Entièrement d'accord avec Bomby, la proportionnalité dans le cadre d'une défense individuelle face à la violence, c'est une vue de l'esprit, voire un délire de juriste.
On peut éventuellement être proportionnel quand on est 5 CRS...
Dans le cadre de ce forum on parle de survie, ce qui veut bien dire ce que ça veut dire.
La violence pour survivre, c'est de la violence pleine puissance, hors contrôle (au sens où on l'entend communément), simple, brutale, sale comme dit Bomby.
Si tel n'est pas le cas, alors c'est une issue heureuse.
J'ajoute que pour 2 situations identiques (ce qui n'arrive presque jamais) ta réaction le jour A à l'heure H sera complétement différente de celle le jour B à une autre heure.
Même le soir ou le matin, le jour ou la nuit, on ne réagit pas de la même manière.
Cela en fonction de ton humeur, ta forme, ton état général, ton ressenti etc...
De même être témoin d'une altercation entre 2 individus n'a rien à voir avec être soi même pris à parti, ou bien si un proche est concerné...
Et pour 2 situations différentes tu aura des réactions différentes.
En ce qui concerne par exemple l'intervention pour venir en aide à une tierce personne (qui se pose tôt ou tard au court de la progression), il faut savoir que la situation "chevalier blanc" n'existe pratiquement pas.
Je veux dire que presque jamais (j'ai bien dis presque) tu ne verra une situation claire et limpide, ou sur l'instant tu sera en situation d'intervenir sans hésitation, parce qu'une victime innocente est menacée/frappée par une raclure.
Le courageux héros qui vole au secours de la jeune fille (jolie de préférence) qui est sur le point de se faire violer, ça n'arrive presque jamais, 1 fois sur 1000 peut être...
La plupart du temps on est témoin d'une altercation entre 2 ou plusieurs individus, ça gueule, ça insulte, ça menace, ça escalade des 2 côtés, escalade qui se poursuit par inconscience/bêtise des protagonistes, ça insiste et en voyant ça on pas envie de mettre les 2 mains dans la m..d., sauf à être maso et à vraiment aimer ça.
De plus il est déjà difficile d'acquérir les réflexes et les bonnes attitudes pour assurer une VRAIE protection personnelle pour soi, c'est encore plus dur pour protéger les personnes les plus proches et les plus chères car cela ajoute des variables inconnues, alors venir en aide à un(e) inconnue, c'est vraiment difficile de savoir à l'avance comment on va réagir.
Le cas typique de situation qui sent mauvais c'est les coups/altercation dans un couple, lorsque on est témoin, qu'on ne sait pas à qui on a affaire, mais que ce ne sont pas des gens bien fins à première vue...

L'autre cas ce sont par exemple les embrouilles entre automobilistes, dont on est témoin.
En fait on ne sait pas, et les arts martiaux n'y changeront rien, sauf si cette dimension a été préalablement travaillée à l'entrainement (et encore...).
A ma connaissance peu de disciplines intègre des simulations assez réalistes pour former à quelques cas de figure.
Par ailleurs, on a beau s'entrainer, on ne sera jamais 5 CRS avec équipement et uniforme, on reste un civil SEUL et non armé (ou peu).
Seul face à la passivité et à l'aboulie de la plupart des gens hélas, seul aussi face aux conséquences sociales et juridiques, dont l'impact est toujours du domaine de l'incertitude en pareilles circonstances.
Ce qui est compte c'est de fixer ton propre seuil de refus, distinguer ce qui en "vaut la peine", qui te permettra le moment venu de passer outre ces considérations, pour un cas de force majeure, mais c'est très personnel et intime.
A mon avis, témoin d'une grave altercation entre 2 ou plusieurs types, faut être soit très expérimenté soit un peu fêlé/inconscient pour foncer dans le tas.
En résumé encore, un art martial n'est pas une garantie, c'est une aide précieuse si on en cerne les limites et le champ d'application, et qu'on le complète par un stage type TAI/FAB.
N'oublies pas non plus que peut être 90 % des situations sont évitables par la détection en amont, l'évitement ou la fuite (ne serait ce que couper court et partir sans trainer).

Mes 30 centimes d'euro
Jérôme