Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: RBSD et combat rituel  (Lu 8195 fois)

15 mai 2013 à 19:15:35
Lu 8195 fois

club41


Bonjour à tous,
Le schéma RBSD classique face à une altercation verbale puis physique semble être le suivant :
1/ verbal: desescalade (vcf le fantastique article d'Éric lem)   + passive stance
2/ adversaire prend l'initiative: flinch (reponse naturelle en théorie...) + "jamming"/SPEAR + contre-attaque type combatives (Mc CANN, MORISSON, BLAUER, KIPP... ) ou shred (DIMITRI),
3/ je prend l'initiative au moyen d'une combinaison de frappes preventives (pour Geoff Thompson lorsque l'adversaire entre 2 fois en contact avec ma passive stance ou pour R Dimitri dès lors qu'il maintient le même niveau d'agressivité et n'obéit pas à mes injonctions).

Or, dans une situation de combat de rue, une fois l'attaque de l'adversaire déclenchée, on se retrouve rapidement ( dans le  meilleur des cas...) dans une situation de " combat rituel" (pour s'en convaincre voir  par exemple la vidéo " compilation street fights 2013 sur YouTube ou faire appelle à son expérience personnelle...). S'impose alors à nous: soit d'accepter ce combat en adaptant sa technique pieds/poing  aux specificités de la rue (frappes mains ouvertes), soit si ll'on souhaite rester dans le cadre RBSD, il nous faut casser la distance ( en acceptant de se prendre quelqures pains dans la tête) pour ensuite "s'ancrer" à l'adversaire et enchainer avec ses "outils" favoris soit un enchaînement de frappes ( palm strike, chin jab, coudes...)  ou shred à la Richard Dimitri.
Je souhaiterais avoir l'avis des tauliers, membres de l'ACDS, sur les façons de casser efficacement la distance et s'ancrer à l'adversaire en vue de sortir du " combat rituel"?
Que pensez vous des outils type helmet ou dive (isr matrix) pour atteindre cet objectif?

Merci à Rod, Éric lem, siewolf (vivement le neurocombat n°3...), Serge , patrick et David pour la richesse de leurs réflexions.
« Modifié: 15 mai 2013 à 19:25:58 par club41 »

15 mai 2013 à 20:17:31
Réponse #1

** Serge **


Or, dans une situation de combat de rue, une fois l'attaque de l'adversaire déclenchée, on se retrouve rapidement ( dans le  meilleur des cas...) dans une situation de " combat rituel"

Pourquoi cette conclusion ?
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

15 mai 2013 à 21:03:04
Réponse #2

club41


Lorsque l'agresseur déclenche son attaque et qu'il n'y a pas d'ancrage de son côté ou que le notre a échoué, il y a immédiatement un recul naturel face à l'assaut. Dès lors, on se retrouve à distance de pied alors que  le combat est déjà engagé.


15 mai 2013 à 21:08:00
Réponse #3

sharky


Lorsque l'agresseur déclenche son attaque et qu'il n'y a pas d'ancrage de son côté ou que le notre a échoué, il y a immédiatement un recul naturel face à l'assaut. Dès lors, on se retrouve à distance de pied alors que  le combat est déjà engagé.

Qu'est ce que tu entends pas ancrage? Tu parles de PNL? C'est ta façon de parler du Clinch?
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

15 mai 2013 à 21:30:34
Réponse #4

club41


Non non, rien à voir avec  la pnl. IL s'agit soit du clinch ou d'un trapping  qui permet enchainer une succession de frappe en évitant à ton opposant tout mouvement de recul ou de "shredder". Pour plus de précisions, tu peux aller faire un tour sur le forum senshido (voir anchoring).

15 mai 2013 à 21:36:59
Réponse #5

sharky




Non non, rien à voir avec  la pnl.

