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Auteur Sujet: Processus décisionnel d'aide médicale à la personne dépressive.  (Lu 11896 fois)

28 août 2012 à 20:56:43
Réponse #25

sharky



En travail social, on utilise un outil qui s'appelle le RUD (Risque Urgence Dangerosité) lors des crises suicidaires.

Expliqué à partir de la page 14:

http://jumga.fr/wp-content/uploads/2011/12/suicide.pdf

C'est qu'un outil donc il est perfectible mais çà permet de se faire une idée.
Honnêtement en 13 ans sur le terrain, je n'ai jamais appelé le 15 ou le 17 ou le 18 pour signaler une personne suicidaire. J'en ai pourtant accompagner un paquet, certains ne sont plus là, ils sont passés à l'acte au moment où eux comme moi s'y attendait le moins.
D'autres sont encore là alors que leur score au RUD pétait le plafond par moment.
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

28 août 2012 à 23:57:51
Réponse #26

jacqueline


C'est malheureusement pas un scoop.
Note que je ne préconise rien, c'est la différence entre toi et moi : tu es imbue de la certitude de détenir la seule vérité.




 Oh calmos l'ami, je ne suis imbue de rien du tout.
 
C 'est ta perception parce que dès qu 'on est pas d'accord avec toi  et qu 'on défend ses idées en argumentant, on est forcément  prétentieuse.

 Je parle d'une expérience vécue, je n'impose rien , c'est toi qui vient nier cette réalité  parce que tu as une expérience différente et un préjugé défavorable sur la médecine psychiatrique..

 Tu nous as déjà fait le coup en posant une question, récemment  sur un problème médical. 

On te répond avec sincérité , la réponse ne te convient et tu prends la mouche.

Faut pas demander des avis, si tu ne veux pas être contrarié.. mais je crois que tu aimes bien la polémique.
     

29 août 2012 à 02:36:56
Réponse #27

floproteus


Humm humm... n'oublions pas que nous sommes sur un (bon) forum, chacun est derrière son clavier à tenter de faire passer au mieux son message, il est facile de prendre la mouche sans que ça soit réellement justifié, alors calmons nous mes bons amis :) !

Citer
Devant ce genre de question et surtout un certain type de réponses,  ça ne donne plus envie de répondre et après tout chacun sa m*rde.
Beaucoup de gens lisent sans forcément intervenir. Et d'autres peuvent intervenir sans forcément ajouter leur grain de sel. Le fait de réagir comme ça est bien dommage car justement votre "conflit" permet d'avoir deux éclairages très différents sur la question, ce qui est très intéressant pour ceux qui n'ont pas d'avis sur la question, et encore plus pour ceux qui en ont un ;) !

Citer
Je ne comprends pas à quel titre les croyances d'une personne pourraient prétendre être appliquées à une autre. Je conçois parfaitement la complexité émotionnelle du problème. Mais ce soir, avec les idées claires, dans une phase de vie qui malgré quelques cahots douloureux est une phase de vie riche et pleine de moments profondément heureux, je veux pouvoir revendiquer le droit, si ça devait arriver, de traverser une dépression ou une période de souffrance comme je l'entends ; à pouvoir descendre jusqu'au fond pour laisser une personnalité se reconstruire à son rythme naturel ; sans camisole chimique, sans aliénation de l'esprit par la "bienveillance" de gens qui prétendent savoir ce qui est bon, sans autre "soins" que des mains tendues que je sois libre de saisir ou non. Avec le risque accepté que ça puisse se terminer avec le cerveau sorti de son écosystème par une décharge de chevrotine.
A première vue, je suis d'accord avec toi. Mais la liberté individuelle, la liberté intellectuelle, peut être justement entravé par un problème "anormal" (pour autant que ce mot ai un sens). Du coup la personne concerné par le problème peut être considéré comme ne possédant plus, pour un temps donné, les capacité nécessaire à sa propre sauvegarde. Je ne sais pas si je suis claire...
Du coup, et je pense que c'est le fond de la question de Pouçot (corrige moi si je me trompe), pour établir cette "grille", il cherche à établir quelle sont les indices qui permettent de déceler cette perte de jugement nécessaire. Je pense qu'on peut qualifier "d'anormal" les choses impliquant une autodestruction ou une destruction d'autrui (sans fondements), deux choses qui me paraissent contre nature.
On peut donc déduire que dans cette "grille" figurerait d'office : le suicide, l'automutilation et la mutilation (j'entends par là la violence physique ou morale infligé à autrui).

Karto, je pense aussi que ton argumentation est correcte si elle se cantonne un individu avec lui même, mais il ne faut pas oublier que beaucoup de dépressifs lâchent du leste sur une tierce personne, pouvant littéralement infliger une sorte de torture mental à ces dernière (la mutilation dont je parle plus haut). Dans ce cas, difficile de considérer que l'on doit se contenter de respecter l'individualité de la personne malade (j'utilise ce terme uniquement pour me faire comprendre). [EDIT] J'ai relu tes premiers posts et cela rejoint ce que tu disais au début [/EDIT]

Une dernière chose, qui pourrait être utile pour ceux qui veulent ou acceptent d'aller consulter un psychologue/chiatre :
Ne JAMAIS se contenter d'aller en voir un seul. Pour ce que j'ai pu en observer, le feeling entre le psy est son patient son hyper important et, il faut être honnête, tous les psy ne se valent pas, loiiiiiiiiiin de là !
« Modifié: 29 août 2012 à 02:49:56 par floproteus »
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29 août 2012 à 08:29:32
Réponse #28

raphael


et si on faisait la distinction entre maladies psychiatrique et tout ce qui est déprime, dépressions ?

D'un coté paranoïa, schizophrénie... où ce sont des pathologies lourdes avec des traitements médicamenteux de l'autre des passages difficiles dans une vie où l'on peut par dialogues avec des spécialistes aller mieux.

Se connaitre et s'accepter


29 août 2012 à 08:49:43
Réponse #29

sharky



Raphaël,

La dépression est une maladie psychiatrique classé dans le DSM 4 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) au même titre que d'autres troubles.

Ce sur quoi il faut faire la distinction, c'est entre dépression et déprime.
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

29 août 2012 à 09:54:38
Réponse #30

jacqueline


Merci Floproteus d'apporter un peu de recul dans cette discussion qui s'est retrouvée avec le nez dans le guidon.

Bien-sûr que tu es clair.
On peut amputer un homme des pieds, des mains, lui mettre des poches à la place d'un organe interne, il sera toujours "lui". Dès que le cerveau est atteint, ce n'est plus le cas. La question "que faire d'un père atteint d'Alzheimer" est une question douloureuse et sans réponse : il souffre autant que l'entourage.


Encore une fois je voudrais taire la vie privée de personnes qui me sont très proches... mais oui je vois les dégâts qu'il y a à vivre quinze ans avec les yo-yos d'un dépressif même soutenu par la béquille de médicaments. C'est dévastateur.
Est-ce que ça justifie un internement forcé ? Est-ce que c'est pas une façon de vouloir posséder les gens ? De les forcer à soigner un symptôme comme nous l'entendons plutôt que d'accepter de faire face aux problèmes structurels qui ont causé la dépression au départ ?

Les mecs, je ne suis pas là pour déclarer ce qui est bon et ce qui ne l'est pas.
Je suis juste là pour apporter un point-de-vue à la réflexion, déclenché par une phrase très violente que j'ai lue dans la discussion qui préconise l'interment forcé sans la moindre hésitation. Entre mon cercle proche (famille / amis) et mon cercle élargi (potes / colocataires / collègues), j'ai observé, j'sais pas, une petite dizaine de cas de gens confrontés à moment de leur vie aux psychiatres. Taux de succès : 0%. Nombre de suicides : deux. Nombre de récupérations une fois les psychiatres sortis malgré eux du problème : une. Le reste, ce sont des vies amoindries au delà du reconnaissable.

Alors je maintiens ma position sur le fait que clâmer sans condition sur un forum les vertus de l'internement par un tiers, c'est manquer de modestie et de recul.


Sur ce, Pouçot, bonne chance avec ton pote.
Et pourvu que ça ne vous arrive jamais.

  Ai je proclamé ceci ?

  Ta façon de transformer mes propos  est de la malhonnêteté.

29 août 2012 à 10:03:36
Réponse #31

éclipse


D'autres symptômes:
- défaut d'hygiène (la personne ne se lave plus)
- défaut de soins (la personne ne s'occupe plus de sa "bobologie") ; ce qui à terme peut s'avérer catastrophique
- défaut d'appétit (2 oeufs durs + 2 yaourts / jour)
- claustration (la personne ne sort plus dehors ; voire de son lit ; peur panique rien qu'à l'idée de sortir)
- désocialisation (la personne va jusqu'à ne même plus relever son courrier ; les factures s'accumulent ; conséquences éventuellement catastrophiques)
- éthylisme

bad trip  :(

EDIT : lorsqu'on en arrive à certains points que j'ai cité au dessus, je crois qu'il faut agir car à terme une possible clochardisation se profile.
« Modifié: 29 août 2012 à 10:44:29 par éclipse »
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

29 août 2012 à 10:13:22
Réponse #32

bloodyfrog


Bonjour Jacqueline,

Ce fil est largement pollué par un duel Jacqueline/Karto, qui doit commencer à saouler nos lecteurs, à commencer par Pouçot, l'initiateur du post.

Le sujet est bien évidemment brulant, car lié au vécu et à l'affectif pour bcp d'entre nous.
Tu sais qu'aucune dépression ne se ressemble véritablement et que chaque cas a souvent sa sortie propre, si toutefois nous (le malade et son entourage, affectif et médical) parvenons à la trouver.

Relis ton premier post stp. Il était pour le moins assez catégorique et pouvait (comme il l'a fait) entrainer quelques réactions brutales.

Comprends que ton expérience est une force pour toi (et pour nous si tu la partages), mais que de plus jeunes peuvent avoir eux aussi construit en quelques années une solide "expérience".

Ton ton est souvent celui de: "j'ai vécu, je sais mieux"
Peut être, mais peut être pas.

Merci de veiller à plus d'empathie.

Manu. :)

29 août 2012 à 11:00:17
Réponse #33

éclipse


Pouçot,
il n'est pas clair pour moi si ton "proche" est conscient de son état ou s'il est dans le déni ?

D'autre part, consomme-t-il des "substances" (alcool, drogue) ?
Ce n'est pas pour être indiscret ; Je crois qu'une prise de "substances" pourrait motiver une intervention (ie: le convaincre de consulter).
Car le mécanisme est malheureusement connu et vicieux : "je bois pour oublier que je déprime" (pour le dire simplement) ; mais la boisson (en plus de tous ses dangers spécifiques), bien entendu aggrave l'état psychique du malade. Cercle vicieux. Très.

'clips
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

29 août 2012 à 11:31:57
Réponse #34

Pouçot


Salut 'clips !

Il est fort bien conscient de son état, et pas encore dans une phase de réelle envie de changement.
Bien sûr, tu mets le doigt sur la plaie; il y a bien consommation d'alcool pour "nettoyer" (voire, purger).

Merci à tous pour vos retours, et pour bien prouver s'il en était besoin que cette maladie est différente selon le malade, lorsqu'Eclipse écrit:

Citer
- défaut d'hygiène (la personne ne se lave plus)

il se trompe sur le cas particulier de mon proche, qui passe des heures sous la douche pour, une fois de plus; se "nettoyer".

29 août 2012 à 12:02:24
Réponse #35

éclipse


hypothèse (je peux me gourrer, hein, je ne connais pas sa conso ni plein d'autres choses) : commencer par aller voir un alcoologue/addictologue (en vue d'un traitement). C'est peut-être plus soft pour lui (ego) que d'aller direct consulter un psy. Et ça peut régler une partie du problème...
Peut-être.
« Modifié: 29 août 2012 à 13:02:26 par éclipse »
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

29 août 2012 à 14:34:34
Réponse #36

Anke


Bon, fil débloqué, c'est pas pire que si c'était moins bien.

Jacqueline : Il est évident que tu as cotoyé des situations extrèmes et difficiles. Ton avis, même s'il est un petit peu catégorique ( y'a pas mort d'homme hein ;)) apporte plusieurs choses. Ton expérience d'abord, il faut en tenir compte. La manière dont tu as "gèré" les évènements, Ce que tu en as tiré comme leçons. Tout ça c'est bien pour tout le monde ici, ça ne fait aucun doute, mais... Il est évident que tu y as "laissé des plumes" ! Et ça, ça compte aussi. Ce n'est pas que ce que tu expose est un avis "partial", mais ton avis est celui de quelqu'un qui a été exposé au plus près de ce type d'évènement.
Ce que tu narres, nous pourrions tous le faire, ce que tu ressents, ce que tu dis, nous pourrions le dire. Nous ne sommes pas à ta place, et si nous l'étions...
Alors, ne prends pas trop mal les diverses interventions à ton endroit. Tes interventions sont précieuses.

Dans ce type de situations, le spectateur est lui aussi heurté dans ses certitudes. Accompagner un dépressif ( pour peu qu'on l'ai cotoyé pendant un certain nombre d'années, voire aimé dans mon cas) aboutit inévitablement à la remise en question des mécanisme que l'on a construit pour continuer de vivre, ou tout du moins, se protèger de ces situations.
Je le répète, nous sommes fragiles, et chacun de nous, même si on est le dernier des Rambo cérébral, peut basculer à tout moment. N'oublions pas, l'ami dépressif, l'ex, l'être aimé eventuellemnt, nous renvoie inévitablement vers celui ou celle que nous pouvons devenir d'un moment à l'autre.
Karto revendique avec raison, le respect d'une certaine forme de liberté. Le ferait-il en état de dépression ? ( ce n'est pas une critique).
Vous savez, nous sommes tous sur le fil du rasoir et quelquefois, ça tient à rien qu'on bascule.
Alors, essayons de faire en sorte que nos actes vers celui ou celle qui est au "fond du bac" corresponde à l'être qu'il est et pas forcément à celui qu'il est devenu.
Je dis souvent à mon ex : " tu sais, je ne te reconnais plus, pourtant, je pense savoir qui tu es, après 18 ans de vie commune, mais là, est tu fidèle à la femme que tu es profondément ? Je peux me tromper, mais tout ça, ça ne te ressemble pas... Enfin, je crois..."
Elle va mourir... Et je ne peux rien faire qui puisse la sauver...

29 août 2012 à 16:00:16
Réponse #37

jacqueline


Bonjour Jacqueline,

Ce fil est largement pollué par un duel Jacqueline/Karto, qui doit commencer à saouler nos lecteurs, à commencer par Pouçot, l'initiateur du post.

Le sujet est bien évidemment brulant, car lié au vécu et à l'affectif pour bcp d'entre nous.
Tu sais qu'aucune dépression ne se ressemble véritablement et que chaque cas a souvent sa sortie propre, si toutefois nous (le malade et son entourage, affectif et médical) parvenons à la trouver.

Relis ton premier post stp. Il était pour le moins assez catégorique et pouvait (comme il l'a fait) entrainer quelques réactions brutales.

Comprends que ton expérience est une force pour toi (et pour nous si tu la partages), mais que de plus jeunes peuvent avoir eux aussi construit en quelques années une solide "expérience".

Ton ton est souvent celui de: "j'ai vécu, je sais mieux"
Peut être, mais peut être pas.

Merci de veiller à plus d'empathie.

Manu. :)


 J 'y veillerais.

 Derrière une dépression, peut se cacher des choses beaucoup plus graves, comme la schizophrénie ( qui a diverses formes et degrés  de gravité ), comme Pouçot n'avait pas donné plus de précisions j'ai cru bon d'en parler..

