Vie Sauvage et Survie

Premiers secours et santé => Premiers secours et santé => Discussion démarrée par: Karto le 01 février 2009 à 08:39:36

Titre: Malaria et paludisme
Posté par: Karto le 01 février 2009 à 08:39:36
Salut les coquinous :)

J'ai l'impression qu'on n'a pas encore vraiment parlé de la malaria, si ?
Je ne suis pas médecin et je n'ai pas tellement d'expérience avec ça, vous ne m'en voudrez pas, je fais juste un exposé de ce que je sais du problème, dans le but de présenter une vue hyper condensée du risque et des conduites à tenir. Ca pourra toujours servir pour ceusses qui ont quelques vacances tropicales dans le colimateur :) Tout avis éclairé ne pourra qu'améliorer ou corriger ce que j'écris, j'ai conscience d'être assez approximatif.

 La malaria, c'est quoi ?

C'est un parasite injecté parfois lors des piqûres d'un moustique anophèle. Le parasite migre rapidement vers le foie (30 minutes) où il se reproduit. C'est la période d'incubation. Selon les gens et les conditions, elle peut durer de 7 à 60 jours.
Ensuite le parasite se dit "on s'ennuie ici elles sont où les meufs je vais bouger de là moi je vais tout casser" et comme il n’a qu’une parole il va dans le système sanguin et détruit les globules rouges. C'est la crise de paludisme. La crise se traduit par des symptômes variés incluant normalement de la fièvre et des tremblements, mais aussi selon les gens des maux de tête ou de ventre, des diarrhées ou vomissements. En fait les symptômes ressemblent le plus souvent à une bonne grippe, mais si la crise est violente des pertes de connaissance peuvent survenir également.

Il existe essentiellement quatres variétés du parasite : vivax, ovale, malariae et falciparum. Les trois premières variétés sont rarement mortelles, mais si on n'a pas de pot on peut y rester quand même. Les personnes affaiblies ou les enfants sont particulièrement vulnérables. Sinon, pour les autres, en général les sujets continuent à mener une vie normale ponctuée de crises qui s'espacent peu à peu et perdent en violence. Même correctement traitées, la contamination par l'une de ces trois variétés est définitive.
La quatrième variété, falciparum, est souvent mortelle si non-traitée chez les population non autochtones.(j'ai pas de stat sous la main je suis un fainéant). Ah oui parce que les locaux, eux, ils ont souvent une certaine immunité génétique, ils choppent la maladie mais elle leur fait moins de mal qu'à nous. Par contre, correctement traitée la variété falciparum peut être éradiquée complètement du corps. La personne sera guérie mais pas immunisée, et une piqûre suivante pourra la recontaminer. On trouve cette variété du côté de l’Afrique de l’ouest pour ce que j'en sais, mais peut-être aussi ailleurs, à chacun de prendre ses responsabilités avant de voyager.

La malaria se trouve dans beaucoup de pays tropicaux, à vous de vous renseigner selon où vous allez, mais si on peut citer quelques coins où le risque est particulièrement haut bin on va pas se priver :
- Amérique : bassin d'Amazonie
- Asie : Indonésie, Cambodge, Myanmar, Thaïlande, Viêt-Nâm
- Afrique : Angola, Cameroun, Gabon, Nigeria, Congo, Ouganda, Soudan, Tchad (le côté mouillé de ces deux là, pas dans les cailloux), Côte d'Ivoire et plein d'autres...

Le retour à la maison...
Si vous choppez la malaria dans un pays à risque et qu'une structure médicale est accessible, le personnel soignant saura en général à quoi il a affaire et prescrira le traitement approprié, si disponible, hin hin... Le problème apparaît plutôt lors du retour à la maison. Vu que l'incubation peut parfois être super longue (deux mois), il n'est pas rare de voir des cas se déclarer en Europe où les médecins font un mauvais diagnostic, par manque d'habitude de cette maladie. Le temps perdu peut être précieux, voir vital, surtout si on est déjà KO. C'est pourquoi si l’on consulte il faut donner un peu des tuyaux au médecin, l'informer du voyage dont on revient, du risque de malaria. Mieux, dans pas mal de ces pays on peut acheter des médicaments sans trop se fatiguer en formalités, il peut être opportun de s'y procurer un traitement curatif qu'on rapporte à la maison et qu'on commence si jamais une crise se déclare et que le médecin de famille se fourre visiblement le doigt dans l'oeil et persiste dans l'erreur de diagnostic. (bon en fait non j'ai rien dit c'est un avis médical, mais bon hein voilà quoi, à chacun d'être responsable).
Je discutais l'autre jour aussi avec un mec qui est un porteur connu du parasite depuis longtemps, et qui a eu une crise une fois en France. Il a perdu connaissance en moins d'une heure, et quand sa femme l'a transporté à l'hôpital et a donné les instructions au personnel soignant, les médecins ont refusé de lui donner un traitement anti-palu et ont commencé à essayer de faire des diagnostics farfelus. Il a fallu toute la force de persuasion et la crédibilité de cette femme qui était infirmière pour que le mec reçoive un traitement adéquat et ne soit pas emporté par cette crise particulièrement violente.

 Prévention : éviter les moustiques
Bin ho je vais pas donner les mille et unes astuces pour ne pas se faire piquer, ça va de soi... les moustiques aiment l'eau stagnante, se baladent surtout à l'aube et au crépuscule, ils se glissent rarement sous les vêtements longs, ils ont peur du DEET et des spirales, ils s'engourdissent dans l'air froid et ils passent difficilement à travers les moustiquaires... Ne pas se faire piquer, c'est le top. C'est ça la vraie prévention.

Sursis en cas de piqûre : les médicaments préventifs

Bah oui j'aime plus trop le mot "prévention" là, pour moi ces médicaments rentrent plutôt dans la catégorie des trucs qui visent à limiter les conséquences d'erreurs déjà commises, comme les ceintures de sécurité quoi, parce qu'aucun n'est efficace à 100%. Mais bon franchement c'est dur de ne pas se faire piquer du tout sans vivre terré sous un climatiseur.
Les médicaments préventifs se présentent comme des cures à commencer avant le début du séjour, et qui se terminent après la fin du séjour. Les modalités concrètes seront expliquées par les médecins, pharmaciens, et la notice des médicaments. Cela dit, si vous pouvez un peu influencer votre médecin quand il fait l'ordonnance...

- Malarone, c'est le top pour le moment. Mais c'est le plus cher (dans les 45 euro pour 12 jours de traitement je crois). Une pilule par jour, quasiment pas d'effet secondaires (en fait je ne connais personne qui ai subi d'effets secondaires à la Malarone même après plusieurs semaines de cure, même si en théorie certaines personnes peuvent avoir mal au bide ou mal de tête). Seulement une semaine de traitement après la fin du séjour, et un jour avant le début du séjour. Haute efficacité contre toutes les variétés de malaria.