Oui et non parce que l'ancrage, c'est une des bases de pnl et je ne l'utilise que dans ce cadre là.
Mais anchoring, cà me parle mieux.
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

15 mai 2013 à 21:47:25
Réponse #6

bloodyfrog


S'ancrer, pour reprendre ton expression, a pour but de limiter la casse et/ou de reprendre l'initiative.
Si tu retrouves de la distance et que ton adversaire joue au coq, effectivement lui et toi êtes dans un combat rituel, réel ou de forme (puisque tu sembles entendre par les guillemets qu'il puisse n'être que de forme, ce dont je ne suis pas du tout convaincu).

Si vous en êtes revenus tous les deux à faire des assauts pieds/poings à distance de conversation, c'est que vous comparez vos b?tes, et tu as le choix de ne pas le faire, en fuyant le combat, quitte à perdre la face aux yeux du méchant et du public.

Manu.
« Modifié: 15 mai 2013 à 22:21:20 par bloodyfrog »

15 mai 2013 à 22:06:34
Réponse #7

club41


J'aurais dû immediatement utiliser le terme anglais pour me faire mieux comprendre. Se retrouver à distance de pieds( "kicking range" ) dans le cours d'un assaut ne signifie pas pour autant la fin du combat. La fuite est une des options en effet. A mon sens,iil ne s'agit pas de la plus judicieuse, d'un point de vue sécurité personnelle. Et ce d'autant, que le danger est prégnant à cette distance : passage à l'acte violent de notre côté ou celui du vilain avec tout ce qui va avec : rush d'adrénaline et prise de contrôle du cerveau reptilien. Si bien, que l'on passe en mode survie, tout va très vite et l'on ne pense même pas à son orgueil personnel.

15 mai 2013 à 22:09:28
Réponse #8

Bomby


Salut club41,

tu t'entraînes dans quel genre de système ?

Je te pose la question parce que je ne pige pas trop ton approche à travers la question que tu soulèves...

RBSD et combat rituel, ce sont vraiment des approches très différentes... Sans forcément vouloir lier systématiquement "combat rituel" et sports de combat, as-tu par exemple parcouru le fil "self-défense vs discipline de combat"  (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,39582.0.html) où Pat Hibulaire (qui avant était Patrick, mais ça c'était avant) notamment soulignait les différences radicales d'approche...

Précisément, dans l'approche "RBSD" ou disons peut-être plutôt dans l'approche du courant "Combatives", et si tu ne peux éviter l'affrontement, tu vas au déclenchement des hostilités rentrer dans l'attaque adverse avec le maximum d'agressivité, pour en terminer au plus vite, ou te créer un créneau de sortie ou de fuite, mais pas pour t'ancrer durablement près de l'adversaire... Et le tout devrait en principe être réglé assez rapidement...

Quand tu commences à travailler en pratique ce genre de choses, au début généralement tu continues à avoir tendance à reculer sur le mouvement d'attaque ou d'avancée adverse, parfois au mieux à esquiver vers l'avant ou en te désaxant, mais le plus souvent à esquiver vers l'arrière, et quant tu viens des AM ou des SC, tu peux même avoir déjà relativement ancrés en toi (au sens PNL qu'utilises Sharky, cette fois-ci!) ce type de réactions... Mais au bout d'un moment, à force de pratique, tu parviens à reprogrammer tes réactions et à "ancrer" désormais une réaction qui te pousse vers l'avant, vers l'entrée dans l'attaque adverse (déclenchée ou imminente)...

Je ne pense pas qu'il y ait de secret technique particulier et encore moins subtil ou miracle pour cette entrée dans l'attaque adverse ni pour" l'anchoring" que tu évoques : Lee Morrison propose notamment par exemple, très simplement, de saisir l'adversaire près du col avec la main faible, utilisée en jab d'entrée, pour frapper en cycling de la main forte... Oversimple !

Divers types de garde passives (dont les noms peuvent parfois légèrement varier) permettent aussi de réaliser cette entrée même si on est surpris...

