Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Feu de camp => Discussion démarrée par: Gros Calou le 27 septembre 2009 à 20:35:20

Titre: Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Gros Calou le 27 septembre 2009 à 20:35:20
Voici un poème / chanson que j'affectionne. Je me souviens que je disais à ma mère de me faire réciter alors que je n'avais pas récitation le lendemain  :D

Si toutes les filles du monde voulaient s' donner la main
Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde
Si tous les gars du monde voulaient bien êtr' marins
Ils f'raient avec leurs barques un joli pont sur l'onde
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde
Si tous les gars du monde voulaient s' donner la main


Si tous les gars du monde
Décidaient d'être copains
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans la main
Le bonheur serait pour demain

Ne parlez pas de différence
Ne dites pas qu'il est trop blond
Ou qu'il est noir comme du charbon
Ni même qu'il n'est pas né en France
Aimez-les n'importe comment
Même si leur gueule doit vous surprendre
L'amour c'est comme au régiment
Il n'faut pas chercher à comprendre

J'ai mes ennuis et vous les vôtres
Mais moi je compte sur les gars
Les copains qu'on ne connaît pas
Peuvent nous consoler des autres
Le bonheur c'est une habitude
Avec deux cent millions d'amis
On ne craint pas la solitude...

Merci Paul FORT.

 ;)

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: drbullet le 27 septembre 2009 à 22:20:36
Beau poème gros calou!  :up: Vous écrivez de belles choses en France  :)
Est-ce que c'est toi qui l'a composé?

a+++
Joé
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Gros Calou le 28 septembre 2009 à 08:17:08
Beau poème gros calou!  :up: Vous écrivez de belles choses en France  :)
Est-ce que c'est toi qui l'a composé?

a+++
Joé

Non, je n'ai pas ce talent, c'est Paul Fort, poète français, est né le 1er février 1872 à Reims et est mort le 20 avril 1960 dans sa propriété à Montlhéry dans l'Essonne.

Jules Jean Paul Fort donna ses premiers poèmes au Mercure de France en 1896. Ils constitueront le début des Ballades françaises dans une suite continue jusqu'à sa mort.
Il fonda le Théâtre d’Art qui deviendra le Théâtre de l'Œuvre, créa en 1905 la revue Vers et Prose et contribua à donner à Montparnasse son renom artistique. Il est l'auteur d'une œuvre poétique abondante et originale, mêlée de symbolisme, de simplicité et de lyrisme, utilisant le plus souvent le verset.
Paul Fort fréquenta les plus grands écrivains et poètes de son temps : Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Pierre Louÿs ou André Gide. Quelques-uns de ses poèmes furent mis en musique et chantés par Georges Brassens (Le petit cheval blanc, Le bonheur est dans le pré...). Il voulut offrir une scène à Maurice Maeterlinck dont il admirait les drames. C'est ainsi qu'en 1890, il créa avec Lugné-Poe Le théâtre d'Art qui révéla les dramaturges nordiques de 1880 : Henrik Ibsen et Maurice Strindberg. Fait Commandeur de la Légion d’honneur, il avait aussi été élu Prince des Poètes.

 ;)
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: gustuvi le 28 septembre 2009 à 08:33:30
Je propose aux amateurs de lames ,
De vider ici leur âme,
En composant quelques vers,
Sur leur compagnon en fer,
Parler de ses couteaux ,
Que l'on trouve si beaux,
Qui relèvera le défi ,
De parler avec poésie,
de la passion qui nous enflamme,
Nous les passionnés de belles Lames
Les gars faites un efforts
Montrez que vous êtes forts
Faites comme le forgeron ,
Créez pour de bon
A la place du marteau,
Utilisez les mots
Et pour remplacer l'enclume
Il suffit de prendre la plume
Juste une rime
Sans faire de frime
Rassurez vous pour la longueur des vers,
Les alexandrins je ne sais pas faire ,
Le tout s'est que ça rime,
Et que les idées qu'on exprime
Tourne autour des belles lames ,
Ou de ceux qui leur donnent une âme
Forgeron , coutelier, amateur,
Eux qui font notre bonheur .


Gustuvi
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: gustuvi le 28 septembre 2009 à 08:34:15
Les Soirs de vague-à-l'âme
je ressorts mes plus belles lames ,
Et je repense à leur histoire,
Qui commence souvent un soir,
Au cours d'un long échange verbal ,
Sur la forme que l'on veut pour son coutal .
On choisi les matériaux ,
On modifie la taille du bestiaux,
On décide de rajouter une bricole ,
Le coutelier nous dit que ça colle ,
Le couteau est dessiné ,
Et l'attente peut commencer .
Un attente parfois difficile ,
La durée est une notion futile ,
Qui nous fait perdre l'esprit .
Parfois on en pleure on en rit .
On s'énerve on râle on divague
On évite cependant de faire des vagues !
Et un jour un colis arrive
Telle une inespérée missive
On tremble on hésite a ouvrir
Pressé et stressé de découvrir
Le couteau que l'on a imaginé
Et que le coutelier a animé .


