Salut et bienvenue,

Plusieurs choses à prendre en compte....
Fabrication : si tu veux quelque chose de forgé tu devras te tourner vers un couteau en acier dit "carbone" la plupart du temps. Si tu acceptes une lame fabriquée par enlèvement de matière alors tu peux avoir le choix entre l'acier "inoxydable" ou acier "carbone".
Tradition : c'est pareil.
D'un côté les aciers carbones n'ont pas grand chose à voir avec l'acier tel qu'il existait avant 1900. De nos jours il est très pur, homogène, de formulation constante et comporte toujours en plus du fer et du carbone du manganèse.
Sans cet élément, qui est relativement récent comme ajout, la TT serait beaucoup plus difficile à faire. Sans des aciers carbone modernes issu de haut fourneaux et à la composition très constante, ce serait aussi le cas....donc pas grand chose à voir avec la forge de lames au moyen âge et même jusque vers les années 1850/1900 quand le forgeron devait préparer son propre acier et quand les aciers avaient une formulation souvent très aléatoire et ne possédaient pas de Manganèse.
De l'autre tu as les acier "inox" en fait plus ou moins résistants à l'oxydation. Ils sont en fait anciens : plus d'un siècle pour les premières formulations. On peut donc parler aussi dans leur cas d'acier traditionnels.
Certains résistent un peu à l'oxydation comme l'A2, un peu beaucoup comme le D2, résistent à l'atmosphère saline et à l'eau de mer comme le 12c27. Certains coupent mal comme "18-10" et d'autres coupent aussi bien que des aciers carbones, plus longtemps et sont plus solides. Mais les traitements thermiques sont souvent bine plus délicats que pour les aciers "carbone".
L'entretien déterminera l'oxydation de ta lame en pratique : Elle va dépendre de toi, du milieu dans lequel tu es et aussi du couple couteau/etui. Par exemple si tu utilises un étui en cuir avec un tannage au chrome, la lame rouillera bien plus vite qu'avec un étui en cuir tannage végétal.
Mais il faut se souvenir que jusqu'à une époque récente les miloufs utilisaient des lames "carbones" (comme le célèbre Kabar) et cela faisait parfaitement le travail. Il fallait juste être plus sérieux sur l'entretien.
Les aciers inoxydables courants comportent du chrome afin de s'oxyder moins vite. Le chrome va en s'oxydant créer une couche de surface qui va protéger le reste de la lame un peu comme le ferait une peinture. La protection n'est pas absolue et dépend de plein de facteurs (proportion de C, présence d'autres éléments, TT....). Par exemple la simple présence de chrome, même en grande quantité, ne permet pas de protéger durablement une lame en atmosphère saline.
D'autre part, le Chrome va s'allier avec le carbone excédentaire de l'acier pour créer des carbures plus durs que ceux que l'on trouve dans des aciers "carbones", qui ne forment que des carbures simples Fe/C qui sont moins durs.... par conséquent les lames inox seront plus difficiles à aiguiser, surtout avec des pierres "naturelles".
Les aciers les plus résistants comportent à côté du Fe, du C et du manganèse....du Chrome, mais aussi du Tungstène, du Molybdène, du Vanadium...etc. Ces éléments forment des carbures très durs qui rendent les lames plus dures, qui coupent donc plus longtemps mais qui sont alors très difficile à aiguiser avec les pierres naturelles, difficile mais moins avec les pierres synthétiques type "Norton", difficile avec les pierres céramiques et seulement facilement aiguisable avec les pierres diamant ou proches en dureté.
C'est pour cela que les gens qui font un travail de boucherie aiment les lames en acier carbone juste trempable (vers 0,5% de carbone). La viande n'est pas très abrasive et la dureté d'une lame carbone est largement suffisante. Souvent la lame sera fine (l'acier carbone ordinaire est souvent assez résilient) et va pénétrer facilement dans les masses et elle sera très facile à affûter donc à entretenir : deux coups de pierres et c'est fait.
On peut même utiliser une simple barre de fer durcie (fusil au chrome) pour redresser et affiner la lame et parfois lui donner un micro tranchant en dent de scie très efficace dans la viande. Mais ce type de lame ne serait pas pratique pour tailler du bois dur, couper une symphyse fendre une bûche ou faire levier : "à chaque lame son usage".
Pour la question sur la patine, si elle est bien faite (fine homogène...) elle apporte une relative résistance à l'oxydation sur les lames non inox. Mais c'est assez aléatoire. De toute façon cela ne va pas protéger le tranchant et c'est cette partie qui en s'oxydant va rapidement dégrader la capacité de coupe du couteau non inoxydable.
En dehors du tranchant, l'oxydation c'est surtout un problème cosmétique pour un couteau qui sert. Sauf si on le laisse un moment dans une caisse humide ou en bord de mer. Là, la lame et encore plus la soie vont être attaquées en profondeur.
Après il faut savoir qu'une lame non-inox donne parfois un goût aux aliments et que l'oxydation rends lame moins lisse ce qui peut empêcher un lavage/rinçage efficace et permettre le développement plus facile des miasmes. Pour cette raison les normes d'hygiènes imposent maintenant le plus souvent aux professionnels d'utiliser des couteaux inoxydables pour le contact alimentaire.
Donc pas de choix définitif, cela dépend avant tout de toi, de ton usage.