Mais j'aurais tendance à dire que, si on se retrouve dans la situation que tu décris, donc à distance de combat pieds-poings façon rituel, quelques secondes après le déclenchement des hostilités, c'est probablement qu'on a tout simplement pas encore assez travaillé l'entrée, proactive ou réactive, dans l'attaque adverse, ou pas suffisamment dans les conditions appropriées, pour rééduquer nos réflexes dans cette logique du courant "Combatives"... Ou alors, autre possibilité, qu'on a laissé passer une occasion de prendre le large en restant sur place à contretemps, comme le suggère ci-dessus l'ami Bloody...

Je ne dis pas du tout ça dans l'esprit my" Kung-Fu is better than yours", hein... Personnellement je m'entraîne dans un système relevant clairement d'une logique "Combatives" (donc logiquement, j'adhère à cette approche), et j'ai récemment repris un AM de base en parallèle, dans lequel j'évacue personnellement (tant pis pour les passages de grades et l'incompréhension parfois des partenaires) tout ce qui ne va pas dans ce sens de l'entrée dans l'attaque, pour justement m'éviter l'embouteillage logique...

Je pense que c'est vraiment une question de pratique accumulée et de cohérence d'entraînement.

Je ne dis d'ailleurs pas que je ne suis jamais surpris ou ne le serai jamais, ni que je n'ai ou n'aurai jamais aucun mouvement de recul... Mais l'entraînement accumulé dans cette logique "Combatives" ou RBSD me laisse raisonnablement penser que, même avec un  bref mouvement de recul initial, ce qui reviendra derrière automatiquement sera de rentrer dans l'attaque pour frapper et/ou "shredder"... En tout cas, c'est aujourd'hui ce qui sort naturellement, alors qu'il y a pas mal d'années, quand je pratiquais des AM "classiques" dont je n'avais pas encore totalement éprouvé les limites, je pouvais en effet me retrouver dans la situation que tu décris au début de ton post.

Bienvenue à bord, au passage, Club41.

Cordialement,

Bomby

15 mai 2013 à 22:14:20
Réponse #9

Bomby


(...). Se retrouver à distance de pieds( "kicking range" ) dans le cours d'un assaut ne signifie pas pour autant la fin du combat. La fuite est une des options en effet. A mon sens,iil ne s'agit pas de la plus judicieuse, d'un point de vue sécurité personnelle. Et ce d'autant, que le danger est prégnant à cette distance : passage à l'acte violent de notre côté ou celui du vilain avec tout ce qui va avec : rush d'adrénaline et prise de contrôle du cerveau reptilien. Si bien, que l'on passe en mode survie, tout va très vite et l'on ne pense même pas à son orgueil personnel.

Là, je ne pige pas ton raisonnement : si l'on passe en mode survie et que du coup l'on ne pense pas à son orgueil personnel, pourquoi la fuite ne serait-elle pas une option judicieuse, notamment du point de vue sécurité personnelle, dès lors que par hypothèse elle est possible (sinon, la question de fuir ne se pose tout simplement pas) ?

Cordialement,

Bomby

15 mai 2013 à 22:49:32
Réponse #10

club41


Je suis également dans une optique RBSD (mc cann+dimitri). Dans le cadre de mes fonctions, j'ai simplement pu observé que si l'idéal est effectivement de rentrer dans l'attaque, qui se traduit généralement (mais pas toujours) par un bon vieux haymacker, tout ne se passe pas toujours ainsi en raison de divers paramètres (physiques, environnementaux, comportementaux, emotionnels) d'où l'interêt d'avoir plusieurs outils dans sa boite...Concernant la fuite comme option, l'approche d'eric lem sur la désescalade est intéressante car beaucoup ont une vision faussée de cette notion tout comme de la passive stance; à ce moment là de la confrontationla la fuite est une option mais il ne s'agit pas de la plus safe ( alors imagine quand le passage à l'acte violent a eu lieu...). Personnellement, je ne crois pas à une rééducation des reflexes, l'idée derrière les combatives est de déclencher ce que l'on SAIT faire et pas ce que l'on POURRAIT faire (grâce à l'entrainement , l'acquisition d'un bagage technique, un conditionnement particulier). Et il est tout à fait possible de se retrouver à distance de pieds dans le cours d'une confrontation (ce n'est certes pas l'idéal mais c'est possible).
Bien à toi.
« Modifié: 15 mai 2013 à 22:54:43 par club41 »

