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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Les boulets de la survie...  (Lu 14015 fois)

27 octobre 2018 à 13:10:51
Réponse #25

Merlin06


C'est marrant ça, Bibichka nous avait fait un truc du genre pendant la virée forum dans les Cévennes en 2015. Elle est partie faire des photos à la nuit tombante, à un endroit où les falaises se chevauchent et avec juste son kit tour de cou.
Le sifflet nous a permis de la retrouver.  :love: ;#

La Chartreuse c'est bien.  ;)
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

27 octobre 2018 à 14:29:00
Réponse #26

UTOPIE


Bon je me lance...

J'ai fait une formation il y a 25 ans destiné aux technicien forestiers professionnels : Gestion patrimoniale des espaces boisées. Dans le cadre de la formation nous avions un voyage d'étude au printemps en Roumanie dans les Carpates étudier la forêt primaire : là ou la main de l'homme n'a jamais mis le pied.

Arriver à destination dans une maison forestière, un garde chasse et un garde forestier devait nous emmener entre autre le lendemain sur le terrain. Ils n'avaient pas très envie de travailler et se sont mis dans l'idée de nous bourrer la gueule pour que l'on déclare forfait à 5 heures du matin heure du départ prévu.

On a bien bu. Du bien costaud mais on ne la fait pas aux forestiers de France. Moi je ne suis même pas aller me coucher. Nuit blanche aller hop on y va. Au petit matin, le garde forestier roumain ne marchait pas droit devant moi. J'avais un peu peur qu'il me tombe dessus dans les pentes mais bon... On dessoûle vite en marchant...

Mission du jour, sortie faune avec essaie de trouver des traces d'ours de loups de lynx... Bref. Programme plutôt sympa. Après 2 heures de marche un mec de la formation se tord la cheville et se fait une entorse. Le garde chasse et le garde forestier local lui disent de patienter sur un cailloux. Il parait que 200 mètres plus loin il y a des coqs de bruyères. L'idée, il ne bouge pas, on va voir et on revient le chercher.

Effectivement on voit un coq bordel, puis des traces de lynx puis des traces d'ours... On les compare avec nos pieds. C'est gros bordel. Subjugué par tant de diversité on oublie l'heure, le chemin. On a un peu d'eau, un peu à manger mais on est perdu. Complètement perdu.

C'est seulement à la tombé de la nuit que nous retrouvons le refuge et là... m*rde le mec !!! On l'a oublié !!! Je ne brillait pas. Nous nous étions complètement reposer sur les gardes locaux, stressé par le fait d'être perdu et déjà bien occupé à tenir physiquement la journée.

Le mec est réapparu une demi-heure plus tard. Il s'était fait une béquille et était rentré par le même chemin. C'était un forestier d'une quarantaine d'année. Ca m'avait frappé parce qu'il pleurait en arrivant. Il avait eu très peur (j'aurais été à ramassé à la petite cuillère à sa place). La veille on avait fait un affût à l'ours qui cherche de la viande à la sortie de l'hibernation.

De ce jour, j'ai compris que les forêts avec des vrais prédateurs ce n'est plus la même chose que nos forêts. On ne s'y déplace plus pareil. Nos actes n'ont pas du tout la même conséquence. Garde chasse ou garde forestier tous le monde est armé la-bas.

Autre constat, l'alcool ca ne rend pas intelligent. C'est certain.

Il n'y a que les poissons morts qui suivent le courant

27 octobre 2018 à 19:17:21
Réponse #27

Bibichka


Pour expliciter un peu les propos de Merlin,
Lors de la sortie forum en 2015 en Lozère, j'étais partie seule faire quelques photos;
J'en avais informé le groupe et devais être de retour dans une quarantaine de minutes grand maximum.

Je commençais à grimper pour prendre de la hauteur et profiter de la vue ...
Le spectacle du soleil couchant sur les causses était magique et mon attention en était toute absorbée.

 Je continuais à grimper par un petit sentier ou plutôt une trace à travers la végétation,
le regard toujours autant dédié à la photographie.

