Hello,

On aurait besoin de connaître ton âge, ton niveau de forme, ton expérience, ton budget, tes objectifs et ton "mindset" afin de te conseiller plus avant.
Un mois en autonomie alimentaire cela veut dire, a minima, une charge de (30x 0,6kg) 18kg...ce n'est pas impossible, mais ce n'est pas rien. A cela s'ajoute le matos de cuisine, le carburant....
Pour la chasse : il faut oublier, pour le piégeage aussi, reste possiblement la pêche. Mais cela nécessite des autorisations, du talent et un bon peu de patience (ce qui limite les distances journalières) surtout si on exclue le braconnage...et même là, cela ne va pas drastiquement baisser le poids du sac.
30 jours à cette période cela veut dire que le temps va évoluer drastiquement.
Probablement que tu auras des températures négatives, de la neige, parfois beaucoup, du gel, du vent, beaucoup de vent, évidemment de la pluie, beaucoup de pluie, mais aussi du beau temps. Les jours vont aussi vite raccourcir à cette période.
La pluie dans le Sarek en pataugeant en fond de vallée marécageuse, en altitude ou un peu plus au nord sans grande végétation, c'est un peu comme pour Forest Gump au Vietnam...avec une trentaine degré de moins.
ici :
https://www.youtube.com/watch?v=Y_56VcpTR-0Au bout de quelques jours de pluie tenace, aucune protection ne reste étanche et respirante. On est donc mouillé (soit par la pluie ou par la transpiration) et on a invariablement froid. Surtout dans le vent.
La tente est trempée, la sac à dos est trempé, les vêtements sont trempés, tout est trempé. Tout au plus le sac de couchage reste relativement sec s'il est très bien emballé, probablement synthétique, et qu'on est très vigilant.
Si on veut rester relativement au chaud , c'est un peu comme dans un bateau par mauvais temps : Ciré+cuissards+bottes. Evidemment, on gambade tout de suite moins vite et avec moins de confort. Surtout durant les périodes de beau temps.
En résumé : déjà une semaine sous la pluie dans le Sarek par des températures de +/- 10°C, c'est un gros challenge. Surtout seul.
Outre l'humidité et le refroidissement qui pourrissent le moral et exposent à l'hypothermie et autre pieds de tranché....il faut aussi tenir compte que dans les Sarek les "coupures humides" sont omniprésente. Et un gros ruisseau bien gonflé par la pluie, c'est dangereux et longs à traverser. Encore plus seul.
Après la Laponie c'est une éponge. Ce n'est pas pour rien que très souvent les chemins sont équipés de planches pour éviter de s'enfoncer dans le sol spongieux (et là faire 10 kilomètres par jour, c'est un exploit).
Sauf que dans le Sarek c'est pire : aucun aménagement, les fonds de vallées sont de vastes marécages. Au dessus de la ligne des arbres et sur terrain pierreux c'est une patinoire (pierres plates+ lichens) et une sensation d'être dans la machine à laver mais sur le cycle froid (vent violent et froid+pluie battante).
Je ne voudrais pas te décourager, mais il me semble nécessaire de t'avertir des conditions que tu peux rencontrer.
A ces latitudes, c'est un peu comme chez nous à +2000m d'altitude un à deux mois plus tard et avec de l'isolement (pas de GSM dans le Sarek et on n'en sort pas en une journée de marche), des jours plus court et un terrain plat détrempé.
Bref : Mon conseil c'est déjà de passer un moment sur la Kungsleden ou la Padjelantaleden afin de pouvoir profiter des refuges (et de leurs installations de séchage) en cas de besoin.
Une fois bien en jambe et le sac moins lourd, comme tu tournes autour du Sarek, il sera toujours temps d'y aller.
Nous sommes sur un forum orienté survie, on ne peut que te recommander d'être prudent. Pour le matos, je t'ai déjà répondu ailleurs.

Une idée de la météo dans le Sarek. Évidement en altitude c'est pire...
https://www.historique-meteo.net/europe/laponie/sarek-nationalpark/