- Lariam (mefloquine), le plus connu en France peut-être, à tort. Moins cher que la Malarone, seulement une pilule par semaine, mais le spectre et l'efficacité sont de plus en plus mauvais, les parasites ayant eu le temps d'y développer une bonne résistance. Et puis les effets secondaires sont non négligeables, courants, et d'ordre neurologique. Pour parler franchement, le Lariam ça rend con, mais l’effet est réversible une fois le traitement arrêté. Demandez à Lemuel ce qu'il en pense... (et pourtant il a arrêté depuis un moment, le bougre).

- Doxycycline, une bonne alternative au Lariam pour un prix du même ordre. Une pilule par jour, une protection comparable à celle du Lariam. Les effets secondaires sont plutôt digestifs et dermatologiques. La peau devient très sensible au soleil pendant la cure. Pas bon pour les vacances sous les cocotiers.

- Savarine, et autres machins plus anciens... les parasites y sont devenus trop résistants. Même Tintin n'en voudrait plus.

Bref pour moi le mec qui a de quoi se payer des vacances sous les cocotiers ne devrait pas être assez radin pour se priver de Malarone.


Dépistage en cas de doute

Le meilleur dépistage, lorsque un ou plusieurs symptômes se présentent, est une analyse au microscope d'un échantillon de sang. Ca prend cinq minutes à faire dans un hôpital où la pratique est habituelle, et normalement c'est très bon marché.

Lorsque l'analyse microbiologique n'est pas possible, on peut toujours s'auto-tester avec un kit incluant des bandelettes, un éluant et un réactif. Environ quinze euro par test, dans toute les bonnes crèmeries. A mon avis une paire de ces tests a sa place dans la trousse du voyageur tropical, surtout une fois rentré à la maison, à garder pendant deux mois dans un coin. De faux positifs sont possibles. En cas de négatif, retester douze heure plus tard, et continuer à essayer d'obtenir un soin médical professionnel ! ATTENTION, contrairement au test microbiologique, ces tests en bandelettes ne détectent en général qu'une seule variété de malaria. Se renseigner sur la variété qui infeste le coin qu'on compte visiter.

Traitement curatif

Si docteur compétent sur le sujet à portée de main => garder espoir.
Si pas de docteur, ou si docteur européen qui n’a jamais vu de crise de malaria... Il existe depuis quelques années un médicament nommé Coartem qui est un traitement curatif. Il permet normalement de se débarrasser complètement de falciparum, et soigne les crises graves avec les autres variétés. Se renseigner chez qui de droit.
A défaut, un surdosage de la Malarone peut officier comme substitut de traitement curatif en attendant de pouvoir faire mieux. Consulter la notice...



Voilà. J'espère que ça pourra être utile à l'un ou à l'autre. Ciao les gars !

Mathias

Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: DavidManise le 01 février 2009 à 09:27:02
Salut !

Merci pour ça Karto.  Moi je dis WIKI !!! :)

C'est super complet, et pas si approximatif que ça, d'après moi.  Si un/une spécialiste passe par là, on est preneurs :)

J'ajouterais juste une anecdote rassurante.  Mon père est porteur de la bestiole, vu qu'il a crapahuté 5 ans au Congo quand il était jeune.  Ben euh...  je ne l'ai JAMAIS vu faire une seule crise.  Pourtant il n'a pas d'immunité génétique particulière.  C'est peut-être le whisky, je sais pas ;D

Bon dans le genre constitution solide, on fait pas bien mieux que lui.  S'il a eu trois petits rhumes dans sa vie c'est tout.  Enfin trois rhumes et la malaria une fois ou deux quand il était là-bas quoi.  Ceci dit il racontait des symptômes de ouf pendant les crises.  Surtout que quand il fait déjà 40°C avec 99% d'humidité, et qu'à rien faire on transpire, ben en cas de fièvre ça monte vite et... ça calme ! 

Je note au passage que la doxycycline est aussi ce que j'ai pris contre la saloperie de Lyme.

Ciao !

David
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Bison le 01 février 2009 à 11:54:38
Si j'ai bon souvenir ... (vieux de 20 ans déjà) :

Un douanier à Zaventem (Brussels Airport) se serait fait piquer par un moustique voyageur en inspectant un avion cargo venu d'Afrique. Quand le bon diagnostic a été établi (par l'institut de médecine tropicale d'Anvers, je crois), il était trop tard!  :(

Merci Karto pour ce rappel et cette actualisation de mes quelques connaissances en la matière!
(Début des années 50, mon père à moi se l'est choppée, cette malaria, et ce n'était pas drôle du tout, les crises ...)

PS :  pour rassurer un peu ... ces crises sont devenues de plus en plus rares avec le temps, et on disparu totalement après le retour définitif en Europe, en 65)
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Karto le 01 février 2009 à 12:07:51
Merci :)
Oui, autour des aéroports européens il y a quelques cas isolés à ce qu'on m'a dit.

Bison tu parles du cas des expats, même aujourd'hui ces mecs là souvent ont un genre de fatalisme vis à vis du palu, même dans les régions avec la variété mortelle, parce qu'ils considèrent que ça ne vaut pas la peine de se pourrir la vie avec les effets secondaires des médocs, même si c'est la boîte qui paye le traitement. Je ne sais pas ce que donne la malarone après des années. Du coup malgré l'arsenal pharmaceutique disponible aujourd'hui, j'ai pas mal de collègues pour qui les crises font partie de la vie.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: bastien le 01 février 2009 à 12:26:22
bonjour,

en fait la médecine préventive c'est bien quand ca marche et que les effet indésirable sont limité
je ne vais pas trop m'exprimer la dessus, je laisserai ce soins tout a l'heure à ma compagne qui est du métier.

petite choses donc je suis sur :

- les traitements préventifs augmentent la résistance au traitement curatif des parasites présents dans la zone : la population locale vous dis merci

- les traitements préventifs augmentent considérablement la difficulté de diagnostic par les techniciens de laboratoire, voir la rende impossible

- leur efficacité est limité (60% je crois à vérifier)

@+
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Karto le 01 février 2009 à 13:08:39
Salut Seb :)

Les rapports entre la prévention chez les visiteurs et la résistance au traitement chez les autochtones est un point de vue intéressant, qu'on ne m'avait pas donné jusque là. Je suis intéressé par plus de détails (échelles de durées etc...)

Par contre sur les deux autres points :
- le diagnostic ne semble pas plus difficile pour les mecs qui m'ont parlé du sujet, spécialistes en la matière, mais je me garderai d'avoir un avis trop tranché sur ce point technique. Cela dit, je préfère diminuer drastiquement le risque d'avoir besoin d'un diagnostic, plutôt que d'être sûr qu'il soit facile à faire ;)

- l'efficacité est très variable en fonction de la molécule. Les 60% dont tu parles sont à ma connaissance une valeur juste pour la Savarine et d'autres trucs anciens, et ça dépend des variétés de la maladie. A l'opposé avec le truc le plus récent, donc contre lequel il existe actuellement le moins d'immunité chez les parasites, la malarone, à que je sais on est dans les 95% d'efficacité sur falciparum. Sachant qu'une fois le parasite installé cette souche tue dans 20% des cas correctement traités, je considère quand même que l'enjeu vital existe pour ma personne si je suis dans le coin, et que le médicament préventif peut vraiment m'aider. Où l'on retombe dans la question éthique que tu soulèves au début.

Je suivrai cette discussion avec attention mais là faut que je parte bosser pour quelques jours :) Je serai ravi de lire les développements le week-end prochain, en espérant y apprendre des choses :)

Ciao,

Mathias
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Bison le 01 février 2009 à 15:49:33
Citation de: karto
Bison tu parles du cas des expats, même aujourd'hui ces mecs là souvent ont un genre de fatalisme vis à vis du palu, même dans les régions avec la variété mortelle, parce qu'ils considèrent que ça ne vaut pas la peine de se pourrir la vie avec les effets secondaires des médocs, même si c'est la boîte qui paye le traitement.

Bon, moi je vous parle d'un temps ... que les moins de (3x) vingt ans ne peuve,nt pas connaître ...
La prévention, en ce temps là c'était la quinine ...

Mon père, comme d'hab était assez insouciant, et nous avait précédé (en 1951) de deux mois. Cela a suffit pour que, livré à lui même, il attrappe la malaria et une dysentrie carabinée ...

Ma mère (très mère poule!) m'a tanné pendant 14 ans pour que je prenne quininne, puis plus tard Nivaquinne(?) en temps et en heure.

Il n'y a pratiquement pas eu de cas de malaria parmi les enfants et les épouses ... Et nous étions tous "pétants" de santé, parole!

Il faut dire que les "autorités" ont fait, là ou nous habitions, de très grands efforts pour éliminer les moustiques. Un récipient vide abandonné dans le jardin, = bassin de natation pour les moustiques, = PV!
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Langouste le 01 février 2009 à 15:50:31
Salut  :)
Juste un commentaire :
Chaque cas est différent, avant de prendre un médicament il vaut mieux en parler avec un médecin compétent spécialiste du voyage et éventuellement avec son spécialiste (si on a un problème spécial: hépato, psy etc).
Dans certains cas il est plus intéressant de ne pas prendre de traitement prophylactique, dans d'autres c'est l'inverse...

Plein d'infos sur le site de l'OMS (http://www.who.int/topics/malaria/fr/index.htmll)
Citer
Il y a eu 247 millions de cas en 2006, à l’origine de 880 000 décès, pour la plupart des enfants africains.


Olivier
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Sotret le 01 février 2009 à 15:56:24
Grillé par langouste  ;D

J'ajouterai quand même ce lien, http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs094/fr/index.html (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs094/fr/index.html)

Il me semble aussi que la prophylaxie dépend des zones concernées, et que le zonage évolue dans le temps. J'ai trouvé ça http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Paludisme.png (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Paludisme.png), à confirmer, en terme de source...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Anke le 01 février 2009 à 16:38:31
http://www.esculape.com/infectio/paludtrt1999.html
http://www.esculape.com/infectio/paludgrave1999.html
http://www.impact-malaria.com/FR/GP/Pour%5Ftout%5Fconnaitre%5Fsur%5Fle%5Fpaludisme/Generalites/
http://www.chu-rouen.fr/ssf/pathol/paludismeaplasmodiumfalciparum.html
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Anke le 01 février 2009 à 16:48:17
http://www-sante.ujf-grenoble.fr/SANTE/CMU/2006/cours/hemolyse.pdf
C'est un peu pas mal technique au début, plus à la portée du commun des mortels à partir de la page 30.
Les formes graves, (fièvre quarte) que l'on peut associer ( pour se fixer les idées) aux fièvres hémolytiques ( atteintes hépatiques, modification des facteurs de coag et de la structures de gb rouges... Pour faire simple hein !) se résultent par des Coagulation Intra-Vasculaires Disséminées ( CIVD) le patient meurt pratiquement à tous les coups.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: guillaume le 01 février 2009 à 21:06:52
Ah oui parce que les locaux, eux, ils ont souvent une certaine immunité génétique, ils choppent la maladie mais elle leur fait moins de mal qu'à nous.

Il me semble, dans le cas du palu et de l'Afrique que des populations atteintes de drépanocytose (Allèle HbS, hématies falciformes : en faucille) résistent mieux au palu.
Le drépanocytose est un "avantage" morbide pour un individu homozygote (donc ayant les deux allèles HbS) alors que cela confère un avantage dans les conditions environnementales de l'Afrique pour un individu hétérozygote (donc n'ayant qu'un allèle HbS). En effet, une partie des ces hématies seront falciformes mais pas assez pour qu'il en meurt mais assez pour que le pallu est moins de "prise" dessus (il ne "s'accroche" pas aux hématies falciformes.

Je ressors tout ça de mémoire hein mais je pense que c'est de ça dont ont t'a parlé Karto ?

a+
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mad le 02 février 2009 à 00:11:00
Je vais essayer de faire bref, mais c'est un problème que je connais assez bien  ;) .
Deux cas différents:
1) le vacancier qui va quelques jours ou semaines dans un pays où le palu existe. Selon les endroits, la résistance aux traitements préventifs est différente. Mais les résistances s'étendent. Un toubib lambda vous prescrira du Lariam : c'est totalement à exclure (je refuse d'emmener en expé des gens qui ont pris du Lariam - j'ai eu trop de cas vraiment space à gérer - angoisses insurmontables, crises dépressives  lourdes etc.). La Malarone coute moins cher qu'un billet d'avion ou qu'un cercueil, et je pense que c'est un bon plan, sauf dans les endroits à faible résistance, où la Savarine (alliance nivaquine-paludrine) suffira. De toutes façons, la seule Nivaquine suffit à réduire le risque létal. En bref, pour un touriste pas fauché, Malarone, sinon, Savarine.
2) le mec qui fait plusieurs voyages par an dans des régions impaludées (mon cas), ou qui y réside (mon plus jeune fils). Là, les inconvénients d'un traitement préventif en continu dépassent les avantages (dommages oculaires, dommages hépatiques, surtout si on n'est pas abstinent d'alcool ;) ), et aussi contribution à l'augmentation de la résistance des souches locales. La solution est d'être conscient du risque, et d'avoir toujours un traitement curatif à portée de main. Auparavant, c'était l'Halfan, mais qui peut provoquer des accidents chez des personnes ayant des faiblesses cardiaques. Le Lariam en curatif est souvent proposé. Mais la véritable solution est donnée par les médocs à base d'artémisine (extraite d'une plante et connue en Chine depuis assez longtemps). Je suis physicien, mais je travaille sur des modèles en épidémiologie des maladies tropicales, et ma femme est toubib, et va aussi beaucoup en Afrique pour des ONG. En outre, c'est un chercheur de Pasteur qui m'a donné le tuyau il y a 10 ans - ce n'est donc pas un gri-gri.