15 mai 2013 à 22:55:11
Réponse #11

Leif


ce qui est  bien avec toi c'est au moins on sait qui a cree quoi , comment il s'appelle ça c'est bien meme pour morrison

sinon c'est bien que tu cites tous les styles , tu en as pratiqué ou lu et vu les dvds, car la façon de voir est tres différentes entre la théorie et la pratique.

le fait de voir un combat rituel dans une agression soudaine sur ta personne est tres etrange suite a une altercation why not?


bref dis m'en plus si tu veux causer

15 mai 2013 à 23:46:34
Réponse #12

club41


Ce que j'entends par " combat rituel" c'est le fait de se retrouver en cours de confrontation physique  pour  une raison x ou y face à un adversaire dynamique en garde à distance " pieds/poing" (peut-être ai-je été imprécis sur cette notion). Cette situation n'a absolument rien d'extraordinaire...j'ai vu des DVD et j'ai pratiqué avec mes collègues en dojo et dans la rue ( je sais que donne laviolence et le fait de se prendre "une toise") , je mets justement l'accent sut la différence entre la théorie et la pratique du terrain ( la réalité du combat: le rush d'adrenaline pour soit et pour l'autre, l'effet tunnel, les techniques qui réussissent et qui échouent, la vitesse , la difficulté à comprendre ce qui se passe et à devoir faire face).

16 mai 2013 à 00:20:10
Réponse #13

bloodyfrog


Je comprends, et en même temps... je ne suis pas sur de comprendre... :)

En gros, tu t'es entrainé à shredder (je grossis juste un peu le trait), et le monsieur en face y veut pas.
Il prend de la distance et envoie des pieds.
Ta question est, comme je la lis, comment fait on pour le shredder à nouveau?

 :huh:

Citer
...face à un adversaire dynamique en garde à distance "pieds/poings"

Ben là, soit tu décides d'y aller, soit pas...
J'ai l'impression que tu limites les "techniques RBSD" (toutes celles dont tu fais allusion ci dessus) au clinch et aux réponses données à cette distance de confrontation...
Bien sur que dans la réalité, l'opposant cherche à reprendre de la distance, d'autant plus si tu es mordant (dans tous les sens du terme) quand tu le saisis.
 
Dans les écoles que tu cites, une fois le combat engagé, tu dois reprendre/prendre/garder l'initiative pour saturer ton adversaire, de sorte à l'incapaciter rapidement ou te donner l'opportunité de fuir, selon le contexte.
Si ton opposant prend/reprend sa garde de boxeur thaï, ben cours, ou rentre lui dedans. Au choix.

Manu.

Note: ta question initiale, c'était comment je fais pour lui rentrer dedans, pour le "clincher"? Est ce une fin en soi? Il y a d'autres façons de faire cesser la menace. Demande à Leif-qu'un-coup. :)



 
« Modifié: 16 mai 2013 à 01:13:15 par bloodyfrog »

16 mai 2013 à 00:48:50
Réponse #14

club41


Bien joué manu, c'est ça.!! :up: mon message a eu du mal à passer, faut que je bosse ma com'!!!D'expérience, le clinch ou le trapping n'est pas un fin en soi mais un passage obligé face à un méchant dynamique et gonflé d'adrénaline + éventuellement l'alcool, sans cela la frappe ( le shredd par contre n'est pas une fin en soi, c'est un outil) n'a que peut d'effet (pour moi, là encore). Dans la situation que j'évoque, pour moi l'option c'est un "crash and cover" type helmet. Ma question était simplement de savoir si vous aviez expérimenté autre chose.