Gustuvi
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Salix le 28 septembre 2009 à 11:45:30
Un de mes préféré un poil hermétique mais d'une puissance ...




Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.


S. Mallarmé
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Humain le 28 septembre 2009 à 12:28:17
« Je vous souhaite des rêves fous à n’en plus finir
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite l’ardeur d’entreprendre,
afin de goûter aux joies de la réussite.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres,
parce ce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite aussi d’adorer le soleil,
Sans jamais négliger les jours de pluie,
Car eux seuls donnent naissance aux arcs-en-ciel.
Je vous souhaite, enfin, de ne jamais renoncer à l’aventure.
Je vous souhaite, surtout, d’être Vous. »
 
Jacques BREL
« Souhaits aux aventuriers de la vie »
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: jbc le 28 septembre 2009 à 12:42:17
brel toujours



Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés,
Semble-t-il, l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire « Je t'aime ! »
Elle doit lui dire « Je t'aime ! »
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
Ces deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement, il pleure
Il pleure à gros bouillons
Tout entourés qu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploit de les juger

La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c’est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud !

Et maintenant, ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l'heure c'était lui
Lorsque je disais "il"
Tout encastrés qu'ils sont
Ils n'entendent plus rien
Que les sanglots de l'autre
Et puis
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment, lentement,
Ces deux corps se séparent
Et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu'ils crient
Et puis, ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis, se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis, en reculant
Comme la mer se retire,
Il consomme l'adieu
Il bave quelques mots
Agite une vague main
Et brusquement, il fuit
Fuit sans se retourner
Et puis, il disparaît
Bouffé par l'escalier

La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c'est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud !

Et puis, il disparaît
Bouffé par l'escalier
Et elle, elle reste là
Cœur en croix, bouche ouverte
Sans un cri, sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu'elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu'à terre
Ça y est ! Elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu'elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là, elle perd l'amour
L'amour le lui a dit
Revoilà l'inutile
Elle vivra de projets
Qui ne feront qu'attendre
La revoilà fragile
Avant que d'être à vendre

Je suis là, je la suis
Je n'ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: DavidManise le 28 septembre 2009 à 12:50:31
Et que faudrait-il faire?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme le lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force?

Non merci.

Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre?

Non merci.

Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud?
Avoir le ventre usé par la marche? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale?
Exécuter des tours de souplesse dorsale?...

Non merci.

D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours dans quelque barbe?

...

Non merci!

Calculer, avoir peur, être blême,
Aimer mieux faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter?
Non merci! non merci! non merci!

Mais... chanter
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre quand il vous plaît son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers!

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!

(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac)
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Gros Calou le 29 septembre 2009 à 22:03:09
Théodore de Banville(1823-1891)

CONSEIL

Eh bien! mêle ta vie à la verte forêt, escalade la roche aux nobles altitudes.
Respire, et libre enfin des vieilles servitudes, fuis les regrets amers que ton coeur savourait.
Dès l'heure éblouissante où le matin paraît, marche au hasard, gravis les sentiers les plus rudes.
Va devant toi, baisé par l'air des solitudes, comme une biche en pleurs qu'on effaroucherait.
Cueille la fleur agreste au bord du précipice, regarde l'antre affreux que le lierre tapisse et le vol des oiseaux dans les chênes toufus.
Marche et prête l'oreille en tes sauvages courses, car tout le bois frémit, plein de rythmes confus.
Et la Muse aux beaux yeux chante dans l'eau des sources.

 ;)
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Gros Calou le 29 septembre 2009 à 22:07:33
Louis-Honoré FRÉCHETTE

La forêt canadienne
C'est l'automne. Le vent balance
Les ramilles, et par moments
Interrompt le profond silence
Qui plane sur les bois dormants.

Des flaques de lumière douce,
Tombant des feuillages touffus,
Dorent les lichens et la mousse
Qui croissent au pied des grands fûts.

De temps en temps, sur le rivage,
Dans l'anse où va boire le daim,
Un écho s'éveille soudain
Au cri de quelque oiseau sauvage.

La mare sombre aux reflets clairs,
Dont on redoute les approches,
Caresse vaguement les roches
De ses métalliques éclairs,

Et sur le sol, la fleur et l'herbe,
Sur les arbres, sur les roseaux,
Sur la croupe du mont superbe,
Comme sur l'aile des oiseaux.

Sur les ondes, sur la feuillée,
Brille d'un éclat qui s'éteint
Une atmosphère ensoleillée :
C'est l'Eté de la Saint-Martin ;

L'époque ou les feuilles jaunies
Qui se parent d'un reflet d'or,
Emaillent la forêt qui dort
De leurs nuances infinies.