Pourquoi n'en entendons nous guère parler en France? C'est parce que ce n'est pas commercialisé. Pourquoi? Pas assez cher. Il s'agit d'un vrai scandale, déjà dénoncé par les Poussin dans le deuxième volume d'Afrika Trek. Mais je ne veux pas développer ce point ici. Simplement, sachez que dans la plupart des pays du tiers-monde, on trouve, pour un coût dérisoire (quelques euros), des traitements à base d'artémisine (Arsumax) ou d'artémisine associée à un autre anti-paludéen (pour retarder l'apparition des résistances) qui peut vous sauver la vie. Mon plus jeune fils travaillait en RCA, maintenant il est au Gabon, et il a fait plusieurs crises de palu, aussitôt soignées par cette molécule. Quant à moi, je n'ai jamais fait de palu (alors que j'y ai été exposé plus que la plupart des gens - peut-être le whisky  :D ?), mais j'emporte toujours deux boites de traitement (pour moi et un collègue, ou en cas de deuxième crise sur un séjour long). Je les achète en arrivant sur place si je n'en ai pas d'avance (validité ~ 2 ans - se méfier, le pharmacien cherchera toujours à écouler en premier ses boites les plus anciennes, ce qui n'est pas top si vous voulez stocker pour un voyage futur).
La prévention moustiquaire est ok (mais jamais efficace à 100 %), quant au DEET, c'est plus pour le confort qu'autre chose, et c'est assez toxique (mais néanmoins parfois indispensable.
Plus de détails si vous en voulez  ;) ...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Gwangi le 02 février 2009 à 06:37:14
Excellent topo, merci beaucoup (d'autant qu'on projette avec ma copine une virée en Amérique latine dans l'année, pays encore à déterminer). :doubleup:
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: François le 14 mars 2009 à 11:50:54
J'ajoute juste un mot pour préciser au cas ou cela ne serai pas clair, que malaria et paludisme c'est la même chose.
Paludisme pour les francophones. Malaria pour les anglophones, germanophones, hispanophones, flamandphones, etc.. ;)
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Nanette le 25 mars 2009 à 23:23:29
Bonjour, je lis ce forum depuis qqs temps mais je viens juste de m'inscrire pour répondre sur ce sujet. J'ai été confrontée à plusieurs formes de palu et je crois qu'il y a une grosse précision à apporter : il y a une différence majeure entre d'un côté le psalmodium "vivax" qui prend généralement une forme bénine (bonne grosse grippe, avec possibilité de complications mais c'est rare) mais reste dans l'organisme à vie (c'est cette forme qu'ont beaucoup d'anciens expat d'Afrique et qui peut provoquer des crises à l'occasion de fatigue ou périodes de stress) et d'un autre côté les psalmodium falciparum (le plus courant), malariae et ovale (plus rare) qui étaient encore jusqu'à il y a peu la 1ère cause de mortalité dans le monde.

Contrairement à ce qu'a dit Wapiti, le Falciparum ne reste pas dans l'organisme après la crise (c'est le vivax qui reste dans l'organisme). Donc une fois la crise passée, on est définitivement guéri. Mais on peut attraper un nouveau falciparum plus tard dans sa vie à  l'occasion d'une nouvelle infection par un moustique. La période d'incubation est environ entre 8 jours mini et 1 mois. En revanche, le Falciparum peut-être très virulent, et parfois mortel. On peut garder des séquelles, principalement hépatiques (notamment dans les formes Africaines) et neurologiques (c'est le cas pour la Guyane).

Pour la prophilaxie, il faut distinguer plusieurs facteurs :
- quelles sont les résistances dans la zone, donc quel est le traitement préconisé, et quels sont les contre-indications de ces traitements ?
- quels sont les risques (nombre de cas, prévalence du falciparum) ?
- quelle est la durée du séjour ?
C'est la combinaison des facteurs qui guide un choix de prendre ou non une prophilaxie.

Par exemple, pour le Maroni en Guyane, le seul traitement préventif possible est lariam ou malarone, impossible de les prendre au long terme. Pour un séjour court, on peut faire le choix du Lariam mais avec des contre-indications majeures vus les effets secondaires possibles, ou du malarone (mais cher) ou de ne rien prendre et bien se protéger contre les moustiques (anti-moustique, manches longues le soir et moustiquaire la nuit) en sachant qu'à la moindre fièvre, il faut courir à Cayenne faire 2 ou 3 gouttes épaisses à qqs heures d'intervalle (1 seule goutte épaisse peut être négative malgré un palu) ou se farcir une boite d'Halphan dans le doute si on est au fin fond de la forêt.

Si on part en zone 3 (multi-résistance) avec peu de cas, on peut se poser la question de la pertinence d'une prophylaxie.

Si on part en zone 1 (pas de chloroquinorésistance, ces zones sont de plus en plus rares), il suffit de prendre de la chloroquinine, c'est pas grand chose, ça vaut pas le coup d'en faire l'économie (sauf allergies).

En zone 2, la savarine n'est pas non plus un traitement avec beaucoup d'effets secondaires, mais certains la tolèrent mal. Moi par exemple, ça me flanque des nausées terribles, donc en voyage, si c'est pour être malade les 3/4 du temps, je préfère ne rien prendre.

En plus, c'est parfois difficile de faire des choix car les services sanitaires des différents pays ne donnent pas les mêmes conseils. En France, ils ont tendance à charger en médocs par principe de précaution. En Suisse, ils conseillent le mini.

Enfin, c'est vrai que prendre du Lariam dans des zones de multirésistance peut avoir des conséquences non négligeables sur la résistance elle-même, avec pour conséquence que le seul traitement utilisé dans certains pays (Lariam) perde son efficacité au fur et à mesure que les moustiques deviennent résistant en piquant des touristes qui ont pris du lariam en préventif...

Je précise, je ne suis pas médecin. J'ai juste fait des longs séjours en Afrique de l'ouest (d'où j'ai ramené un vivax en souvenir) et habité en Guyane plusieurs années. J'ai fait moi-même un falciparum (pas trop grave heureusement), et ai vu plusieurs personnes avec des falciparums plus ou moins graves, dont un fatal.

Edit : après ce long message, il est bien tard. Je prendrais le temps de me présenter sur le forum demain.


Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: DavidManise le 26 mars 2009 à 08:46:10
Edit : après ce long message, il est bien tard. Je prendrais le temps de me présenter sur le forum demain.

Ton premier message en dit déjà long sur toi, Nanette :akhbar:

Merci pour toutes ces infos précises et pertinentes.

David
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mad le 28 mars 2009 à 14:52:44
je n incite personne à prendre de decision par raport à ce que je dit

Excellente et utile remarque au vu de ce qui précède  ;D ...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: François le 28 mars 2009 à 21:47:59
et pourtant ce sont des faits réels, et la preuve c'est que je suis là et mes potes se portent bien, à contrario je connais des ultra-lariam etc qui se sont choppés des palus-résistants, et pourtant ils sont resté que peu de temps

Moi aussi j'ai des potes qui n'ont jamais rien pris en préventif et qui se portent bien. J'en ai d'autres qui sont impaludés à vie et qui passent quelques semaines par an sous perf, à la limite du coma. Et un autre qui en est mort faute d'avoir été mis sous perf à temps.

A ma connaissance, le Lariam n'est plus employé en préventif mais uniquement en curatif sous contrôle médical. Quant à la quinine - le médicament miracle d'il y a 50 ans - elle ne marche plus que là où le palu est occasionnel : Afrique du Nord, Moyen Orient, Amérique Centrale et autres.

A mon avis, quand on n'a pas l'expérience de mad, et qu'on est pas accompagné par quelqu'un qui a son expérience, on consulte un médecin spécialisé et on fait ce qu'il dit. C'est trop con de se pourrir la vie pour avoir voulu jouer les rambos pendant quinze jours. Les traitements préventifs actuels marchent bien quand ils sont adaptés à la zone fréquentée, même s'il y a toujours quelques % de "ratés".

Le cas de ceux qui sont exposés pendant des années est différent. D'abord ils ont des habitudes de vie qui évitent la plupart des piqures. Ensuite, ils développent une certaine immunité qui rend les crises de palu moins fortes et plus faciles à traiter.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mad le 29 mars 2009 à 23:54:47
Moi aussi j'ai des potes qui n'ont jamais rien pris en préventif et qui se portent bien. J'en ai d'autres qui sont impaludés à vie et qui passent quelques semaines par an sous perf, à la limite du coma. Et un autre qui en est mort faute d'avoir été mis sous perf à temps.

A ma connaissance, le Lariam n'est plus employé en préventif mais uniquement en curatif sous contrôle médical.

Si, malheureusement François, il y a encore beaucoup de médecins qui prescrivent du Lariam en préventif, même pour des endroits où il n'y a aucun risque de palu, ce qui est inutile et dangereux ...

A part ça, ton post est juste, et c'est dommage que papovka l'ait compris à rebours, comme si tu souscrivais à ce qu'il disait, alors que je trouve autant que toi son discours totalement irresponsable.

Karto a pris la peine de faire un bon topo sur le sujet en ouvrant le fil : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,14829.msg217258.html#msg217258 (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,14829.msg217258.html#msg217258)
et j'ai pris la peine de compléter avec ce que je sais d'expérience : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,14829.msg217471.html#msg217471 (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,14829.msg217471.html#msg217471)
et ça me gave un peu que quelqu'un poste un truc où le nombre de fautes d'orthographe n'est dépassé que par le nombre de contre-vérités dangereuses.
Il s'agit de la vie des gens, et il n'est pas acceptable de dire n'importe quoi.
Je ne me pose certes pas en sommité incontournable, mais j'ai réfléchi avant de poster mes suggestions basé sur une longue expérience dans des pays aux quatre coins du monde, et il serait sain que chacun prenne quelques secondes avant de poster des âneries dangereuses.
PS : pas de smileys, il n'y a là vraiment rien de drôle.

PPS : s'il y a encore besoin de prouver l'incompétence dangereuse de papovka, notez qu'il parle de virus à propos de la malaria ...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: DavidManise le 30 mars 2009 à 08:38:33
Oulah :o

Je n'avais pas lu le post de papovka dont vous parlez...  j'ai pris trente secondes pour le supprimer (sorry papovka mais je peux pas publier ça :-[).  Non seulement c'est truffé de contre-vérités (qui sont certes basées sur l'expérience directe, mais c'est bien la preuve que nous sommes tous victimes de notre propre expérience !) et c'est dangereux, mais en plus ça n'apporte rien au débat.  Ca revient un peu à dire qu'on peut tous fumer 2 paquets de clope par jour parce que je connais un papy qui a fait ça toute sa vie et qui est mort dans un accident de parapente à 97 ans.  Certains ont une constitution (ou une chance) hors du commun.  Tant mieux pour eux.  Mais ça n'est malheureusement pas le cas de tous.

Par ailleurs, le fait que les palus choppés malgré les traitements préventifs soient plus difficiles à soigner prouve simplement que le palu en question était déjà résistant...  pas que le traitement préventif nuise au traitement curatif au niveau individuel.  Ceci dit il est vrai que les traitements préventifs rendent -- par sélection naturelle -- les palus résistants : ceux qui réussissent à se reproduire dans un bain de traitement préventif sont favorisés, et leurs descendants sont résistants.  Mais bon.  Il y a là une imprécision dangereuse... 

Les posts de Karto, Mad, Nanette et autres suffisent à ce sujet, qu'on devrait à mon avis résumer dans un article du wiki à titre informatif, en insistant bien sur le fait qu'un médecin compétent doit être consulté.  D'ailleurs l'une des préoccupations majeures du HonCode (gage de qualité pour les sites à teneur médicale) est justement que le site ne se substitue pas au rapport médecin-patient. C'est pas pour rien ;)

Ciao !

David
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Kilbith le 30 mars 2009 à 09:36:13
Bonjour,

Je trouve ce fil très intéressant....avec des posts complémentaires.

*D'un coté nous avons des avis "scientifiques" et "médicaux"
*De l'autre des avis de personnes expérimentés ayant un bon background scientifique.
*Enfin, nous avions la perception de "l'homme de terrain".

Si on prends le temps de lire, on se rend compte que les avis ne sont pas si différents, seulement les perceptions et l'expression de celles-ci. Il ne faudrait pas s'arrêter sur des problèmes d'expressions.


Je prends un exemple :

Imaginez une région ou sévit le paludisme. Imaginons un camp militaire occidental installé dans la région depuis de longues années. Les militaires installés pendant plusieursmois ou années prennent des traitements préventifs de type Lariam. On nous signale deux problèmes :

*Troubles psychologiques chez les militaires (qui sont puissamment armés je le rappel). MAHA, ils n'ont pas besoin de cela (éloignement de leurs familles, isolement culturel, stress....)
*Développement de formes résistantes du palu dans la région au détriment des populations locales.

Dans les deux cas, cette façon de faire (cure préventive) pose peut être de plus gros problèmes au populations locales et aux militaires que celle exposée dans le témoignage de papovka. D'où les pratiques (peut être implicitement cautionnées par la hierarchie...)


La situation d'un touriste se rendant épisodiquement et/ou pour un séjour de quelques semaines en terrain infesté est toute différente.


...écoutons ceux qui ont de l'expérience, même s'ils n'ont pas de "gros mots" pour l'exprimer.  :closedeyes:


MAIS c'est vrai qu'en ce domaine (la médecine) les approximations dans le message sont sources de confusions donc de danger...En ce sens le message de Papovka ne pouvait rester en l'état.


