Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu naturel => Discussion démarrée par: lambda le 18 janvier 2011 à 10:05:05

Titre: ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: lambda le 18 janvier 2011 à 10:05:05
Salut! :)

J'ai relu le Wiki et un certain nombre de posts concernant les techniques de pêche utilisables en situation de survie.
L'une d'elle à retenu mon attention, à savoir la ligne dormante. si j'en comprend bien le principe, j'ai l'impression que pour sa mise en oeuvre, cela se fait plus aisément au bord d'un lac ou d'un étang, ou d'une rivière calme dont le fond descend rapidement, ou prend rapidement de la profondeur, depuis le bord.

- Cette technique, d'après vos expériences là dessus, serait elle exploitable sur le bord d'une pièce d'eau, dont le fond descend lentement à partir du bord et non pas rapidement ou de façon abrupte comme le montre le schéma dans l'article du wiki correspondant (merci à SurvivalFred)?

http://wiki.davidmanise.com/index.php/P%C3%AAche_:_la_technique_de_la_ligne_dormante

merci!

a+,
Lambda
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: jeanluc le 18 janvier 2011 à 12:11:32
Salut Seb
je pense qu'il suffit d'envoyer ton appat "au large" avec un poids en derivation (type potence soit un emerillon en T ,soit simplement une derive avec un brin de fil ) et un flotteur sur ton corps de ligne pour le maintenir à distance de pêche
A mon sens la seule difference est la distance de travail par rapport au cas exposé ,donc tu compenses par un lancer avec ton poids ,la ligne pouvant etre "guidée-lancée" au moyen d'une petite fourche en bois au bout d'une branche assez longue
Est-ce le sens de ta question? :)
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: lapindu11 le 18 janvier 2011 à 13:09:33
salut,
comme le dit jean luc, dans un plan d'eau a faible dénivelé, il faut envoyer loin pour avoir plus de chance de toucher du gros poisson
le probleme du lancer guidé, surtout avec une ligne a hamecons multiples, c est le risque de s accrocher un hamecon dans le corps (surtout pour une personne débutante)
personnellement,pour tendre une ligne de ce type,je me positionne sur la rive du lac avec le vent dans le dos, je construis un petit radeau avec une petite voile destiné a emporter le poids de la ligne au large; quand le lest arrive a la distance qui me conviens, je tire un petit coup sec sur la ligne,le poids tombe a l eau et ta ligne est tendue  ;)
par contre, ca peut prendre du temps suivant le vent (ca m a pris des fois plus d une heure  :glare:)
donc oui la ligne dormante marche dans des lacs a faible dénivelés
j esper que ma reponse correspond a tes attentes
                     yann
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: Stephane le 18 janvier 2011 à 14:18:23
Je ne sais pas en Europe mais, ici, c'est simplement du braconnage. Alors attention si vous venez ici faire du plein-air, un agent de conservation vous attrapant a braconner ainsi pourrait faire mal!
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: lambda le 18 janvier 2011 à 17:22:55
Jean Luc, Lapin du 11, merci pour vos réponses! Oui ca correpond bien à mes attentes!

un truc supplémentaire qui m'intrigue:

- dans le cas ou on aurait attrapé des choses comme une petite tanche, du gardon, ou n importe quel poisson de petite taille, comme c'est un système qui marche dans le temps, si on laisse sa ligne 1, 2 ou 3 heures... , ne risque t'on pas entre temps de voir un carnassier boulotter notre prise (au risque, tout bon pour nous, pour lui de se ferrer tout seul à son tour...) et de la perdre donc?

Merci Stephane pour ce rappel, j'entends bien, mais cette question se pose dans un contexte de survie ou la nécessité vitale l'emportera sur les questions légales...

à+, Lambda
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: Paulo le 18 janvier 2011 à 17:37:05
De prime abord il me semble qu'il faudrait un sacré coup de chance pour qu'un carnassier se ferre sur un petit blanc sur ce type de ligne. Je m'explique: normalement quand on pêche au vif/mort manié (donc le carnassier avec un poisson comme appât) on utilise un hameçon triple planté dans le dos dudit appât. C'est lui qui essentiellement réalise les touches.
Dans notre cas de ligne dormante on utilise des hameçon simples qui vont prendre les poissons à la gueule (donc a priori qui restent dans les levres ou qui sont carrément avalés, sauf gros hameçons).
Donc à moins d'un hameçon simple qui traverse la gueule du blanc, qui ressorte assez et que le carnassier avale en entier...

