La réponse des professionnels à la question de Mac m'intéresse aussi car on a 2 écoles :
Non, comme je l'expliquais à Mac en MP, il n'y a pas deux écoles, il y a seulement deux contexte totalement différents.
La publication que vous avez lu sur le lien au dessus concerne le sauvetage au combat, elle est clairement annoncée comme telle, et les auteurs font leur exposé dans ce sens.
Le garrot devient le premier recours en zone rouge, c'est à dire sous le feu, en situation non pas dégradée mais
hostile. Les raisons sont multiples:
- En théâtre de guerre les blessures sont de natures très différentes du civil: bien plus graves, très axées sur les hémorragies massives, et impliquant souvent de nombreuses victimes.
- Le contexte est très différent: impossibilité de réaliser une manœuvre prolongée ou nécessitant de monopoliser un autre opérateur ( une compression continue manuelle est donc illusoire, il faut tout de suite pouvoir faire usage de son arme et à fortiori il ne faut pas empêcher un équipier de se servir de la sienne ), impossibilité d'être rejoint par une équipe de secours ou de lui être amené, et ce pour une durée indéterminée tant que dure l'accrochage, il faut donc une mesure efficace immédiatement et prolongée.
- Généralement quelque soit l'excellence en premiers secours d'un opérateur, toute manœuvre un tant soit peu élaborée et totalement proscrite sous le feu ( massage cardiaque, immobilisations, soins élaborés d'une hémorragie active ).
Ce n'est qu'une fois à l'abri, soit dans un " nid de blessé " à l'écart du combat, soit dans l'hôpital de campagne ou le centre chirurgical de proximité, qu'un tiers ( qualifié SC 2 ) réévaluera au plus tôt la nécessité du garrot et fera si nécessaire un relai par compressif.
En milieu civil ces questions ne se posent pas, l'algorithme habituel doit être appliqué, on a le temps de voir venir, on a le temps de corriger si ça ne suffit pas avec pose de plusieurs compressifs puis au final d'envisager le garrot.
Comme je l'ai expliqué à Mac, plusieurs des médecin du service ayant publié cet article reprennent des gardes en SMUR civil, quand ils y sont ils ne posent pas plus de garrots que les autres SMURistes et n'ont pas des protocoles différents. Ils composent seulement avec le patient devant eux, et le contexte de l'intervention, à savoir un pays industrialisé hors conflit armé. Leur pratiques rejoignent alors la pratique civile.
De même, tout SMURiste civil intervenant sur une plaie par balle ou autre trauma grave, ou intervenant sur une situation avec de multiples victimes, aura une prise en charge très proche de la médecine de guerre, avec pose de garrots bien plus systématisée notamment.
On réfléchi sur le type de blessure, et sur le contexte dans lequel est pratiqué le soins, ce ne sont pas deux écoles qui s'opposent. En plein centre ville, si vous tombez sur une personne au membre arraché avec une hémorragie massive, il ne vous viendra probablement pas à l'idée de poser un pansement compressif. Vous venez de raisonner sur le type de blessure, et ici le contexte n'y change rien, on est pas sous le feu certes, mais même si on est au centre ville de Boston - USA, ce n'est pas pour autant que mettre un compressif aura la moindre utilité.
http://i.imgur.com/NekrRnX.jpg (
attention image pouvant choquer )