Bonjour Jacqueline,
Ce fil est largement pollué par un duel Jacqueline/Karto, qui doit commencer à saouler nos lecteurs, à commencer par Pouçot, l'initiateur du post.
Le sujet est bien évidemment brulant, car lié au vécu et à l'affectif pour bcp d'entre nous.
Tu sais qu'aucune dépression ne se ressemble véritablement et que chaque cas a souvent sa sortie propre, si toutefois nous (le malade et son entourage, affectif et médical) parvenons à la trouver.
Relis ton premier post stp. Il était pour le moins assez catégorique et pouvait (comme il l'a fait) entrainer quelques réactions brutales.
Comprends que ton expérience est une force pour toi (et pour nous si tu la partages), mais que de plus jeunes peuvent avoir eux aussi construit en quelques années une solide "expérience".
Ton ton est souvent celui de: "j'ai vécu, je sais mieux"
Peut être, mais peut être pas.
Merci de veiller à plus d'empathie.
Manu. 
J 'y veillerais.
Derrière une dépression, peut se cacher des choses beaucoup plus graves, comme la schizophrénie ( qui a diverses formes et degrés de gravité ), comme Pouçot n'avait pas donné plus de précisions j'ai cru bon d'en parler..
Dans les réponses, je lis beaucoup de choses négatives par rapport aux psys, certes il y a des exemples qui vont dans ce sens, mais il y a tous les autres.
Je repense à un exemple : un collègue de boulot, pris d'une crise de démence il voulait tuer tout le monde. Il a fallu du monde pour le maîtriser. Il a été interné quelques mois et il est revenu au boulot. Beaucoup n'étaient pas très rassurés de travailler en équipe avec lui, mais ça s'est bien passé. Ailleurs on en avait un autre qui faisait sa petite crise de temps en temps et il allait faire un petit séjour en HP.
Ailleurs un jeune , la quarantaine aimait bien me parler dans la brasserie d'un ami. Il était schyzophrène , et il travaillait et gagnait sa vie, mais il a été soigné en HP. Les traitements sont assez complexes à doser, il faut les réduire pour que les personnes soient un peu moins inactives, mais pas trop sinon ça repart en vrille. Il faut parfois changer,et là c'est souvent que les crises reviennent et qu 'il faut être hospitalisé. Il n'allait pas bien, ne voulait pas retourner à l'hosto, je lui ai conseillé un super généraliste. Il n'y est pas allé. Puis je suis partie et cet ami m'a dit qu 'il était mort. Une agression, en rentrant chez lui, parfois quand ça allait pas bien, surtout s'il avait un peu picolé, pas méchant, mais il emm*** un peu les clients, ou la serveuse, là dans la rue il est mal tombé.
L 'idéal c'est quand la personne ressent elle même que ça ne va pas et va toute seule à l’hôpital.
Mais on ne peut pas laisser dire que la médecine psychiatrique, même si elle n'est pas parfaite, ne sauve pas des gens en leur permettant de mener une vie presque normale, et dissuader des malades qui ont besoin de soins de se faire soigner.
D 'autres ont la même attitude aussi tranchée par rapport à la vaccination. ( il me semble qu'on les a repris sur le forum à mois que je me trompe de forum )
Je comprend qu 'on soit révolté par certaines décisions, à partir de certains exemples, mais il ne faut pas en faire des généralités, ni être agressifs et juger les gens. Ni caricaturer les propos non plus, pour démontrer qu 'on a raison.
Ca reste des souvenirs douloureux et je trouve certains jugements assez cruels pour des parents qui pensent faire pour le mieux..
Dans la médecine traditionnelle, il y a aussi des choses révoltantes, quand un mandarin décide pour vous et vous avoue qu 'il n'a pas fait le bon choix pour votre mari, qu 'il aurait du opérer avant ( au lieu de peaufiner une autre technique sans opération, dans son coin, sur fond de querelles de chapelles) et vous le rend en disant il n'y a plus rien à faire démerez vous ! ). Celui là j'aurais eu un couteau, je crois que je l'aurais crevé.
Des amis de la personne malade critiquaient les médicaments et les psys, sympas ils l'ont emmené une semaine avec eux voir d'autres copains ailleurs et pour voir un psy en libéral. Ils ont vu ce que ça donnait sans cachetons. Depuis ils sont moins catégoriques.
C 'était une occasion de reprendre pied dans la vie entouré de bons copains en coloc, mais malgré leur gentillesse, ils n'ont pas voulu le garder. Je les comprend.
Pour l'entourage, surtout seule, on subit en permanence ce double jeu victime bourreau, au bout de six mois c 'est l'entourage qui est malade, je dirais même en danger tellement c'est insupportable parfois.