Ensuite pour la solidité: il me semble que si on fait un montage ligne dormante, on pose du solide, le but étant d'aller chercher des poissons de taille moyenne à grosse. Donc le corps de ligne (comme indiqué sur le shéma il me semble) ça va être de la tresse ou du gros nylon (donc des trucs a priori faits pour du carnassier). Et les bas de ligne sont gros aussi. Donc je vois pas un poisson casser le montage, a part sur le poids, qui est monté en ligne cassante.


Pour ce qui est du "gros" ou petit fonction de l'endroit ou on lance, faut se méfier. J'ai toujours pris mes poissons les plus "gros" (ok, chez moi c'était jamais plus d'1,5kg) au bord, en étang. Les poissons (genre carpes) viennent souvent faire les bordures, pour ramasser des bestioles qui tomberaient des berges, des arbres etc.


Après moi j'ai une question parce que j'ai jamais pratiqué la ligne dormante.
Il me semble qu'un montage de ce type est auto ferrant (c'est un peu un montage pour carpe au feeder à part qu'on a pas de canne...).
Est ce que ca marche l'auto ferrant si un appât est posé sur le fond et non pas en suspension?
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: lapindu11 le 18 janvier 2011 à 17:43:32
bien sur,un carnassier peut manger ta prise, c est un risque,et peut etre se piquer a son tour (mais la ce serait un coup de bol enorne)
d ou l interet d une ligne a plusieurs hamecons, qui te donne plusieurs chances de prises, et te permet de mettre plusieurs appats différents trouvés sur place
zut!! grillé par paulo

paulo oui meme si l appat est posé au sol, le poisson l aspire, prend le temps de l avaler et l hamecon se prend dans les tripes du poisson au moindre mouvement avec tres peu de chance qu il se libere
             yann
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: lambda le 18 janvier 2011 à 17:48:19
Merci Yann! et à toi Paulo sur le type d'hameçon utilisé pour la pêche au vif.

a+,
Lambda
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: gmaz87 le 18 janvier 2011 à 18:52:30
Salut,
Pour avoir pratiqué (en eaux closes et donc légalement) la ligne dormante dans des plans d'eau à faible déclivité, ce n'est pas un obstacle de pêcher à courte distance.
En particulier la nuit, les poissons sont actifs sur les bordures et donc on en prend.
C'est moins vrai de jour car la faible hauteur d'eau et les mouvements éventuels sur les berges font qu'ils se tiennent plus au large.
Autrement la méthode évoquée pour lancer avec une fourche est valable, faut juste gérer deux paramètres, l'éventuel emmêlage de la ligne (il faut la lover au préalable sur le sol bien propre ou sur un vêtement et ce à larges spires) et la gestion des hameçons qui risquent d'attraper "amoureusement" tout ce qui passe à portée)
Bien faire attention à prendre un lest adapté et surtout se contenter de courtes distances, sinon ça part trop loin et l'effet retour abime les esches.
Ha oui, dernier truc la fourche devient un bras de levier qui démultiplie la force du lancer, attention donc à rester modeste dans la taille.
A+
Gérard
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: tchenophilo le 19 janvier 2011 à 00:08:25
Voici quelques méthodes pour se débrouiller quand la bise sera venue… Attention avant, c’est interdit !
C’est un petit résumé tiré du site :

La pêche à la main :
La pêche à la main était peu pratiquée, la rivière aux fonds vaseux n'offrant pas d'autre cache aux poissons que les "cavernes" creusées sous les berges par le courant (pourtant modeste). Dans les parties peu profondes, ces excavations étaient explorées à la main.
Dans les zones plus profondes, le pêcheur accroché par les mains à la végétation de la rive, explorait "aux orteils"; lorsqu'il sentait un poisson (qui ne bougeait pas du tout au contact du pied !), un compère complice plongeait en suivant la jambe et saisissait le poisson aux ouïes.

Les engins de pêche :
•   l'épervier : filet de pêche classique, dont le lancer à la main demandait une certaine habileté. En fin de journée, un coup d'épervier en deux ou trois "coins" tenus appâtés  et le repas du soir était assuré.

•   la "corde" : simple fil solide, amarré à la rive, terminé par un fort hameçon, avec pour esche un gros ver de terre, un paquet d'asticots ou une boule de composition tenue secrète..; posée à la tombée de la nuit, levée à la pointe du jour, par prudence et pour éviter les (réels ?) décrochages du petit matin. Toutes sortes de prises ; carpes, tanches, anguilles, brèmes, etc..