O fauves parfums des forêts !
O mystère des solitudes !
Qu'il fait bon, loin des multitudes,
Rechercher vos calmes attraits !

Ouvrez-moi vos retraites fraîches !
A moi votre dôme vermeil,
Que transpercent comme des flèches
Les tièdes rayons du soleil !

Je veux, dans vos sombres allées,
Sous vos grands arbres chevelus,
Songer aux choses envolées
Sur l'aile des temps révolus.

Rêveur ému, sous votre ombrage,
Oui, je veux souvent revenir,
Pour évoquer le souvenir
Et le fantôme d'un autre âge.

J'irai de mes yeux éblouis,
Relire votre fier poème,
O mes belles forêts que j'aime !
Vastes forêts de mon pays !

Oui, j'irai voir si les vieux hêtres
Savent ce que sont devenus
Leurs rois d'alors, vos anciens maîtres,
Les guerriers rouges aux flancs nus.

Vos troncs secs, vos buissons sans nombre
Me diront s'ils n'ont pas jadis
Souvent vu ramper dans leur ombre
L'ombre de farouches bandits,

J'interrogerai la ravine,
Où semble se dresser encor
Le tragique et sombre décor
Des sombres drames qu'on devine.

La grotte aux humides parois
Me dira les sanglants mystères
De ces peuplades solitaires
Qui s'y blottirent autrefois.

Je saurai des pins centenaires,
Que la tempête a fait ployer,
Le nom des tribus sanguinaires
Dont ils abritaient le foyer.

J'irai, sur le bord des cascades,
Demander aux rochers ombreux
A quelles noires embuscades
Servirent leurs flancs ténébreux.

Je chercherai, dans les savanes,
La piste des grands élans roux
Que l'Iroquois, rival des loups,
Chassait jadis en caravanes.

Enfin, quelque biche aux abois,
Dans mon rêve où le tableau change,
Fera surgir le type étrange
De nos hardis coureurs des bois.

Et brise, écho, feuilles légères,
Souples rameaux, fourrés secrets,
Oiseaux chanteurs, molles fougères
Qui bordez les sentiers discrets.

Bouleaux, sapins, chênes énormes,
Débris caducs d'arbres géants,
Rocs moussus aux masses difformes,
Profondeurs des antres béants.

Sommets que le vent décapite,
Gorge aux imposantes rumeurs,
Cataracte aux sourdes clameurs :
Tout ce qui dort, chante ou palpite ...

Dans ses souvenirs glorieux
La forêt entière drapée,
Me dira l'immense épopée
De son passé mystérieux.

.................................

Mais, quand mon oreille attentive
De tous ces bruits s'enivrera,
Tout près de moi retentira ...
Un sifflet de locomotive !

 ;)
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: joseph57 le 05 novembre 2009 à 01:59:20
Printemps aux projets de chimères                                                                                                                                                                                                    Eperdu d'enfance éphémère                                                                                                                                                                                                   Enfance traquée de lendemains                                                                                                                                                                                                 Qui ne sait où conduit son chemin                                                                                                                                                                                                       Au lever du rideau de la vie sans plus de pudeur ni de poésie.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: mad le 05 novembre 2009 à 02:22:08
Petit matin
Jambes coupées
Par le froid, la faim
Par le sommeil haché
Premiers pas dans la brume glauque
Herbes mouillées couchées dans un sillage incertain

Puis le soleil
Des chants d'oiseaux
Un chevreuil marque l'arrêt
La journée sera belle

(écrit à l'instant pour vous :) )
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Mrod le 06 novembre 2009 à 12:07:13
Ca résume bien pourquoi je passe autant de temps dans la nature


Les fleurs ne parlent pas,
C'est pourquoi elles sont si belles.



Nico
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: ERECTUS le 06 novembre 2009 à 12:25:42
Ce n'est pas un poème, mais je pense que ça peux avoir sa place ici, alors voilà.


Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez, autant que possible en bons termes avec toutes les personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même les simples d'esprit et les ignorants, ils ont eux aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

Ne vous comparez avec personne : il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.

Soyez vous-même.

Surtout, n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez pas cynique en amour car, il est, en face de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.

Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d'être ici. Et, qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait. Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cour. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Tachez d'être heureux.

