Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Ensemble contre la philophobie!  (Lu 4452 fois)

06 mars 2014 à 16:23:13
Lu 4452 fois

Rouri


«La… philophobie? Eh non, ce n’est pas uniquement la peur de tomber amoureux!

C’est aussi l’attitude qui consiste à endosser et à partager toutes sortes de préjugés négatifs à l’égard des étudiants en philosophie. N’avez-vous pas déjà entendu dire que ces étudiants sont lâches? Qu’ils pellettent des nuages? Qu’ils sont déconnectés de la réalité? Qu’ils sont inutiles? Qu’ils ne se trouveront jamais d’emploi? Si oui, vous avez déjà entendu le discours d’un philophobe!
Souvent, le discours méprisant des philophobes ne s’attaque pas uniquement aux étudiants en philosophie, mais aussi aux étudiants qui proviennent d’autres domaines du savoir, par exemple la sociologie, l’histoire, la littérature, l’anthropologie et la musique. Malgré cela, les étudiants en philosophie restent habituellement leurs cibles préférées.

Mais ce que les philophobes ignorent, c’est qu’en vérité, les étudiants en philosophie sont des gens passionnés dont les discussions ne portent pas sur un monde fictif, mais bien sur le nôtre. Ils ignorent que ce sont leurs discours et leurs remises en question qui enrichissent les sphères professionnelles, politiques et personnelles de notre société. Ils ignorent aussi que ce n’est pas parce qu’un domaine d’étude ne mène pas à un emploi précis qu’il ne mène à aucun emploi! »

http://philophobie.com

06 mars 2014 à 18:10:16
Réponse #1

kastor


Salut,

Je me permets une réponse, mon boulot consistant à m'occuper d'étudiants (plus précisément de leur insertion pro).
Globalisons un peu le débat, et étendons le comme tu l'as fait aux "autres domaines du savoir" qu'on englobera dans le domaine des sciences humaines et sociales/ Lettres et Sciences Humaines. de même, on peut aisément généraliser ce phénomène, qui ne s'applique pas seulement aux étudiants en LSH/SHS, mais plus globalement à la perception de ces domaines de l'enseignement supérieur et de la Recherche (donc on englobe les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les labos publics qui bossent dans le domaine des SHS, vu que c'est ce système là qui fait l'objet des préjugés dont tu parles).

La vision négative des SHS/LSH vient, entre autres, de l'imbrication de deux tendances :
- la première interne à la sphère de l'enseignement supérieur/recherche (ESR), qui oppose les Sciences dites dures aux sciences "molles" (ou Sciences humaines VS sciences inhumaines). Cette opposition est combattue, mais perdure aujourd'hui encore dans l'esprit de nombreux universitaires. Elle met en avant non pas une classification par domaines, mais induit une échelle de valeur, préjudiciable à l'une des deux parties (selon l'expression/le camp choisi).
Le "pire" exemple étant à mon sens celui de l'éducation nationale qui réduit le terme "scientifique" aux seules sciences exactes (terminales "S"), réduction qui se retrouve aussi dans les universités...

- la seconde provient de la vision "extérieure" du public. la dévalorisation des SHS par rapport aux autres domaines provient de deux facteurs :
la majorité du public voit comme seule finalité des études et de la science l'insertion professionnelle pour les premières, et l'amélioration de la vie courante pour la seconde. Et c'est là où les SHS apparaissent comme peu sexy auprès du grand public, de par (et là malheureusement les données factuelles donnent raison à la doxa) :
a) le faible taux d'insertion professionnelle dans le secteur privé des étudiants en SHS dans un domaine d'activité en rapport avec la matière étudiée (j'insiste, dans le privé ! mais la grande majorité des gens bosse dans le privé et n'a donc de vision que ce dont ils sont proches) par rapport aux étudiants en sciences dures
b) La valorisation facile des sciences dures auprès du monde socio-économique et du grand public, versus l'absence de finalité "palpable / tangible / visible" des réalisations/avancées/innovations dans le domaine des SHS auprès du public. Il n'est pas question ici de dire qu'il n'y en a pas (ce qui serait ne grossière erreur), mais de constater que le grand public ne perçoit pas le "retour sur investissement" de l'argent public dépensé dans les SHS. c'est d'ailleurs tout l'intérêt des efforts menés dans le cadre des actions de vulgarisation scientifique/culture scientifique. Par exemple, le quidam voit tout l'intérêt des sciences de l'ingénieur quand on lui dit que son portable résiste mieux aux chocs, mais beaucoup moins quand on lui parle d'innovation managériale ou de découverte des procédés de fabrication des galères antiques...