•   la "nasse" : de toutes formes et de toutes tailles; de fabrication artisanale pour les (très) grands modèles; généralement faite de grillage; amorcée à l'aide de boules constituées de pain ou de repasse, de bouse de vache, de terre un peu lourde, avec quelques vers de terre et asticots. Pour tous poissons ... Les nasses n'étaient retirées de la rivière qu'en période de basses eaux.

•   le trémail (forme locale de "tramail") : filet classique, de toutes longueurs, de toutes hauteurs, de toutes dimensions de mailles (fonction du poisson pêché); tendu en travers du Dropt à l'aide d'un très long bambou ou tout simplement en se mettant à l'eau (quand la température le permettait); posé à la tombée de la nuit, levé au petit matin (voir plus haut "corde").
Achetés dans le commerce, ces filets avaient la maille "réglementaire" (sic) de 27 mm

•   l'araignée (ou "triandière", de trian = goujon en patois) : formée d'une nappe de filet de faible hauteur (0.50 m par exemple), à maille en fil très fin (maille "réglementaire" de 10 mm de côté), pour la pêche de nuit des goujons, dans les gués, à l'époque du frai. Les poissons s'engagent dans les mailles et se prennent surtout par les ouïes."le trassou" : filet court (1 m environ) tendu entre deux bâtons. Le trassou était inséré verticalement (les bâtons étant horizontaux) dans un massif d'herbes à carpes, plante aquatique où les carpes aiment frayer; une carpe prise dans le trassou s'épuisait à vouloir entraîner le filet, freiné par les bâtons emmêlés dans les herbes. Il n'y avait plus qu'à ramasser le paquet au petit matin.

•   l'anguillère : ce terme désigne ordinairement un vivier à anguilles ou bien une nasse à anguilles. Il s'agit ici d'un piège à anguilles édifié et utilisé naguère par les meuniers pour capturer des quantités importantes d'anguilles (plusieurs dizaines de kg par opération). Le dispositif  , constitué de plusieurs grilles à claire-voie (en bois ou métalliques) savamment disposées à contre-pente les unes des autres, est placé à la sortie de pelles placées sur le bord du bief, proches du moulin. A la bonne saison (migration), avec une eau convenable (boueuse), l'ouverture des pelles crée un courant que suivent les anguilles retenues alors par cette sorte de "tamis". Plusieurs moulins possèdent aujourd'hui encore une anguillère opérationnelle, mais leur utilisation semble interdite.

•   La forcée : Vraie opération commando (estivale): deux "pêcheurs" en action dans la rivière et un guetteur chargé de surveiller les flotteurs (les "bouchons") des filets et accessoirement de  s'assurer de l'absence à l'horizon visible d'indiscrets (de tout poil).
Le principe : barrer un secteur d'une cinquantaine de mètres de long à l'aide de deux filets et battre la portion de rivière ainsi délimitée de façon à chasser le poisson vers les filets.

La méthode : les filets étaient mis en place silencieusement et simultanément; les pêcheurs, partant ensemble d'un des deux filets, percutaient violemment l'eau - chacun sa rive - jusqu'à l'autre filet,  à l'aide de "bouladous" (bâtons terminés par un talon de botte), en visant particulièrement les souches et les "cavernes" sous les rives dans l'espoir d'en déloger les poissons qui pouvaient s'y cacher (espoir vain pour les carpes). Le guetteur encourageait les acteurs si "ça bougeait" au niveau des "bouchons"; une sarabande révélait généralement la prise d'un brochet et il était alors urgent de le sortir de l'eau sous peine de le laisser déchirer le filet à coups de dents et s'échapper !
Après un aller et retour, il n'y avait plus qu'à lever les filets, et ... recommencer un peu plus loin si nécessaire.
Efficacité redoutable ...

Pêche aux "flotteurs" ou "planchettes" :
•   Matériel : Un simple roseau d'environ 1 mètre de long. Au tiers de sa longueur, était attachée une cordelette d'environ 3 mètres avec un bas de ligne nylon 50/100 terminé par un hameçon n° 2. Les bouts du roseau étaient peints en rouge.

•   Esches : pour l'anguille , de gros vers de terre, des vifs ou des poissons morts (ablettes par exemple); pour la carpe, fèves bouillies dans de l'eau avec de l'anis étoilé

•   Méthode : « Ces engins étaient posés depuis un bateau dans les bancs de nénuphars dans l'après midi et soigneusement notés dans un carnet. Le lendemain matin, à la pointe du jour, on allait relever ces flotteurs souvent au nombre de 150 à 200 . Lorsqu'un poisson avait mordu, on ne voyait plus qu'un bout rouge dépasser de la surface de l'eau. L'on préparait alors une large épuisette et l'on commençait à travailler le poisson directement en tenant le cordonnet dans la main et l'on contrecarrait les départs de la bête comme avec le frein d'un moulinet sauf que là , c'était vraiment en direct, comme avec une palangrotte. Le résultat n'était pas toujours extraordinaire mais souvent 2 ou 3 carpes et une dizaine d'anguilles, parfois 1 brochet, étaient au rendez-vous. »

Saison sèche:
Un été très sec pouvait faire tarir la rivière ... L'eau résiduelle était alors localisée dans les (anciens) profonds, où se trouvaient - pouvait-on penser - les poissons rescapés.

Il suffisait, armé d'une épuisette, de fouiller ces trous d'eau pour en retirer du poisson.
Dans le cas de bassins un peu trop grands pour cette méthode artisanale, les trous d'eau étaient vidés à la pompe (à main ou même à moteur!).
Parfois, se produisait un tarissement "artificiel" lorsqu'un minotier levait les pelles du moulin. Il suffisait d'être un de ses amis ...

La pêche aux grenouilles :

    En rivière, la pêche la plus poétique :
Une nuit d'été sans lune.
Une barque à fond plat.
Une lampe à acétylène.
Deux "pêcheurs", l'un conduisant le bateau, l'autre éclairant les massifs de feuilles de nénuphars.
Les grenouilles, éblouies par la lumière, cueillies à la main ...
    Dans les mares :
Chaque ferme avait une mare, bassin pour les canards et les oies et abreuvoir pour le bétail, alimentée par une source ou un ruisseau permanent. Ces mares constituaient des réservoirs naturels à grenouilles ...
La pêche classique :
Une après-midi d'été très chaude, une grande canne de bambou, un hameçon à trois pointes ("clou triple") équipé d'un leurre rouge et amené tout près de la grenouille. Généralement, la grenouille se précipite spontanément sur le leurre et il n'y a qu'à ferrer; sinon, d'un coup de poignet à l'horizontale, le hameçon cueille au vol la grenouille.
Une pêche "spéciale" :
D'abord, bricoler un fusil à harpon pour grenouilles : un long bambou, une baleine de parapluie dont une extrémité est usinée à la lime en pointe de harpon, un gros élastique (genre élastique à fronde), une ficelle, quelques clous cavaliers plantés dans le bambou pour guider la tige du harpon; l'élastique est attaché par une extrémité à la ficelle et à la base du harpon et lié au bambou à l'autre extrémité. Pour armer le harpon, il suffit de tirer vers soi la ficelle : l'élastique est tendu entraînant avec lui le harpon. Lorsqu'on lâche la ficelle, l'élastique se détend en projetant le harpon vers la cible, située en pratique à une vingtaine de centimètres.
Cette pêche était pratiquée de nuit, à la lumière d'une lampe à acétylène, lumière éblouissante pour les grenouilles. Son succès demandait une certaine habileté dans la visée.

La pêche aux écrevisses :

Cette pêche se pratiquait très classiquement à l'aide de balances, dans les ruisseaux à régime permanent. C'était souvent l'occasion d'un pique-nique en fin d'une journée d'été. Les balances étaient posées dès l'arrivée et commençaient à pêcher pendant le repas. L'appât était en général une tête de mouton taillée en gros morceaux par le boucher (qui n'était pas dupe de l'usage qui en serait fait...). La nuit tombante était le meilleur moment et la pêche était poursuivie jusqu'à n'y plus voir.
Titre: Re : ligne dormante et fond lac ou d'étang au "dénivelé faible"
Posté par: lambda le 19 janvier 2011 à 13:45:32
Beau résumé, Technophilo!  :doubleup:

Si ca te dit d'améliorer sa mise en page pour le rendre encore plus lisible, voir même d'y intégrer 2 ou 3 photos si tu as, je pense que ca vaudrait vraiment le coup...
comme tu veux!

Merci à toi!

a+,
Lambda