16 mai 2013 à 01:31:48
Réponse #15

club41


Concernant les techniques " combatives", la seule technique que je trouve fonctionnelle à distance"pieds/poings" face à un adversaire en mouvement et comme 1er coup c'est le finger jab.

Là encore, à titre personnel, et sur la base de ce que j'ai pu expérimenter FACE A UN BAD GUY:
Hammerfist: en fin d'enchainement (cycling)
Ax hand: adversaire " statique " ( face decouverte)
Face smash: idem + distance rapprochée
Palm strike: idem ( cible: menton - bas de la joue) - trapping pour enchaînement
Chin jab: trapping (distance rapprochée)

Elbows strikes: corps à corps - (trapping ou clinch optimisant la frappe)
Knee: corps à corps - (trapping ou clinch optimisant la frappe)
Kicks ( shin-groin): possible mais risqué en frappe preemptive face à un adversaire statique - dans le cadre d'un enchaînement (high/low principe)
« Modifié: 16 mai 2013 à 01:48:35 par club41 »

16 mai 2013 à 02:04:00
Réponse #16

Meven


Ce que j'entends par " combat rituel" c'est le fait de se retrouver en cours de confrontation physique  pour  une raison x ou y face à un adversaire dynamique en garde à distance " pieds/poing" (peut-être ai-je été imprécis sur cette notion).

Salut club41,

A mon humble avis, plus que d'être imprécis, je pense que tu te méprends sur la notion de "combat rituel" en ne la considérant que d'un point de vue technique (distance de combat) : être à un contre un à distance pied/poings n'est une condition ni nécessaire, ni suffisante pour le définir.

Par exemple, lors du dernier stage Urban Combatives, Lee nous disait que lorsqu'il était portier, à force d'entrainement il avait fini par développer un direct du gauche monstrueux, qu'il avait utilisé régulièrement dans son travail de façon pro-active et avec un certain succès, chose qui lui avait d'ailleurs valu des rapports tendus avec sa hiérarchie de l'époque.
Je pense que l'on sera tous d'accord pour admettre que malgré la distance de combat (poings), et le fait d'être à un contre un, ceci n'en fait pas pour autant des situations de combat rituel, et Lee un combattant "conventionnel".

Pour qu'un "affrontement rituel" ait lieu, il faut être deux. Deux à être d'accord et conscients d'être dans un combat, et à partager implicitement et/ou explicitement un certain nombre de règles, même minimales. (ex : un contre un, pas d'armes, possibilité d’arrêter le combat par soumission, ou par ko, pas d'attaques mutilantes par nature...)

Ta question initiale, qui je pense peut-être reformulée comme ça : "Si je rate ma riposte/réponse proactive non conventionnelle, quelle solution technique utiliser afin d'éviter de se retrouver dans un schéma plus conventionnel, risquant de favoriser l'adversaire ?"  peut donc difficilement avoir de réponses, étant donné qu'a partir du moment où au moins un des participants ne "joue pas le jeu", on ne peut tout simplement pas se retrouver dans une situation de combat rituel.

Je me permets d'ailleurs de citer Patrick sur son post initial "Self défense vs Discipline de combat" déjà signalé plus haut par Bomby, et qui en est pour moi la plus parfaite illustration :

Citation de: Patrick
La pratique de la SD à pour but d'inciter à éviter au maximum à éviter un affrontement par la prévention, le repli ou le dialogue.
MAIS, si le dialogue ou l'évitement ne sont pas possibles de rentrer le premier avec un maximum de surprise et d'efficacité afin d'annuler ou limiter les éventuelles compétences au combat de l'opposant.

