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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: ferme municipale  (Lu 6112 fois)

19 avril 2013 à 09:08:03
Réponse #25

raphael


J'ai comme voisins plusieurs producteurs de fruits. L'un fait de la vente aux particuliers et de la vente a des centrales d'achat, grossistes. L'autre ne fait que de la vente qu'a Rungis.
Dans le premier cas, il faut gérer plusieurs comptes, une petite structures pour l'accueil et la vente aux particuliers, dans le second tout se gère avec une grosse structure. Grace au premier j'ai aussi accès a du miel produit juste à coté de chez lui.

Je pense que c'est un choix délibéré de leur part de fonctionner différemment alors qu'ils sont voisins et produisent a peu près les mêmes fruits.

Je voudrais bien trouver l’équivalent pour les légumes, cela doit exister pas loin de chez moi mais faut trouver. Je precise que je vis dans un département qui est l'un des premiers producteur de fruit de France et que l'on trouve des fruits de merd... dans les super, hyper marché.


Se connaitre et s'accepter


19 avril 2013 à 10:26:50
Réponse #26

jacqueline


J 'avais eu la même idée , dans ma campagne, quand j'avais 8  ans..  ( désolée )

 La mise en commun des ressources et du travail, me semblait plus rentable que  ces multiples petites exploitations : passer  sa journée à garder 10 vaches, dans un petit carré , pour pas qu 'elles bouffent l'herbe du voisin, sachant qu 'il fait la même chose..

 Cette idée ne m'est pas venue comme ça,  les paysans se mettaient déjà ensemble pour  acheter  du gros matériel qui ne sert pas souvent : la batteuse par exemple, et réaliser ces  travaux qui nécessitent beaucoup de main d’œuvre.   Mais c'était basé sur le volontariat et plutôt  familial.  Pourquoi ne pas l'étendre au niveau de toute une commune et à l'ensemble des tâches..

 Cependant , je me disais que tel ou tel paysan un peu acariâtre ne serait pas d'accord et mettrait la bazar dans le système..

 Sans le savoir, puisque j'en avais jamais entendu parler, je venais d'inventer le communisme et ses kolkhozes..  ;#  ;#  ;#

 Paysan , chef d'entreprise et propriétaire, libre et indépendant ( en apparence seulement, c'est ce qu 'on leur fait miroiter , mais pas dans les faits ), devenir salarié d'une entreprise communale, non ça le fait pas.  Il existe une profonde  division syndicale, au profit de l'industrie agroalimentaire, leur véritable patron..

 Enfin en parlant d'entreprise communale, on ne peut s'empêcher de penser à la "brigade des feuilles" ( Chevaliers du fiel qui caricaturent à peine ce qu 'on peut voir ici ou là).

 Cependant  voici un contre exemple, unique :  Marinaleda

récemment j'ai découvert à  la suite du journal de France 2 ( le 13:15) ce village andalou qui survit très bien à la crise espagnole : Marinaleda.

Après le franquisme, les paysans ont réussi à arracher un millier d'hectares ( une paille ), laissés à l'abandon par la vieille duchesse d' Albe ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Cayetana_Fitz-James_Stuart http://www.lepoint.fr/ces-gens-la/la-duchesse-d-albe-se-remarie-a-85-ans-05-10-2011-1381108_264.php ), rachetés à la duchesse par le roi d' Espagne nouvellement mis sur le trône, qui leur les a donnés ( pour avoir la paix :lol: ayant du faire face à un coup d' état ).

Bah un champ de pierres.

Il leur aura fallu livrer une autre longue bagarre pour avoir accès à l'eau.

Ce village fonctionne en démocratie directe, autoconstruction des maisons, pas de chômeur, et tout est mis en commun, avec un maire anticapitaliste, toujours réélu depuis 30 ans.

Je vous laisse découvrir la suite :

 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marinaleda

http://2ccr.unblog.fr/2012/05/14/marinaleda-village-autogestionnaire/

http://www.legrandsoir.info/Marinaleda-un-modele-d-auto-gestion-unique-en-Europe.html


Emission "Là bas si j'y suis" http://www.youtube.com/watch?v=r8JcmhbasRw

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/nouvelles-de-marinaleda-99529


Nombreuses vidéos en espagnol sur Youtube.

Ils ont bien compris qu 'il leur fallait  maîtriser toute la chaine jusqu 'à la distribution, sinon ils risquaient le boycott de leur production.

