@Kilbith :
Il me semble avoir entendu plusieurs fois que l'heure de gloire de Kanuk était passée, que leur matériel avait baissé de qualité, peu évolué en technique, et que leur seule clientèle fidèle serait la génération de plus de 50 ans qui ont justement connu cette heure de gloire et sont restés sur "Kanuk, c'est le top du top".
Du peu que j'ai eu entre les mains, j'ai trouvé ça très cher pour ce que c'était.
Quel est ton avis sur les productions récentes, si tu en as vu ?
Je ne possède pas de Kanuk (ouf : je n'ai pas encore la cinquantaine), c'est la raison pour laquelle je n'ai ni indiqué de lien ni mis de référence précise. Il n'en reste pas moins que c'est certainement un des vêtements "québecois" les plus iconiques. C'est conçu et fabriqué au Québec depuis toujours.
Je me suis évidemment, lors de mes séjours à Montréal, intéressé à Kanuk. C'est clairement très cher! C'est pourquoi je commence par ça dans mon message. Je ne peux pas déterminer l'impact du prix de la MO locale et de la garantie totale sur le prix pratiqué par rapport à une confection de type "Somewhere but always very far". Le prix augmente encore si on veut ajouter une fourrure pour la capuche (fourrure d'origine indéterminée sur le site d'ailleurs : très "français" comme approche pour le site, on a
Zéro information. Il faut faire confiance à la marque....mon bon monsieur

)
Sur le plan de la conception.
Ce qui caractérise ces vêtements c'est une forte épaisseur d'isolant synthétique, l'absence de coutures traversantes vers le tissu extérieur et un "quilting" intelligent permettant de maximiser le gonflant de la ouate (on retrouve un peu ça chez Wiggy's mais lui met l'accent sur la qualité du rembourrage, Kanuk insiste sur la conception et la réalisation). Les coutures sont de type "à point noué" ce qui évite qu'une couture ne file. Cette conception permet d'éviter les ponts thermiques, meilleure résistance au vent et possiblement étanchéité si on utilise un tissu imperméable. C'est plutôt bien.
Ce qui me "chagrine" c'est qu'ils utilisent un tissu extérieur microporeux, qui s'il permet de résister à l'eau, doit considérablement gêner l'évacuation de l'humidité par temps très froid. De plus la nature des tissus imper/respi n'est pas précisé alors que la durée de vie de certains est notoirement faible. Dans mon esprit, ce sont donc des vêtements d'extérieurs, mais pas des vêtements pour l'extérieur (port prolongé, effort, lavage...).
AMHA, l'un dans l'autre, sur le plan de la conception/innovation c'est au moins équivalent à ce qu'offre "Canada Goose" (à l'exception de la parka pour l'antarctique) mais avec des aspects plus pratiques pour un usage en vêtement d'extérieur (isolation synthétique, résistance à l'humidité). Évidemment, c'est moins "branché" mais le rapport qualité/prix est plutôt meilleur.
Sinon, pour rester canadien, il fut un temps j'avais apprécié les vêtements de la marque "Orage", mais je ne sais pas où ils en sont actuellement. On devrait aussi jeter un coup d'oeil chez Chrorophylle, sans oublier MEC évidemment.
Il faut un temps j'aurais indiqué "Codet". Mais, selon les normes européennes, la qualité est plutôt basse pour la plupart des produits en laine. Ils utilisent le plus souvent de la laine recyclée (rare en europe) ce qui donne souvent une qualité médiocre, mais ce n'est pas cher. En plus je crois que désormais ils ont été rachetés.
Dans le lien que tu donnes, ils mentionnent le super mouflon de Kanuk. En recherchant ce modèle je n'ai trouvé qu'une mention dans un livre sur Bernier ici mais aucune image ni descriptif (à part qu'on déduit du texte que c'est un genre de doudoune pour utilisation statique), est ce que tu sais à quoi ça ressemble?
pour continuer dans le HS...
Je ne sais pas ce que c'est que le "super mouflon". A cette époque on utilisait deux matières innovantes pour l'apport thermique : soit de la grosse fourrure polaire avec de longs poils (entre 1,12 et 2,54 cm de long) ou bien des doudounes en Quallofil/hollofil/Polarguard épaisses mais rigides et très encombrantes. Je pense que c'est l'une de ces deux options, possiblement la seconde (coupe vent).
D'ailleurs, je trouve surprenant le choix des duvets synthétiques (à moins que ce ne soit que l'avis du rédacteur du site), l'usage des VBL n'était pas courant à cette époque?
Le principe VBL est connu depuis en gros les années 40/50. Au départ pour les chaussures d'altitudes (Hillary) ou les modèles militaires pour le grand froid (Mickey/Bunny boots de la Corée). Cela fonctionne plutôt bien si on sait utiliser ces produits.
Mais, en l'absence de tissu fin durablement étanche cela ne pouvait pas être facilement appliqué pour les vêtements me semble-t-il. Stephenson est clairement un précurseur en la matière. Même de nos jours, si les VBL dans les vêtements sont clairement utiles pour les expéditions sportives courtes, il faut bien constater que le principe est peu appliqué pour ceux qui peuvent/pensent s'en passer. Il y des limites en terme de confort et d'hygiènes. il faut aussi que les conditions s'y prêtent : froid constant, effort limité et constant, etc...
Pour compléter sur les isolants de type "fourrure polaire" : par temps froid l'humidité est évacuée, éventuellement du givre s'accumule sur les poils...tu brosses ou secoue les poils et tu élimines élégamment l'humidité. C'est pas mal du tout dans certaines situations.