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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Survie en mer (faits divers, expérience ...)  (Lu 35522 fois)

30 décembre 2013 à 08:32:22
Réponse #25

fall7stand-up8


Bonjour à tous

Il y a déjà eu sur ce forum une discussion à propos de cet article.
En gros les réponses allaient dans ce sens:

Les signes donnés sont un peu trop fins à observer surtout quand la distance ou les vagues ne nous permettent pas de bien voir la victime.

En conclusion toute personne qui n'est pas en train de nager efficacement ou de se baigner sereinement doit faire l'objet d'une vigilance voire d'une intervention.

Pour le reste je relève une petite erreur concernant la soi disant impossibilité "physiologique" d'agiter les bras pour appeler les secours.
Il se trouve que toutes les parties de notre corps qui sont au dessus de l'eau nous font couler. donc agiter les bras est contre productif et à ne pas enseigner aux gens. on doit au contraire leur apprendre à n'émerger que ce qui est utile à la respiration.

Mes deux bouées canard

27 juin 2014 à 19:38:12
Réponse #26

Aleksi


Salut a tous ! Cela fait paisir de se reconnecter un peu sur ce forum  :)

Je viens partager avec vous une des experiences que j'ai eu assez recemment. premierement, je contextualise, puis j'expliquerai les faits. J'aimerai seulement qu'il soit eviter des reflexions et reponses de types "c'etait inconscient, irresponssable, etc". On est libre de faire les choix que l'on veut, en son ame et conscience, si on est pret a en affronter les consequences.

L'histoire commence lorsque j'arrive aux canaries apres un long voyage a pied et en stop en Scandinavie durant l'hiver, puis a droite a gauche en Europe, pas mal de temps au Maroc, embarquer en tant qu'equipier sur un bateau pour les iles canaries, et de la, embarquer sur un bateau a nouveau pour l'autre cote de l'atlantique, peu importe ou...

Ca, c'etait l'idee de base. Finalement, au bout de 2 jours seulement, j'ai abandonne l'idee du bateau-stop. Autant, ma premiere experience etait extraordinaire, avec un capitaine mythique. J'avais eu de la chance visiblement.
Je n'aime simplement pas ca. Une floppee de bateau-stoppeur qui ne cherchent des bateaux que pour voyager moins cher, et pouvoir dire qu'ils ont traverse l'atlantique a leur copains (vous savez, la maladie de la "to do list..."). De l'autre cote, des capitaines froids, qui en font un business, etc. Bref je passe un peu sur les details, mais ca a ete suffisant pour me decevoir au plus haut point, moi qui m'attendais a trouver une communaute de clochards des mers dans lesquels je puisse reconnaitre ma vision des choses, la mer, la navigation, etc.

Bref, je part m'isoler dans un bled plus tranquil que l'horrible las palmas et reflechis a la maniere de traverser la grande bleue. Pret a tout, je pense a bricoler mon embarcation, meme pret a ramer avec une equipe d'acharne sur une embarcation type vieux drakar... bref pret a tout, en route pour l'aventure.

Finalement, je mets la main sur un bateau abandonne, qui va finir a la casse dans quelques mois. Voila mon embarcation. Le projet est risque, tout est fatigue sur le bateau. Je selectionne un equipage (ca a mis du temps...) pret a suivre et sachant dans quoi ils embarquent, et que tout peut arriver, il peut meme arriver qu'on arrive pas.
Un bateau rouille, sans electricite, ni electronique ni rien, il manque la grand voile, pas de moteur (pour un voilier de 15 metres en acier).
Point de vue securite, on recupere un canot de sauvetage, des fusees de detresses, et on embarque un petit GPS de randonnee. Je fabrique un sextant homemade et on photocopie un paquet de cartes de differents endroits de l'atlantique. La navigation se fera principalement aux etoiles.
Pour la nourriture, on a recycle pendant des semaines dans les poubelles de supermarche et fait des conserves avec les fruits et legumes, et pates, riz, goffio.
L'eau : environ 700 litres.
On part sans papiers.

Navigation entre canaries et cap vert parfaite, j'adapte un foc en guise de grand voile, en donnant un angle a la baume et en attachant tout le long du mat. Par securite, et parce que en cas de grain il n'est pas facile d'intervenir sur la GV avec cette configuration, nous evoluons systematiquement avec deux ris. Pas rapide, mais on s'en fou, nous c'est l'ocean, la navigation, et la liberte ; pas la regate. Et ce bout de voile est suffisant pour maitriser le roulis.
Commence quelques pepins au milieux de l'atlantique : Le winch babord qui lache, impossible a reparer. Par un systeme de poulies, je renvois l'ecoute sur le winch tribord, organise et explique a l'equipage la nouvelle manoeuvre en cas de changement d'amure (rare au milieux de l'atlantique).
La baume casse egalement.
Puis un hauban a babord qui est au bord de la rupture. Je le change immediatement, avec une technique DIY simple mais efficace. La traversee continue, je ne m'attarde pas sur les beaute de la navigation et la magie de la traversee d'un ocean.

