Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Feu de camp => Discussion démarrée par: Maximil le 28 septembre 2007 à 00:49:13

Titre: Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Maximil le 28 septembre 2007 à 00:49:13
Bonsoir à tous. Bon déjà, j'ai pas les idées forcément claires ce soir, donc ne m'en voulez pas si vous ne trouvez pas dans ce post de grandes phrases intelligentes ou de petites phrases simples  :lol:

Je partirais des des deux questions suivantes:
Que feriez-vous s'il vous restait une semaine à vivre ?
Pour vivre pleinement, faut-il être prêt à mourir ?

La question n'est pas tant sur ce que vous feriez s'il vous restait une semaine, réponses assez personnelles, que le pourquoi de tel ou tel acte plutôt que tel autre. Le type de réponse à cette question conditionne fortement la réponse à la deuxième question.

A lire des réponses sur un forum du net à une question similaire, on s'aperçoit que la plupart des gens voudraient faire pleins de choses, essayer pleins de trucs, etc.
La réponse que je pourrais apporter, à part dire à ceux et celle que j'aime que je les aime et profiter un peu avec eux du temps qu'il me reste, de regler un compte ou deux avec une personne, je chercherais à me retirer en un quelconque lieu du globe, probablement dans le Gobi pour les derniers jours.

J'interrogeais un ami par MSN à ce sujet qui me disait avoir à peu près le même état d'esprit.
De là ont été soulevées 2 questions:
- tous les "survivors" que nous sommes ont-ils à peu près la même caractéristique à ce niveau là ?
- est-ce ce qu'on appelle "partir serein", ou bien au contraire, n'avoir plus de rêve à réaliser ?
Qu'en pensez-vous ?

En admettant que votre réponse soit différente de celle-ci, qu'est-ce qui vous empêche de réaliser ces choses là dès maintenant ?
En définitive, ne faut-il pas être prêt à la mort pour apprécier pleinement la vie ?

Donnez donc votre avis sur les différentes questions soulevées ici..



Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Corin le 28 septembre 2007 à 06:44:22
Les questions que tu poses peuvent gêner un certain nombre d'entre nous. On pourrait y voir là une sorte de fascination morbide. Je me sens une responsabilité en tant que modérateur, surtout vis-à-vis des plus jeunes, à ne pas les laisser sans réponse.
Néanmoins, cela n'est que ma réponse.

I. Que feriez-vous s'il vous restait une semaine à vivre?
Il me semble que la réponse que l'on peut faire dépend de notre âge et de notre maturité. Ceux d'entre nous dont les tempes grisonnent ont sans doute plus de choses sérieuses (préparer ses proches, et notamment ses enfants, mettre en ordre ses affaires, gérer sa succession,...) à faire en un semaine si ce doit être la dernière que l'un de nos jeunes et fringants lecteurs lycéens.

Sans tomber dans la stérile énumération de ce que l'on pourrait vouloir faire, on peut simplement se demander s'il ne faut pas vivre pleinement pour ne rien regretter quand viendra notre dernière semaine à vivre.
Autrement dit, il me semble que la sagesse nous dicte de vivre chaque jour pour être satisfait de ce que nous avons fait. Ainsi, quand viendra notre dernière semaine, nous n'aurons rien à faire car nous aurons fait avant ce que nous souhaitions. Et ce que nous n'aurons pu faire pendant le cours de notre vie, nous le regarderons comme quelque chose d'accessoire.

Cela permet aussi de relativiser les contraintes du quotidien. Si cela doit être mes derniers instants, dois-je garder comme souvenir celui du patron avec qui je ne m'entends pas, celui de l'automobiliste avec qui je me suis engueulé,...?

Bref, ne doit-on pas agir positivement chaque jour pour que le bilan que l'on fera à la fin de notre vie, la dernière semaine, nous permette d'en profiter sereinement? De notre vie comme de la dernière semaine.
 
II. Pour vivre pleinement, faut-il être prêt à mourir?
La seconde question est liée à la première. Dans le film "les Poètes disparus", la formule Carpe Diem était remise au goût du jour. Il fallait "cueillir le jour", profiter d'aujourd'hui pleinement parce que demain il ne sera plus. Cela peut se traduire par l'envie de vivre toute chose à l'extrême. De là, existe un risque de dérive: n'apprécier que les moments où l'on ressent des sensations fortes.