Au bout de quelques minutes dans les dernières lueurs du jour , ce qui apparaissait comme un chemin absolument évident à l'allée n'en était plus un au retour ...
Avec la baisse de luminosité, tout avait changé autour de moi , les perspectives et ombres n'étaient plus les mêmes. :ohmy:

En cherchant ce fameux sentier , je me rendis vite compte que j'étais perdue...
et qu'il m'était impossible de définir à quel "étage " je pouvais être par rapport au groupe.

Je savais que je devais me diriger vers le Nord pour les retrouver ce que je parvins à faire facilement...

Une autre idée à la con m'avait traversé l'esprit aussi : Peut-être pouvais-je continuer de grimper jusqu'en haut pour avoir une vue d'ensemble ?? mais finalement, le projet me sembla trop ambitieux et trop fatiguant voire complétement inutile et bête.

Je restais donc à ce niveau et comme  j'avais un sifflet autour de mon cou accroché à un kit (couteau -bois gras- briquet- mini lampe- duktape) je m'en suis servie de toutes mes forces ...
et au bout de quelques minutes seulement , j'ai eu un retour de sifflet de Merlin... :doubleup:

 Nous nous sommes répondus encore une bonne dizaine de minutes quand même jusqu'à pouvoir nous retrouver et retourner ensemble au camp de base, pas très fière de ma mésaventure pour ma part :'(

Je n'ai pas paniqué sachant que Merlin et le groupe étaient informés de mon escapade solitaire.
J'avoue avoir compté sur leur vigilance et bienveillance ... Merci les copains !!  :love:

Depuis, je fais plus attention à mon environnement et davantage encore lorsque je pars shooter seule. Nous avions pensé à un code pour le sifflet , toujours pas mis en place ... hum hum  ;#




"Qui lèche le couteau, se coupera bientôt la langue " Proverbe ukrainien

30 octobre 2018 à 07:57:20
Réponse #28

Baptistator


Bon je me lance...

J'ai fait une formation il y a 25 ans destiné aux technicien forestiers professionnels : Gestion patrimoniale des espaces boisées. Dans le cadre de la formation nous avions un voyage d'étude au printemps en Roumanie dans les Carpates étudier la forêt primaire

Je suis ancien forestier aussi, j'ai pas fait la Roumanie mais j'ai fait l'onf. ..

Je garde en souvenir d'un stage avec l'onf en plein hivers. Des agents à l'ancienne qui nous attaquaient à l'armagnac dans le café et nous offraient le vin pour remplir nos gourdes.
Ils passaient même parfois en 4x4 nous réapprovisionner ou nous donner un café corsé chaud. Ce qui est toujours appréciable quand la température ne passe jamais en positif et qu'on cube dans la neige.

Mais l'alcool nous a vite émoussés et au bout de 15jours à ce rythme on était pas en bon état.

Au milieu du stage on a perdu l'entièreté de l'équipe topo. Les gars étaient partis dans l'idée qu'ils auraient juste à suivre le topofil pour rentrer, sauf que :
- Après plusieurs jours d'arpentage, du topofil il y en a partout.
- le topofil blanc sur sol gelé c'est quasi invisible
- à la nuit tombante on y vois encore moins.

On à mis deux heures à les retrouver.

Et pour nous remercier ils nous ont payé à boire...

15 juin 2019 à 15:01:57
Réponse #29

Dutch


Bonjour à tous,

Vos remarques sur mon matériel milouf camouflé m'ont rappelé une anecdote dont je ne m'étais pas vanté... :-[

Fin mars/début avril, j'étais parti tester ce bivy Carinthia dans la forêt de Givry, à 10 bornes de la maison.



Je m'installe bien planqué dans les fourrés, sauf qu'au moment de faire cuire mes nouilles chinoises, je m'aperçois avoir oublié de remplir la gourde...