Finalement, arrive a 300 milles des cotes de la Guyane, nous dematons, meme pas 1 minutes apres que j'ai ete en tete de mat faire une verif...
Premiere constatation : J'ai bien choisi l'equipage et les avait bien informes sur les risques. Pas de surprises, personne ne panique, les gens attendent juste mes instructions, et essai de descerner la moindre trace d'inquietude sur mon visage, ce que je ne montre absolument pas.
Un mois que nous sommes en mer, tous le monde un peu fatigue (conditions de nav assez rude, pas de pilote auto, etc.). Forcement, l'eau est la nouriture sont deja  asses bas...
Premiere chose, nous coupons tres rapidemment les haubans qui retiennent le mat qui pourrait percer la coque, facon belier, puis rangeons tous le pont de maniere tres claire, puis ensuite reunion dans le cockpit. Certains membres d'equipage rangent frenetiquement, comme pour eviter cette conversation et rester l'esprit occupe pour ne pas voir la verite de la situation en face : Nous derrivons en arriere, vers le milieux de l'ocean, l'eau est bien attaque, encore plus la nourriture, nous n'avons pas vu un bateau depuis le cap vert, pas de radio. Mais des nerfs d'aciers.
A ce moment, nous croisons le premier bateau, un cargot qui nous passe a une centaine de metre, en plein jours, et ne s'arretant pas malgres la fusee de detresse. Cela donne un coup au moral de l'equipage, mais moi ca me donne finalement la conduite a tenir : J'envois la moitie de l'equipage faire l'inventaire precis des vivres et eau, pendant que les autres et moi dressons un greement de fortune. Nous fixons le tengon en guise de mat, haubanage de fortune avec les bouts qu'il reste et que l'on double a chaque fois, et un foc que l'on hisse dessus, mais  sur le cote. Difficile a expliquer, mais le resulat est que nous pouvons reprendre la barre, nous avencons 0.5 noeuds en direction de Bresil-Guyane... Au meme moment, j'ai le resultat de l'inventaire qui redonne du moral au troupe. En rationnant presque a l'extreme, mais suffisament tous les jours pour rester physiquement et mentalement efficace, nous pouvons tenir deux semaines et demi de plus. Ce dont je suis parfaitement conscient, mais pas vraiment mon equipage, c'est que il nous faudra plus de 3 semaines pour rejoindre les cotes, ce n'est donc pas assez, mais je dis que la situation est excellente, l'affaire et dans la poche, tout ce qu'on a a faire c'est garder la bonne humeur comme pour une nav classique, en faisant un peu plus attention au nerfs de chacun. Le jours qui suit, deux bateau de plus passent et nous ignorent (ils peuvent pas ne pas nous avoir vu) : L'explication sont les directives bidons et la paranoia des gens face aux risques de piratage dans ces eaux la.
Nous n'avons plus de fusee de detresse. Mais mon choix est fait :
Je pourrais : decider d'aller avec le courant, et finir sur trinidad-tobago, mais risque car si on les rate on part dans l'ocean, de plus je ne fais pas completement confiance au greement.
Continuer vers la guyane, avec le vent mais contre le courant. Mais les vivres ne le permettent pas vraiment.
Pour moi la solution est d'essayer de rester dans cette zone de trafic maritime, et rester visible quoi qu'il arrive. J'organise pour la survie : Distillateur d'eau salee a partir de tubes, de bidons d'eau, de plastique noir et de coton imbibee d'eau pour refroidir la vapeur. Recuperateur d'eau de pluie (avec mon tarp). Pour la nourriture, je fais un filet de peche, des harpons a partir de bambous que l'on avait embarque a bord, et surtout des leurres :
Une sorte de leurre a partir de cordage dont j'enleve une partie de la gaine, ca se rapproche de la pieuvre de maniere efficace, et des amecons en plus avec des vieux clous. Face a la difficulte de faire un stop sur un amecon fait a base de clou, la forme a donner est un amecon qui forme une boucle, presque fermee. Les dorades repondait tres efficacement a ce systeme. Il faut les pecher lorsqu'elle deviennent coloree (jaune, vert, bleu). Si elles sont bleu foncee elles n'attaqueront pas. Et finalement, un certaine nombres de sacs poubelles remplies de truc inflamables, certain fait pour faire des flammes vives (pour la nuit) d'autres de la grosse fumee noire (pour le jour), pet a etre allume en une seconde.
C'est comme ca que nous avons ete secouru le jours d'apres par un bateau de peche venezuelien avec qui je suis reste travailler un moment. Nous avons attendu qu'il soit assez proche, avons allume l'un de nos sacs poubelles "flammes vives" car de nuit, SOS avec la lampe torche. Apres negociation, nous avons abandonne le navire et sommes parti en direction de trinidad. La suite (probleme d'immigration, etc blabla) n'est pas triste non plus mais est hors contexte.

Je suis maintenant a Bequia et rejoins prochainement Carriacou, ou je prevois de me fabriquer une sorte de pyrogue, greement pince de crabe, pour rejoindre venezuela et pourquoi pas Colombie si tout va bien.

C'est un condense de mon experience, j'attends en realite des reactions et des questions pour pouvoir detailler proprement les choses qui semble interessante sur le sujet de la survie. Je repondrais avec plaisir, uniquement par rapport a cette experience, car j'ai pu experimenter ce qu'est que d'avoir la gorge seche face a la perspective de peut-etre...mourir.

Pour conclure, je dirais que ce genre de situation, ce qui sauve c'est bien sur a quel point on est pret a faire face a une situation, mais surtout ne jamais arreter de prendre des decisions, et utiliser ses competences pour les mettre en oeuvre.

A plus !  ;)



27 juin 2014 à 23:22:36
Réponse #27

fry


Récit incroyable, tu pourras écrire ton propre bouquin d'aventure. Pour avoir foulé des pieds Bequia et fait un peu de voile dans ce coin des caraïbes, je me projette assez bien dans cette situation sans vouloir vendre ma peau contre la tienne pour autant au moment où vous êtes tombés en rade...

Tu ne voulais pas qu'on te reproche le caractère inconscient, je ne le ferai donc pas, mais dis-toi tout de même que si tu avais démâté quelques jours / semaines plus tôt en plein milieu de l'océan tu ne serais probablement pas là pour nous raconter tout ça, sans parler de tous les " et si " potentiels que votre organisations de survie minimale n'aurait pas pu absorber ( n'importe quel problème médical un peu sérieux ou du moins qui ne puisse attendre 3 semaines pour être pris en charge autrement que par un petit nécessaire de soin au milieu de nulle part ), une voie d'eau opiniâtre...

Ne serait-il pas possible de prévoir à l'avenir au moins un objet qui serait un garde fou, garant de ta survie en cas de gros pépin, si pas de moteur / radio alors un téléphone satellite ou équivalent ?
Il y a dans la zone et jusqu'à presque 200 nautiques des côtes martiniquaises la possibilité de secours héliportés français depuis une base terrestre, et si jamais tu te retrouves plus loin, la frégate Nivôse croise souvent dans le coin et peut très rapidement apporter assistance, fût-ce par son hélicoptère embarqué, et elle ne risque pas de te laisser t'éloigner si elle te prend pour un pirate.

La question que je me pose est: comment as-tu trouvé un équipage de gars aussi aventureux que toi, pour un projet aussi "audacieux" et surtout risqué...

Autre question, si je comprends bien tes lignes improvisées ont mordu ? Dans une situation où le risque est aussi le manque de vivres si problèmes prévisibles de voilure en plein milieu de l'océan ( puisque tu es parti sans grand-voile, avec un navire bon pour la casse et avec des pépins en perspective ), pourquoi ne pas s'être procuré du bon matériel de pêche, ça va forcément servir pour éventuellement économiser les vivres et apporter un peu d'alimentation fraiche durant la traversée, et permettra de palier à des imprévus, je ne sais pas quelle était la vitesse moyenne de ton embarcation mais en laissant négligemment traîner une ligne bien conçue avec de beaux appâts, il y avait moyen de se faire plaisir de temps en temps sans besoin de bricoler quelque chose à la va-vite au pied du mur...

28 juin 2014 à 01:05:25
Réponse #28

Patapon


Yo,

Avant tout: content que vous vous en soyez sortis! Et chapeau sur pour ta gestion du problème et ta gestion du groupe ("coup de bol" tu as échappé au moment où il y avait vraiment pénurie...ce qui ne retire rien à ton sang froid).

Un truc que je retiens c'est d'avoir gardé ton équipage actif au moment du problème.  :up:

J'ai fais pas mal de voile plus jeune, mais uniquement dans des eaux intérieurs et sur des durées beaucoup moins importantes (genre la journée au max), j'ai donc peu d'idées de ce que vous avez pu rencontrer ou très vagues (bon, ok: je sorts  ;# ).  :blink:

Pour la gestion des risques, je rejoins Fry sur un point:

pourquoi ne pas s'être procuré du bon matériel de pêche, ça va forcément servir pour éventuellement économiser les vivres et apporter un peu d'alimentation fraiche durant la traversée, et permettra de palier à des imprévus, je ne sais pas quelle était la vitesse moyenne de ton embarcation mais en laissant négligemment traîner une ligne bien conçue avec de beaux appâts, il y avait moyen de se faire plaisir de temps en temps sans besoin de bricoler quelque chose à la va-vite au pied du mur...

C'est un point assez facile et peu onéreux à mettre en oeuvre et niveau gestion des vivres c'est que du plus.  :up:

Quelques questions après:

Durant la traversée, avez vous essuyés des intempéries ou tout est allez plutôt pas mal niveau météo?

A bord, niveau bouffe, vue que vous n'aviez pas d'électricité, je suppose que vous ètes partis sur du gaz pour préparer la popote?

Vous avez préparé des conserves avant, mais aviez vous d'autres moyens de conservations à bord? (genre, par exemple, du sel).

Niveau hygiène (nettoyage des bonshommes, déchets humains et alimentaires), comment vous y êtes vous pris?

Votre carrosse des mers, avait il des coins pour vous abrités du climat (soleil, vent, pluie)?

Bonne soirée

Hugo
« Modifié: 28 juin 2014 à 01:46:17 par Hurgoz »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

28 juin 2014 à 16:58:30
Réponse #29

Aleksi


Salut fry !

Je commence par rectifier l'adjectif inconscient que tu emplois, etant parfaitement conscient de ce dans quoi je m'embarquais. Temeraire, n'etant pas plus jolie, est cdependant plus adapte.
concernant les tel satellites et autres choses comme ca, je me refuse a les utiliser pour plusieurs raisons. La premiere est que je ne veux pas limitter mes ambitions pour des questions de budget, pour quelques chose d'aussi insignifiant pour moi que les sous, ce consommable parmis d'autres (pomme de terre, banane, etc). Mes ambitions et mes aventures ne seront limitte que par une seule chose : mes capacites et competences, rien d'autres.
Cela m'amene au deuxieme point : si j'ai tous le necessaire pour me faire porter secours, quand et comment pourrais-je faire appel a ces competences ? Tu ne peux te connaitre que dans une situation reelle, pas en exercice quelque soit la durete de ce dernier. J'ai envi d'experimenter ca, le meilleur comme le pire, pour ma propre experience, et pouvoir egalement m'exprimer dans la vie en connaissance de cause. Je rajoute que je n'en suis pas a mon coup d'essai malgres mon jeune age. J'ai fait le meme type de trip un hiver entier en solo dans le grand nord, 1 mois entier a comprendre comment vivre dehors convenablement, sans matos ni trop de vivres.des trucs similaires en montagnes, ou encore dans un autre registre vivre a la rue dans certains quartiers et ville dont on te promet de ne pas passer la premiere nuit. Bref, j'experimente par moi meme et revient avec mon opignon. Je ne suis ni inconscient, ni suicidaire, oh non bordel, comme j'aime ma vie :)

Concernant le materiel de peche, nous avions de bons leurres qui ont tous ete gobe les un apres les autres. Ne nous restait plus que de la bonne ligne et des petits amecons
Les leurres improvise ont tres bien mordu. J'utilisais parfois du poisson volant qui tombe en nombre tous les jours sur le pont.
Hesite pas si tu veux d'autres precisions !
A plus ;)

28 juin 2014 à 17:05:09
Réponse #30

Aleksi


Aah oui je veux revenir sur ce point important que tu souleves, si le mat avait lache quelques semaines plus tot, je ne serais pas la pour raconter. Je ne suis pas d'accord. Qu'en sais-tu, qu'en sais-je ?  Qui sait les solutions que nous aurions trouve, les systemes mise en oeuvre pour ne pas se laisser crever car ne pouvant compter que sur nous meme ? C'est la toute l'essence de la chose ;)
A plus !