Exemple, je suis défié par un pratiquant de MMA. Je n'ai que bien peu de chances de le dominer tout cassé et à 50 balais dans un combat individuel rituel. Je vais donc reconnaître sa supériorité, m'excuser au besoin et accepter de passer pour un foie jaune. Mais si ma soumission ne lui suffit et qu'il veut quand même y aller, je vais rentrer le premier en lui crachant dans la gueule pendant que j'empoigne une chaise pour la lui fracasser sur la tronche avant de décrocher vers un lieu sur.


90% Attitude, 10% techniques dixit le sieur Morrison...


Cordialement,

Meven

16 mai 2013 à 02:13:40
Réponse #17

Meven


Là encore, à titre personnel, et sur la base de ce que j'ai pu expérimenter FACE A UN BAD GUY:

Pardonne ma curiosité, mais dans quel contexte as-tu expérimenté tout ceci ? Personnel ? professionnel ? Entrainement dur avec protection ? Situation réelle ?

Car la notion de "bad guy" reste quand même éminemment subjective...


Meven

16 mai 2013 à 02:36:11
Réponse #18

club41


Pas de problème : contexte pro (P.N - bad Guy= celui à qui tu dois mettre les pinces) et personnel (bad Guy= celui qui veut t'arracher la tête). Le problème du combattant MMA c'est que tu prendras conscience de son "cursus" chez ton dentiste ou à l'hosto ;# (dans la mesure où il ne sort que très rarement vêtu de ces apparats et porteur de sa carte de membre;) ...dans le feu de l'action, il faut trouver une solution et faire face (sortir dans le cas qui nous intéresse de sa proposition de "combat rituel
". Comme tu le sais très bien, dans la rue on ne sait jamais à qui on a à faire, ni si l'interessé cache une lame.
Merci meven pour ton post particulierement intéressant.


16 mai 2013 à 02:49:22
Réponse #19

Meven


Ok, merci pour les précisions. ;)

Pour parler plus "technique", et de tes soucis avec le "shredder" (qui a l'air d'être à l'origine de ce topic) : Malgré le fait que ce soit un outil relativement facile à intégrer et à mettre en œuvre, il y a réellement un monde entre réaliser un shred "basique" et le faire comme Rich Dimitri ou Rod sur certaines vidéos trouvable sur le net. Il faut s’être fait "shredder" au moins une fois par quelqu'un qui sait ce qu'il fait pour piger le truc. Vraiment.

Je t'encourage donc à te rapprocher des gars du Senshido/ACDS Belgique et aller faire un (ou plusieurs) stage(s) avec eux, je ne pense pas que tu seras déçu...  ;)


Meven

16 mai 2013 à 08:19:56
Réponse #20

VERDUG0


Le problème du combattant MMA c'est que tu prendras conscience de son "cursus" chez ton dentiste ou à l'hosto ;# (dans la mesure où il ne sort que très rarement vêtu de ces apparats et porteur de sa carte de membre;)

Pas d'accord.

Souvent crames a vingt metres avec leurs fringues, cranes rases, et oreilles en chou-fleur.

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,34728.0.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Cauliflower_ear
« Modifié: 16 mai 2013 à 08:28:20 par VERDUG0 »
Bivouacs et cuisine des bois : https://youtu.be/IxatC2v-X2k

16 mai 2013 à 10:19:55
Réponse #21

Bomby


Salut club41,

je pense que je comprends un peu mieux le problème que tu soulèves...

Si je piges correctement, tu te réfères à un contexte d'intervention de police dans lequel:
-le rapport de force n'est pas manifestement suffisamment défavorable pour que la fuite soit une option;
-le rapport de force n'est pas suffisamment favorable pour qu'une interpellation avec des techniques "conventionnelles" soit possible (soit que les personnes à interpeller soient trop nombreuses, soit que leur combativité soit particulièrement élevée)...

Ce qui m'étonne cependant c'est que dans un tel contexte, tu n'évoques pas l'utilisation d'armes (ce à quoi Pat Hibulaire fait allusion un peu plus haut), et que tu envisages par ailleurs des techniques du type "chin jab", susceptibles de laisser d'importantes séquelles...