Pas grave, il y a un étang à proximité alors je laisse tout en plan & pars chercher de l'eau.
Manque de bol ledit étang était plus loin que prévu et, la nuit tombant, impossible de retrouver mon campement. :-\

J'ai quadrillé le secteur méthodiquement jusqu'à la nuit noire, mais rien à faire. :'(
Du moins, j'avais retrouvé l'endroit où j'avais garé ma bécane, c'était toujours mieux que rien...

A ce stade, je n'avais plus qu'à rentrer piteusement à la maison & à reprendre les recherches le lendemain, mais il y en avait pour 2-3 ronds de matos & ça m'ennuyait de le laisser comme ça.

Finalement, je me suis souvenu qu'un maître chien du commissariat avait pris sa retraite sur la commune.
Je l'appelle, il se pointe avec avec un de ses clebs (tout en se foutant copieusement de ma gueule, mais je le méritais), auquel il n'a pas fallu 2 minutes pour retrouver mon bivouac. :doubleup:

Il était à 30 mètres de moi, mais tellement bien camouflé que j'ai du marcher dessus sans le voir.
« Modifié: 15 juin 2019 à 15:12:05 par Dutch »
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

29 avril 2020 à 13:02:45
Réponse #30

Dutch


Bonjour à tous,

Ce matin j'ai croisé un rescapé de Tchernobyl au supermarché:  :blink:
_Masque à cartouche filtrante de carrossier
_Lunettes de ski
_Protection faciale d'élagueur en plexi
_Cuissardes de pêcheur + ciré avec capuche serrée au maximum
_Bottes en caoutchouc
_Gants d'égoutier remontants jusqu'aux coudes

Évidemment, il progressait comme un zombie & lâchait la moitié des trucs qu'il voulait mettre dans son caddie.
S'il n'a pas fait un coup de chaleur avant d'arriver aux caisses, ça a du être un grand moment pour composer son code de CB... :lol:
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

29 avril 2020 à 13:11:28
Réponse #31

Rantanplan


Citer
Il était à 30 mètres de moi, mais tellement bien camouflé que j'ai du marcher dessus sans le voir.

 :lol:

Ne t'inquiète pas c'est arrivé à plus d'un sur ce forum.

Rire nous rend invincibles. Pas comme ceux qui gagnent toujours mais comme ceux qui n'abandonnent pas. - Frida Kahlo

29 avril 2020 à 15:13:54
Réponse #32

Corazon


Petite sortie en Colombie, à Medellín.  Comme je suis plutôt un homme des bois que de la ville, on me propose d'aller voir une belle cascade à un demi heure de marche.  Il devait être 10h du matin quand nous sommes partis, mon épouse était enceinte de 4 mois.

La première chose que j'ai constaté, c'est que les 30 minutes étaient en fait plutôt 3 heures de marche.  On avait la forme, donc pas de soucis.  Arrivé à ladite cascade, il fallait la gravir pour passer derrière.  Les côtés étaient en terre glaise  :( :(  On s'est servi des lianes et autres pour y parvenir (avec ma femme enceinte !!!)

Une fois en haut, le copain (du coin) me dit, cela te tenterait de voir l'ancienne prison de Pablo, c'est tout près.  La notion de tout près, n'était pas non plus celle à laquelle je pensais.

Comme la sortie était de courte durée, on n'avait rien pris avec nous, et moi je suis un estomac sur pattes !!!  La faim commençait vraiment à se faire sentir et vu l'heure (14h) je demande au copain pour rentrer avant qu'il fasse nuit (17h-17h30).  "Pas de problème, on va prendre un raccourcis que je connais, on sera vite rentré".  Le raccourci, j'en avais aussi une définition différente.

On s'est perdu en pleine forêt et là il fait vraiment noir pas comme chez nous !!!  La seule chose qui permettait de voir, c'était le flash de mon appareil photo.  Je le mettais en mode stroboscopique, éclairais le chemin et de mémoire on allait jusqu'où on avait vu.  J'ai vidé tout mon stock de piles.  On était dans une forte pente sur un sentier en terre glaise détrempée.

On avait la chance d'y être en décembre, car les colombiens aiment décorer de lumières leurs maisons.  C'est le reflet de ces lumières dans les nuages qui nous ont donné la direction à suivre.  On est rentrés après 21h, sains et saufs.

Depuis cette sortie, je vérifie moi-même les itinéraires, je prends du matos avec moi (et de la bouffe !)
Le monde est réservé à ceux qui se lèvent tôt.

29 avril 2020 à 15:43:42
Réponse #33

Kilbith


Toujours dans le cadre "survie".

C'est une bonne pratique de ne pas poser le doigt sur une queue de détente, sauf avec la volonté d'appuyer dessus dans l'instant avec la volonté d’atteindre une cible.

Cet impératif me semble particulièrement pertinent pour les armes de poing, encore plus avec celles non militaires (en général les armes militaires ont une détente plus ferme).

Bien que n'étant pas particulièrement habitués des stands de tirs, j'ai vu par deux fois un incident lié au non respect de cette  consigne. La première fois je devais avoir dans les 10 ans, la seconde fois dans les 18 ans. 

Typiquement, petite séance de tir entre adultes avec un revolver dans les bois....ça se passe bien, jusqu'à ce que le propriétaire "évidemment très habitué et prudent"  baisse l'arme le long de sa jambe à la fin d'un tir.

A ce stade, le poids de l'arme pointant vers le bas, suffit par inertie à générer une force suffisante pour que le doigt reposant sur la détente l'actionne et que le coup parte....pas loin du pieds.


Conclusion :





ici : https://www.gungoddess.com/blogs/fundamentals/trigger-discipline-keep-your-finger-off-the-trigger

Citer
Before AND After

Often, shooters who are learning will fire a shot and then leave their finger on the trigger rather than move it to the frame. Instructors will often use the term “finger” to remind you to be aware of where your finger is located and move it if necessary. You do not want your finger on the trigger while you are inserting a new magazine or when holstering your firearm. So finger discipline is important both before the shot AND after the shot
« Modifié: 30 avril 2020 à 10:41:35 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

30 avril 2020 à 07:15:02
Réponse #34

Merlin06


J'ai déjà vu un "tireur confirmé FFTir" regarder par le bout de son canon. Autant dire que je n'ai pas attendu longtemps avant de plier mes affaires et d'aller voir ailleurs.
Récap' des règles de sécurité en français ici:
https://www.youtube.com/embed/Fkp50DS73Pc
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

30 avril 2020 à 09:58:49
Réponse #35

VieuxMora


Marseille Avril 1954
Avec mon père nous traversons une fête foraine.
Un stand de tir, mon père me propose de faire un carton.
Nous nous approchons du forain.
5 ou 6 carabines sont disposées à plat sur le devant du stand, alignées en oblique.
Le forain vient vers nous.
Un gamin arrive près du stand, tend la main rapidement et actionne la détente d'une carabine.
Pan !
Le forain vient de se prendre une bosquette (6mm) dans l'aîne.
Le gamin disparaît vite fait.
Ambulance.
Ce jour là je n'ai pas fait de carton, mais j'ai compris la 1ère règle ci-dessus
V.M.

12 mai 2020 à 22:50:57
Réponse #36

Lamagiciennedauz


Fin septembre
Moi 17 ans, avec 6 collègues mâles astronomes amateurs de 25 à 35 ans.
départ un peu tard pour l'ascension du Gelas, une bonne randonnée de qq heures avec un peu de dénivelé. Temps parfait, grand bleu, 21 degrés le matin.
Je suis d'une famille de marcheurs, je suis plutôt entraînée. J'ai mon sac à dos, mon chapeau, ma bouffe, mon eau, briquet, couv de survie, ventoline, lampe de poche.
Ça monte facile la première heure, ambiance deconnade.
La randonnée est un pierrier en plein cagnard, vers midi deja c'est moins fun, certains souffrent de la chaleur, pas de chapeau, pas assez d'eau, pas grave on partage les ressources.
Grosse pause sur l'épaule avant d'attaquer le défilé final. Y en a qui tirent la langue, il est deja presque 15h.
La dernière partie est une goulotte avec pierrier "fin", ça glisse un peu sous le sabot. 2 se font trouille dès le début, 2 hésitent et tergiversent. Les 2 restants veulent aller au sommet et se lancent, moi je commence à penser que vu le manque d'experience et l'heure ça serait pas plus con de redescendre.
Un des collègues a une idée lumineuse : il veut grimper par la paroi droite du défilé pour ne pas marcher dans le pierrier et on se rejoint en haut.
Ça fait au moins 20m à vue de nez, il ne fait pas d'escalade et on a aucun matos. J'ouvre ma gueule, c'est du suicide.
Évidemment comme je suis la plus jeune et la seule fille personne ne m'écoute, il se lance, monte puis tétanise à 4m du sol.
On met plus d'une plombe à le déloger.... sans aucune aide de la part des 450000 personnes qui redescendent du sommet puisque l'attitude des collègues c'est "tout va bien vous en faites pas".
On attaque la descente à 17h sans pause parce que ça commence à urger, les 2 qui ont eu peur dans le pierrier sont essorés, le grimpeur fou est complètement vidé par le stress.
Ça a pas loupé, un des 3 tombe, crac entorse de cheville à 2 h du parking.
Le groupe se scinde en 2 malgré mes efforts puisque certains veulent aller "chercher du secours". Moi je reste avec le blessé, je console, j'immobilise comme je peux et on se met en route en clopinant.
J'ai bien fait de rester parce que je me suis rendue compte apres coup que j'étais la seule à avoir de quoi m'éclairer. on est arrivés au parking à la nuit, on a rejoint les autres qui tournaient en rond car ne savaient pas quoi faire pour nous aider.

Arrivée chez moi j'ai pleuré de rage ! Et j'ai eu une pensée émue pour mon père, qui m'a initiée à la montagne et dont je ne comprenais pas toujours les réactions pas très sympas lors de sorties : je n'avais jamais pensé que c'était aussi difficile de guider un groupe ! Alors je suis allée le voir et on a longuement parlé des situations improbables dans lesquelles on peut se mettre...
C'est pas parce que c'est grave qu'il faut sombrer dans la gravité !

23 mai 2026 à 19:40:34
Réponse #37

Dutch


Bonjour à tous, :)

Une anecdote révélatrice: comment réussir à se blesser en tentant d'échapper à un danger imaginaire.

En début de semaine, j'avais rendez vous avec un jeune pour l'aider à choisir quelle mobylette retaper en vue d'un tour de France et possiblement jusqu'à Gibraltar, après traversée de l'Espagne.
En effet, son père & son oncle ayant conservé tous leurs deux roues des années 80, il avait le choix entre plusieurs bécanes.

Arrivé sur place, les mobs sont stockées dans vieux Renault Master qui sert de cabane au milieu du terrain.
On rentre à l'intérieur & on commence à farfouiller pour tenter d'extraire trois semi-épaves de Motobécane du tas de ferrailles.
Soudain, le véhicule se met à bouger, d'abord lentement, puis à carrément balloter de gauche à droite au point de faire brinquebaler les mobs et nous avec.
:blink: :blink: :blink:
 

_"Il a démarré tout seul!!!" se met à brailler le gamin. :o
J'objecte que c'est peu probable pour un fourgon enlisé là depuis 25 ans, qui plus est dépourvu de moteur...
_"Mais alors........ C'est un tremblement de terre!!!" et pris d'une crise d'hystérie, il s'enfuit en hurlant comme un dément.

Je descends par la porte latérale et constate que si le camion continue de bouger, le sol quant à lui est parfaitement stable. 
Puis en faisant le tour, je tombe nez à nez avec........ une vache sortie du pré voisin, qui se grattait vigoureusement contre la carrosserie!  :lol:

J'ai retrouvé le môme devant chez lui à 200 mètres de là, avec une cheville foulée en sautant le fossé, tout éraflé par les ronces et la clé de sa baraque pétée dans la serrure tellement il tremblait.

A mon avis, celui là ferait mieux de calmer ses nerfs avant de partir jouer les explorateurs en mobylette.
Faudrait aussi lui demander l'intérêt de courir s'enfermer dans un bâtiment vs rester dans un champ en cas de séisme, son argumentation doit être intéressante... ::)
Précisons qu'il a 21 ans. J’avais entendu dire de nombreuses fois que la génération post 2000 était nettement moins mature que les précédentes, mais à ce point là ça dépasse les pires prévisions. ^-^
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

25 mai 2026 à 01:39:56
Réponse #38

Magic Manu


Très drôle! Merci :doubleup:
Hope for the best, expect the worst...

25 mai 2026 à 07:58:25
Réponse #39

Dutch


Comme quoi l'être humain peut survivre à beaucoup de choses... à commencer par son imagination.

Je me demande comment il aurait réagi, si j'avais accrédité l'idée d'un démarrage spontané.
Un délire de voiture hantée, comme celle de Stephen King dans Christine? ;#
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

25 mai 2026 à 10:54:08
Réponse #40

azur


Précisons qu'il a 21 ans. J’avais entendu dire de nombreuses fois que la génération post 2000 était nettement moins mature que les précédentes, mais à ce point là ça dépasse les pires prévisions. ^-^
Le fond du problème part d'une bonne intention: beaucoup de parent ont voulu à tous prix préserver leurs enfants de tout danger, de tout risque, voire de toute contrariété... ce qui donne des jeunes adultes qui n'ont quasiment jamais été confrontés à des imprévus ou des situations "atypiques", et en arrivent à se laisser rapidement submerger par leurs émotions.

Rien d'irrémédiable... mais c'est sûr que ça peut générer des situations "cocasses".
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

27 juin 2026 à 22:19:17
Réponse #41

Dutch


Rien d'irrémédiable... mais c'est sûr que ça peut générer des situations "cocasses".

Mouais, tout dépend jusqu'où on s'engage dans l'inexpérience... :-\
Il y a des limites au delà desquelles, il devient réellement dangereux de passer pour les crétins de service.
Sous certaines latitudes, on en devient une cible privilégiée.

Contexte: le mois dernier, un jeune couple d'humanitaires "écolo-bobos"* se balade en VTT sur une ancienne zone de front balkanique, où la situation historico-éthnico-politique demeure instable.
_Moi: "Arrêtez vous immédiatement, vous allez droit dans un champ de mines."
_La nana: "Oh mais ne vous inquiétez pas, on ne cueille rien."

OK, c'est très touchant niveau respect de la biodiversité locale, mais j'ai du m'interposer pour les stopper.  :o

On s'est recroisé quelques jours plus tard, ils déploraient la perte de leurs VTT électriques, qu'ils avaient chargé dans une bétaillère pour passer un col.
Ça ne les avait pas effleuré que la pauvreté des bergers locaux les inciteraient à redémarrer sans eux, ni même qu'ils auraient aussi pu embarquer la gamine.
En effet, ces gars gagnent moins de 150€ par mois et sont systématiquement armés à cause des loups, ours & autres bandes rivales (mais surtout des bandes rivales).


NB: *Après avoir fait leur environnement, c'était juste des "gosses de plus de 20 ans", qui se faisaient payer leurs vacances contre quelques taches d’administratives pour une ONG bidon, sans aucune conscience d'où ils mettaient les pieds. ::)
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

28 juin 2026 à 11:01:06
Réponse #42

cosmikvratch


mouais... c'est surtout l'explosion du nombre de voyageurs/touristes qui explique l'augmentation des évènements négatifs... par ailleurs  je viens  de re-vérifier: les taux d'homicides à l'échelle de la planète sont globalement en baisse depuis 30 ans (ou stables pour l'afrique), à quelques exceptions ponctuelles près (equateur, jamaique...)