28 juin 2014 à 17:21:42
Réponse #31

Aleksi


Salut Hurgoz !
Je reponds a tes questions dans l'ordre, aillant deja repondu a celle de la peche.
Pas d'intemperies extraordinaires, parfois des gros grains mais bien gere, je dirais juste une ou deux nuits particulierement solide entre canarie et cap vert. Autrement, des alyzee bien etablis, 20 noeuds en moyenne. De plus je le redis, pour les raisobs evoque nous avions systematiquement 2 ris dans la GV.

Nous cuisinions au gaz, 2 grosses bouteilles recupere dans un squat, nous n'en avons meme pas fini une.

Aucun autre moyen de conservation a bord. Mais c'etait sence arriver dans la phase 2 du projet.un sechoir fait a partir d'une glaciere type celles que les gens ont sur la plage, et de canettes.

Pour l'hygiene, lavage de tout a l'eau de mer (on cuisinait egalement avec une certaine proportion d'eau de mer).dechet humain, tout par dessus bord, excepte de nuit et par gros temps : d'abord dans un seau, puis par dessus bord.

Pour s'abriter des intemperies, nous avions nos cabines, parfois mon tarp pour couvrir le cockpit en cas de besoin (soleil, pas pluie). Les quarts etaient bien organises, personne n'a trop souffert.

A plus !

Ps: a tous, desole pour la redaction, j'ecris sur le tel d'une amie et je galere un peu

28 juin 2014 à 17:24:22
Réponse #32

fry


C'est là une différence de philosophie entre nous, pour toi le risque amène l'émulation ( des compétences, de l'ingéniosité ), pour moi le risque amène avant tout le risque, en tout cas quand il est porté à ce niveau. En espérant que tu t'en tires toujours aussi bien que cette fois-ci, je n'ai pas la prétention d'imposer ma vision à la tienne et ce n'est d'ailleurs pas l'objet de ce sujet, tu es adulte et libre.

28 juin 2014 à 17:28:36
Réponse #33

Aleksi


Merci fry ;).
J'ajouterai cependant que je ne suis pas non plus en total desaccord avec ton opinion, loin de la. Mais c'est une toute autre, et longue conversation !

29 juin 2014 à 13:24:57
Réponse #34

Patapon


Yo,

Perso, quand je prépare mon sac, je laisse toujours une place pour l'imprévu, l'incertitude, la magie et le rêve.

Parcontre, je ne perd jamais de vue que face aux éléments, je reste tout petit  ;)

Donc n'oublis pas de faire preuve d'humilité (ce qui ne veut pas dire revoir tes ambitions à la baisse, hein!): la grande bleue a été plutôt sympa avec vous sur ce coup là Aleksi ;)

Tcho

Hugo
« Modifié: 29 juin 2014 à 14:30:30 par Hurgoz »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

29 juin 2014 à 16:38:24
Réponse #35

Aleksi


Salut !

Je  suis entierement d'accord avec toi sur ce point, nous ne sommes pas grand choses lorsque la nature commence a montrer de sa splendide ferocite.
A plus

29 juin 2014 à 19:23:16
Réponse #36

musher


Je suis pas marin pour 2 sous et n'y connait rien. Donc pas capable de juger si ce que tu as fait était une tentative de suicide avortée ou une prise de risque élevée mais évaluée au plus juste  ;D

Juste deux choses. En montagne, on avait l'habitude de dire "Ce sont les alpinistes trop prudents qui rentrent" Ce qui ne les empêchaient pas de faire des trucs extraordinaires.

Ensuite la gestion de l'autre. Lorsque on part en rando accompagné, on est responsable de ceux qu'on embarque que ce soit des animaux ou des humains.

On a la liberté de sa vie et on en fait ce que on en veut (quitte à faire des expériences dont on ne revient pas) mais on est responsable de la vie des autres, que ce soit celle de ceux qui nous accompagnent ou celle de ceux qui risqueront la leur pour venir nous chercher quand on sera dans la m**de.

Ton équipage est-il pleinement conscient des risques qu'ils prenaient et surtout, avaient-ils les connaissances et l'expérience pour juger des risques qu'ils prenaient ?
En tant que capitaine, ils étaient sous ta responsabilité.

Quand j'entends des personnes me répondent à la question "As tu anticipé les risques ?", "j'ai un téléphone GSM, Satellite, balise GPS..."   >:(
Ca veut dire que pour eux leur backup, c'est la vie d'autres. Certes ils ont choisi ce métier, ce volontariat, ils sont payés pour ça mais c'est pas une raison.

Voila, c'est pas particulièrement pour toi Aleksi, mais ça fait deux fois ce WE.

Après, je suis d'accord, on peut pas gérer et anticiper 100 % des risques sinon on fait rien mais y a un juste milieu.  :D
« Modifié: 29 juin 2014 à 19:31:17 par musher »

29 juin 2014 à 20:02:06
Réponse #37

Aleksi


Salut musher !

Mon equipage etait pleinement conscient des risques, crois moi j'ai meme accentue le tableau. A ce niveau je ne sais pas ce que j'aurai pu faire de plus, et la plupary d'entre eux ce sont grefe au projet de leur plein gres, au moment ou d'autres ont decide d'abondonner.

Je ne demandais a personne de risquer sa vie pour moi, d'autant plus que je savais le projet tres risque. Intercepter un navire de peche ou marchand qui passe a proximite ne mets personne en danger ;)

J'ai ete capitaine par defaut, et etant initiateur du projet. Mais a mon bord, un skipper et un autre experimente. Tous ensemble nous etions conscient des risques, pas moi pour eux mais tous ensemble.