Toujours est-il que, dans ce contexte particulier, je comprends que tu poses la question, lorsque l'entrée en matière proactive ou la réaction initiale n'a pas suffisamment fonctionné, de la rupture de distance pour revenir au contact façon RBSD ou Combatives, de façon à ne pas rentrer dans une logique pieds-poings, plutôt "rituelle" (ou "culturelle" comme le dit Leif un peu plus haut) qui s'éterniserait dangereusement...

Plusieurs vraies pistes de réponses ont déjà été données : dans une logique Combatives, il faut en fait essentiellement s'efforcer de saturer l'adversaire dans l'intention d'engagement (point souligné par Meven) et dans l'initiative (point notamment souligné ci-dessus par Bloody et Pat'H) jusqu'à atteinte de l'objectif.

L'aspect technique n'est donc finalement que peu important...

Mais pour aller cependant un peu sur ce terrain technique, je trouve que la liste de techniques que tu évoques comme étant à ta disposition est à  mon avis théoriquement adaptée mais pratiquement trop large... Tu as certainement intérêt à la restreindre en la personnalisant, en suivant par exemple le modèle déjà proposé sur le forum par "Leif-qu'un-coup" ou "David-grosse droite"...

Je reviens d'ailleurs du coup sur la question de l'adaptation de l'entraînement, que j'avais déjà évoquée plus haut dans ce fil...

Au risque de me tromper, je continue à supposer que si tu te retrouves régulièrement dans la situation que tu décris il y a un problème lié à l'entraînement, en partie inadapté, avec par exemple des incohérences susceptibles de créer des embouteillages logiques, ou un mode de drill encore trop coopératif et  pas assez intense... Ce qui finalement ne serait pas trop surprenant dans un cadre où tes collègues et toi êtes probablement amenés à "driller" des techniques d'interventions et de contrôle plus "conventionnelles"...

Je ne suis par ailleurs pas trop d'accord avec toi quand tu écris :

Citer
Personnellement, je ne crois pas à une rééducation des reflexes, l'idée derrière les combatives est de déclencher ce que l'on SAIT faire et pas ce que l'on POURRAIT faire (grâce à l'entrainement , l'acquisition d'un bagage technique, un conditionnement particulier).
.

On pourrait jouer sur les mots, sur la notion de réflexe au sens rigoureux, et tu aurais probablement raison, au passage... Mais je suis convaincu qu'il est vraiment possible d'implanter dans le cerveau des mécanismes de réaction optimisés et en quelque sorte rééduqués (certes en partant de ce qu'on fera naturellement)... L'idée de l'approche Combatives n'est quand même pas, précisément, de simplement se contenter du réflexe naturel immédiat, mais de s'en servir pour l'orienter vers une riposte... Et c'est là que, comme je l'écrivais plus haut, la réaction de "marche en avant" finit par rentrer et par être acquise...

Au final, je peux me tromper mais j'ai l'impression que dans ton approche, ce qui manque est la sélection et la personnalisation de quelques techniques préférentielles, mieux adaptées  que d'autres à tes réflexes, ta morphologie, ton expérience en AM/SC, etc...

Par exemple, même dans une approche simple comme celle de Lee Morrison, on va trouver (sans que la liste soit nécessairement limitative) plusieurs propositions de "positions par défaut" destinées à permettre de se couvrir en rentrant dans l'attaque adverse lorsqu'on est "pris en défaut" : http://www.urbancombatives.com/defaultart.htm.  A chacun de voir celle qui lui convient le mieux. Personnellement, j'ai beaucoup de mal avec la couverture du "Crazy Monkey", mais je sais que je rentre beaucoup mieux et beaucoup plus vite avec telle autre "default position"... Au début j'essaye tout, puis je me focalise sur celle qui me convient le mieux... Mais si je veux absolument réussir le "Crazy Monkey", parce que c'est la préfére de Lee, ou de Mc Cann ou de je ne sais qui d'autre, alors que, compte tenu de ma morphologie, de mon expérience acquise, c'est par exemple la "Cow-catcher" qui marche le mieux pour moi, je risquerai d'avoir toujours un temps de retard dans la réaction...