Je ne crois pas trop au narratif: "les jeunes sont des crétins, notre génération avait plus de plomb dans la tête".
déjà il y a un biais du survivant: c'est pas parce que toi et ton entourage étaient plus prudents que l'ensemble des gens l'étaient à l'époque, faudrait regarder les stats de morts accidentelles par exemple, je doute qu'elles soient en faveur du passé

Il y a une romantisation du danger a postériori: ce qui était inconscient à l'époque est rebaptisé "courage" a postériori

Il y a aussi un déplacement de la notion de danger, plutôt dans une direction rationnelle en fait!:par exemple  mes nièces n'arrivent pas à comprendre la studipidité de nos générations qui banalisent encore tabac/alcool, alors que les conséquences en maladie/mortalité sont autrement plus énormes, et connues depuis longtemps.
Pour rappel, pas inutile sur un forum dédié à la survie:
en France pour 2025: 68000 décès attribués au tabac , 41 000 à l'alcool, contre 1268 homicides, soit quasiment un rapport de 1 à 100

Par ailleurs, pour avoir fréquenté pas mal de zones de guerre/guerre civile: dans les phase initiales les gens, bien que stressés, ont des comportement très risqués, en grande partie liés au déni ou à une perception déformée du danger: aller faire ses courses sous les balles, ou vouloir à tout prix aller voir un proche de l'autre côté de la ville/de la zone en plein milieu des combats, sans raison vraiment défendable rationnellement. on a une représentatoin mentale de ce qui est "safe", ou "dangereux", influencé par les émotions, et ça n'est pas forcément adapté à la réalité dans un premier temps.
j'ai déjà raconté sur ce forum comment je me suis fait braquer en vacances comme un idiot, malgré tous les red flags, parce-que je me croyais dans un endroit moins risqué que celui d'où je venais (ce qui était vrai objectivement: tanzanie vs soudan du sud). J'ai d'autres exemples personnels encore moins défendables, mais qui se sont bien terminés... et c'est aussi  la digestion de ces prises de risques qui a fait de moi le mec relativement prudent et raisonnable que je suis aujourd'hui. comme beaucoup sur ce forum j'en suis sûr.
Ca colle bien avec ce petit couple qui part faire du vélo en amoureux, qui ont une image mentale de leurs vacances, et qui ne veulent pas voir que c'est plus dangereux que prévu malgré les signes qui s'accumulent.
Ca me parait un biais universel, plus important quand on est jeune, c'est sûr, mais pas du tout générationnel.
« Modifié: 28 juin 2026 à 11:12:59 par cosmikvratch »
Life's a bitch (and then you die)

28 juin 2026 à 19:18:55
Réponse #43

Dutch


Autant le vol des vélos, ils s'en remettront & ça renforcera leur expérience/prudence.

Mais dans la région, ignorer totalement ce qu'est un champ de mines, raccourcit sensiblement l'espérance de vie.
Dans son esprit, il s’agissait d'une culture locale pas plus dangereuse qu'un champ de maïs ou de betteraves.
A ce niveau de non information, c'est criminel de la part de l'ONG qui les a recruté.
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

Aujourd'hui à 01:52:16
Réponse #44

chaton-laveur


(dans la vraie vie il suffit typiquement de ne pas se foutre dans la m*rde, et de donner son larfeuille même si c'est pas demandé poliment)

Mouais. Je suis plutôt lurker sur les forum... Mais à force de lire un peu partout ce type de conseils, sans dénigrer ni approuver, je m'interroge sur l'effet qu'ils peuvent avoir: engendrer une sorte d'acceptation soumise et fataliste ? inciter le quidam à l'isolement social ? renoncer à toute autodéfense, càd se concevoir comme victime a priori ?

Je sais qu'ici il y a du vécu, pro ou non, de ce genre d'expériences où la confrontation est inévitable. D'où mon intervention dans le débat car si je ne sais pas très bien quel autre "comportement" pourrait être "recommandé/enseigné/conseillé" à qui -comme au plus grand nombre- se retrouve dans cette situation (et ce n'est pas ma question) je suis vraiment curieux de voir quels principes de sauvegarde face à l'agression effective deviendront alors l'usage, tacite d'abord, la règle (enseignée ?) ensuite.

Cette question n'a de sens qui si l'on considère ou accepte que la violence et l'insécurité qui s'ensuit atteignent une valeur assez élevée et croissante dans la société, ici et maintenant.
On pourrait dire que j'ai le pardon rancunier.

Aujourd'hui à 09:36:26
Réponse #45

bpc


Petite anecdote du jour, que certains d'entre vous m'ont vu insérer dans un autre forum et qui me semble trouver ici aussi sa place.


Un ami et sa famille vivent sur une propriété où sont stockés des explosifs dans un hangar.

Cela date d'une époque où, comme c'est la cas ici, les citoyens ordinaires pouvaient s'en procurer pour briser les rochers pendant le creusement d'un lac ou pour faire sauter les arbres obstruants les chenaux.
D'ailleurs ici, la famille se rappelle les troncs d'arbres volant au dessus deux en cette dernière occurence.

Donc, ici il reste une sacoche de bâton de dynamite transpirants abondamment, bouteille de nitroglycérine, autres bouteilles non étiquetées, amorces( donc présences de gélignite, 808, etc...?), mèches non identifiées( cordeau bickford?), ....

L'arrière-cousin grand père était artificier et son fils était chercheur du cnrs sur des produits chimiques.
Si vous rajoutez a ça les restes du matériel de la résistance dans les parages, vous pouvez imaginer la dangerosité de cet environnement où des enfants jouent partout....
Sans compter qu'un membre de la famille voulait s'amuser avec la dynamite!  XD


Bref, après discussions, la maman appelle la gendarmerie pour qu'ils contactent le déminage et commence a leur parler de la nitroglycérine.


Réponse du gendarme de permanence qui ignore ce qu'est la nitroglycérine et après qu'il se soit parait-il renseigné:

tout mettre à la déchèterie car ils n'allaient quand même pas demander aux gendarmes de se déplacer...
Il lui a aussi expliquer qu'il y avait justement a la déchèteries un bac pour les substances non identifiées....


C'est vraiment énorme!  XD


En dehors du fait que le gars est un militaire, que la nytro est de la culture générale( western), qu'il est expressément dit dans les plaquettes locales du gouvernement de ne pas amener ces objets en gendarmerie ou en centre de recyclage, que le gars dit s'être renseigné auprès de ses collègues,
imagine-t-on tout ça au milieu des peintures, bidons de produits pétroliers de toutes sortes, etc...

Un lien récent vers justement la préfecture du Loiret:
https://www.loiret.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Securite-et-risques/Securite-civile-risques-et-protection-des-populations/Decouverte-des-engins-explosifs

De toute façon, a mon avis l'innocent qui aurait suivit les recommandations de gendarme, n'aurait de toute façon pas atteint la déchèterie....

Et tout ça, dans un pays où tout le monde sait que l'on démine tout les jours et cela pour longtemps encore.


J'avoue que ça m'a fait mon week-end!  ^^

Mais bon, ça m'a aussi interpeller sur le comment on peut tous être mis en danger par des idioties aussi incroyables qu'inattendues.  :-?

Aujourd'hui à 20:09:18
Réponse #46

Dutch


@bpc, en effet, la plus grande prudence est de mise avec les résidus de champ de bataille.

Dans ton cas c'était identifié et un peu d'instruction & de prudence ont évité l'accident.
C'est plus délicat quand ça ne se voit pas... :-\

Toujours en ex-Yougoslavie, mais sur le littoral: j'engueule mes stagiaires qui faisaient un BBQ sur la plage sans avoir passé la zone au détecteur.
Ils avaient positionné de longs cailloux marrons autour du feu (bien pratiques pour poser les grilles) et je les emmerdais clairement à l'heure du repas.
Ça dégénère vite avec les albanais qui acceptent ces chantiers de dépollution en tout dernier recours (80% des "volontaires" étaient illettrés).

Dans ce cas une preuve par l'exemple valait mieux que tous les discours & a permis de gagner leur confiance.
Ces "cailloux rouillés", ils en avaient aligné une trentaine autour de leur foyer...  :o



En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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