Pour moi, il faut aussi mettre des limittes a ces conneries sur la responssabilite. Qu'un skipper pro face a ses clients le soit, ok. Pareil pour un guide haute montagne.
Mais si un compagnons de corde se ramasse et se tue, meme si il etait parfaitement conscient des risques et au niveau pour le surmonter, tu risques de te faire charger la tronche parce que parmis tous les membres presents se jour la tu es le seul a grimper dans du degres 7, tous les autres evoluent dans le 6. Tu es declare plus experimente, donc responssable. Pour moi, c'est de la flute.
Bonne soiree !

29 juin 2014 à 20:48:07
Réponse #38

musher


Je parlai pas de responsabilité juridique mais de responsabilité morale.

Sinon sur la responsabilité juridique du plus expérimenté dans un groupe de copains. Ok avec toi

29 juin 2014 à 21:20:11
Réponse #39

Patapon


Yo,

Je parlai pas de responsabilité juridique mais de responsabilité morale.

Sur la responsabilité morale, il y a deux choses (pour moi):
  • La responsabilité face aux risques pris par les secouristes qui vont devoir risquer leur peau parce qu'on est parti à l'aventure en se croyant dans son salon, et là, perso, je te rejoins quand tu dis que risquer leur vie par excès de zèle est limite
  • La responsabilité face aux personnes engagée dans l'aventure avec soi: là à partir du moment où on ne fait pas sa a titre pro, que le CdC est clair et qu'il s'agit d'adultes, alors chacun est grand et assume ces choix (je parle pas d'un accident, où, là, évidemment le problème est différent). Parce que sa va bien 5min les gens qui se pointent pour faire de la rando chargés comme des dromadaires, en croyant qu'il vont faire un pic nic dans le jardin...perso, s'ils doivent finir la montée en laissant les 2/3 de leur paquetage sur le bord, sa ne m'empêchera pas de pioncer. Edit: tout comme il est passé le temps où je chargeais x2 quand je partais en groupe pour pâlier aux avaries des autres. Déjà, pour la raison précédemment cité: les gens sont grands et doivent apprendre à l'être et secondo, parce que lorsqu'on commence à prendre pour les autres, alors ceux ci se reposent sans arret sur toi, et donc la aussi: non.

(désolé, je me suis reposé sur l'exemple de la rando, mais je suppose qu'on peu trouver des équivalences dans la navigation)

Tcho

Hugo
« Modifié: 29 juin 2014 à 21:26:50 par Hurgoz »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

29 juin 2014 à 23:02:11
Réponse #40

musher


@ Aleksi

En lisant ton récit, j'avais cru que c'était toi qui possédait la connaissance et qui donc "pilotait" l'équipage
Citer
Ce dont je suis parfaitement conscient, mais pas vraiment mon equipage, c'est que il nous faudra plus de 3 semaines pour rejoindre les cotes, ce n'est donc pas assez, mais je dis que la situation est excellente, l'affaire et dans la poche,
Après si chaque membre de l'équipage avait les compétences pour juger du risque de l'expédition, ils ont choisi en connaissance de cause.

Et je suis d'accord que la prise de danger est pas la même entre le déroutement d'un navire marchant et la sortie d'une vedette de la SNSM ou un hélico de la Marine Nationale.

@Hurgoz
Effectivement sur une sortie du forum avec un CDC clair, on est pas là pour poupouner.

J'ai emmené des amis en randonnée à cheval ou en raid en traineau. Ils avaient ni les connaissances ni l'expérience pour juger des risques qu'ils prenaient.  J'avais une responsabilité morale vis à vis d'eux en choisissant un itinéraire, une météo, un équipage et en complétant en matos technique leur sac.

30 juin 2014 à 15:47:44
Réponse #41

Bison


[Petite disgression]
Citer
J'ai emmené des amis en randonnée à cheval ou en raid en traineau. Ils avaient ni les connaissances ni l'expérience pour juger des risques qu'ils prenaient.  J'avais une responsabilité morale vis à vis d'eux en choisissant un itinéraire, une météo, un équipage et en complétant en matos technique leur sac.

Bref, tu étais le "leader"

Dès lors, tu avais même une responsabilité pénale et civile ... "par défaut" en tant qu'initiateur du projet (au moins en France ou en Belgique, (articles 1382 & 1383 du code civil :  "celui qui par sa faute cause un dommage à autrui" )

Ou simplement en tant que "le plus compétent du groupe".

À toi la charge de la preuve d'avoir agi "en bon père de famille", ce qui n'est pas évident à démontrer dès lors justement qu'il y a eu un accident ... (Parce que si tu a as agi en bon père de famille (prévoyant, prudent etc), alors il n'y a pas "faute" en principe - mais il faut le démontrer ...)

Si un membre du groupe se retrouve, disons handicapé à vie, donc si des sommes très importantes sont en jeu, compte sur les assurances sociales et autres de la personne handicapée pour se retourner contre toi, systématiquement, avec toutes les ressources de leur service juridique :  c'est leur job ...

Il y a toujours intérêt à avoir un assurance RC béton pour couvrir les activités "en groupe" ...

Sans que cela ne tourne à l'obsession ... Mais un coup de pointe de bâton dans l'œil du suivant ... c'est quand même vite arrivé.

Ne compte pas trop non plus sur l'assurance RC familiale, dès lors qu'il s'agit d'une activité "à risque", avec une assurance fédérale spécifique plus ou moins obligatoire.

Perso, l'assurance du CAB (Club Alpin Belge) couvre (largement) ma RC au cours de toutes mes activités rando, alpinisme ... sans restriction ni de territoire, ni d'altitude, ni d'enneigement ...

Des assurances semblables existent en France, je crois, mais peut-être moins "claires", plus arnaqueuses.

Et jamais elles ne protègent contre des poursuites au pénal ...
Et c'est une disposition de droit public, à laquelle personne ne peut se soustraire, même pas par une décharge signée avant le départ.

Bref, en groupe, faut pas faire le mariole ...
En solo non plus d'ailleurs ...
« Modifié: 30 juin 2014 à 15:56:42 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

30 juin 2014 à 22:21:05
Réponse #42

musher


Je sais.

