussi après une dernière réunion "bilan" (avons nous remplis nos objectifs éducatifs, les anims stagiaires ont ils évolués)...
Et à mon niveau c'est vraiment "fini" quant toute l'équipe d'animateurs rentre à la maison dormir 24h d'une traite ;D
Au fait merci du terme "effet canasson" je vais le reprendre je trouve que c'est assez parlant.
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Salut,
Moi aussi je connais ça. J'en avais parlé avec un guidos, c'est super connu en alpinisme. La majorité des accidents n'ont pas lieu pendant la montée d'un sommet mais pendant la redescente. On croit que le plus dur est fait une fois en haut et on baisse sa vigilance, alors que c'est tout le contraire, reste à redescendre avec en plus la fatigue de la montée.
Comme beaucoup je garde systématiquement mes habitudes, même le dernier jour. Mais pour moi c'est venu tout seul car je sais quand je part mais jamais quand je rentre. J'ai souvent pas mal de bornes à faire en stop pour le retour du coup je peux jamais être sur que c'est la dernière journée.
Et même en rentrant c'est pas terminé, reste à défaire le sac, trier le matos, mettre à sécher si besoin et refaire le sac. Ensuite bonne bière et douche chaude si je m'effondre pas avant dans mon lit.
Nico
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PP dit dans un de ses manuels "soigne ton matériel même et surtout quand tu n'en as pas envie"... Plein de sagesse ;)
Petit HS
Prendre soin de son matériel quelles que soient la fatigue et la durée du trajet, ne pas baisser la vigilance avant d'être parfaitement en sécurité... peut-on faire un parallèle avec le corps?
Si la vie était une randonnée au long court, notre corps, notre cerveau, notre entourage, seraient notre matériel. Et pourtant prenons-nous soin de nous comme nous prenons soin de notre sac de couchage ou de notre couteau?
Comment savoir ce que demain nous réserve?
Si nous nous couchons tard, il n'y aura pas de conséquence si nous pouvons faire la grasse matinée le lendemain mais s'il survient un pépin nous obligeant à réagir au quart de tour, nous aurons hypothéqué nos chances de réagir correctement.
Idem si nous abusons d'alcool.
Si nous négligeons de nous laver les mains avant de manger en déplacement, nous prenons le risque de souffrir de problèmes intestinaux bien loin de chez nous.
Si nous comptons à 100 pour cent sur le répertoire de notre téléphone en négligeant d'apprendre les numéros nous nous trouvons en difficulté lorsque celui-ci nous est dérobé, cassé, déchargé et que nous devons absolument appeler quelqu'un.
Qui prend sur ces heures de loisir pour apprendre l'anglais afin de ne pas être dépourvu le jour où se présente un texte anglophone que nous devons absolument comprendre?
Si nous ne prenons pas la peine d'être poli envers notre voisin, pourquoi serait-il là pour nous le jour où on aura besoin d'un coup de main?
Mais ce sont là des choses évidentes qui n'ont de conséquences que sur le court terme et pour lesquelles le facteur chance joue un grand rôle.
Sur l'échelle de toute une vie notre négligence à prendre soin de nous et des autres a toujours des conséquences:
Combien de fois au cours d'une vie comptons-nous sur la résistance de notre corps pour nous pardonner nos repas un peu trop gras et manquant cruellement de verdure? Devant le peu de dommages apparents nous n'avons guère de scrupules à le faire un petit peu trop souvent.
Combien de fois laissons-nous tomber le sport, les étirements par flemme? Et puis la voiture, c'est si pratique...
Combien de cigarettes, de médicaments sans réels besoin, d'alcool?
Si nous négligeons nos enfants lorsque ils sont petits (travail, fatigue, pas envie, etc), ils risquent de ne pas grandir de la meilleur manière possible, et de nous le faire "payer" au centuple à l'adolescence (outre le fait qu'ils seront mal dans leur peau). Et pourquoi seraient-il là lorsque vieillissant nous aurons besoin d'eux?
Notre mémoire fiche le camps faute d'être entrainée, notre corps nous lâche bien avant la vieillesse pour l'avoir trop maltraité et un jour nous nous retrouvons tout con devant une maladie grave, une obésité, ou notre incapacité à tirer de notre cerveau une analyse pertinente de la situation où nous nous trouvons.