Auteur inconnu (Texte retrouvé dans une église de Baltimore fin XVII eme)

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Lynx le 06 novembre 2009 à 12:36:35
un rêve
une goute
sur une feuille
lenteur de vie, paillettes de lumiere

il se lêve
souffle de brûme
dans une tendre intimité
châleur de vie sur le matin bienveillant

elle chante
loin, echo de vie
lui raconter le battement
de son monde, éternité fragile

une vibration
discrete encre
comme réveillée soudain
bruissant sur les couleurs tendres

il avance
bienveillant
interroger les pastels
sonder les cieux, sentir sa montagne

tous
ils savent
ils le sentent
tout l'annonce

ce chant
qu'il connait bien
revenant marquer sa vie
revenant une fois encore parler à son monde

demain
le silence sera blanc
il marquera les jours
de ses pas lents marquant le temps

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Urdjaby le 06 novembre 2009 à 17:45:22
Citer
Et que faudrait-il faire?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme le lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force?

Non merci.

Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre?

Non merci.

Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud?
Avoir le ventre usé par la marche? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale?
Exécuter des tours de souplesse dorsale?...

Non merci.

D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours dans quelque barbe?

...

Non merci!

Calculer, avoir peur, être blême,
Aimer mieux faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter?
Non merci! non merci! non merci!

Mais... chanter
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre quand il vous plaît son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers!

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!


Si on commence comme ça il faudrait citer le livre en entier ;)

A mon tour, un poème qui manque a votre liste:

If...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent;
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Et maintenant la même en anglais

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you
But make allowance for their doubting too,
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream--and not make dreams your master,
If you can think--and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it all on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings--nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much,
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And--which is more--you'll be a Man, my son!

Vous pouvez constatez qu'elles sont un peu différentes dans la forme, mais identiques dans le fond :).

Bonne lecture et merci pour ce post :)
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Kilbith le 06 novembre 2009 à 18:22:13
L'enfant

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

Victor Hugo, Les Orientales, 1829
 
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Urdjaby le 06 novembre 2009 à 18:31:44
Encore d'autre :)

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Anke le 06 novembre 2009 à 20:39:10
Kilbith_2  :love:
Les miens :
Demain, dès l'aube...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Et puis,

http://www.castalie.over-blog.com/article-33725.html

Et,

Vivre en soi n'est rien.
Il faut vivre pour autrui.
 « A qui puis-je être utile, agréable, aujourd'hui ? «
Voilà chaque matin ce qu'il faut se dire
Et le soir, quand des cieux la clarté se relève
Heureux à qui son coeur, tout bas a répondu
 » Grâce à mes soins, j'ai vu sur une face humaine
La trace d'un plaisir ou l'oublie d'une peine.
Ce jour là, je ne l'ai pas perdu."


Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Urdjaby le 07 novembre 2009 à 09:45:18
On continue sur du victor hugo :

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.



Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: dedenimes le 07 novembre 2009 à 15:45:33
L'accent
Miguel Zamacoïs (1866-1955)

De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre!
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit!
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage!
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers!
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose!...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent!
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant!
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille!
Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux!
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages!
Ecoutez! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord!
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides!
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole!

Fernandel a enregistré une lecture de ce texte magnifique sur l'un de ses disques
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: ERECTUS le 10 novembre 2009 à 10:44:05
 :)

     Pierre Bachelet – Les Corons

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond

    Nos fenêtres donnaient sur des fenêtres semblables
    Et la pluie mouillait mon cartable
    Mais mon père en rentrant avait les yeux si bleus
    Que je croyais voir le ciel bleu
    J’apprenais mes leçons la joue contre son bras
    Je crois qu’il était fier de moi
    Il était généreux comme ceux du pays
    Et je lui dois ce que je suis

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond

    Et c’était mon enfance et elle était heureuse
    Dans la buée des lessiveuses
    Et j’avais les terrils à défaut de montagne
    D’en haut je voyais la campagne
    Mon père était gueule noire comme l’étaient ses parents
    Ma mère avait des cheveux blancs
    Ils étaient de la fosse comme on est d’un pays
    Grâce à eux je sais qui je suis

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel, c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond

    Y’avait à la mairie le jour de la kermesse
    Une photo de Jean Jaures
    Et chaque verre de vin était un diamant rose
    Posé sur fond de silicose
    Ils parlaient de trente six et des coups de grisou
    Des accidents du fond du trou
    Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
    C’est avec eux que j’ai compris

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel, c’était l’horizon.
    Les hommes, des mineurs de fond.
    Le ciel c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond…
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: gustuvi le 10 novembre 2009 à 10:49:00
Je suis très loin d'être du nord mais cette chanson m'émeut toujours autant ! 
merci 
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: ERECTUS le 10 novembre 2009 à 11:06:21
 ;)

 Jacques Brel - Jef

Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais arrête de pleurer
Comme ça devant tout l’monde
Parce qu'une demi-vieille
Parce qu'une fausse blonde
T'a relaissé tomber
Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais tu sais qu’tu m’fais honte
A sangloter comme ça
Bêtement devant tout l’monde
Parce qu'une trois quarts put**n
T'a claqué dans les mains
Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais tu fais honte à voir
Les gens se paient not’ tête
Foutons l’camp de c’trottoir
Viens, Jef, viens, viens, viens !

{Refrain:}
Viens, il me reste trois sous
On va aller s’les boire
Chez la mère Françoise
Viens, Jef, viens
Viens, il me reste trois sous
Et si c'est pas assez
Ben il m’restera l'ardoise
Puis on ira manger
Des moules et puis des frites
Des frites et puis des moules
Et du vin de Moselle
Et si t'es encore triste
On ira voir les filles
Chez la madame Andrée
Paraît qu’y en a d’nouvelles
On r’chantera comme avant
On s’ra bien tous les deux
Comme quand on était jeunes
Comme quand c'était le temps
Que j’avais d’l’argent

Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais arrête tes grimaces
Soulève tes cent kilos
Fais bouger ta carcasse
Je sais qu’t’as le cœur gros
Mais il faut le soulever, Jef
Non Jef t'es pas tout seul
Mais arrête de sangloter
Arrête de te répandre
Arrête de répéter
Qu’t’es bon à t’ foutre à l’eau
Qu’t'es bon à te pendre
Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais c'est plus un trottoir
Ça d’vient un cinéma
Où les gens viennent te voir
Viens, Jef, allez viens, viens !

{Refrain:}

Viens, il me reste ma guitare
Je l'allumerai pour toi
Et on s’ra espagnols
Jef, viens, viens
Comme quand on était mômes
Même que j'aimais pas ça
T'imiteras l’rossignol
Jef,
Puis on s’trouvera un banc
On parlera d’l’Amérique
Où c'est qu'on va aller, tu sais
Quand on aura du fric
Jef, viens
Et si t'es encore triste
Ou rien qu’si t’en as l’air
J’te raconterai comment
Tu d’viendras Rockefeller
On s’ra bien tous les deux
On r’chantera comme avant
Comme quand on était beaux
Jef,
Comme quand c'était l’temps
D'avant qu'on soit poivrots

Allez viens Jef, viens
Ouais ! Ouais, Jef, ouais, viens !
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: ERECTUS le 10 novembre 2009 à 11:11:13
Une dernière et j'arrête, je pourrais les mettre toutes...

 Jacques Brel - Les vieux

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières ?
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends ?

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus, bras dessous, tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.



oh put***...  :'(
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Urdjaby le 10 novembre 2009 à 18:43:51
Un sourire


Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

Le Chant du juste milieu

                 J’ai déjà vu la grande moitié de cette vie mouvante et j’ai déjà trouvé un mot                     magique : « moitié ».

   Il est d’une telle richesse et d’une si grande portée qu’il nous fait goûter plus de bonheur que nous ne pouvons en apprécier et posséder ici-bas.
 
   Le meilleur état de l’homme est à mi-chemin de la vie quand un pas ralenti lui permet de goûter le repos.
 
   L’homme est entre ciel et terre,doit habiter à mi-chemin entre rivières et montagnes, être à demi savant, à demi châtelain, vivre à moitié comme un noble et à moitié comme le peuple dans une demi célébrité et une demi obscurité, être paresseusement actif  et activement paresseux.
 
   Avoir une maison  moitié luxueuse, moitié dépouillée, des vêtements ni trop neufs ni trop usés, se contenter d’une nourriture simple mais cuisinée avec goût, avoir des amis ni trop intelligents ni trop bêtes, une femme ni trop simple, ni trop habile et je me sens au fond comme la moitié d’un Bouddha et presque la moitié  d’un bienheureux taoïste.

   Une moitié de moi-même se tourne vers le ciel, l’autre vers mes enfants, pensant à moitié comment assurer l’avenir des miens et à moitié comment me présenter devant la mort quand le corps sera laissé en repos.

   Il est plus sagement ivre, celui qui a bu un peu trop, et les fleurs à moitié en boutons sont les plus belles, les bateaux à demi voilés naviguent le mieux et les chevaux aux rênes point trop tendues trottent le mieux.
 
   Qui possède trop est inquiet, qui possède moitié trop peu désire posséder plus. Puisque la vie est à la fois amère et douce, celui qui n’en goûte que la moitié est un sage



Li Mi Han
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Salix le 12 novembre 2009 à 11:58:40
Quelques poemes de je, sur fond de photo de je :)

(http://www.radioactive-lizard.com/images/Photos/dseda/petitpoemepaien.jpg)

(http://www.radioactive-lizard.com/images/Photos/dseda/vibrations.jpg)

(http://www.radioactive-lizard.com/images/Photos/dseda/arbres.jpg)

si vous en voulez plus :
http://www.radioactive-lizard.com/PHOTOS_ddseda.htm

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: cromagnon le 20 novembre 2009 à 22:25:25
Dans la paix ,rien de tel pour devenir homme,
Que réserve tranquille et humilité.
Mais si tu entends le souffle de la guerre,
Alors , imite le tigre ,
Durcis tes muscles , excite ton sang ,
Cache ta loyauté sous une rage froide ,
Donne enfin à ton regard un éclat terrifiant .
 :lol:
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: corbak le 25 décembre 2009 à 00:50:46

"On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemins" 

Goethe.

Croaaaaaaaa

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: vagabond le 25 décembre 2009 à 12:33:34
Voyageant avec une âme pleine d’espoir

Avec pour seul bagage son sacs de toile

Grelotant dans le froid matin

Arrivant de nul part pour y retourner

Bonheur d’un ailleurs qu’il ne connaîtra jamais

Ouvrageant ses haillons et guenilles

Nullement pour paraître mais juste pour rester

Dans le crépuscule de l’esclavage


Vagabond - 2009
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: modl le 25 décembre 2009 à 16:52:12
Celui-ci me rappele la lecture du livre "Par le sang versé".

Le monde entier disait : la France est en danger ;
Les barbares demain, camperont dans ses plaines.
Alors, cet homme que nous nommions « l'étranger »
Issu des monts latins ou des rives hellènes

Ou des bords d'outre-mer, s'étant pris à songer
Au sort qui menaçait les libertés humaines,
Vint à nous, et, s'offrant d'un cœur libre et léger,
Dans nos rangs s'élança sur les hordes germaines.

Quatre ans, il a peiné, saigné, souffert.
Et puis un soir, il est tombé dans cet enfer...
Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense,
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N'est pas cet étranger devenu fils de France
Non par le sang reçu mais par le sang versé ?

Pascal Bonetti, 1920
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Pouçot le 01 novembre 2012 à 14:09:31
put**n, y'a même un fil de poésie...  :love:
Tant mieux, ça me fatiguait de troller hanter le juke-box et les citations...  :glare:



chanson de ma machine à écrire:

le meilleur moyen de penser est de ne pas penser du tout
mon banjo crie dans les fourrés
comme un lapin pris au piège (est ce que les lapins
crient ? peu importe : ceci est un
rêve d'alcoolique);
des mitraillettes, dis-je,
les enfants de choeur,
les infirmières trempées,
les gros vendeurs de journaux,
représentants aux lèvres de caoutchouc
de notre précieuse vie ;
mon banjo crie
chante
chante dans le rêve assombri,
verdis, verdis,
prends courage:
enfin, la mort
n'est pas une migraine.

Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines.
Charles Bukowski.
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: ** Serge ** le 01 novembre 2012 à 14:19:21
Je suis Pouçot dans sa (re)découverte pour établir les choses plus distinctement : les chansons, c'est pour le Juke-Box, les poèmes, ici, et les citations pour la rubrique adéquate. Avec une nouvelle donnée pour cette dernière : les citations devront se rattacher ( directement et/ou indirectement ) au thème de la Vie Sauvage et des survies ( pratiques, physiques, économiques, philosophiques, psychologiques, etc ... ) pour éviter les simples copier/coller en provenance d'innombrables sites consacrés à celles-ci.

Merci à vous  :)
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Pouçot le 02 novembre 2012 à 15:05:41
« Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurciz,
Car, ce pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez ci, attachés cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéca devorée et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transsis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ca, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
A luy n'avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
»

François Villon




« Départ

Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie.  — Ô Rumeurs et Visions!
Départ dans l'affection et le bruit neufs!
»

Départ (Illuminations, 1873-1875)
Arthur Rimbaud
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: ** Serge ** le 07 novembre 2012 à 19:51:54
Dinah in Heaven

She did not know that she was dead
But, when the pang was o'er,
Sat down to wait her Master's tread
Upon the Golden Floor,

With ears full-cock and anxious eyes,
Impatiently resigned;
But ignorant that Paradise
Did not admit her kind.

There was one step along the Stair
That led to Heaven's Gate;
And, till she heard it, her affair
Was -- she explained -- to wait.

And she explained with flattened ear,
Bared lip and milky tooth--
Storming against Ithuriel's Spear
That only proved her truth!

Sudden -- far down the Bridge of Ghosts
That anxious spirits clomb--
She caught that step in all the hosts,
And knew that he had come.

She left them wondering what to do,
But not a doubt had she.
Swifter than her own squeal
she flew Across the Glassy Sea;

Flushing the Cherubs everywhere,
And skidding as she ran,
She refuged under Peter's Chair
And waited for her man.

There spoke a Spirit out of the press,
'Said: -- "Have you any here
That saved a fool from drunkenness,
And a coward from his fear?

"That turned a soul from dark to day
When other help was vain;
That snatched it from wan hope
and made A cur a man again?"

"Enter and look," said Peter then,
And set the Gate ajar.
"If I know aught of women and men
I trow she is not far."

"Neither by virtue, speech nor art
Nor hope of grace to win;
But godless innocence of heart
That never heard of sin:

"Neither by beauty nor belief
Nor white example shown.
Something a wanton -- more a thief --
But -- most of all -- mine own."

"Enter and look," said Peter then,
"And send you well to speed;
But, for all that I know of women and men
Your riddle is hard to read."

Then flew Dinah from under the Chair,
Into his arms she flew --
And licked his face from chin to hair
And Peter passed them through!

Rudyard Kipling
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Kilbith le 07 novembre 2012 à 20:01:54
 

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Ronsard — Sonnets pour Hélène, 1587

   


Traductions et adaptations anglaises :

“When you are very old...”

When you are very old, at evening, by the fire,
spinning wool by candlelight and winding it in skeins,
you will say in wonderment as you recite my lines:
“Ronsard admired me in the days when I was fair.”

Then not one of your servants dozing gently there
hearing my name’s cadence break through your low repines
but will start into wakefulness out of her dreams
and bless your name — immortalised by my desire.

I’ll be underneath the ground, and a boneless shade
taking my long rest in the scented myrtle-glade,
and you’ll be an old woman, nodding towards life’s close,

regretting my love, and regretting your disdain.
Heed me, and live for now: this time won’t come again.
Come, pluck now — today — life’s so quickly-fading rose.

(originally published in Tide and Undertow by Anthony Weir, Belfast 1975)


When You are Old

When you are old and grey and full of sleep,
And, nodding by the fire, take down this book,
And slowly read, and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep.

How many loved your moments of glad grace
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face.

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how Love fled
And paced upon the mountain overhead
And his his face amid a crowd of stars.

— A free paraphrase by W.B. Yeats
in his 1893 collection The Rose.
   

Candlelight Blues

When yore gitten old at candlelight
Sittin’ at the fire gonna spin all night,
You’ll say sorta marvelin’ as y’sing my song,
“Good old Ronsard sang when Ah was young.”

Then y’won’t have a maid what hears that soun’,
Jist about t’fall asleep an’ all tired down,
Who ain’t gonna wake when she hears ma name
An’ start praisin’ yore name of immortal fame.

Ah’ll be six foot under, no skeleton,
‘Neath the myrtle groves is where my soul will run;

You’ll be dreamin’ at the hearth in a messy ole way,
Sorry you was proud, now Ah’ve gone away.

Better saddle up yore horse, don’t wait all night,
Pick yore roses today, then you’ll be all right.

— G. R. Tejada-Flores, 1961
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Pouçot le 07 novembre 2012 à 20:07:38
Sous les étoiles, je dévore un croissant,
Affamé d'avoir trop porté ma croix.
En lotus, bien assis sur mon séant,
Me lamentant, le mur n'écoute pas.

Jesus n'aura omis que Mahomet,
j'ai vu, qu'une fois de plus; l'homme met,
Plus de foi et d'aura dans le Bouddha,
Que dans les vies, qu'alors il ne vit pas.



Pourtant, je sais fort bien que l’excès me tuera.
On me promit un thé pour me faire approcher,
Puis comme Prométhée, et son maudit rocher,
Mon foie sera, vert; dévoré, et caetera...

Les trompettes de l'hallali sonnent si fort.
Tout ce qui fut, soufflé; résonne de tristesse,
Du tréfonds de mon lit, je laisse trophées et liesse,
J'en ai vraiment trop fait et j'ai brisé mon cor.


Tout est signe, bien assurément, pour qui sait voir,
Tout est vigne, bah ! sûrement, pour qui sait boire,
Que Diable, Dieu puisse t'il pardonner ma rancune.
Des révoltés, partout ! Révolution ? La Lune !
Autant le râle fait peur, que la fée verte est pale.
Et j'ai le teint mat, le matin ; sur le Népal.



est ce ainsi que
ça marche ?
les cygnes noyés ?
les ombres de l'amour ?
l'incartade -idéale- d'une conduite obséquieuse ?

préparer des clous dans le café ou des
morceaux ronds de sucre
roux. L'amertume ...

Ils ont tous
pâles,
des têtes mal lunées -sauvages et si vagues,
et leurs langues rouges et suaves
bavent blanc sur l'âme des autres.

Les notes continuent,
mais je suis
fatigué,
et les poissons sont
aussi morts que les guerres intestines;
victimes éreintées
mutilées deux fois
dans
le coeur.

Trêve.

Je diffame mes rêves et
crève d'
une femme.

Au coin de la rue,
un type -un jeune- quelconque de la Croix
Rouge
m'a demandé du sang.
Ne te gêne pas. Ami, fais donc.
Tu en sais
plus que moi. Fais donc si ça t'a plu...

en attendant Noël,
ou la fête
d'un travail, ou d'un macchabée
la guitare jase et me prévient
que ça ne finira pas
ainsi.

Si tu pars maintenant
tout
te suivra.
Paumes ouvertes.
bleues.

j'ai voulu transformer la vie. en jouant
a saute-mouton
avec des loups
et vivre l'oscillation,
en sautant des louves
avec une humeur de mouton.
j'ai regardé l'amour
mais l'amour ne me regardera plus.

D'accord ?
...
Demain, sans faute.



le vin est noir; l'espoir vain, placé
en de sombres chimères,
ce qu'on pense
être
un château au soleil est sous les cendres froides de décembre,
une chaumière.
et pour le voir, un seul oeil. peu importe, l'essence s’échappe.
peu
ou
prou,
le fou allié -non; ne l'est pas.
les sens sont chape, de plomb, sur une réalité,
qui n'est plus que râle moral d'un mourant alité.
je broie, sage; du noir, du brou
de noix
sur le visage.
Volition volontaire. Vol terre à terre et fallacieux.



premier mot, premier hic; d'abord "non",

mal réveillé d'une méchante nuit bordélique,
de sorte que
je me verse un café
ni trop froid
        ni trop
    chaud.
tiède.
J'ai bien pensé
à le vomir
mais non. D'abord.
je suis aussi malade
que le temps
et je m'acclimate
mal
a la lecture de ces
journaux aussi insignifiants.
le cabot -c'est un vieux,
voudrait me sortir;
mais ca me fait suer
d'avance.

je reçois une bafouille
d'une de
ces vilaines mignonnes
que je suis encore
trop sot
pour
   fuir. J'en chiale d'aigreur. Puis
m'amuse.

tout vient du verbe
et tout fout le camp avec ton nom.
sale jour. je t'ai aimée en clair-obscur.



Je fais le serment solennel de ne pas troller ce fil.  :closedeyes:
 ;D
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Kilbith le 07 novembre 2012 à 20:21:35
L’Iliade

Μῆνιν ἄειδε, θεὰ, Πηληιάδεω Ἀχιλῆος
οὐλομένην, ἣ μυρί’ Ἀχαιοῖς ἄλγε’ ἔθηκε,
πολλὰς δ’ ἰφθίμους ψυχὰς Ἄϊδι προῒαψεν
ἡρώων, αὐτοὺς δὲ ἑλώρια τεῦχε κύνεσσιν
οἰωνοῖσί τε πᾶσι· Διὸς δ’ ἐτελείετο βουλή



« Chante, ô déesse, le courroux du Péléide Achille,
Courroux fatal qui causa mille maux aux Achéens
Et fit descendre chez Hadès tant d'âmes valeureuses
De héros, dont les corps servirent de pâture aux chiens
Et aux oiseaux sans nombre : ainsi Zeus l’avait-il voulu. »

Ou bien :
« Déesse chante-nous la colère d'Achille, de ce fils de Pélée,
colère détestable qui valut aux Argiens d'innombrables malheurs,
et jeta dans l'Hadès tant d'âmes de héros,
livrant leurs corps en proie aux oiseaux comme aux chiens :
ainsi s'accomplissait la volonté de Zeus. »
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: camoléon le 25 novembre 2012 à 16:04:03
Je ne vis pas en moi-même, mais je deviens
Partie de ce que qui m'entoure.
Pour moi, les hautes montagnes sont harmonie,
Les rumeurs de la ville, une torture.
Je ne vois rien de désagréable dans la nature
Sinon d'être en dépit de soi,
Un maillon vivant de la chaîne des créatures,
Tandis que l'âme, elle, peut s'évader,
Faire partie du ciel, des cimes, de la plaine,
De l'océan, des étoiles,-et s'y épanouir.


Lord Byron

Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: Richleau le 25 novembre 2012 à 16:15:17
On apprend l'eau – par la soif
La terre – par les mers qu'on passe
L'exaltation – par l'angoisse –
La paix – en comptant ses batailles –
L'amour – par une image qu'on garde
Et les oiseaux – par la neige


Water is taught by thirst
Land – by the ocean passed
Transport – by throe –
Peace – by it's battle told –
Love, by Memorial Mold
Birds, by the snow


Emily Dickinson
Titre: Re : Poèmes Lâchez vous !
Posté par: amba83 le 25 novembre 2012 à 18:39:38
Quelques haïkus maison...

hêtres d’éboulis
laqués d’or et de pourpre
les mouflons tapis

dans les buis d’hiver
crotte gelée de sanglier
mon arc à la main

aux grives soûles
l’offrande du vieux tilleul
gui translucide

Un elk appelle,                  
la brume s’effiloche                  
je tends l’oreille.
                  
le vibrant appel
de l’écorce de bouleau
n’a aucun écho.