Oui parfois c'est moi qui avait envie de passer par dessus le balcon, retourner la violence contre moi, pour ne pas la retourner contre le bourreau. Sans aller jusqu 'à cet extrême, je faisais des malaises à répétition probablement liés au stress, si je suis hospitalisée que devient la personne malade ? Je ne suis pas éternelle non plus et comme toute la famille s'est débinée devant cette maladie, que deviendrait la personne seule si elle refuse les soins ?
Après pour une personne qui a une maladie psychiatrique et qui sort seule et se perd parfois, a de grosses difficultés d'élocution, des moments de panique, perd ses papiers ( c'est arrivé x fois, elle a été accusée de revendre ses papiers, convocation à la police pour s'expliquer ), le risque c'est que la police l 'embarque et qu 'il y ait une interpellation avec violence de part et d'autre. Ca finit en HP !
Avant que je la récupère chez moi c'est arrivé deux fois en Angleterre en deux mois, mais dans d'autres conditions, c'est un régime d'incarcération et on ne choisit pas son hôpital. La deuxième fois c'était à l'aéroport avec le billet d'avion pour venir chez moi.
Pas gâtés en Angleterre, j'entendais des gens hurler quand je téléphonais. Son boss qui m' appelée me suppliait de le sortir de là, même avec le consulat on a essayé le rapatriement sanitaire : impossible. Effectivement si on est pas malade on peut le devenir dans cette ambiance.
Le jour de la sortie : personne ! Soit disant évadé la veille. Réfugié chez des copains, au bout de huit jours ils ont fini par appeler qqun qui m'a prévenue et est allé le récupérer.
On ne reste pas caché pendant des semaines, il y avait aussi le risque d'un autre internement forcé pendant une période encore beaucoup plus longue. Puis dehors sans argent, dans cet état il ne faut pas rêver de retrouver du boulot, un jour il faut voler pour manger et ce sont les complications judiciaires.
De toutes façons un jour la situation n'est plus tenable pour l'entourage et il faut demander de l'aide.
Si j'avais vu les mêmes conditions d'hospitalisation qu 'en Angleterre, je faisais demi tour, c'est clair et tant pis advienne que pourra. Démerdes toi !
J 'avais cherché des solutions plus soft, en clinique : pas de place, et un autre hôpital en France, mais rien que le contact téléphonique avec une toubib m'a rebutée. ( toujours la même ville ). Par contre dans un autre hôpital, j'avais eu un super contact avec un toubib que j'avais appelé pour savoir quoi faire. Mais l’hôpital a été partiellement détruit lors de l'explosion d AZF et les malades répartis dans d'autres hôpitaux de la région.
C 'est comme pour les autres hôpitaux, tous ne se valent pas et pareil pour les médecins. ( sauf qu 'on a moins d'avis sur le milieu psy ).
Pour l'anecdote il y a longtemps un jour en faisant la fête je suis tombée sur des infirmiers et infirmières psys sympas, puis j'ai vite compris qu'ils se shootaient gratos à la pharmacie de l’hôpital, confirmée par une autre qui m'a mise en garde. Une avait son mari infirmer psy en taule. Longtemps je n'ai eu que cette référence en plus des clichés sur les HP..
J 'ai regardé aussi des forums d'associations de parents de schizophrènes et on ne peut pas dire à partir de quelques exemples de son entourage que le bilan des hôpitaux psy est négatif. Ca fait du bien parce que ça soulage de la culpabilité de ne pas pouvoir assumer seule de telles situations, quand en couple les gens n'y arrivent pas non plus. Tous disent qu 'une aide de l'entourage par l'équipe médicale est nécessaire, déjà pour l'accepter mais aussi pour rétablir des relations plus paisibles entre patient et famille..
Le HP où on est allés ne ressemblait pas à une prison, des petits pavillons , beaucoup d'espace en pleine nature. Les malades pas tous mélangés. L'entretien avec l'équipe médicale a duré tout l'après midi, c'est pas bâclé en 30 mn .
Puis assez rapidement ils arrivent à obtenir l'adhésion du patient aux soins. La contribution du patient est essentielle. Puis les patients peuvent sortir dans le parc , il y avait aussi un foyer.
Et quand ça allait mieux permission de sortie. Au bout d'un mois c'était dans un foyer en ville.
Ca remonte à plus de dix ans, et malgré des hauts et des bas, je pense que ça vaut le coup de se soigner, si je compare à la vie avant. Quitte à prendre une décision très difficile, qu il vaut mieux prendre pour éviter l'hospitalisation forcée à la demande de la police et du procureur avec des mesures de contrainte. Deux ça suffit, sauf que le malade ne pense pas que ça va se reproduire..
Puis la personne a déménagé dans une autre ville, avec un suivi médical par le HP, appart en colloc avec d'autres patients, mais là aussi ça se passe bien et ça dépend vraiment des villes. Un suivi est nécessaire, ce n'est pas partout aussi bien organisé lors de la sortie d'un HP ( où la durée de séjour est limitée, même si on s'y trouve bien ). Sans ce suivi, cette béquille, ça peut facilement repartir en vrille.
Voilà.