Post à vie courte.  ;)
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Thony le 06 avril 2009 à 15:39:14
Mon expérience perso:
Pour ma part la première fois que je suis parti dans un pays exposé j'avais testé le Lariam une semaine avant, en bonne santé physique et mentale à l'époque (du moins on l'admettra) je ne me suis pas senti plus con que d'habitude mais j'avais passé une première nuit horrible entre insomnies et cauchemars, ce qui marque passé la vingtaine, la seconde nuit ayant été aussi terrorisante que la première je suis alors passé à la Malarone et aucun effet secondaire à déplorer.
Quelques collègues sont dans mon cas et tolèrent mal le lariam, la plupart du temps c'est troubles du sommeil et idées noires, personne n'a jamais eu de problème avec la malarone.

En général quand je pars dans un endroit pour la première fois peu importe la durée je prend de la malarone en préventif et j'avise sur place si je peux m'en passer suivant la période/le lieu/l'exposition. De mémoire il est fortement déconseillé de dépasser trois mois de traitement préventif.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Bison le 06 avril 2009 à 16:56:08
Il y a un truc que j'ai du mal à comprendre :  le développement de formes résistantes du palu.

Dans les zones à moustiques, il en a des milions et plus par km². Quelle peut être l'influence, sur la population des moustiques, de quelques piqures sur des êtres humains protégés?

Le mécanisme de la sélection naturelle dans ce contexte, je ne le sens pas bien ...

SVP :  une explication simple me suffira! :)
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Thony le 07 avril 2009 à 02:02:29
A la base ou suite à évolution/mutation des souches sont plus résistantes que d'autres à un traitement, si dans une zone on donne à tout le monde d'un medoc les souches qui vont le plus se développer sont celles y résistant, après plusieurs années les chances d'être infecté par la souche en question deviennent assez grande pour qu'on considère le traitement comme inefficace.

C'est arrivé dans certains pays gavés à la chloroquine qui ne coute rien, je ne suis pas sûr que trois pauvres expats avec leur malarone à 120€/mois entrainent les mêmes ravages.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Bison le 07 avril 2009 à 08:36:00
Ce raisonnement implique que :

a) - soit les moustiques ne piquent pas les personnes protégées à la chloroquine, crèvent donc de faim et se reproduisent moins bien?
    - soit les moustiques qui piquent du sang "protégé", en sont malades et se reproduisent moins bien?
b) que la population de moustiques soit significativement dépendante du sang humain au niveau chaîne alimentaire ...

C'est ce dernier point qui me pose question ... mais il est vrai qu'avec les concentrations de populations (assez récentes) et l'insalubrité concomittante des bidonvilles, cela soit en effet significatif ...

On aurait donc dans ce cas des moustiques de brousse "traditionnels" et des moustiques de ville mutants et plus dangereux?
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Pil le 07 avril 2009 à 09:21:53
Pour rajouter à la liste des joyeux effets du Lariam, j'ai eu une crise qui ressemblait à une hypoglycémie une heure après la prise, avec troubles de l'équilibre, sueurs, etc. Par chance c'était de retour en France.
En revanche, je n'ai jamais eu de problèmes de sommeil ou d'hallucination comme je l'ai entendu.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: LOOPING le 12 avril 2009 à 20:46:51
Bon article Karto  :up: Merci.

Note :
Un individu en pleine santé et traité rapidement avec medic adaptée s’en sortira très bien pour les souches classiques genre falciparum.

Quelques souches plus rares entrainent des troubles neurologiques graves et fatales en l’absence de prises en charge rapide.

Mo j’ai attrapé le palu en 2007. Voila quelques infos utiles :

La priorité :

-   Avoir une moustiquaire adaptée (et son système de fixation), bien tendue, bien fermée, vérifier avant de se coucher l’absence de moustique. S’entrainer à la pose avant le départ.
-   Ne pas attendre l’heure tardive du coucher, quand on est bien crevé pour l’installer
Banir les moustiquaires 1 place vendue en magasin de sport... Trop petites on touche les bords et l’on n’est plus protégé. Prendre une 2 place (ou un hamac moustiquaire adapté) J’ai voulu faire léger et jouer au mul en 2007. Grave erreur j’ai été piqué de cette façon et j’ai eu le palu.

-   les moustiques vecteurs de palu : l'anophèle,  Ils (ou elles plutôt) , piquent la nuit et  lorsque le soleil est très faible. La plage horaire concernée : 5 heures du soir, soirée, nuit jusqu’à 5h du matin environ. Vaut mieux le savoir...

Il faut donc prévoir des répulsifs adaptés, en fin d’après midi. Notamment pendant la saison des pluies lorsque les moustiques sont très nombreux.

On sera vigilant également en pleine journée lorsque le soleil est caché et lorsqu’il pleut.

-   Médicaments, traitement préventif

Je sais que ca va surprendre plus d’un,
mais la prise du traitement préventif (Lariam, Savarine…) n’empêche pas d’avoir le palu. Pas mal d’occidentaux atteint du palu avait pris sérieusement leur traitement préventif…

Je sais d’avance que ca va déclencher des réactions vives …

Mais la priorité n’est pas de se procurer un traitement préventif  

la vrai priorité c’est d’avoir un traitement curatif  efficace.  

Hors c’est  l’inverse que les médecins français pratiquent aujourd’hui. Ils prescrivent un traitement préventif (avec parfois des effets secondaires qui dans certains cas vont vous mettre dans une vraie situation à risque...), pas mal de médecins nient encore l’existence de ces effets secondaires…

Et ils ne vous prescrive pas de traitement curatif (même si vous leur demander). C’est pourtant ce qu’on a besoin quand on part plus de 8 jours…

Bon nombre de médecins utilisent encore la Quinine, la chloroquine en traitement curatif alors qu’elle est inefficace dans de plus en plus d’endroits…

Un médecin étranger qui travaille en zone tropicale, expert de l’OMS m’a confirmé ce que nous savions déjà : le médicament actuel qui donne de vraix résultats c’est le Coartem basé sur la bi-thérapie et qui contient de l’arthemesia . (Coartem malheureusement introuvable en France) (Les comprimés ne doivent pas être conservé à plus de 25° je crois.)

Sinon L’OMS recommande l’arthemesia naturelle, à boire en infusion, qui donne des résultats excellents pour un coup dérisoires. (Une dose genre boite pellicule photo dans 1L d’eau bouillante, c’est le traitement d’une journée)
L’arthémesia est facile à stocker et ne craint pas autant la chaleur. Et les souches de palu ne s'endurcissent pas avec elle..

Si vous vous rendez en zone tropicale, des votre arrivée, vérifiez si du Coartem ou un équivalent, et si de l’arthemesia naturelle est dispo dans le pays.  Gardez en toujours avec vous. Un médecin n’est pas forcement dispo, vous pouvez être loin de tout…

(Gardez en aussi en France, les 6 premiers mois du retour.)

Pour info une solution moins chère, l’Arthesunate est aussi utilisée en 1ere intention dans les pays pauvres.

