Bonsoir,
j'arrive komdab en retard, Ulf a brillamment conclu son fil, que je trouvais des plus judicieux.
Je vais quand même ajouter quelques petites choses, au sujet de l'appréhension du biv solo dans la Verte (ou la blanche).
1.
Statistiquement, je me dis que je crains beaucoup moins de rencontrer un (ou des) prédateur(s) à deux pattes dans la Nature que dans n'importe laquelle de nos autres situations de vie, citadines, routières, etc.
Suis sûr et certain qu'il y a eu infiniment moins de campeurs sauvages emmerdés que de [piétons, touristes, promeneurs, travailleurs se rendant au taf, noctambules, etc.], emmerdés, voire agressés, et plus si affinités, en milieu urbain ou péri-urbain.
Je sais, ça ressemble à la méthode Coué, mais n'empêche, une fois ce principe de base posé, tu te sens plus à l'aise sous ta tarp ou ta tente, que dans la plupart des endroits où la vie t'amène.
2.
Financièrement, la voiture que tu as vraisemblablement dû laisser à quelques km de ton bivouac, au point de départ de ton itinéraire, craint infiniment plus que toi.
Qu'elle soit bien en évidence sur le bord de la route (l'hiver, c'est souvent la seule soluce en montagne ou moyenne montagne, pour cause de "murets" de neige déposés par les chasse-neige, qui bloquent parkings et chemins), ou au contraire bien planquée après un ou deux virages dans la piste forestière ou le chemin carrossable, invisible de la route, AMHA elle attirera plus les mal intentionnés qu'un gaillard habillé en kaki ou en camo installé plus loin.
Donc tu peux voir ça comme un "contre-feu" : pendant que "ton" mal intentionné fracasse ta lunette arrière pour fouiller ta bagnole, il ne s'occupe pas de toi (les pessimistes diront au contraire que la voiture est l'indice de ta présence quelque part dans le coin ...).
3. Evidemment, et malheureusement, certain
es parmi nous sont plus exposées, à d'autres types d'agression, c'est une évidence. Mais je ne crois pas que ce soit ton cas, Ulf

.
4. Ma modeste expérience perso m'a prouvé jusqu'à maintenant que le "prédateur à deux pattes" le plus plausible quand tu bivouaques en sauvage, c'est le proprio du terrain où tu t'installes. Et il est dans son droit. Mais si tu t'es fait discret dans ton approche de l'emplacement retenu (je ne détaille pas, vous en savez tous autant sinon plus que moi sur ce thème), ou au contraire si tu as carrément demandé l'autorisation auparavant, no souci.
5. Une dernière remarque : en ce qui me concerne, dans la mesure du possible, je bivouaque seulement sur des sites repérés auparavant (parfois plusieurs mois avant, lors d'une rando, je déniche un "spot" qui conviendrait pour un biv, je le marque au GPS, et parfois c'est seulement dans les heures qui précèdent le biv.). Ça permet d'éviter les mauvaises surprises au réveil (vécues il y a longtemps

). Genre terrain d'entraînement de la Légion (près de Corte en Corse : installés à l'arrache tard dans la nuit, et réveillés au petit matin par le doux son des VAB s'approchant : on a pulvérisé le record du Monde de vitesse de démontage de bivouac

), ou voisinage gênant.
Bref, au fil de l'expérience, l'appréhension (légitime) s'estompe, voire disparaît.
Mais après tout, cette petite montée d'adrénaline, au moment de se glisser dans le sdc au milieu de rien, en pleine pampa, des fois par des conditions météo olé-olé, ça fait partie du plaisir de sortir de nos murs, non

? ...
Qui parmi nous ne s'est jamais dit, dans ces circonstances, "
P****n, qu'est-ce que je fous là au lieu d'être au chaud dans mes draps ?", pour se réveiller le lendemain fier comme un bar-tabac de "l'avoir fait" ?

...
Bons bivs à tous

!