Ce sont des petites négligences quotidiennes qui nous rendent inaptes sur le long terme à la survie. On en revient encore à "C'est la flemme qui tue", sur le court terme, le moyen terme, et le long terme.
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amen.
(mais c'est bien beau d'avoir conscience de tout ca, après faut le mettre en application ;# )
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amen.
(mais c'est bien beau d'avoir conscience de tout ca, après faut le mettre en application ;# )
Totalement d'accord avec toi ;# et ce n'est pas avec mes quatre à cinq heures de sommeil par nuit et mon goût immodéré pour les pizzas et le chocolat que je montrerai l'exemple ;D
Mais je sais ce que je fais et les conséquences que tôt ou tard j'aurai à assumer.
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+1 dis-je en mangeant un bounty devant l'ordi :-[
post à vie courte
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Pareil, 4-5H de sommeil par nuit, et le chocolat <3 trop bon !
(et une bonne bière fraiche quand un ami passe a la maison.. y'en a tant des petits plaisirs...)
Après, faut-il se priver de tous ces petits plaisirs au nom d'une tentative de préservation de notre capital santé ???
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Pareil, 4-5H de sommeil par nuit, et le chocolat <3 trop bon !
(et une bonne bière fraiche quand un ami passe a la maison.. y'en a tant des petits plaisirs...)
Après, faut-il se priver de tous ces petits plaisirs au nom d'une tentative de préservation de notre capital santé ???
Les petits plaisirs participent à la sauvegarde de notre santé.
Ce qui m'interpelle ce n'est pas d'amputer notre capitale santé par des bonnes bouffes et des nuits à danser (là je rêve ;D ), mais le fait de ne pas vouloir regarder en face les conséquences de ces choix de vie et de pleurer sur la santé perdue une fois qu'il est trop tard.
Bref faire des choix et les assumer jusqu'au bout.
Sinon +100 avec la bonne bière fraîche, surtout accompagnée de chocolat et d'une monstrueuse pizza 5 fromages, affalée sur le canapé en regardant un vieux film.
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(et si la pizza a été cuite dans l'insert/chaminée) c'est encore meilleur ! faut oser, mais franchement ca déchire quand on n'a pas de four a bois !
Et on est ok, l'essentiel c'est d'être conscient de ce qu'on fait ;) (je le suis ! et je me dis que je changerai un jour par conviction, mais ce jour n'est pas encore la !)
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Cet effet canasson, non dû à la fatigue de la course, existe bel et bien
- en redescente de montagne = En terrain facile donc tous décordés, le dernier, c’est la place de ce que l’on appelle ‘le second’, est sensé fermer la marche et veiller au traînard ou à celui qui flanche, ne joue plus son rôle et rejoint les premiers, voire utilise une voie détournée, se séparant de la vigilance du groupe. J’en ai connu un qui m’a obligé à refaire la moitié d’une voie en circonstances dangereuses car techniquement il n’assumait plus. (histoire extrême pt-tre à venir si vous bien sages)
- et pareil en retour de rando = Personne ne s’occupe plus de personne, un égaré ayant fait une pause solitaire se plante de bifurcation de sentier ou passe par un autre versant, voire se blesse, un gars fonce avant autres alors qu’il ne connaît pas le topo et se fourvoie. Trois ou quatre heures après, on l’attend toujours nuit tombante au gîte d’étape ou aux bagnoles..
mazel
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Beaucoup de remarques intéressantes dans ce topic :doubleup:
Quand j'ai lu le titre, je pensé que le sujet allait être porté sur le relâchement physique de fin de rando.
Outre la tendance à ne plus attendre le groupe, prendre plus de risques etc, j'ai remarqué chez moi (et chez d'autres pour en avoir discuté) que sur les deux dernier kilomètres, quand on sent la fin de rando et l'approche de la voiture, toutes les petites douleurs se réveillent.
Alors que tout allait bien jusque là, d'un coup on se met à sentir les échauffements sur les talons, la petite douleur dans le genou suite au gros dénivelé négatif, les brûlures aux épaules à cause du sac etc.
Ca vous le fait aussi ?
On dirait vraiment que le corps avait occulté les désagréments possible pour ne pas gêner la marche et qu'il se met à se plaindre d'un coup d'un seul. Une sorte de protection, d'un instinct de survie.