Enfin comme dit Karto avoir des kits de tests rapides ca permet de gagner du temps sur le diagnostic (moi j’en ai pas) …

Et des les 1ers symptômes de courbatures, début de fièvre, Ne tardez pas, prenez l’arthemesia et consulter un médecin.

Une fois que vous avez votre cuartif arthemesia et que vous etes serieux sur la protection (moustiquaire, repulsif à certaines heure), vous n'avez plus de peur à avoir...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mad le 13 avril 2009 à 19:00:15
Bon article Karto  :up: Merci.

Tout le monde est d'accord, LOOPING  :up: ...

Par contre, tu aurais pu prendre la peine de lire les autres posts, en particulier ça :

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,14829.msg217471.html#msg217471 (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,14829.msg217471.html#msg217471)

où je parle de l'importance essentielle du curatif, et spécifiquement de ceux à base d'artémisine, seule ou en association. Le Coartem n'est qu'un des multiples produits, et pas le mieux adapté (conservation). Par contre, les tisanes et décoctions à base de la plante naturelle, je déconseille vivement, on ne sait jamais la teneur exacte. On trouve PARTOUT en Afrique des médocs corrects EN PHARMACIE, et il faut être idiot pour ne pas s'en munir, je suis d'accord.

Je vais essayer de trouver une liste des noms de produits à base d'artémisine suivant les pays, même s'il est clair que ça change très vite (en particulier la généralisation des associations).
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: balthazar le 13 avril 2009 à 20:08:27
Expérience "terrain" (séjours de 4 à 6 mois en zone paludée, avec traitement préventif ante et post obligatoire à base de paludrine), donc pas très scientifique...
"le mec qui fait plusieurs voyages par an dans des régions impaludées (mon cas), ou qui y réside (mon plus jeune fils). Là, les inconvénients d'un traitement préventif en continu dépassent les avantages (dommages oculaires, dommages hépatiques, surtout si on n'est pas abstinent d'alcool {$default_wink_smiley} )" +1, quelques douleurs au ventre (foie?) (sans abus d'alcool...) pour certains de mes camarades, un bon syndrôme "hépatique" inexpliqué pour moi au retour lors d'une opé...et des dommages occulaires observés chez une résidente sous traitement à long terme (perte de plusieurs dixièmes après 18 mois, mais je n'accuserai pas non plus pour autant son traitement en un haro, il y avait peut être autre chose). Pas de quoi faire des stats non plus, l'échantillon est quand même assez mince, mais... j'ai eu conseil d'un médecin spécialiste (non vérifié) des maladies tropicales, qui luttait contre la prise de "préventifs" le midi, car après c'était la sieste et il y aurait une forme de dépôt "sédimentation" du médicament lors de la prise de position horizontale dans l'estomac ce qui expliquerait certains "troubles". Si quelqu'un en a entendu parler, je serai intéressé pour un prochain séjour éventuel...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: François le 14 avril 2009 à 00:39:23
b) que la population de moustiques soit significativement dépendante du sang humain au niveau chaîne alimentaire ...
Je crois que c'est plutôt le palu.. machin qui est dépendant du sang humain. On dit que le vecteur c'est le moustique, mais l'homme l'est autant. Le palu ne peut pas survivre sans passer par un homme, qui réinfectera un ou plusieurs moustiques. Quand une grande quantité d'hommes sont "protégés" par un même produit, seuls les parasites immunisés contre ce produit survivent, ou au moins deviennent dominants, et le produit n'est plus efficace pour personne.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Bison le 14 avril 2009 à 09:22:06
Merci François et Wapiti ... cela devient déjà plus clair dans mon esprit.

A la lumière de vos explications, je me demande si la croissance de la population, et surtout sa densité autour des grands centres urbains ne joue pas un rôle prépondérant finalement dans le développement des palus émergeants.

Faudrait un peu de stats et de simulation ... et bien prendre en compte (= bien connaître)  tous les mécanismes qui entrent en jeu.

Et dire que j'ai une connaissance qui a fait - il y a trop longtemps! - une spécialité en médecine tropicale ...
On est un peu "à couteaux tirés", malheureusement ...

Mais Mad ... c'est dans ses cordes, les systèmes complexes !?
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: François le 14 avril 2009 à 11:41:11
L'homme n'est pas le seul animal à sang chaud à être infecté par le paludisme.
Oui, mais est-ce le même paludisme que les humains ?
D'une conversation avec un chercheur de Pasteur il y a quelques années, j'ai gardé le souvenir qu'il était très difficile de faire développer un palu humain par un animal, il faut commencer par des manip génétiques. Et que le paludisme du singe peut être transmis à l'homme mais que çà marche mal (pour le parasite), et que ce n'est pour l'homme qu'une maladie bénigne.
Bon, ce ne sont que des souvenirs et je ne suis pas sur d'avoir tout compris  :(
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mamy le 19 septembre 2009 à 01:49:42
Salut tout le monde,

Une petite question sur le palud, la "malarone" (medoc contre le palud) c'est bien gentil mais quand on reste trois mois ou plus sur un territoire ou la maladie sévi, on tourne toujours à un cachet par jour?
 le médoc coute réellement cher, y a t'il d'autres solutions pour les voyages à plus long terme?
le corps s'immunise t-il à force?
je sais que certain de vous on trainer leur basques un peu partout, si vous avez des infos je suis preneur , j'ai un ami qui pars sous peu au Mali.

Merci d'avance


(ps: je sais pas si sa va dans survie en milieu naturel, s'cusez, dites je déplacerai)
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: akiou le 19 septembre 2009 à 02:15:18
Oui, il y a le Lariam, environ 90€ le traitement de 3 mois. Attention à la liste des contre-indications, notamment les effets psychiques.
Chez certains, le medoc rend barge,  parano, ou pire
1 comp. par semaine à commencer une semaine avant le séjour et continuer 2 semaines après (de mémoire)
Attention également à la toxicité des anti-paludéens sur de longues périodes
Les traitements et les précautions ne sont pas les mêmes en fonction de la Zone de chloro-quino résistance, de l'altitude, des conditions de vie, d'accès aux traitements, etc....
Enfin, surtout ne pas avoir la bonne idée de se dire qu'on achètera le traitement sur place, vu le nombre de contrefaçons qui existent sur les marchés locaux, c'est un gros risque.
Akiou
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: François le 19 septembre 2009 à 05:33:29
Pour les longs séjours, c'est plutôt la doxycycline, ou rien du tout en préventif mais traitement curatif en poche. De toute façon, commencer par voir un médecin qui s'y connait.
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: elgringo le 19 septembre 2009 à 08:39:05
Pour le lariam, attention c'est un traitement lourd, on l'a suivi avec ma femme pour un séjour d'un mois en Thailande et elle a été malade longtemps.

Le mieux pour avoir un avis autorisé, c'est de consulter à l'institut Pasteur, ils ont des médecins spécialisés dans les maladies tropicales.

On y est allé il y a quelques années pour un séjour de plusieurs mois en amérique du sud et il nous a :

1- déconseillé le lariam (effets secondaires trop lourds par rapport au gain espéré)
2- déconseillé de prendre quoi que ce soit pour un long séjour (+ de 3 mois, il me semble)

Bon, tout çà date de 2003, il ya peut-être eu des progrès depuis, et de toute façon je ne suis pas médecin.
Vois un spécialiste, tu seras fixé.

Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: canardvécé le 19 septembre 2009 à 10:10:30
jour'
moi je l'ai.... moi je l'ai......
j'ai le vivax (pas la forme la plus dure de palu mais ça secoue quand même bonbon lors des crises...)
je vais regulierement en Afrique et je prends malgré tout le Lariam ainsi que ma femme (pas envie de m'en chopper une autre forme).........pas de desagrement en ce qui nous concerne.....et vachement moins contraignant qu'un cachet à prendre chaque jour (et qui, dans mon cas n'a pas ete d'une grande efficacité.....pris durant 3 ans chaque jour et bout du compte, contaminé quand même...)
donc, nous ne sommes pas tous egaux devant les effets secondaire du Lariam pour en revenir à nos moutons.....
voila.....ma modeste participation...
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: Wapiti le 19 septembre 2009 à 10:51:12
Bjr.

Où au Mali ? Sur les rives du fleuve Niger ou près d'une étendue d'eau ? Parce que loin de l'eau, il n'y a pas de moustiques, elle leur est indispensable à leur reproduction. Plus on s'en éloigne, plus ils se font rares. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'en protéger. De toutes façons, Bamako est au bord du fleuve, je pense que tu t'y rends par avion. Il suffit d'une piqûre pour être contaminé, penses-y.

Zone à plasmodium falciparum, le plus virulent. Outre sa létalité, il a des conséquences quasi définitives sur l'organisme : fragilité hépatique, rhumatismes articulaires. Les remèdes ont eux aussi des effets secondaires à long terme.

Il n'y a pas d'immunité contre le paludisme, seulement une résistance en fonction de l'individu et la gravité de l'impaludation. La médication préventive et prophylactique atténue les effets indésirables de l'infection, sans jamais la guérir. Quelques individus pourtant très exposés ne contractent jamais cette parasitose, on ne sait pas pourquoi ?

Dans ma jeunesse on prenait de la Nivaquine, un comprimé six jours sur sept, pendant tout le séjour et quelque soit sa durée. Ça ne m'a pas empêché d'être impaludé (ça s'atténue avec le temps) et la médication a causé des lésions rétiniennes graves. Près de quarante après, la fatigue, une digestion difficile peuvent déclencher un accès palustre, certes bénin, mais épuisant.

Le mieux est de se renseigner auprès d'un médecin spécialiste des maladies tropicales*. Les généralistes, bien que compétents, y sont rarement confrontés et parfois le patient connaît mieux les symptômes et les remèdes.

Surtout, toujours dormir sous moustiquaire, sauf dans le désert.

* Hôpitaux militaires, Salpêtrière à Paris, Institut Pasteur (comme le dit elgringo) entre bien d'autres.

À + et bon séjour.



Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mamy le 20 septembre 2009 à 17:09:56
Salut,
merci d'avoir répondu et du déplacement (j'avais pas vue ce sujet)
 du coup le pote à rendez-vous avec un  médecin spécialiste dans les maladies tropicales.
le problème c'est qu'il reste minimum 3 mois ::)  donc je pense qu'il va en prendre au début puis il avisera au bout de trois mois.
Sinon il part juste à coté de Bamako dans un camps,

merci encore pour lui.

mamy
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: mad le 23 septembre 2009 à 22:33:35
Bon, je pense qu'on tourne un peu en rond, et que certains posts montrent bien que leurs auteurs n'ont pas lu le début du fil  :down: !

On fait comment dans ces cas ? Un wiki ?
Titre: Re : Malaria et paludisme
Posté par: DavidManise le 23 septembre 2009 à 22:53:05
Dans l'idéal, on confie la wikifaction à un mec qui a lu au moins tout le fil, oui ;#

David ;)
Titre: Re : Re : Malaria et paludisme
Posté par: mad le 24 septembre 2009 à 10:33:25
Dans l'idéal, on confie la wikifaction à un mec qui a lu au moins tout le fil, oui ;#
David ;)

C'est mon cas, et sans doute aussi celui de Karto, de Bison et d'un ou deux autres (dont toi probablement  ;) ). Le problème, c'est que le wiki ne doit pas être un panorama de toutes les opinions, des valables aux farfelues, mais une synthèse utile. Et pour cela, il est difficile à un des intervenants qui a exprimé une opinion tranchée d'être accepté par tous (même si mon opinion par exemple est fondée sur une triple expérience, à savoir de terrain, de scientifique - qui fait des modèles en épidémio, et d'époux d'une toubib qui passe aussi beaucoup de temps en milieu impaludé). Si quelqu'un de moins catégorique fait une synthèse, je veux bien la relire et la compléter.
Titre: Malaria, paludisme et nouveau dispositif de protection
Posté par: Agronome le 18 juillet 2011 à 12:09:16
Des scientifiques étudient pour l'instant un nouveau dispositif pour diminuer les piqûres de moustiques, en complément aux moustiquaires de lit et aux vaporisateurs. Et ainsi diminuer les cas de malaria.

Il s'agit d'une boîte remplie de chaussettes sales (ou d'un leurre olfactif similaire) placée à l'extérieur de la maison, dont les parois sont recouvertes de pesticide naturel.

Ce piège serait efficace et attirerait 4 fois plus de moustiques qu'un corps humain.

Dans les deux années à suivre, le dispositif devrait être davantage étudié puis commercialisé.

Sources (presse, pas d'article scientifique) :
http://www.slateafrique.com/11947/les-chaussettes-sales-arme-fatale-contre-le-paludisme
http://www.newswire.ca/en/releases/archive/July2011/13/c4990.html
Titre: Re : Malaria, paludisme et nouveau dispositif de protection
Posté par: mad le 18 juillet 2011 à 12:25:01
Des scientifiques étudient pour l'instant un nouveau dispositif pour diminuer les piqûres de moustiques, en complément aux moustiquaires de lit et aux vaporisateurs. Et ainsi diminuer les cas de malaria.

Il s'agit d'une boîte remplie de chaussettes sales (ou d'un leurre olfactif similaire) placée à l'extérieur de la maison, dont les parois sont recouvertes de pesticide naturel.

C'est tout sauf idiot, et j'ai beaucoup travaillé avec des entomologistes pour trouver de bons pièges à moustiques  :up:
J'espère qu'il y aura bientôt des études poussées confirmant l'intérêt de ce type de dispositif, très économique, et donc applicable en milieu peu développé.

NB : Je pense essayer de lancer une expérience, pour voir si ça attire aussi les Aedes (porteurs de la dengue etc.