Petit (ou long) retour sur le N2 organisé par le Club Mud le dernier WE, sur les terres copieusement arrosées de Bertrand Sinapi.
Le stage rassemblant une quinzaine de personnes était encadré par quatre Gentils Organisateurs, dont trois humains. Les participants étaient des gens de bonne compagnie, tous humains.
N2, donc l’animation proposée était «on partait en balade, mais il y a eu un testicule dans le consommé, on va devoir passer la nuit dehors avec le matos d’une sortie à la journée ».
Lorsque les première prévisions météo sont sorties, une dizaine de jours avant le stage… ça faisait pas rêver (sauf les adeptes de la météo très pédagogique) : température de 0 à 5 degrés, pluie non stop sur les deux jours et la nuit. Les prévisions ont progressivement évolué dans un sens plus favorable mais très variable. L’impact (sur moi) a été de prévoir le pire donc une liste de vêtements qui s’est avérée inutilement lourde.
Finalement ça été bien moins rude que prévu : un peu de soleil le samedi, pas de pluie du weekend. Nuit froide mais pas tant que cela (n’en déplaise à Bertrand, les températures ont dû rester positives sous les arbres, même s’il a gelé dans les zones dégagées). Par contre bien humide : au moment de plier les gaules, dimanche fin d’après-midi, le tarp (monté en position de repli) n’avait pas fini de sécher.
Ce que j’en retiens :
1 – Feu
Pour passer la nuit dehors l’idée était de faire du feu (étonnant, non ?).
Je savais que le feu chauffe mais le combo feu + couverture aluminisée en réflecteur est d’une efficacité bluffante. Ce qui m’a le plus gêné pour dormir ce n’est pas le froid mais la chaleur, même en t-shirt et en prenant la place la plus fraiche (mes camarades de chambrée n’avaient pas si chaud donc baisser le feu n’était pas une option).
La recommandation était de chercher du bois mort sur pied avec un diamètre de l’ordre de celui du poignet. On devait avoir de la m… dans les yeux et/ou avoir mal choisi le coin mais on n’en trouvait guère (au contraire des autres groupes, donc il y en avait quelque part). Par défaut on s’est rabattus sur du plus gros. De la taille du poignet, celui de Hulk :15-20 cm de diamètre. C’est assez efficace au niveau de la collecte, même s’il faut les scier (de cette taille ça ne tombe pas juste en poussant dessus) et ensuite ça donne une bonne quantité de bois
Mais en faire des morceaux exploitables… débiter un tronc de hêtre sec de 20 cm avec une scie d’élagage, c’est laborieux (par contre ça réchauffe). Ne parlons pas de les fendre avec un Mora (ni même avec un Esee 6 ou Junglass gentiment prêtés par les GOs) : on oublie.
Ayant quand même obtenu à la force du poignet quelques solides rondins (trop longs), l’idée était de les brûler en laissant le feu travailler, en les amenant progressivement dans le foyer (genre feu en étoile ou en long). Ce qui nous a été déconseillé, ce type de feu donnant assez peu de flammes et risquant surtout de nous enfumer.
Donc… re-corvée de bois ☹
Au milieu de la nuit, alors que nous avions un bon feu avec une bonne braise, j’ai quand même décidé d’envoyer du lourd, pour économiser le stock de buchettes. Oui ça prend du temps à démarrer, oui ça fait moins de flammes. Mais ça brûle longtemps, donne de bonnes braises qui chauffent, et permettent de brûler dessus même du bois plus médiocre.
Conclusion : l’option « gros bois », dans les circonstances, n’était peut-être pas optimale mais malgré tout valable. Quand le vin est tiré autant le boire.
2 – Vêtements
La formule du stage imposait des vêtements ni (trop) inflammables ni susceptibles de fondre donc typiquement en laine et coton.
Pour le bas, des collants en laine sous un pantalon en polycoton ont été parfaits : pas trop chauds pour marcher (un peu) quand il a fait beau, pas de sensation de froid quand on se met à genoux sur terrain mouillé, isolent de la chaleur radiante du feu tout en évitant de se geler les miches sur la partie non chauffée etc. J’en mettrai plus souvent.
Pour le haut : les bienfaits des sous-vêtement en mérinos sont connus, un pull en cachemire (bouffé aux mites, pas déconner quand même) isole aussi bien qu’une polaire de poids comparable, et une surchemise en laine sur le tout résiste au feu comme à l’humidité. J’avais prévu une veste en polycoton pour protéger une doudoune du feu mais ces couches n’ont pas été nécessaires.
A refaire je ne prendrais pas la veste coton pour ce genre de situation. S’il pleut vraiment autant aller sur le truc fin en synthétique genre raincut, poncho ou pélerine qu'on aura aussi pris de toute façon: plus imperméable et qui n’aura pas besoin de sécher au feu. La doudoune n’est pas utile près du feu (sur ce coup) et sinon elle passe sous la surchemise en laine.
3 - Matériel
Les classiques scies Fiskars rétractables semblent plus fragiles et moins efficaces que les pliantes. Ou alors c’est le classique « l’herbe est plus verte ailleurs ».
Pour couper du plus gros bois (OK c’était pas une bonne idée) une lame de scie à bûches aurait permis de construire rapidement une scie cadre qui aurait ensuite fait économiser beaucoup de temps et d’énergie pour la préparation du bois. Si on emmène une scie pliante dans l’idée qu’il faudrait pouvoir faire du bois alors je pense qu’il serait cohérent d’avoir aussi ça, au moins au niveau d’un groupe (aussi, pas à la place de).
Moralité, en route pour le N3 (sur le moment je me disais que j’étais trop vieux pour ces c….ries mais à la réflexion: ça ne va pas aller en s’arrangeant).