Et ce serait pareil si je voulais absolument frapper en hammerfist (choix possible logique et rationnel de façon abstraite) alors que chez moi ce serait par exemple un classique crochet du droit qui sortirait le plus naturellement (choix concret : réorienter et optimiser le crochet sur la bonne cible, éventuellement en palm strike)...

Cordialement,

Bomby
« Modifié: 16 mai 2013 à 14:33:01 par Bomby »

16 mai 2013 à 18:16:37
Réponse #22

club41


Le risque juridique doit être maîtrisé afin qu'il ne constitue pas un frein psychologique. D'où la nécessité de le prévoir. Je sais bien qu'il vaut mieux être jugé par trois que porté par six mais ça c'est une belle phrase. La frappe préventive se plaide mais ne permet pas de remporter la bataille juridique. Ceux qui ont eu affaire à la machine judiciaire française avec un procès plusieurs mois après les faits et plusieurs milliers d'euros de  dommages et intérêt peuvent en parler et dans certaines profession, la condamnation pénal et c'est la lourde...Après cette experience, imaginez les freins psychologiques...En outre, les conditions de la légitime défense peuvent très bien être réunie sans qu'elle ne soit retenue , tout cela car la justice veut donner des dommages intérêt à la "victime' (la justice est un art et non une science). Les rbsd sont issus de l'univers anglo-saxon et leur conception de la défense personnelle ne correspondent pas à la conception française "terre des droits de l'homme", mais sont parfaitement ajustés à la leur. Il convient de prendre en considération dans l'élaboration de son arsenal la culture dans laquelle on baigne. Dans certaines contrées, la "rbsd" c'est face à une agression : balle dans la tête ou couteau dans le ventre (c'est l' efficacité qui prime...). Éviter les emmerdes oui mais tu peux aussi te faire agresser par des individus qui veulent ta pochette ( chez nous c'est une patate par derrière, arrachage de ta pochette + quelques coups avant de partir, et simplement pour le plaisir de la violence gratuite), on peut aussi être amené à défendre un p'tit gars qui se fait dépouiller par un groupe de "jeunes" ou une nana qui se fait emmerder par un camé alcoolisé, un gars se faisant savater etc etc...La légitime défense d'autrui ça existe.
« Modifié: 16 mai 2013 à 18:54:23 par club41 »

16 mai 2013 à 18:32:41
Réponse #23

Bomby



Club41, Pat'H, merci de vos interventions sur la prise en compte de la gestion judiciaire de l'après-agression et les aspects psychologiques qui y sont liés.

Je pense cependant que la prolongation d'une éventuelle discussion sur ce sujet  des freins psychologiques à la riposte ou à la prévention et des suites judiciaires auxquelles s'attendre sera mieux placée soit sur les fils déjà consacrés à la légitime défense (à rechercher notamment par l'index), soit éventuellement dans un fil que j'avais ouvert relatif aux aspects éthiques de l'entraînement de SD mis en place : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,62434.0.html.

Grâce à la réédition récente du Tome I de Neurocombat, j'ai d'ailleurs pu voir depuis que C. Jacquemart y traite clairement du risque de nœud au cerveau éthique, en faisant tout aussi clairement le lien avec la notion de légitime défense...

Je propose que l'on revienne plutôt dans ce fil à la question initiale posée par club41...

Cordialement,

Bomby

16 mai 2013 à 18:52:18
Réponse #24

club41


C'est vrai bombyx  :-[
En français ça donne: dans une situation de reprise d'initiative, où suite à un échec de la stratégie initiale employée, l'opposant a pris ses distance tout en restant dans une logique de combat (maintenant dynamique), quel outil trouvez le plus fonctionnel pour (ré)entrer?



 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //