C'est deux artistes issus de la scène contemporaine font… de la randonnée en ligne droite. De A à B à travers la france, à la boussole et sans carte, donc. Ils découvrent, font des erreurs et tiennent des carnets de route. Ils vivent en autarcie sur île avec rien,Ils ont aussi planifiés un voyage pour être les premiers artistes à rejoindre le pole nord. Bref, leur voyage est au cœur de leur travail artistique et la survie aussi…
Un article ou deux…
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/ultra/fiche.php?diffusion_id=36201http://journalparticules.free.fr/Juin-Juillet_2006/particules15_06.pdfun petit livre…
Laurent Tixador et Abraham Poincheval
L'inconnu des grands horizons
Michel Baverey - 2003
Avec une préface/interview de Sylvain Venayre "historien du désir de voyage…" à l'université paris 1.
Épopée épique narrée et photographiée par Laurent Tixador en son journal de bord. Une traversée en deux parties l’ayant amené, lui et son compère Abraham Poincheval, à relier Nantes à Caen, puis Caen à Metz, entre l’automne et l’hiver 2002. Ces deux artistes nous prouvent que l’aventure est bien au bout du chemin…
Journal de bord de Laurent Tixador
par Laurent Tixador (extrait, p. 21-22)
Mardi 1er octobre 2002, soir — Je sors mon téléphone et j’annonce fièrement à un ami de l’assemblée que nous avons quittée : «Nous sommes place Royale, passe l’information.» Nous venions de parcourir trois cents mètres des sept cent cinquante kilomètres qui nous séparent de notre objectif. Il est environ dix-neuf heures et nous quittons Nantes ce soir pour rallier Metz via Caen, à pied, en ligne droite, juste aidés par une boussole. Pour l’instant, notre cap est à 22° Est, tout droit vers Caen.
L’aventure commence, nous avons sur le dos des équipements tout neufs, de grosses chaussures de montagne qui n’ont jamais vu un caillou et des vêtements dont les plis sont encore visibles. L’odeur que nous laissons dans notre sillage est celle des centres commerciaux et notre expérience de la marche, très théorique, se résume en trois mots : plutôt le métro.
Si j’ai une angoisse quand je suis confronté à un problème insurmontable, je me rassure souvent en pensant, quoi qu’il arrive, au soir, je serai dans mon lit. Mes ennuis reprennent alors une importance toute relative. Mais aujourd’hui, je n’ai rien pour me réconforter puisque notre principal souci va être, à partir de maintenant, où et quand allons-nous dormir. Je n’entends rien à la campagne et cela rend ce départ complètement exaltant.
(Texte publié avec l’aimable autorisation des éditions Michel Baverey)