Je me permets, et vous lirez à chaque fois qu'il vous parait nécessaire " amha " ...
La plus grosse erreur dans ce contexte est de se focaliser sur la fracture ouverte ( car impressionnante) et d'oublier de "prendre" le patient dans sa globalité.
En effet on peut avoir une fracture ouverte et une fracture du crâne qui va évoluer à bas bruit et qui passera innaperçue ( grenouille dans l'eau froide chauffée doucement) ou développer un infarctus du myocarde brutalement.
Il est donc nécessaire de faire un bilan de toutes les fonctions vitales et ce régulièrement.
La complication première de la fracture ouverte est l'infection : ostéïte qui peut évoluer vers la septicémie puis le décès. Il est illusoire ( amha) de prétendre "être stérile" en situation; Par contre on peut "tendre vers". Auquel cas l'enveloppage le plus propremlent possible doit être réalisé avec aspertion ou baignage dans un antiseptique adéquat ( revoir la liste que l'on doit avoir à bord). On pourra également administrer un antibio large spectre en se méfiant des éventuelles allergies du patient ( conseil médical radio).
Pour info, le traitement d'une fracture ouverte se réalise au bloc et en général ( la plupart du temps) avec des fixateurs externes. Donc pour moi, ne JAMAIS tenter de replacer une telle fracture, on dépasse le geste médical pour entrer dans le geste chirurgical avec tout ce qui tourne autour. Les lésions occasionnée par une telle "réduction" peuvent être préjudiciables et ce d'une manière définitive. Ne recourir à ce type de geste qu'en dernier recours si la vie du patient est en danger immédiat, par ex.
Secundo un élément qui va majorer le processus est la douleur. Il est de bon ton d'immobliser la fracture en l'état ( au cours de l'emballage, immobilisier le membre tel qu'il est, dans la position où il est) et d'administrer un antalgique puissant ( sur prescription médicale !), de même refroidir( pains de glace à proximité du membre, attention à la nécrose des tissus) la blessure aura un effet antalgique et pourra provoquer une vaso-constriction limitant les saignements. Sécuriser l'environnement immédiat du patient.
Une autre complication d'une fracture ouverte ( ou non d'ailleurs) c'est les saignements engendrés par la blessure. Sur une fracture de fémur ( par ex), c'est la perte d'un litre de sang dans la cuisse du gars, quand on sait qu'il y a environ 5 l dans le bonhomme, on fait vite le compte. Un bilan hémodynamique est essentiel.
Pouls radial perçu, le gars à entre 8 et 9 de pression artérielle ( selon le gars), si ce pouls n'est pas perçu, aller chercher le pouls fémoral. Si celui là est perçu, les organes nobles sont perfusés( cerveau coeur poumons). ce bilan est à faire très régulièrement une esquille d'os peut très bien avoir perforé une artétiole ou tronc veineux qui saigne en "nappe" et à bas bruit.
Un bilan neuro également ( le cerveau fonctionne à l'O2 et au sucre transport : le sang) donc si on peut( pas de signes digestifs accompagnant pouvant laisser supposer des vomissements par ex, voir syndrome de Mendelson= dégueuler dans ses bronches) placer le patient en "déclive" afin d'essayer de palier au manque de volume circulant ( 1 l ds la cuisse) transportant les nutriments.
Idem pour le bilan resp ( signe de dette en O2, cyanoses des lobes d'oreilles, lèvres, dessous des ongles) idem pour la thermo régulation : emballer tout le patient.
Donc au résumé :
Immobiliser, nettoyer, sécuriser, bilanter tous les quart d'heures au minimum ( les fonctions vitales).
Le chef de bord aura pris contact evidemment avec le cross et mettra le personnel sur place en rapport avec l'autorité compétente tout en dépèchant sur place le moyen d'intervention adapté.
En mer il s'agit pour la plupart du temps d'un hélitreuillage d'une équipe médicalisée sur place en première intention ( donc préparer son bord à la reception)
La présence continuelle d'un membre de l'équipe, rassurant, calme sera d'un effet stabilisant pour le patient ( moins de panique, donc moins de tachycardie et ce qui va avec). Si possible rester tout le temps avec le patient jusqu'à l'arrivée des secours. Le gars qui aura pris en charge la victime sera alors à même d'exposer son bilan concis et précis.
Euh, j'ai peut-etre oublié des trucs, les copains complèteront ou rectifieront...