Bon, c'était majoritairement dans les années 80/90.

Maintenant, même au sein d'une famille. La sécu et les mutuelles attaquent le père de famille si son enfant reste handicapé, pour pas payer les frais.

24 novembre 2014 à 19:32:41
Réponse #43

Aleksi


Salut à tous.

Cela fait un moment que je souhaitais relater une autre mésaventure récente en mer, je profite d'avoir un peu de temps.

La dernière traversée effectuée entre Trinidad-Tobago, j'ai été embarqué avec ma copine en tant qu'équipier par un navigateur Brésilien de renommé. Ca a été 1 mois en mer très compliqué. Parce que le pilote auto nous a laché le deuxième jours, moment que le capitaine a choisi pour devenir mystérieusement aveugle, ou presque. En tout cas juste capable de me dire que faire, ne pouvant rien faire lui même (ou presque).
Je n'ai aucun soucis avec la gestion d'un voilier, mais ne suis pas méchano pour deux sous (un peu plus maintenant, du coups  ::)). Hors, nous utilisions beaucoup le système voile-moteur par choix du capitaine, car vent et courants contraires (pas de débat sur ce sujet svp ;), je sais qu'en septembre en rasant la côte, ca passe mieux).
Le fait d'être sans arrêt solicité et d'avoir que très peu de sommeil, car toujours à la barre, qu'on se partage  à deux avec une plus grande partie pour moi (ca, c'était mon choix), et reveillé sans pitié pendant mon temps de repos pour n'importe quel type de manoeuvre, même mineure, rendait déjà la situation un peu particulière, mais j'aime la mer et le bateau, et je sais ne pas créer de tensions, obtempérer sans boncher...
Beaucoup de violents coups de vents, de manoeuvres de voiles de nuits bien mouillé car petit voilier, très lourdement chargé de diesel.
Beaucoup de méchanique, par tout temps, car moteur en mauvais état. Pour le démarer, il falait régulièrement ouvrir entièrement les lourdes paroies qui isolaient le moteur, brancher une batterie et court-circuiter le solenoide.
Beaucoup de bricolage électrique pour garder les pompes en fonction, le bateau prenait l'eau par l'hélice.
Je zappe quelques détails et événements sans importances ici, mais le contexte est globalement posé. On dirait pas, mais tout cela sans arrêt à la gite en tappant bien la vague, les quarts généralement mouillé, etc, ca fatigue. Mais rien de spécial, le bateau, la vie quoi.

Au bout de trois semaines, aux environs de 17h, j'étais tranquilement à la barre à apprécier la grande étendue bleue, tout sourire, moteur éteint. Soudain une "odeur de court circuit" me sort de mes rêveries et 5 secondes après, je vois une fumée noire d'une épaisseur indescriptible, suivi de flammes gigantesques, sortir de la descente, en dessous des marches de la descente (en formica donc combustible) isolé avec une grosse épaisseure de mousse (combustible), se trouve le moteur (qui était éteint) et le circuit électronique du pilote.
Je hurle "au feu" et suis le seul sur le pont, donc à pouvoir agir de l'exterieur. Très rapidemment le capitaine se saisit des extincteurs, pendant que je me débat avec un noeud mal fait qui me fait perdre d'extrêments précieuses secondes.
Aucun des extincteurs ne fonctionnent, le feu grandit, au dessus se trouve le dog house qui commence à s'enflammer et si c'est le cas, le feu sera transmis immédiatemment à la GV, car bien bordée à l'intérieur. La seule chose que je peux faire, c'est balancer des sauts d'eau et hurler à ma copine de garder la tête, tout du moins le visage, sorti au hublot de la cabine.
Je balance le premier saut d'eau qui génère énormement de fumée et essai de faire comprendre sans succès au capitaine d'ouvrir l'écoutille du salon, mais pour cela on doit se synchroniser car elle est en mauvais etat. De l'exterieur, je dois marcher dessus et il doit dévisser de l'interieur. C'est la seule issue par laquelle ils peuvent évacuer sur le pont tous les deux. La coque est en acier, il suffira selon ma vision des choses à ce moment la, si besoin, de laisser bruler tout ce qui peut bruler en attendant dans l'eau, amarré au bateau, puis remonter à bord, le bateau flottant toujours, ensuite on fera avec gréement de fortune et compagnie. Seulement, avec le feu, la panique la différence de langage, impossible de me faire comprendre correctement, il est bloqué au sol en mode "agua ! agua ! agua !", ce que bien sur je n'est pas arreté de faire (j'essai de réfléchir en même temps que j'agis). La fumée ne se calme pas, j'ai au niveau de mes pieds le visage de ma copine qui sort pour essayer de respirer, mais elle commence à suffoquer, sans paniquer... Cette vision me glace le sang, et je ne peux rien faire d'autre que balancé des sauts d'eau. La situation ne s'améliore toujours pas, et nous avons beaucoup de diesel a bord. Ca peut devenir extrêment pire en quelques secondes. Je décide que si rien ne se passe aprés le quatrième saut d'eau, je sauve au moins la peau de ma copine : Je connais en fond de calle ou se trouve tout le système hydraulique de la barre, accessible par le cockpit, une faiblesse dans une paroie, constatée lors d'un des nombreux bricolage, qui communique avec la cabine ou elle est prisonière. je peux la sortir par là, mais le capitaine non, il est trop corpulent, je ne pourrais pas le sortir par la. Mais je ne vois pas d'autres solutions.
Finalement, miraculeusement, le quatrième saut d'eau stabilise la situation, et en continuant ainsi, nous maitrisons finalement la situation. Le capitaine est trés amoché, je suis également brulé à plusieurs endroits mais superficielement, ma copine est ok. La barre ne répond plus. Nous essayons de monter la barre de secours et après plusieurs heures de galère, on s'apercoit qu'elle n'est simplement pas adaptée. On bricole un gouvernail de fortune, avec le tengon et le plancher, mais il est tard, nous sommes fatigués, assoifés et affamés, et toutes les blessures accumulées font l'effet de brulure de cigarette avec le sel. Nous decidons d'aller nous reposer et passer une nuit à la dérive, le temps est clément.
Le lendemain je propose de tenter de réparer le système hydraulique. Assez facilement, nous identifions le problème, et isolons le pilote auto du reste du système hydraulique en coupant quelques connexions et bouchant avec du durepoxi (nécessaire car forte pression). Nous pouvons à nouveau diriger le bateau, mais il ne reste que très peu d'huile et persiste une fuite que nous n'arrivons pas à boucher parfaitement. Nous choisissons donc d'avancer principalement en réglant correctement les voiles. Après une heure et plusieurs marques de repèrages sur les écoutes, nous sommes au cap et ne touchons pas la barre pendant 2 jours et demi. Au milieux de la deuxième nuit, le vent forcit et plusieurs fois je réveil le capitaine pour lui dire qu'il faudrait réduire la GV. Il refuse. Nous perdons la GV, qui se déchire. Nous n'avons plus qu'un genois sur enrouleur et décidons de prendre le cap de la ville la plus proche, Fortalezza, que nous atteignons après 3 jours de gros vents, les deux premiers autour de 40 noeuds avec des grains et une mer très formée, au près. Nous arrivons à Fortalezza cependant sans incidents majeures, seulement à l'arrivée ou je propose de suivre un voilier de touriste pour rentrer au port car beaucoup de rocailles et épaves. Le capitaine refuse et me demande de continuer tout droit, il connait bien. Nous tappons une épave qui m'envoie tête la première dans la barre à roue, me déchausse une dent. Nous ne coulons pas et avec différentes manoeuvres de voiles, sortons de la. Je suis K.O au moment du mouillage, du sang pleins la bouche, mais bien arrivé.

Remarque générale tirée de mon expérience : Je retiens que dans ce genre de situation il faut se ménager et continuer à faire les choses calmement et dans les règles de l'art car généralement, on est déjà épuisé, mais à la dérive tout devient encore plus fatiguant et on a tendance à vouloir régler la situation le plus vite possible, donc on ne boit pas, on ne mange pas, on s'active. Faire les choses correctement est important car on avance généralement à tatons dans les solutions d'urgence, le premier essai est rarement le bon, et si tout est plus compliqué à défaire qu'à faire, pour ensuite tout refaire différement... bref, simple, propre et au maximum réversible.

J'ai dû également à un moment envisager la possibilité de laisser mourir une personne, pour pouvoir sauver une autre car c'était le mieux que je pouvais faire. Je crois l'avoir fait sans "ordre de préférence" malgrès les apparences, mais en fonction des possibilités.

25 novembre 2014 à 00:25:25
Réponse #44

fry


Tout d'abord, je suis heureux que tu ailles bien, et surtout que l'équipage ta copine et toi soyez tous vivants.

Malgré le très net intérêt de ce retex en matière de survie qui je l'espère servira à plus d'un ici, je ne peux m'empêcher de faire des remarques relatives au débat sur la sécurité et la question de la prévention.

A la lecture on a quand même la ferme impression que le capitaine de ce navire est un irresponsable: extincteurs et matériel incendie inefficient, pompes qui marchent à peine avec une voie d'eau par l'arbre d'hélice, machines défaillantes, succession de mauvaises décisions compromettant la sécurité de l'équipage si je m'en fie à ton récit, le tout accompagné d'une cécité inexpliquée n'aidant sûrement pas ses capacités de commandement.

Je pense qu'en terme de survie, on ne fait pas mieux que la prévention. Ici toutes les conditions étaient réunies pour un accident, et il y a eu effectivement accident qui aurait pu être encore bien plus grave avec mort d'homme.

Une question maintenant: quel type de navire étais-ce ? N'était-il pas au moins doté d'un système VHF marine classique, avec son cannel 16 et son appel de détresse ASN par simple bouton pression ( la sélection facile de l'onglet " feu " à bord ne prenant d'ailleurs pas plus de temps ).  Il est évident que dans les premières minutes ta réaction était la seule possible pour essayer de circonscrire le feu et sortir de là les membres d'équipages pris au piège par l'incendie, mais je comprends moins l'attente d'une journée entière avec plusieurs membres d'équipage brûlés, le réflexe de penser immédiatement à la manière de faire un gréement de fortune et / ou dériver plutôt que transmettre un appel de détresse, etc...
Etiez-vous loin des côtes ? Loin de toute voie de navigation, et de la portée d'un autre navire pouvant vous porter assistance ?

Un incendie à bord est un élément de particulière gravité tu en conviendras, outre les membres d'équipage atteints dont le capitaine que tu décris comme amoché, ton récit rapporte des intoxications aux fumées, au moins celle de ta copine. Ce sont des situations graves d'ordinaire sur les accidents domestiques du fait des hautes teneurs en cyanure et des dégagements concentrés de CO issus des fumées ( et encore davantage sur un navire du fait des combustions de divers surfaces en particulier les peintures de coque et des revêtements qui dégagent des composés très toxiques ), même si on à l'impression de s'en être bien tiré, et une évaluation médicale est impérative, c'est un mal qui en plus du problème aigüe est très traitre, et silencieux.
Ce genre d'accident peut avoir de grosses répercussions différées de plusieurs heures voire de demi-journées, à base de détresse respiratoire ou d'aggravations diverses et brutales de l'état de santé d'évolution rapide.
J'imagine que vous aviez des moyens de communication, vu la description que tu nous donnes de la tenue du navire je ne me fais pas trop d'illusion sur un système inmarsat, mais au moins un système radio standard.

Je suis conditionné par un milieu opposé au tiens où la rigueur sur la sécurité est extrême et où on ne laisse pas l'opportunité au destin de nous jouer un revers fâcheux en étant les plus prévoyant possibles, mais même si ton approche de l'aventure te place dans un autre type de raisonnement, comme lors de notre précédente discussion je ne peux m'empêcher de penser que de tels risques auraient pu et auraient dû être minimisés avec des moyens simples, peu coûteux, et qui selon l'évolution de cet accident auraient pu sauver une ou plusieurs vies.

27 novembre 2014 à 20:13:36
Réponse #45

Aleksi


Salut Fry  ;)

Je pense comme toi que le capitaine est irrésponssable.
Pour cette nav', j'étais en fait juste à la recherche d'un lift pour rejoindre le continent. Quand j'ai eu l'opportunité j'ai inspecté le bateau à quai et me suis renseigné sur le capitaine auprès de connaissances. Les réponses étaient unanimes, du genre pas de soucis, c'est une pointure. J'avoue que j'étais plutot confiant et excité par cette nav' en dehors des grandes routes.
Le bateau n'était pas le sien, mais celui d'un ami à qui il rendait le service de le descendre de Miami à Recife (Bresil).

Le navire, en comparaison de tout le reste, était ridiculeusement sur-équipé en moyen de communication. VHF, un bipper qui donnait notre position quotidienne sur internet (désolé je ne connais pas bien ces joujou ni leurs noms), et système AIS.
Nous étions à environ 300 milles des côtes. Après l'incident, ma copine n'était pas amochée, moi seulement des brulûres légères (juste douloureux, lors des manoeuvres, rien de plus). Le seul vrai amoché était le capitaine, hors pour lui hors de question de 1- Dévier de la route 2- Appeler les secours. Sachant qu'il était pleinement conscient, je n'ai pas jugé nécessaire de prendre d'initiative à ce niveau, pour moi non plus il n'y avait pas encore de raison pour message de détresse.

Globalement, la situation n'était pas si mal, mais j'ai conscience que c'était trés limitte. Le feu, ca va très très très vite et dans un espace si réduit, la fumée devient instantanémentun problème. C'est très violent et on a peu de temps pour réagir.

Clairement, désormais il y a des points suplémentaires à vérifier lorsque je monte à bord pour de longues nav' sur une bateau qui n'est pas le miens. Pas forcément qui me feront refuser d'embarquer, mais au moins me permettra d'anticiper (encore plus) en cas de situation.

Le capitaine était très bon techniquement (son côté régate je suppose) mais tout le reste était trés punk. Souvent ca passe, parfois non. La loie de l'emmerdement maximal fait le reste.

Bonne soirée !

28 novembre 2014 à 08:24:31
Réponse #46

François


Au delà des risques d'intoxication et de brulures, le feu est une des rares avaries qui puisse faire couler rapidement un voilier en bois ou en plastique, et une explosion due à un incendie peut couler tout type de voilier. C'est donc un point à surveiller de près. Avant l'embarquement, mais surtout au quotidien. Les fusibles doivent être vérifiés (le danger ce sont des fusibles inadéquats ou court-circuités), et un circuit électrique suspect, qui chauffe ou qui a des faux contacts ou un aspect anormal, doit être réparé, remplacé ou débranché sans délai.
A noter qu'un voilier peut très bien naviguer sans électricité du tout, surtout au large.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

28 novembre 2014 à 10:06:25
Réponse #47

François


Pour continuer sur les causes les plus fréquentes d'incendie à bord des voiliers :

- Le gaz. Comme pour l'électricité, le circuit et le matériel utilisant du gaz doivent être surveillés de près. Au moindre soupçon, réparation ou désactivation. C'est plus difficile de vivre sans réchaud que sans électricité, mais c'est préférable que de risquer l'explosion ou l'incendie. Le butane est plus lourd que l'air et peut s'accumuler dans les fonds, même en cas de fuite minuscule et intermittente, ensuite il suffit d'une étincelle et BOOM.

- L'essence. Carburant du moteur auxiliaire (hors-bord du bateau ou de l'annexe, plus rarement utilisé pour un moteur in-board). Les vapeurs d'essence sont aussi explosives que le gaz, mais elles ne vont pas stagner durablement dans les fonds et il suffit d'une bonne aération pour les dissiper.

- Les feux de cuisine. Comme à la maison, éviter les fritures incontrôlées, en tenant compte du danger supplémentaire de débordement ou renversement du aux mouvements du bateau.

- Le gas-oil ou le pétrole utilisés pour le moteur auxiliaire, la lampe à pétrole du carré, le chauffage, la cuisinière. sont beaucoup moins inflammables, mais à surveiller quand même.

- Fumer au lit, à éviter surtout avec des sac de couchage ou des couvertures en synthétiques. (la laine n'est plus guère utilisée au large, et la plume très rarement)
« Modifié: 28 novembre 2014 à 10:16:57 par François »
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

28 novembre 2014 à 16:53:23
Réponse #48

Kilbith


Merci Aleksi pour cet édifiant retex...quand rien ne fonctionne, les emm*rdes volent en escadrilles.

Je me dis aussi, encore plus compte tenu de la région, que le bateau n'était peut être pas totalement clean, d'où le refus de demander de l'aide.
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

28 novembre 2014 à 19:23:40
Réponse #49

François


Demander de l'aide quand on est à 300 milles des côtes, on le fait pas à la légère. Cela met en jeu de gros moyens, avec des délais importants et des résultats aléatoires. Cela implique presque certainement l'abandon du bateau. Ça va couter très cher à un peu tout le monde pour une amélioration parfois douteuse de la situation. Donc, sauf risque vital avéré, on évite. Le mieux, en cas de blessure ou de maladie graves est sans doute de se faire conseiller par radio ou téléphone satellite, ce qui implique d'avoir un peu de matériel médical à bord pour effectuer les soins prescrits. Et si on craint que la situation ne s'améliore pas, faire route sur le port bien équipé médicalement le plus proche. Ce ne serai de toutes façons pas plus rapide de faire faire un aller-retour à un patrouilleur d'un pays riverain, et aussi efficace que d'embarquer à bord d'un chalutier local qui aurai accepté de se dérouter.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

 


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