Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Vie sauvage => Discussion démarrée par: arni le 27 janvier 2011 à 19:38:11
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Bonsoir,
Que je lise Sylvain Tesson, Mike Horn ou David Manise ( ;D), on trouve une similitude sur un point : ils s'accordent tous à dire que vie prolongée dans la nature sauvage améliorent leur sens.
Une vue plus perçante, beaucoup de sons très perceptibles... Entre autres.
Moi-même, il m'ait arrivé de passer 3 jours dans la Pacha Mama, en pleine forêt, et au retour à la vie civilisée, j'étais comme "surdosé" et écœuré en trop pleins de stimulis visuels et sonores... Entre la TV du salon, les lumières de la ville, les bruits des voitures, les vêtements flashy... Comme si pendant ce court laps de temps dans la nature m'avait un peu transformé en bête sauvage... J'étais comme physiologiquement amélioré.
Qu'en pensez-vous ? Des anecdotes ? Des explications ?
A+
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Ouaipe.
On n'est pas faits pour vivre dans un environnement avec autant de stimulation, du coup on "baisse le volume" sur tous nos sens, en permanence. Dans la nature, là où on n'est pas sur-stimulé, on remet juste le volume à un niveau normal.
Rien de mystique là-dedans... et le phénomène est bien connu.
David
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Je plussoi David.
Le fait est que l'on sélectionne beaucoup plus les bruit car il y en trop alors que dans la nature on a "le temps" de traiter les informations reçut.
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Quand je suis dans la verte, j'ai un petit rituel qui me détend beaucoup et me surprend toujours.
Je m'allonge dans un coin calme, ferme les yeux et je travaille mon ouïe de la manière suivante :
Je me concentre sur un son, par exemple, le bruit des feuilles froissées par le vent. Je l'écoute, lui seul, en faisant abstraction de tout les autres sons.
Quand je l'ai "apprivoisé", j'en repère un autre, comme par exemple le chant d'un oiseau.
J'écoute toujours le bruit des feuilles, toujours avec autant d'attention, et en simultané celui du chant. Je me concentre sur ces deux sons de manière à les entendre et les apprivoiser aussi distinctement l'un que l'autre. J'ai ces deux pistes audio en simultanée, mais au bout d'un moment, bien que je les écoute simultanément, je les entend individuellement, comme si j'écoutait chaque piste à part.
Quand je suis à l'aise avec ces deux pistes audio, j'en rajoute une.
Et ainsi de suite.
Ca peut prendre beaucoup de temps et de concentration mais au bout d'un moment, j'arrive réellement à entendre séparément chaque piste audio de l’environnement sonore qui m'entoure.
C'est une expérience que j'adore faire. C'est comme un chef d’orchestre qui arrive à entendre chaque instrument distinctement.
On se rend compte du formidable potentiel auditif qu'on peut avoir en le travaillant, mais aussi à quel point la vue parasite les autres sens dès qu'on réouvre les yeux ! Dur de ne pas perdre le fil.
Je ne sais pas si je suis bien clair et si d'autres personnes on des pratiques similaires, mais je vous conseille d’essayer =)
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mais aussi à quel point la vue parasite les autres sens dès qu'on réouvre les yeux ! Dur de ne pas perdre le fil.
Je ferme souvent les yeux quand je fais des affuts et j'entends souvent l'animal avant de le voir ! C'est particulièrement vrai pour les oiseaux, ça fait du bruit un battement d'ailes !
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Je ne sais pas si je suis bien clair ...
T'as bien expliqué ça et j'ai bien hâte d'essayer.
Merci :)
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Sans vouloir faire mon "malin", ce qui développe les 5 sens dans la nature, c'est justement d'être dans la nature, souvent.
Je m'explique: Rien que le fait de s'immerger quelques heures dans la natures, loin des sollicitations sensoriels de la civilisation et de ses propres tracas de la vie de tout les jours , de se vider la tête, déjà, ça fait du bien, et ça nous permet de nous la remplir avec d'autres sollicitations plus "primitives".
Le fait de marcher lentement, voir très lentement, de s'exercer à la marche silencieuse (ce qui devient vite une seconde nature), de faire gaffe à l'aspect, la texture, la qualité du sol et des environs, d'écarter ou d'enjamber des branchages, déjà, ça entraine bien ta vue et ton toucher.
Si tu piste ou traque vraiment, ta vue sera encore plus sollicité, l'odorat et le gout (qui son souvent liés, garde la bouche entre-ouverte) également, ainsi que l'ouïe, fortement.
Encore plus important, à mon avis, et qui viendra avec l'expérience: l'instinct.
Je vois ça comme l'utilisation simultanée et inconsciente de ses 5 sens, de l'expérience et de son cerveaux primitif (reptilien?)
Le fait aussi de se déplacer en "code jaune-orangé :)", de se mettre parfois dans la peau du prédateur, parfois de la proie, ça aide pas mal à développer tes 5 sens et ton instinct (le 6 éme)
Voilà, mes deux crottes de mulots,
Camoléon ;)
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Pour moi, développer ses sens passe d'abord et avant tout par l'intérêt. Il faut s'intéresser a quelque chose pour le "voir", "l'entendre" et le "sentir" pour ne citer que ces 3 sens.
Je m'explique, je m'intéresse aux oiseaux alors je les entend et j'y porte attention, je m'intéresse aux plantes, je les vois et j'y porte attention, je m'intéresse au jardinage et je sens l'odeur de l'humus, du fumier, etc...
Si je suis un gourmand, je gouterai plus que la personne qui mange de facon indifférente, même chose pour le toucher, un alpiniste développera un certain touché pointu, visant a reconnaitre et utiliser toutes les prises disponibles.
Je pense que le
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Les 5 sens dans la nature et n’importe où ailleurs sont totaux si nous sommes "présents" dans le moment et l’action.
Ils ne se développent pas car ils sont et ont été toujours là, mais simplement cachés/masqués du fait de notre non-présence habituelle !