19 avril 2013 à 10:46:07
Réponse #27

adi06


Modéré :  signal < 0
« Modifié: 19 avril 2013 à 10:53:33 par Bison »
c'est quand c'est impossible que tout devient possible

19 avril 2013 à 12:00:33
Réponse #28

gmaz87


@ jacqueline
La mise en commun du matos existe par le biais des CUMA: ça fonctionne ou pas, le soucis étant que souvent comme le matériel est à tout le monde et donc à personne, l'entretien ou l'utilisation laissent parfois à désirer.

Après il existe aussi des paysans qui font des tâches en commun, dans mon coin c'est souvent le cas pour l'ensilage du maïs, ils tournent chez chacun avec leur propre matos, un peu comme les batteuses à l'ancienne.

Pour ce qui est du regroupement des 10 vaches de ta jeunesse, en fait ça a été la mort de la paysannerie, un paysan (toujours dans mon coin) avec 10 vaches et 30ha était relativement prospère dans les années 60, sachant qu'à côté il produisait une très large part de sa propre alimentation.

Comme son domaine était à taille humaine et avec l'aide de sa famille, il entretenait chaque pouce de terrain, il drainait les mauvaises pâtures des fonds, il taillait les haies, bref il ne négligeait aucune ressource.
Par ailleurs, il avait autour de lui d'autres paysans, une certaine force de discution avec les pouvoirs publics..

Dans mon hameau au début de 7O, il restait 3 paysans, maintenant plus un seul et sur la commune la surface moyenne d'une exploitation doit friser les 150ha, par contre toutes les terres mal situées, pentues, inadaptées au travail avec les gros tracteurs ont été abandonnées, seuls subsiste de ci de la les murets en pierres sèches qui délimitaient les parcelles.

On est passé d'une agriculture variée (bétail, grains etc..) à une monoculture de l'herbe pour les vaches à viande et de l'avis des paysans restants, ils peinent à joindre les deux bouts, souvent leur femme à un emploi salarié ailleurs et bien sur comme ils sont seuls à travailler la terre, ils bossent un max.

Les primes de la PAC sont attribuées souvent soit à la surface cultivée, soit à la tête de bétail, donc c'est la compétition permanente pour acheter tout morceau de terre agricole au détriment de l'installation des plus jeunes.
Bref, pas le bonheur!

a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

19 avril 2013 à 13:44:23
Réponse #29

snakeye


Bonjour
Des producteurs qui vendent en direct, il y en a de plus en plus ("amap" dans google me donne en 5 secondes 28 AMAP pour le seul département d'Ille-et-Vilaine, je n'ai pas regardé les autres département  ;#), avec non seulement les AMAP mais également des producteurs qui vendent en direct de leur propre chef ou des coopératives : je fais mes courses en magasin géré par des paysans depuis bientôt un an. Cela me donne accès à des produits frais, biologiques ou en conversion, LOCAUX (ça a son importance), de saison, bref en accord avec l'idée que je me fais de la consommation alimentaire, et à un prix que je trouve justifié - parfois moins cher qu'en grande surface. Du coup je ne passe quasiment plus en supermarché, et c'est un plaisir  :up:
En cherchant, on peut trouver ce genre d'initiative si le territoire s'y prête (région agricole),c'est certainement différent selon les régions...
Là où je m'interroge, c'est sur la nécessité que ces fermes soient gérées par la commune. Ça existe déjà dans le privé, pourquoi développer une structure publique, qui ne sera d'ailleurs pas forcément compétitive ? Je n'ai rien contre mais ce choix public/privé est éminemment politique.

19 avril 2013 à 13:59:45
Réponse #30

Loriot


Pourquoi ne pas développer (redevelopper) les jardins ouvriers. La l'investissement de la collectivité est restreint. Avec la possibilité de vendre ou échanger le surplus de récolte.
On trouve (en Suisse) beaucoup de particuliers qui déposent leurs surplus dans une caisse ou un abris en bord de route avec une tirelire. Le système fonctionne assez bien. (Bon c'est sur que suivant ou j'imagine que la tirelire ne va pas rester longtemps.)
Alors certes ce n'est pas de l'agriculture au sens propre, on ne trouvera pas forcement de viandes ni de cereale. Mais l'avantage est un investissement restreint et ça permet également de tisser des liens sociaux de façons incroyable.