Il est donc important de valoriser ces domaines, via les actions de culture scientifique, mais aussi en communicant sur l'aspect insertion pro, en valorisant non pas les connaissances, mais les compétences généralistes et méthodes acquises. Ce qui permet de justifier toute la légitimité de personnes issues des shs/lsh à des postes de manager, chef de projet, etc. qui n'ont pas forcément de lien avec les domaines d'activité concernés.

06 mars 2014 à 18:24:17
Réponse #2

Al Bundy


Ouais bon faut dire qu'avec BHL en tête de gondole vous êtes pas aidés les gars...courage  ;D
Même si je suis pas un gros fan d'Onfray, il contribue quand même à lutter contre la philophobie non?
Être libre consiste dans le fait de tirer du seul exercice de notre vie le sentiment de contentement. N.G.

06 mars 2014 à 18:24:48
Réponse #3

Bison


Bonjour,

Citer
Souvent, le discours méprisant des philophobes ne s’attaque pas uniquement aux étudiants en philosophie, mais aussi aux étudiants qui proviennent d’autres domaines du savoir, par exemple la sociologie, l’histoire, la littérature, l’anthropologie et la musique. Malgré cela, les étudiants en philosophie restent habituellement leurs cibles préférées.

J'aurai bien voulu mettre un "+1", mais je n'ai pas trouvé ...
(J'ai tout qui ce déglingue, ces derniers temps, c'est le commencement de la fin ... et c'est probablement pour cela que je "philosophe" un chouia).

Le problème, aujourd'hui, c'est, dans l'enseignement, la fracture précoce entre littéraires et matheux.

A vouloir faire des économies de temps et de salaires, on fabrique des têtes bien(?) pleines plutôt que des têtes bien faites.

_________________________________________________

Ceci dit, personnellement, j'avais bien aimé cette blague de potaches, où des  "matheux" (à l'ancienne :  cultivés et pleins d'humour, avec la langue bien pendue) avaient réussi à faire publier dans une revue littéraire connue, un article philosophique complètement fumeux, fait de bric et de broc, d'idées et de concepts piqués (plagiés) au hasard du discours littéraire/philosophique moderne.

J'ai un jour eu à me coltiner, par devoir parental, un "cours" de littérature européenne comparée" donné en fac de "langues et littératures germaniques" à l'Université de Liège. Le livre de référence était écrit à quatre mains, sans queue ni tête, un véritable foutage de gueule.

Jamais un cours pareil ne serait passé en école d'ingé ...

(Et, avec une bonne mentalité d'ingé, on a, dans la famille, rapidement trouvé une solution pratique ... qui a bien marché - et ce n'était pas de la triche !)

Bonnes divagations à tous ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

06 mars 2014 à 20:42:55
Réponse #4

mrfroggy


Ouais bon faut dire qu'avec BHL en tête de gondole vous êtes pas aidés les gars...courage  ;D

ce type est vraiment ce qui peut arriver de pire pour les intellectuels.. une aberration...On ne sait même plus qui est ce type et pour qui il bosse, de plus il s exprime au nom de "la France", sans etre mandaté et encore moins élu par qui que ce soit.
Philosophe des poubelles.
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

07 mars 2014 à 10:46:30
Réponse #5

Bison


Pas touche au philosophe !

Parce que moi, j'aime bien sa copine. :love:

Alors, je dois bien logiquement me dire que lui n'est pas aussi infâme qu'il n'en a l'air. Sinon, faut désespérer de tout!
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

07 mars 2014 à 15:08:07
Réponse #6

zarmup


Euh, là c'est quoi le signal en rapport avec ce forum les gars? :blink:
L'homme prévoit, Dieu rigole!

07 mars 2014 à 15:19:48
Réponse #7

Al Bundy


Euh, là c'est quoi le signal en rapport avec ce forum les gars? :blink:

Derrière la barquette de quenelles au fond à droite  ;#

Bon c'est certain que ça rejoint les mécanismes primaires d'à priori, et la dedans, concernant même plus globalement les étudiants, ils ne sont pas les plus à plaindre
Être libre consiste dans le fait de tirer du seul exercice de notre vie le sentiment de contentement. N.G.

07 mars 2014 à 15:22:07
Réponse #8

Bison


Citer
Euh, là c'est quoi le signal en rapport avec ce forum les gars?

On est au feu de camp camarade.

Si tu as déjà vécu un vrai feu de camp, tu dois savoir que c'est vraiment un lieu idéal pour parler philo ou poésie ...

Plus sérieusement ... laissons les modos modérer, hein.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

07 mars 2014 à 16:15:01
Réponse #9

Loriot


Il y a des phobies de tout... C'est comme ça! Par exemple: agrophobie ceux qui n'aime pas les paysans, plombophobie qui n'aime pas les plombiers, cambouiphobie qui n'aime pas les garagistes... Etc.
C'est la vie...
Tant que l'on se fait pas lyncher! Je veux bien être la phobie de quelqu'un. Si ça peux le rassurer.
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

07 mars 2014 à 19:42:25
Réponse #10

Ulf


Il y a des phobies de tout... C'est comme ça! Par exemple: agrophobie ceux qui n'aime pas les paysans, plombophobie qui n'aime pas les plombiers, cambouiphobie qui n'aime pas les garagistes... Etc.
C'est la vie...
Tant que l'on se fait pas lyncher! Je veux bien être la phobie de quelqu'un. Si ça peux le rassurer.

Ya aussi les omniphobes, ceux qui n'aiment rien.

09 mars 2014 à 12:31:44
Réponse #11

A.Chamir


C'est vrai que c'est affolant comme la philosophie est prise en dérision. A croire qu'il est dans la norme d'être superficiel et sans aucun sens de l'analyse en dehors des chiffres. Je dis ça car dès que j'essaie de lancer un débat sur des réseaux sociaux qui touche des sujets un peu sensibles j'ai vite fait de lire "Arrête de faire ton philosophe à ramener ta science".
Je pense vraiment que le problème ne vient pas juste d'un cloisonnement des domaines d'études (si regrettable) mais qu'il y a une vraie méconnaissance et un refus de découverte de tout ce que peuvent apporter les science humaines.
Pour reprendre un grand monsieur repris par un certain autre grand monsieur: "La spécialisation, c’est bon pour les insectes."
« Modifié: 09 mars 2014 à 17:23:31 par A.Chamir »

09 mars 2014 à 19:47:28
Réponse #12

Al Bundy


Il me semble avoir lu ici même la phrase: "90% of everything is crap"
Je m’étonne qu'on ne l'applique pas à la masse humaine  ;) (pas dans ces proportions bien sur sinon on basculerai dans l'autre excès, je le précise quand même)
Pourquoi donc s’étonner de cela? Éducation, conviction, psychologie etc...
Ne faudrait il pas accepter le fait d'être entouré d'une bonne partie de moutons incultes ignorants voire agressifs (voir tout à la fois) et adapter sa posture pour éviter ces situations désagréables quand ils sont en majorité et donc vivre plus tranquille?

On le voit par ex sur certains forum, des gars, qui, alors même qu'ils avouent en première phrase ne pas connaitre le sujet, l'ouvrent à longueur de journée pour donner leur avis, comme une perche tendue à la prise de tête, car ils n'existent peut être, malheureusement pour eux, que via le net  ;#

Bref on peut adopter (pour moi le meilleur à faire) une posture d'ouverture, qui sait sélectionner les moments pour ces sujets ou pas, pour ne pas ressentir la frustration de ne jamais pouvoir partager la moindre réflexion (car des fois c'est bien possible), et les moments ou l'on saura se taire car on est pas sur cette frustration qui pousse à certaines réactions (et ne pas tomber dans le schéma "boudeur fermé capricieux contrarié" qui ramène forcement que du négatif),
Ne pas admettre cela et vouloir forcer les choses va forcement être destructeur, mais ce n'est que mon avis  ;)
« Modifié: 09 mars 2014 à 19:54:19 par Al Bundy »
Être libre consiste dans le fait de tirer du seul exercice de notre vie le sentiment de contentement. N.G.

09 mars 2014 à 20:13:08
Réponse #13

Loriot


Je pense que ceux qui sont appelé ici philologues pensent exactement la même chose que ça:
Ne faudrait il pas accepter le fait d'être entouré d'une bonne partie de moutons incultes ignorants voire agressifs (voir tout à la fois) et adapter sa posture pour éviter ces situations désagréables quand ils sont en majorité et donc vivre plus tranquille?

Mais simplement ils l'expriment...

Je rencontre parfois des gens de certaines professions "supérieur", en fait avec une formation universitaire. Qui méprisent admirablement bien les moutons et autres ignorants incultes qui n'ont pas fait d'études supérieur.
Que faut il en penser?

Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

09 mars 2014 à 20:19:19
Réponse #14

Al Bundy


Je pense que ceux qui sont appelé ici philologues pensent exactement la même chose que ça:Mais simplement ils l'expriment...

Je rencontre parfois des gens de certaines professions "supérieur", en fait avec une formation universitaire. Qui méprisent admirablement bien les moutons et autres ignorants incultes qui n'ont pas fait d'études supérieur.
Que faut il en penser?

Qu'on ne généralise jamais et qu'ici mouton incultes etc ne réfère pas à un niveau d'éducation (d’où mon complément psychologie de la personne and co), mais à une tentative d'identification de personnes, à travers tout les exemples qu'on peut imaginer, avec qui la communication n'est pas possible
Être libre consiste dans le fait de tirer du seul exercice de notre vie le sentiment de contentement. N.G.

09 mars 2014 à 22:51:03
Réponse #15

mrfroggy


Je pense que ceux qui sont appelé ici philologues pensent exactement la même chose que ça:Mais simplement ils l'expriment...

Je rencontre parfois des gens de certaines professions "supérieur", en fait avec une formation universitaire. Qui méprisent admirablement bien les moutons et autres ignorants incultes qui n'ont pas fait d'études supérieur.
Que faut il en penser?

rien, il faut les laisser dans leur crasse.
par exemple: un Chirurgien ne sait pas ce que je sais.

c est un exemple bête et méchant, voir même très bête, mais pour moi ça résume bien un paquet de chose sur l intelligence et le savoir.
J ai appris a ne jamais être jaloux (ou l inverse) de mon prochain, même au niveau de l intellect, parce qu on juge l intelligence de l autre,qu avec sa propre intelligence, ce qui au final est très très relatif .
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

10 mars 2014 à 01:10:32
Réponse #16

Ghjallone


rien, il faut les laisser dans leur crasse.
par exemple: un Chirurgien ne sait pas ce que je sais.
Et pourquoi donc?  ;)
N'importe quel imbécile peut finir par progresser, c'est juste que pour certains c'est plus long que pour les autres...
Quand j'étais en terminale, la philosophie, ca me fatiguait. Pour moi, c'était du temps perdu. Et maintenant, je regrette un peu ne n'avoir pas plus profité des cours. Peut être qu'a l'époque je n'étais juste pas assez mûr, ou quelque chose du genre.
Et pourtant, je suis étudiant en sciences, hein. :)
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

10 mars 2014 à 04:03:29
Réponse #17

Manengus



 Yoyo,

 il est bon selon moi de distinguer deux choses :
 
  • La rejet/mépris d'une bonne partie des sciences humaines, qui sont considérées tantôt comme non valables scientifiquement, tantôt comme inutiles, tantôt comme de la masturbation intellectuelle. C'est une forme d'anti-intellectualité qui a toujours existé et sera sûrement toujours pratiquée, que ce soit par des "allergiques à la réflexion" ou par des techniciens appréciant peu ce qui n'est pas carré ( entendez chiffrable ).
  • La tendance d'une époque à devenir de moins en moins propice à l'exercice et la pratique de la réflexion désintéressée.
Les deux problèmes s'entrecroisent ( comme tout, toujours ) mais appellent il me semble différentes réponses.

 Dans le premier cas je rejoins tout à fait le constat de Kastor. Il y a un vrai travail qui doit être  fait au niveau de l'intelligibilité, de la vulgarisation, et de la diffusion des sciences humaines. Ici le verbiage abscon est l'ennemi numéro un. Le problème est plus profond et complexe mais ce serait déjà un gros pas en avant que beaucoup de sciences humaines ont du mal à franchir.
A ce propos Rouri, estime toi heureux, en te baladant à la Fnac tu auras à ta disposition des dizaines de livres s'attachant à rendre la pensée philosophique abordable ( et ce dès l'enfance ).

 Dans le second cas, on se situe au niveau d'une tendance amorcée dans les 80's qui englobe l'ensemble de la société occidentale et imprègne, cadre, toutes les actions qui s'y déroulent. Concrètement que ce soit dans le monde du travail, des études, des moments de loisirs, des relations interpersonnelles, on est pris dans une vision du monde et des choses  (dans un référentiel global pour faire un peu de verbiage  ;#) qui va dans une direction assez précise.
 Mise en avant de la performance, du principe de réalité ( technicisation des problèmes et des solutions ), soucis exacerbé de la rentabilité de l'action. Accélération du tempo de vie, du rythme de travail, des cycles de consommation, du temps de l'information, du temps accordé à une activité et ce, toujours au service de la compétitivité. Valorisation de la jouissance sans limite. Progrès technique ( telecommunications principalement ) ayant permis et en même temps accéléré le procédé.
 
 Tout ça crée un microcosme plutôt très défavorable au développement de la connaissance, de la réflexion et à sa diffusion dans le reste de la société ( hormis les télécom qui améliorent l'échange d'infos ). La réflexion et le temps long qui y est attaché viendra à chaque fois se heurter au système du référentiel global avec qui elle entre en contradiction. 

 Donc il y aura toujours des reflexion-phobes comme titre le topic. Mais si on s'intéresse à l'"homme moyen" ( au sens médian ), celui qui serait dans son ignorance crasse, on se rend compte qu'il n'existe pas en tant que tel mais qu'il est juste le produit du système sociétal dans lequel il est pris. 

 Pester contre les individus, c'est tirer sur le messager, c'est reprocher la guerre aux soldats, la chaleur au thermomètre.

 

10 mars 2014 à 12:59:04
Réponse #18

pommeau


  Et si l’on prenait pour exemple la tablette tactile. Ce petit objet regardé au départ avec circonspection est aujourd’hui en train d’entrer dans presque tous les ménages.

  L’objet est particulièrement intéressant car il illustre bien le fait qu’il est illusoire d’opposer le « pourquoi » du « comment ». Son succès s’explique au contraire parce qu’une attention toute particulière à été apportée au pourquoi ET au comment.
 
Cela fait des années que des chercheurs en science humaine travaillent sur le développement des nouveaux usages, essaient d’anticiper nos évolutions comportementales. Des ingénieurs vont utiliser le résultat de ces recherches et les matérialiser, rendre cela techniquement possible, inventer des objets à partir d’idées. Des équipes de projet vont créer des chaines de production pour industrialiser ces tablettes. Des techniciens vont paramétrer et faire fonctionner les petites bestioles et le corps médical travaillera sur les nouvelles pathologies créées (ne rions pas, l’usage intensif du sms peut engendrer des tendinites du pouce).
Et en fin de compte l’utilisateur final pourra télécharger sur sa tablette les œuvres de Bakounine, Saint Augustin, ou lire son forum préféré aux 4 coins du monde, et la boucle est bouclée.

  J’ai aimé le dernier blog de David dans lequel il parle de « penser le monde en terme de liens entre les trucs ». On voit dans l’exemple de la tablette que ces liens sont tout à fait déterminants pour le succès de ce qui, en fin de compte, ne reste qu’un objet, certes réussi mais dont on peut fort bien se passer.

  Et le rapport avec le premier post de Rouri c’est que la philophobie n’a pas de sens. Philosopher, prendre du recul, de la perspective, réfléchir sur les causes, les préceptes, c’est indispensable pour comprendre et donner un sens à nos actions. C’est ce qu’on fait partiellement et très inconsciemment le soir au feu de camp en regardant les étoiles.
Sur cette envolée lyrique, je salue les philosophes et étudiants qui enrichissent ce forum, sans oublier les autres  :)
"La vie ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie"
Lucius Annaeus Seneca

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //