Yo !
J'ai du mal à me dégager de l'affectif et je fais donc des amalgames ( valeurs, morale et tout le tintouin). Pa simple. Bon en tous cas, le recul est nécessaire avec l'analyse qui va avec... Le forum une fois de plus .... Faut que je réfléchisse encore...
Avoir des valeurs et une morale, c'est bien tant que les effets de la valeur et de la morale sont positifs.
Je connais des mecs qui au nom de la fidélité et de la droiture défoncent la gueule de leur femme... bel exemple de valeurs et de morale appliquées à autrui par la force pour se rassurer soi-même non ? Bel exemple aussi du fait que les valeurs et la morale ne sont que des outils qui doivent servir un objectif réel et tangible.
Oui mais lequel... ?
Moi j'ai rien trouvé de mieux comme objectif tangible que "prolonger la vie" (vie en tant que valeur abstraite absolue et inconditionnelle). Même ça c'est très discutable. Mais au moins je le dis clairement : je fonctionne comme ça, pour ça, du mieux que je peux et modulo mes démons perso. On peut me critiquer sur cette base là et on sait comment j'analyse les trucs.
Bref si j'analyse le problème du courage de cette manière là, je raisonne comme suit :
J'ai 4 mecs qui tabassent une gamine. Je suppose qu'ils vont au minimum la battre, la violer en groupe et peut-être la tuer.
Option 1 : je passe mon chemin. Résultat : on a 4 fils de p*te dangereux en liberté, une gamine traumatisée à vie si pas morte, et toute sa descendance éteinte... les 4 enfoirés continuent à faire des dommages de partout, et moi je ne vaux pas vraiment mieux qu'eux parce que je n'ai rien fait qui soit conforme à mon objectif de vie...
Option 2 : j'alerte du renfort, je gueule, je rameute tout le quartier, des témoins potentiels... j'appelle la police... les mecs choppent la gamine et l'emmènent dans un endroit tranquille. Ils font ce qu'ils veulent quand même. J'ai échoué à la sauver, mais au moins j'ai tenté un truc. Je me sens un peu moins mal.
Option 3 : je fonce dans le tas, question de principes. Ils me défoncent la gueule. Je me retrouve ligoté au fond d'une cave à côté de la gamine et on se fait tous les deux défoncer le cul. Nous sommes tous les deux traumatisés à vie, on a 4 crapules toujours en liberté. Mais au moins j'ai tenté un truc. J'ai mon honneur avec moi, mais mes hémorroïdes au fond de la gorge.
Option 4 : j'appelle des renforts discrètement, j'attends qu'ils se rapprochent, et dès que je ne tiens plus, je fonce dans le tas avec une attaque surprise à la grosse artillerie (batte, plaque d'égoût, tronconneuse, kalash, whatever). Si je tire pas accidentellement sur la gamine ou sur Mélanie, 8 ans et demi qui passait plus loin, j'ai 4 voyous amochés, une gamine traumatisée mais au moins pas encore violée, moi je dérouille un peu mais les flics arrivent et calment le jeu. Je suis sans doute mis en examen pour être sûr que ma Kalash est réglo et que j'ai pas un peu abusé en vidant deux chargeurs dans la gueule d'un des mecs, mais au moins on a 4 pourritures bien calmes, et moi je finis ma vie en taule.
Option 5 : J'appelle juste les flics discrètement, je leur donne toutes les infos qu'il faut et je prends un film des faits pour être sûr que ces fils de chacals passent un bon moment derrière les barreaux. Les flics sont heureusement pas complètement cons et débarquent silencieusement et les prennent en flag. On a 4 crapules derrière les barreaux. On a une gamine traumatisée, mais pas violée, et vivante. Elle pourra profiter de l'aide d'un psy et éventuellement pourra se reconstruire avec le temps. Moi je m'en veux de ne pas avoir joué aux preux chevalier, et j'ai peur de passer pour un lâche, mais en fait le résultat de mes actes prouve que c'était -- raisonnablement -- le moins mauvais choix dans le contexte. Heureusement, les flics ont bien fait leur boulot.
Option 6 : je tente le scénario 5, mais les flics tardent trop parce qu'ils sont occupés ailleurs. Je rappelle en disant que je vais intervenir parce que la gamine est trop en danger. Je m'assure qu'ils sachent où je suis et je demande direct une ambulance. Je choppe des projectiles, je me prépare au mieux, et j'y vais comme un put**n de bourrin... mais j'avais plus le choix. Avec un peu de chance si je fais un peu de bordel et que je gueule de venir m'aider, y'aura peut-être un ou deux gitans ou 1 papa yugo qui décideront que la cause est noble et qui viendront m'aider. Sinon tant pis.
Remarquez que les deux scénarios les moins pires sont basés sur trois trucs :
1) gamberger et planifier avant d'agir (stratégie) ;
2) être prêt psychologiquement, physiquement et matériellement (tactique) ;
3) espérer que la cavalerie se pointera, mais avoir un plan B pour le cas où elle n'arriverait pas... (coopération de bonnes volontés
indépendantes (au sens de autonomes ET au sens de non-liées) qui bossent ensemble pour réaliser un objectif commun)...
Le courage... on peut employer le mot si on veut. Perso je m'en fous un peu. Ce qui compte c'est de sauver la gamine avec le moins de casse possible pour tout le monde (mais les agresseurs s'ils morflent à la limite c'est un peu moins grave, parce que globalement ils nuisent à la vie en agissant comme ça, et qu'il est probable qu'ils recommenceront si on ne fait rien, donc la vie des victimes est prioritaire)...
Ciao !
David