Édit: bon je me dits que c'est pas trop en rapport avec le titre du fil. Mais pas trop loin quand même.
« Modifié: 19 avril 2013 à 18:11:50 par Loriot »
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

19 avril 2013 à 14:57:39
Réponse #31

snakeye


Autour de Rennes (je parle de ce que je connais), pas mal de communes en ont mis à disposition depuis pas mal de temps. Ma commune en a ouvert l'an dernier, avec un succès impressionnant : le nombre de parcelles est triplé cette année. Ouf, on a eu la notre à temps ! On a pu faire pousser, sur une surface de 50 m2, des haricots (bien trop), des courgettes (bien trop aussi), des tomates qui ont chopé le mildiou, des radis, des cornichons, des épinards, de la mâche, plein d'aromatiques...par contre on n'a pas le droit de vendre la récolte, le but n'est pas de concurrencer les agriculteurs.
Le terrain est mis à disposition de l'association par la commune, c'est celle-ci qui réalise l'investissement (ici un terrain inondable, donc seuls frais : terrassement, abris de jardin, raccordement à la réserve d'eau voisine pour les mois secs). Les jardiniers sont membres de l'association et la gèrent.
Le problème, c'est qu'il faut vraiment une volonté de la commune pour que ça se développe.

On trouve (en Suisse) beaucoup de particuliers qui déposent leurs surplus dans une caisse ou un abris en bord de route avec une tirelire. Le système fonctionne assez bien. (Bon c'est sur que suivant ou j'imagine que la tirelire ne va pas rester longtemps.)

On voit ça à Jersey aussi. En France, ça risque de ne pas durer longtemps  :down:

19 avril 2013 à 15:38:39
Réponse #32

Clemstout


Bonjour à tous!

N'en ayant pas vu mention dans le fil, il existe là où j'habite un système qui s'est mis en place depuis peu: les ruches.
Voici un lien: www.laruchequiditoui.fr d'introduction au principe.

En essence:
1.Un établissement (ou un particulier? ->je ne me suis pas renseigné mais je crois que c'est possible) met un endroit à disposition pour une après-midi donnée où les gens viendront chercher leurs produits.
2.Les producteurs locaux proposent ce qu'ils ont à vendre pour la date envisagée via le site.
3.Un montant minimal de commande est à atteindre pour que le producteur se déplace et propose ses produits (ben ouais s'il vient de l'autre bout du département pour vendre 2 fromages...c'est moyen rentable pour lui).
4.Chaque inscrit à la ruche se voit périodiquement invités aux ventes, il fait ses achats sur internet comme il le ferait sur n'importe quel e-commerce.
5.Il passe commande et règle d'avance. Le jour de la distribution, chacun vient avec son bordereau de commande chercher les produits qu'il a auparavant choisi.

J'ai essayé ça depuis quelques mois, les produits sont de belle qualité: la viande est mise sous vide juste après découpe, les fromages ont du gouts, avec certains inattendus...J'ai eu du lait cru, des bières artisanales locales, des sirops...bref le principe m'a bien plu!

Je pense que ce système est en train de se développer à vue d'oeil et permet de soutenir une production locale plutôt que de toujours passer par les grandes surfaces.

Cordialement

Clemstout
Développe en toi l'indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie.--Marc-Aurèle--

19 avril 2013 à 19:15:11
Réponse #33

gmaz87


Merci de ne pas généraliser, il y a une majorité d’honnêtes gens en France, et il y a aussi quelques voleurs, comme partout.
Comme Pierrot, d'autant que ce mouvement de partage de légumes est GRATUIT.... ça existe aussi en France sous le nom d'"Incroyables comestibles", le mouvement est né en Angleterre et ça perdure depuis un bon moment.
A+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

19 avril 2013 à 22:24:43
Réponse #34

snakeye


Comme Pierrot, d'autant que ce mouvement de partage de légumes est GRATUIT.... ça existe aussi en France sous le nom d'"Incroyables comestibles", le mouvement est né en Angleterre et ça perdure depuis un bon moment.
Au temps pour moi.
Si tu as plus de détails, ça me permettra d'échanger mes a priori fondés sur rien du tout contre un peu d'optimisme fondé sur l'expérience.

20 avril 2013 à 07:29:39
Réponse #35

gmaz87


Au temps pour moi.
Si tu as plus de détails, ça me permettra d'échanger mes a priori fondés sur rien du tout contre un peu d'optimisme fondé sur l'expérience.

Avec  plaisir, voici le lien du site :http://www.incredible-edible.info/?page_id=100
a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

20 avril 2013 à 09:00:10
Réponse #36

jacqueline


Merci Gérard

 De liens en liens et d'assoc en assoc, j'ai enfin trouvé un truc qui fonctionne chez moi : réunion lundi soir  :D

20 avril 2013 à 20:38:58
Réponse #37

snakeye



20 avril 2013 à 22:51:15
Réponse #38

gmaz87


Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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