On trouvera ce comportement, notamment me semble-t-il, chez l'adolescent qui cherche ses limites et n'hésitera pas à se mettre en danger (on parle, je crois, de "conduites à risque"). Un certain plaisir consiste à constater que l'on a pu "dépasser ses limites". Et notre société pousse à ce "toujours plus".

A prendre des risques, on peut évidemment perdre la vie. C'est là que se glisse l'aspect pervers de ces situations. Face au fait de l'avoir "échappé belle", certains peuvent éprouver une fascination pour le fait de "frôler la mort". Et de là, rechercher ces sensations sans autre but que de les ressentir.

On trouve cette recherche aussi bien dans la "Fureur de vivre" (film mythique des années 50 avec James Dean, où le héros défie un chef de bande dans un course de voiture où le plus courageux doit sauter le dernier d'une voiture lancée à pleine vitesse vers un précipice) que dans un défi que se lançaient les élèves pilotes de l'école de l'Air de Salon de Provence (le dernier qui freine avec sa voiture sur la piste d'envol) ou le jeu "du foulard" ou "de la tomate" (consistant à subir un étranglement jusqu'à la perte de connaissance) (1).

La recherche de la sensation forte devient la priorité et pousse à un comportement risqué. C'est la sensation, et non plus l'intérêt de l'activité pratiquée, qui motive celui qui se lance ainsi dans une pratique à risque.

Alors, la question pourrait s'analyser de la façon suivante: Faut-il défier la mort pour donner un sens à sa vie?
Posée comme cela, la question fait apparaître le côté futiile et stupide de ce comportement. C'est le fait, amha, d'individus désoeuvrés.

Donc, on peut admettre que pour trouver leurs limites et leur identité, certains jeunes prennent des risques. Ce qui leur est facilité par leur physique maléable et performant. C'est aussi une réponse à l'ennui que certains ressentent. Mais l'intérêt limité de la prise de risque pour le risque apparaît rapidement et beaucoup se raisonnent.
En revanche, il me semble que l'adulte doit avoir pris du recul par rapport à sa propre existence et l'avoir mise en perspective. Ce que facilite le fait d'avoir des enfants, notamment. "Construire sa vie", c'est accepter d'aller pas à pas, jour après jour, parce que l'on ignore tout des joies du lendemain. Mais que l'on a foi en celles-ci.

Dès lors, pour vivre pleinement chaque jour, il faut avoir régulièrement des satisfactions. Celles-ci peuvent s'obtenir dès le plus jeunes âges par des victoires ou des progrès, à l'école, certes, mais surtout en sport, en musique, dans des activités ludiques ou culturelles.
Cela peut paraître idiot mais il me semble que n'importe quel jeune qui a des difficultés scolaires ou relationnelles aura forcément une autre image de lui si, toutes les semaines, il participe à un match de rugby ou un atelier théâtre qui le met en valeur au sein d'une communauté.

Donc, pour vivre pleinement sa vie, il faut lui donner un sens. Pour lui donner un sens, il faut identifier ce qui nous donne satisfaction, ce qui nous épanouit.

On pourrait, par exemple, rechercher un appui à notre réflexion dans la Parabole des talents et l'analyse qui en est faite: nous avons la possibilité de faire ce que nous voulons de notre existence. Nous sommes libres, conscients et responsables. Nous avons tous reçu des dons. Il nous appartient de les développer et de les faire fructifier. Les satisfactions que nous en retirerons viendront nourrir notre existence et lui donner un sens.

Voilà. Cette réponse est forcément très personnelle. Chacun, sur un tel sujet, a la sienne.

Pour finir ce qui peut s'apparenter à une copie de philo ;), je terminerai comme il se doit en rouvrant le débat par une question.
Finalement, pour apprécier sa vie, ne faudrait-il pas prendre chaque jour avec le même émerveillement que si c'était le premier?

A+

PS: bravo à ceux qui auront tout lu ;D. Ils flattent mon ego...;). J'irai lire leur réponse.

(1) Ces "jeux" ont tous fait des morts qui ne sont plus là pour apprécier leur vie.
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: cubitus le 28 septembre 2007 à 08:46:42
On peut philosopher pendant des heures sur ces questions... travail du cerveau "raisonnant", qui met en silence le cerveau "émotif".

Pour avoir régulièrement dans mon travail accompagner des personnes qui étaient effectivement en "fin de vie" et qui le savait, je peux vous dire une seule chose : aucun d'entre nous ne sait comment il réagira dans cette situation. Les émotions (angoisse, colère, tristesse, culpabilité,... ) colorent énormément les capacités "rationnelles" de l'être humain dans ces circonstances.

Certains dépriment, d'autres sont sereins, d'autres encore engueulent tout le monde,...

Bien sur cela est surement lié aux expériences personnelles, au travail qui a été fait en amont, mais on peut avoir des surprises, souvent.

Merci à Maximil d'avoir soulevé ces questions, j'ai hate de lire les autres réponses, et merci à Corin, j'ai lu TOUTE ta réponse, très intéressante.
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: DavidManise le 28 septembre 2007 à 08:48:36
Salut à tous,

Bon on s'approche d'un sujet qui pourrait vite devenir glissant... 

Perso, j'aime m'imaginer ce que je ferais si c'était réellement ma dernière semaine...  Concrètement, là de suite, si on me disait qu'il me reste une semaine à vivre, d'abord je voudrais pas y croire, ensuite ça me ferait chier, ensuite j'essaierais de trouver un truc, et puis peut-être que finalement je déprimerais complètement avant de finalement, j'espère avant qu'il ne soit trop tard, accepter l'idée et faire ce qu'il faut dans le contexte... 

Voilà pour le réalisme.

Ceci dit, si là tout de suite c'était ma dernière semaine, je voudrais revoir mes parents, qui sont au Québec...  J'ai vu mon père l'an dernier, mais j'ai pas vu ma mère depuis 2003.  Surtout, ma mère n'a jamais vu sa petite fille Camille encore.  Pourtant elle a trois ans... :(  Et j'irais voir ma soeur :love: -- on irait faire un tour dans le bois, on allumerait un feu et, comme d'habitude, on aurait pas vraiment besoin de parler, on saurait exactement ce qu'on veut dire...

Donc c'est ça que je ferais.  J'irais voir mes parents et ma soeur, avec mes gamins et ma femme, et je les remercierais pour tout ce qu'ils ont fait, et continuent à faire pour moi...  c'est ça le truc le plus important et le plus urgent que j'ai à faire.  D'ailleurs je me dis que je devrais peut-être le faire même si c'est pas (que je sache !) ma dernière semaine.

Maintenant est-ce que pour vivre pleinement il faut être prêt à mourir ? 

J'espère bien que non, parce que je connais peu de gens qui sont réellement prêts à crever.  Mais pour moi il est clair que d'être CONSCIENTS du fait qu'on va tous crever un jour a tendance à nous aider à apprécier le moment présent.

Non content de me demander ce que je ferais s'il me restait une semaine à vivre, j'aime aussi me demander ce que je ferais s'il me restait un an à vivre, puis 10 ans à vivre.  Ca permet aussi de planifier un peu plus loin et de donner un sens à sa vie sur le long terme.

S'il me restait un an à vivre ?  Je chercherais à mettre des sous de côté pour aller voir mes parents, ou qu'ils viennent ici au pire...  et je chérirais autant que je peux ma femme et mes gamins.  Je me démerderais aussi pour donner autant de stages que je peux, et pour transmettre le plus de choses possibles à des gens intelligents qui ne vont pas pourrir le truc ni le gaspiller... 

Bref, pour être clair, c'est EXACTEMENT ce que je suis en train de faire en ce moment...

S'il me restait dix ans ?

Bah à peu près pareil, sauf que dans dix ans j'espère avoir des problèmes de succession à régler en plus, à part mon duvet et mes couteaux, quoi ;D

Ciao ;)

David

P.S.: bon bah j'ai surligné en noir les trucs qui n'intéressent que moi...
P.P.S.: grillé par cubitus :)
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Corin le 28 septembre 2007 à 08:53:35
aucun d'entre nous ne sait comment il réagira dans cette situation. Les émotions (angoisse, colère, tristesse, culpabilité,... ) colorent énormément les capacités "rationnelles" de l'être humain dans ces circonstances.
+1

Corin, j'ai lu TOUTE ta réponse.
Eh, eh, eh... Mon p'tit doigt m'avait dit qu'on échangerait sur le sujet... Bien content de te voir sur un thème aussi complexe et d'avoir lu ta réponse, que je partage :up:.

A+
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: alezan le 28 septembre 2007 à 09:32:02
Je partirais des des deux questions suivantes:
Que feriez-vous s'il vous restait une semaine à vivre ?
Pour vivre pleinement, faut-il être prêt à mourir ?


Donnez donc votre avis sur les différentes questions soulevées ici..







pourquoi se restreindre a une semaine....

puisque les jeux sont fait dés le départ..... c'est d'ailleurs la seule chose dont ont est certain (statistiquement on vie dans les 75/ 80 ans en moyenne)

donc pour moi la priorité
etre heureux de se reveiller le matin

c'est profiter pleinement

ne pas remettre au lendemain tous plaisirs qui peut etre pris le jour même

et preserver du mieux que je peux mon capital "vie" pour pouvoir de nouveau etre heureux de se reveiller ect ect ect.....

 :bienmal:
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Fox le 28 septembre 2007 à 09:34:05
Salut David!

Bon on s'approche d'un sujet qui pourrait vite devenir glissant... 

Tu trouves?

Il se semble que cette reflexion, même si elle part d'une idée qui fait réagir car elle nous touche dans notre fondement a un côté "coup de pied au cul" car elle nous pousse a analyser les vrais fondements de notre vie et à s'y atteler (et surtout en profiter) pour de vrai...
Qu'en dis tu?
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: DavidManise le 28 septembre 2007 à 09:59:39
Tafdak avec toi.

Je crains juste deux choses :

1) les mecs qui se la pètent et qui se la racontent, qui nient la mort quitte à avoir des comportements à risques et qui inciteraient les jeunes du forum à le faire...  ou à l'inverse les gens qui flippent trop, etc.
2) que ça parte trop dans le sprituel/religieux...  c'est un forum laïc ! ;D

Pour le reste, tout roule ;)

David
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Fox le 28 septembre 2007 à 10:21:15

2) que ça parte trop dans le sprituel/religieux...  c'est un forum laïc ! ;D


 :'( Et moi qui aimais le côté sectaire, les rites initiatiques, les signes de reconnaissance cachés, les taberneck/amulettes, les feux....  :'(
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: nicogala le 28 septembre 2007 à 10:53:00
Citation de: Maximil
Que feriez-vous s'il vous restait une semaine à vivre ?
Pour vivre pleinement, faut-il être prêt à mourir ?


Si l'on sait qu'on va mourir on peut songer à préparer sa succession, penser à ses proches notamment


Maintenant parler de faire des truc extravagants ? Pourquoi pas, mais souvent qd on les fait c'est pour une part pour les vivre dans l'instant présent mais pour une autre part pour en garder des souvenirs, or là...

Faut-il être prêt à mourir ? Disons que dans la vie en général on se freine bcp car on essaie de se préserver, s'économiser, on s'inscrit dans une longue durée et chaque action qu'on entreprend peut avoir des conséquence affectant cette durée ou l'état ou les conditions dans lequel on va la vivre... du coup si on peut/doit faire abstraction de ça, on peut carrément se lâcher : entre nous vivre 7 jours ou "seulement" 5 quelle importance ?

Donc perso je pense pas qu'il faille être près de la mort pour apprécier la vie mais que pour repousser la mort le plus loin possible on est obligé de ne pas faire tout ce qu'on voudrait... il y a des risques qu'on prend le parti de ne pas prendre.
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Anke le 28 septembre 2007 à 12:11:13
Ouf.... Alors là ! Corin outre la belle analyse, voilà donc une démarche qui va à l'essentiel et qui ne peut que me satisfaire, tant elle "colle" à la mienne...
David, je n'ai pas les mots, juste l'émotion.
J'espère avoir la chance de vous rencontrer un jour et si je meurs avant, j'aurai au moins eu le "petit bonheur" de lire ça !
Oui, Pleins de "petits bonheurs" au jour le jour, essayer  de les capter, d'en rater le moins possible, essayer de regretter le moins possible, faire de son mieux... Le reste c'est de la littérature. Chaque jour peut-etre le dernier non ?
Je me réveille.... Punaise, ça va etre une belle journée. Tous les jours, jusqu'au dernier !
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: zoltan charles henderson le 28 septembre 2007 à 13:14:52
Ouf.... Alors là ! Corin outre la belle analyse, voilà donc une démarche qui va à l'essentiel et qui ne peut que me satisfaire, tant elle "colle" à la mienne...
David, je n'ai pas les mots, juste l'émotion.
J'espère avoir la chance de vous rencontrer un jour et si je meurs avant, j'aurai au moins eu le "petit bonheur" de lire ça !
Oui, Pleins de "petits bonheurs" au jour le jour, essayer  de les capter, d'en rater le moins possible, essayer de regretter le moins possible, faire de son mieux... Le reste c'est de la littérature. Chaque jour peut-etre le dernier non ?
Je me réveille.... Punaise, ça va etre une belle journée. Tous les jours, jusqu'au dernier !

Essayer est le bon mot car pour certains la réalité quotidienne c'est : Punaise, ça va être une journée de m.....
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: DavidManise le 28 septembre 2007 à 13:16:16
Je me disais ça tous les matins quand ma vie ne me convenait pas ;)

David
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: mijour le 28 septembre 2007 à 14:08:49
Bien sombres comme questions, dis moi.

Comme nous ne savons pas ce que nous réservent les jours prochains, il faut savoir profiter de la vie chaque jour, chaque semaine.

Certes, il y a des jours qui ne seront pas à graver d’un pierre blanche dans nos vies, il y a des bas, des journées quelconques. Mais sans ces journées comme celles-ci, on ne pourrait pas vivre les journées exceptionnelles ou du moins, celles qui nous remplissent de joie. Il faut toujours se dire qu’il y a toujours mieux à vivre.

Donc, si on me disait que j’aurai qu’une semaine à vivre, je ne sais pas comment je réagirais. La perte de ma vie ne serait pas voulue, et si on me l’annonce comme ça, c’est que ma fin est prévisible donc, je serais sûrement malade (grave maladie)… je me dirais, une semaine, bah, on va essayer de la prolonger : faire de cette semaine, quinze jours, un mois, une année. Parce que je me dis que je n’ai pas assez vécu pour mourir.

À une période de ma vie, je me saurais dit, bah, tant mieux, au moins, j’aurai plus de soucis, j’aurai laissé passer ces journées sans rien faire, sans me battre, avec peut-être une joie que le cauchemar s’arrête.

Mais là, je dirais : il faut que je me bouge, ou c’est provisoire, je vais pouvoir sortir la tête de l’eau dans quelques temps (jours, mois, semaines).
Je ne ferais pas de choses exceptionnelles, je me battrai pour rester en vie et partager des « belles » journées avec mes proches… dires ce que j’ai sur le cœur… faire ce que j’aime… faire ce que j’ai envie.
Mais c’est un peu ma philosophie actuelle, même si des obligations (comme les horaires de travail – les contraintes de la vie) nous empêchent de profiter à 100% de moments de plaisir.

Mais sans contraintes, serons-nous identifier les moments de liberté, de plaisir ?
Titre: Re : Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Corin le 28 septembre 2007 à 14:36:33
Essayer est le bon mot car pour certains la réalité quotidienne c'est : Punaise, ça va être une journée de m.....
Bien sûr, nous avons tous nos baisses de morale. Un copain m'avait sorti cette phrase, issue de je ne sais quelle philosophie: "ressource-toi chaque jour auprès de l'arbre qui est en face de chez toi". Arriver à prendre du recul face aux événements est difficile mais ça donne une telle force...

Garder la capacité d'apprécier un coucher de soleil dans une phase de sa vie difficile est un moyen de survie efficace à mes yeux.

Bon, on a basculé de l'autre côté de la question de Maximil.

A+
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: miladiou le 28 septembre 2007 à 16:05:25
Bien sombres comme questions, dis moi.
Bof! Pas forcément, pas très bien formulée au départ peut-être...
Moi, ce genre de question, ca me fait penser qu'il ne faut surtout pas oublier que le plus important c'est le moment présent.
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut vivre chaque instant à fond la caisse et prendre des risques démesurés, Corin l'a très bien expliqué.
Si on a envie de vivre quelque chose, réaliser un rêve, pourquoi le remettre à demain? Le futur est hypothétique même proche.
Et si on ne réalise pas son rêve (ou pas maintenant), he ben, c'est peut être qu'il y a d'autres choses plus importantes que ça (ses enfants ou autres) et faut en avoir conscience pour profiter de ces instants.
On peut planifier sur le futur évidemment mais le présent doit quand même en valoir la peine. Si on planifie sur un beau futur pour un présent de m... constamment, on prend un sacré risque.
Des fois, c'est simplement changer de point de vue et voir ce qu'on a autour de nous et puis parfois, il faut changer de voie parce qu'on est pas sur les bons rails et ça sert à rien d'attendre.
Moi, chuis pas une casse-cou mais j'ai toujours cette idée du présent et que j'ai qu'une vie à vivre.

Marion

PS: c'est sympa de vous relire après vous avoir quitté pendant ces vacances
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: lepapat le 28 septembre 2007 à 16:31:13

Comme nous ne savons pas ce que nous réservent les jours prochains, il faut savoir profiter de la vie chaque jour, chaque semaine.


Je ne vais pas me " la pétée ", on dire que j' ai raison et blabla..., mais tu a parfaitement raison Mijour  ;), faut profité de la vie, comme elle viens. Avec ses m*rdes comme ses joies.

On ne sais jamais se que réserve les jours prochains, je suis bien placé pour le savoir, vus que j' ai partager le lit ( d' hôpital ) avec la Faucheuse.

Maintenant je me pose plus cette question, de savoir ce que je ferais si ..., je profit de la vie, tout simplement  ;)
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Anke le 28 septembre 2007 à 17:26:37
"J'espère avoir la chance de vous rencontrer un jour et si je meurs avant, j'aurai au moins eu le "petit bonheur" de lire ça !"
J'essayais par ces propos de faire comprendre que de voir le verre à moitié plein plutot qu'à moitié vide pouvait etre une solution pour voir les choses différemment. Non pas en développant un optimisme outrancier, mais peut-etre en se disant que ma foi, je n'ai pas raté, les rencontres, les expériences quand elles se présentaient à moi. Certaines formes de philosophies ( orientales je crois) ont bien en elles le concept de l'éphémère, de la transformation continuelle ( sans forcément y rechercher des concepts de faillite ou de réussite, comme par exemple la vieillesse qui n'est ni bien ni mal, elle est c'est tout).
"Profiter de la vie", c'est très vague et tout le monde ne met pas les mêmes choses sous ses mots là.
Aujourd'hui à 50 ans, je n'ai pas trop peur de mourir ( un petit peu quand même) mes enfants sont grands et même la plus jeune sera à l'abri ( on a évoqué le pb à la maison, les ainés seront là pour elle et j'ai confiance en leur parole), mes "affaires" sont règlées ou en cours de l'être, et vis à vis de mes pbs personnels ou familiaux, j'ai choisi une ligne de conduite depuis belle lurette.
Donc pour moi, chaque jour c'est "pour le fun", c'est tout bénèf.
Si on me dit : " tu meurs dans une semaine" ( maladie courte et rigolote, le contraire de longue et douloureuse cf : Desproges), je ne suis pas sûr de vouloir changer quelque chose, ou aller ailleurs.
Si ...dire à ceux que j'aime que je les aime un peu plus, consoler mon épouse en lui disant qu'elle est la femme de ma vie, que vivre avec elle ça été formidable et que je ne regrette rien ( même les disputes, parce qu'on a su se réconcilier) et qu'il ne faut pas avoir trop de chagrin, qu'elle se rende compte de la chance que j'ai eu de la rencontrer( mon seul regret sera de ne pas pouvoir la prendre dans mes bras et lui dire "je t'aime" à 80 ans) ; dire à mes gosses que se sont des types "biens" et bon sang, qu'ils m'impressionnent !
Voilà.

Vous envoyer de fleurs à tous par interflora ?.............................Oups ! Je suis déjà dehors !
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Patrick le 28 septembre 2007 à 19:22:17
I. Que feriez-vous s'il vous restait une semaine à vivre?

1.Je mettrais mes affaires en ordre pour qu'en plus de la peine, mon départ ne sois pas un patacaisse administratif pour ceux qui restent.

2. je ferai un bilan de ce que j'ai fait, des gens que j'ai aidé et ceux à qui j'ai fait du mal.

3. je passerais le plus de temps possible avec ceux que j'aime, leur dirais que je les aime et qu'il ne faut pas être triste car j'ai bien vécu, que j'ai eu beaucoup de chance et une belle vie et que, tout bien considéré à part ne pas pouvoir avoir le privilège de passer encore un peu de temps avec eux, je ne regrette rien.

II. Pour vivre pleinement, faut-il être prêt à mourir?

Je ne crois pas qu'à part justement être en fin de vie on soit réellement prêt à mourir mais qu'il faut absolument avoir conscience de la mort et de la fragilité de la vie ainsi que de son prix. Justement pour ne pas gaspiller sa vie et que chaque risque prit le soit pour une bonne raison et non en totale vanité.

Ne nous y trompons pas nous souhaitons tous vivre pleinement chaque instant de notre vie, mais nous retombons souvent dans les travers des emmerdes domestiques, tous ces "soucis", ses "stress" du quotidien qui nous semblent si futiles à posteriori. On se prend de grosses colères pour trois fois rien (enfin surtout moi).

Arrivé à un âge médian on a tellement vu de personnes partir prématurément ou rester sans ne plus pouvoir jamais vivre pleinement, que chaque jours qui passe on doit essayer de trouver la force de surmonter ses fameux soucis et regarder la chance que nous pouvons avoir.

Personnellement, c'est déjà un put**n de miracle que je sois encore en vie et approximativement sur mes deux jambes, j'ai pu faire les études que je voulais et les jobs qui me plaisaient, je suis propriétaire de ma maison et je fais des activités exaltantes (même si ce n'est pas autant que je le voudrais), j'ai eu des parents aimants qui m'ont donné l'exemple d'une conduite droite et digne, j'ai des amis merveilleux (dont certains rodent ici  :love:) et une femme qui m'aime et que j'aime.

Un sacré veinard de privilégié quoi.
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Anke le 28 septembre 2007 à 20:11:25
" je ferai un bilan de ce que j'ai fait, des gens que j'ai aidé et ceux à qui j'ai fait du mal."
"une conduite droite et digne" .

Patrick, t'es un mec "bien"...

ça fait plaisir de lire.
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Patrick le 28 septembre 2007 à 20:16:27
" je ferai un bilan de ce que j'ai fait, des gens que j'ai aidé et ceux à qui j'ai fait du mal."
"une conduite droite et digne" .
Je n'ai pas dit que j'arrivais à avoir toujours une conduite droite et digne, mais que mes parents m'en avaient donné l'exemple.

Patrick, t'es un mec "bien"..
Il y a beaucoup ici de gens vraiment "bien" voire merveilleux. Moi j'essaye juste à chaque minute de ne pas basculer du côté obscur  ;D
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: guillaume le 29 septembre 2007 à 14:09:58
Tiens, je discutais de ça il y a pas si longtemps avec je ne sais plus qui...

Comme le dit Corin, je suis jeune, je n'ai donc pas de problème de succession à régler, ni d'enfant (ou pas que je sache :lol:), fin bref.
Là, bien assis au chaud dans mon fauteuil ( ::)), je dirai d'abords deux mots à ma famille puis je partirai. Au Canada sûrement.

Au stade où j'en suis, mon rêve serait de mourir sans douleur et en faisant quelque chose que j'aime par dessus tout (être dans la Nature).


J'apprécie ma vie comme elle est car j'essaie au maximum de faire ce que j'aime, on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain... Ainsi, il m'arrive de partir sur un coup de tête en forêt...

Tout ça n'est pas très clair, j'ai juste mis mes idées en vrac.
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: b@s le 03 octobre 2007 à 13:31:09
I.

Je ne crois pas qu'à part justement être en fin de vie on soit réellement prêt à mourir mais qu'il faut absolument avoir conscience de la mort et de la fragilité de la vie ainsi que de son prix. Justement pour ne pas gaspiller sa vie et que chaque risque prit le soit pour une bonne raison et non en totale vanité.

Ne nous y trompons pas nous souhaitons tous vivre pleinement chaque instant de notre vie, mais nous retombons souvent dans les travers des emmerdes domestiques,

pas mieux... en ce moment c'est le résumé de ma vie. je sais que mes tracas du quotidien - quoi qu'ils me prennent bien le chou - ne sont que des péripéties... et pourtant, c'est dur de les laisser de coté, c'est dur d'etre satisfait d'une journée, de ne pas ressasser ce qui ne va pas...

je pense (même si je plussoie ceux qui disent qu'on ne peut pas connaitre à l'avance ses réactions) que face à une telle annonce, je commencerai par m'auto-botter le cul (balèze) pour avoir accordé autant d'importanec à certaines histoires ou personnes qui m'éloignent de moi et de ceux qui me sont vraiment chers.

je pense ensuite que je chercherai à faire passer certains messages en urgence, notamment dire à ceux que j'aime à quel point je les chéris.

j'aime ta position, patrick, car on y percoit la sagesse : et çame manque au plus haut point en ce moment...


pour finir, une phrase que j'aime bien, et qui a un lien avec notre discussion

si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Cynry le 03 octobre 2007 à 14:33:05
Moi la psycho ça me broute, et je vais peut-être de fait tomber dans le "spirituel" en répondant. Modos, veillez...

Les deux questions sont liées pour moi, donc je vais répondre n'importe comment.
Je précise aussi que je suis jeune, sans emploi et que je ne fait pas d'études, donc ça limite direct mes contraintes et contrariétés au quotidien.

Ce qui est vraiment important pour moi, c'est de vivre l'instant présent. C'est à dire de savoir de temps en temps arrêter de penser inutilement, arrêtez de se projeter dans nos problèmes futurs et simplement sentir qu'on est en vie. Ca peut sembler abstrait dit comme ça, mais sentir la vie en soi et autours de soi est la sensation la plus agréable que je connaisse, et je peux vous dire d'expérience que c'est vraiment très concret. En plus j'avais rien pris  ;D

Autre chose, faire de son mieux au quotidien et en fonction des circonstances, ça évite de regretter tout et n'importe quoi. Et ça n'a rien à voir avec la performance. C'est juste être à ce qu'on fait et pas à ce qu'on va manger ce soir, pour résumer.

De là, ce que je ferais si il me restait une semaine à vivre, bah c'est globalement ce que je fais maintenant. J'essaierai sûrement de voir un max de gens parmis mes proches, et je ferai en sorte autant que possible que ça se passe comme d'habitude, et pas avec l'arrière pensée "je vais mourir".

Pour la deuxième question, TAFDAK avec Pat, sauf que je préfère pas juger ce que je fais comme étant futile, ou du gachis, parce que pour moi, ça aussi c'est du temps de perdu...
Pas trop d'accord non plus pour ce qui est de notre "chance", y a des paraplégiques beaucoup plus heureux que des gens en parfaite santé. Je vois ça comme "j'ai bien de la chance de pas être comme lui, le pauvre, alors je me dois d'être heureux". A mon avis le bonheur se fout pas mal de tout ça, il est là quoi qu'il arrive, faut juste arriver à le capter.
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Rod le 04 octobre 2007 à 00:43:01
I. Que feriez-vous s'il vous restait une semaine à vivre?

Je continuerai sans doute à vivre comme je le fais actuellement... Ma vie me convient sinon je me casserais le cul pour en changer... Même si comme tous j'ai mes aspirations et mes doutes.
Maintenant j'essayerais sans doute de voir les gens que j'aime qui habitent près de chez moi pour leur faire une dernière accolade (et oui, le Rod est câlin  :love: ce que n'apprécie pas toujours ses compagnons de chambrée  ;D ) et je passerais un coup de fil à ceux qui sont loin comme mon Père ou mes amis à l'étranger... Et je leur raconterais sans doute une dernière connerie car je n'attendrais pas ce moment pour leurs dire ou leur faire sentir que je les aime... Je n'ai pas trop la pudeur des sentiments, ni la pudeur tout court d'ailleurs!  :-[  :tongue:
Je ne crois pas aux changement brutaux de dernière minute... Je me dis que passé 30 ans, il est grand temps de savoir plus ou moins où on en est (ce qui ne vaut pas dire n'avoir plus envie de rien) et qu'il ne faut pas attendre d'être dos au mur pour prendre une décision et améliorer sa vie. Même si je suis aussi conscient qu'il y a des imprévus... Mais c'est comme tout, c'est l'état d'esprit qui prime...  :up:

II. Pour vivre pleinement, faut-il être prêt à mourir?

Il faut savoir qu'on mourra un jour quoi qu'il arrive... Ainsi on peut vivre chaque jour comme si c'était le dernier avec passion et honneur ce qui ne veut pas dire brûler la chandelle par les deux bouts ce qui est irresponsable face à ceux qui comptent sur nous et comptent pour nous... "La Fin est importante en toute chose."  ;)

Bien à vous,

Rod
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Mickey le 23 octobre 2007 à 22:34:17
:hmm: s'il me reste une semaine a vivre ...pour moi la question est plus simple: chaque jour est un jour nouveau et il faut vivre sa vie en harmonie avec ses pensées.
Tous les jours je vis avec cette épee de damoclesse sur la tete et c'est trrès très très dur aussi. Toutes les reponses sont idiotes car chacun fera ce qui lui semblera bon
 :enerve: f... the death je n'attends que cela ce serait pour moi un soulagement, mais c'est egoiste de le dire car j'ai une femme et deux enfants.
Titre: Re : Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Maximil le 23 octobre 2007 à 22:48:27
Toutes les reponses sont idiotes
:glare: La tienne aussi je suppose donc...
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: Mickey le 23 octobre 2007 à 22:57:01
 :up: bingo tu as comptris
Titre: Re : Psychologie: Vivre, mourir...
Posté par: DavidManise le 23 octobre 2007 à 22:58:48
La sienne est peut-être idiote, mais il sait de quoi il parle, Maxi ;)

La dernière fois que je l'ai vu, le Mickey, il avait du mal à digérer ses cachetons de chimio.  Malgré ça il trimballait des portières de bagnole et il bossait comme un ouf.  Moi je dis respect. 

David