 Dans les réponses, je lis beaucoup de choses négatives par rapport aux psys, certes il y a  des exemples qui vont  dans ce sens, mais il y a tous les autres.

 Je repense à un exemple : un collègue de boulot, pris d'une crise de démence il voulait tuer tout le monde. Il a fallu du monde pour le maîtriser. Il a été interné quelques mois et il est revenu au boulot. Beaucoup n'étaient pas très rassurés de travailler en équipe avec lui, mais ça s'est bien passé. Ailleurs on en avait un autre qui  faisait sa petite crise de temps en temps  et il allait faire un petit séjour en HP.

 Ailleurs  un jeune , la quarantaine  aimait bien me parler dans la brasserie d'un ami. Il était schyzophrène , et il travaillait et gagnait sa vie, mais il a été soigné en HP. Les traitements sont assez complexes à doser, il faut les réduire pour  que les personnes  soient un peu moins inactives, mais pas trop sinon ça repart en vrille. Il faut parfois changer,et là c'est souvent que les crises reviennent et qu 'il faut  être hospitalisé. Il n'allait pas bien, ne voulait pas retourner à l'hosto,  je lui ai conseillé un super généraliste.  Il n'y est pas allé. Puis je suis partie et cet ami m'a dit qu 'il était mort. Une agression, en rentrant chez lui,  parfois quand ça allait pas bien, surtout s'il avait un peu picolé, pas méchant, mais    il emm*** un peu les clients, ou la serveuse,  là dans la rue il est mal tombé.    

L 'idéal c'est quand la personne ressent elle même que ça ne va pas et va toute seule à l’hôpital.

 Mais on ne peut pas laisser dire que la médecine psychiatrique, même si elle n'est pas parfaite, ne sauve pas des gens en leur permettant de mener une vie presque normale, et dissuader des  malades qui ont besoin de soins  de se faire soigner.

 D 'autres ont la même attitude aussi tranchée par rapport à la vaccination. ( il me semble qu'on les a repris sur le forum à mois que je me trompe de forum )

 Je comprend qu 'on soit révolté par certaines décisions, à partir de certains exemples, mais il ne faut pas en faire des généralités, ni être agressifs et juger les gens. Ni caricaturer les propos non plus, pour démontrer qu 'on a raison.
 Ca reste des souvenirs douloureux et je trouve certains jugements assez cruels pour des parents qui  pensent faire pour le mieux..

 Dans la médecine traditionnelle, il y a aussi des choses révoltantes, quand un mandarin décide pour vous et vous avoue qu 'il n'a pas  fait le bon choix pour votre  mari, qu 'il aurait du opérer avant ( au lieu de peaufiner une autre technique sans opération, dans son coin, sur fond de querelles de chapelles) et vous le rend en disant  il n'y a plus rien à faire démerez vous ! ). Celui là j'aurais eu un couteau, je crois que je l'aurais crevé.  

 Des amis de la personne malade critiquaient  les médicaments et les psys, sympas ils l'ont emmené une semaine avec eux voir d'autres copains ailleurs et pour voir un psy en libéral.  Ils ont vu ce que ça donnait sans cachetons. Depuis ils sont moins catégoriques.

C 'était une occasion de reprendre pied dans la vie  entouré de bons copains en coloc, mais malgré leur gentillesse,  ils n'ont pas voulu le garder. Je les comprend.

Pour l'entourage, surtout seule, on subit  en permanence ce double jeu victime bourreau, au bout de six mois c 'est  l'entourage qui est malade,  je dirais même en danger tellement c'est insupportable parfois.

Oui parfois c'est moi qui avait envie de passer par dessus le balcon, retourner la violence contre moi, pour ne pas la retourner contre le bourreau. Sans aller jusqu 'à cet extrême, je faisais des malaises à répétition probablement liés au stress, si je suis hospitalisée que devient la personne malade  ?  Je ne suis pas éternelle non plus et comme toute la famille s'est  débinée devant cette maladie, que deviendrait la personne seule si elle refuse les soins ?              

Après  pour une personne qui a une maladie psychiatrique et qui sort seule et se perd parfois, a de grosses difficultés d'élocution, des moments de panique,  perd ses papiers ( c'est arrivé x fois, elle a été accusée de revendre ses papiers, convocation  à la police pour s'expliquer ), le risque c'est que la police l 'embarque et qu 'il y ait une interpellation avec violence de part et d'autre. Ca finit en HP !  

 Avant que je la récupère chez moi c'est arrivé deux fois en Angleterre en deux mois,  mais dans d'autres conditions, c'est un régime d'incarcération et on ne choisit pas son hôpital. La deuxième fois  c'était à l'aéroport  avec le billet d'avion pour venir chez moi.  

Pas gâtés en Angleterre, j'entendais des gens hurler quand je téléphonais. Son boss qui m' appelée me suppliait de le sortir de là,   même avec le consulat on a essayé le rapatriement sanitaire  : impossible. Effectivement si on est pas malade on peut le devenir dans cette ambiance.

Le jour de la sortie : personne  ! Soit disant évadé la veille. Réfugié chez des copains, au bout de huit jours ils ont fini par appeler qqun qui m'a prévenue et est allé le récupérer.

On ne reste pas caché pendant des semaines, il y avait aussi le risque d'un autre internement forcé pendant une période encore beaucoup plus longue. Puis dehors sans argent, dans cet état il ne faut pas rêver de retrouver du boulot, un jour il faut voler pour manger et ce sont les complications judiciaires.

 De toutes façons un jour la situation n'est plus tenable pour l'entourage et il faut demander de l'aide.

 Si j'avais vu les mêmes conditions d'hospitalisation qu 'en Angleterre, je faisais demi tour, c'est clair et tant pis advienne que pourra. Démerdes toi !

J 'avais  cherché des solutions plus soft, en clinique : pas de place, et un autre hôpital en France, mais rien que le contact téléphonique avec une toubib m'a rebutée. ( toujours la même ville ).  Par contre  dans un autre hôpital, j'avais eu un super contact avec un toubib  que j'avais appelé pour savoir  quoi faire. Mais l’hôpital a été partiellement détruit lors de l'explosion d AZF et les malades répartis dans d'autres hôpitaux de la région.

C 'est comme pour les autres hôpitaux, tous ne se valent pas et pareil pour les médecins. ( sauf qu 'on a moins d'avis sur le milieu psy ).
 
Pour l'anecdote il y a longtemps un jour en faisant la fête je suis tombée sur des infirmiers et infirmières psys sympas,  puis j'ai vite compris qu'ils se shootaient gratos à la pharmacie de l’hôpital, confirmée par une autre qui m'a mise en garde. Une avait son mari infirmer psy en taule. Longtemps je n'ai eu que cette référence en plus des clichés sur les HP..  

 J 'ai regardé aussi des  forums d'associations de parents de schizophrènes et on ne peut pas dire à partir de quelques exemples de son entourage que le bilan des hôpitaux psy est négatif. Ca fait du bien parce que ça soulage de la culpabilité de ne pas pouvoir assumer seule de telles situations, quand en couple les gens n'y arrivent pas non plus.  Tous disent qu 'une aide de l'entourage par l'équipe médicale est nécessaire, déjà pour l'accepter mais  aussi pour rétablir des relations plus paisibles entre patient et famille..

Le HP où on est allés ne ressemblait pas à une prison, des petits pavillons , beaucoup d'espace en pleine nature. Les malades pas tous mélangés. L'entretien avec l'équipe médicale a duré tout l'après midi, c'est pas bâclé en  30 mn .

Puis assez rapidement ils arrivent à obtenir l'adhésion du patient aux soins. La contribution du patient est essentielle. Puis les patients  peuvent sortir dans le parc , il y avait aussi un foyer.

Et quand ça allait mieux  permission de sortie. Au bout d'un mois c'était  dans un foyer en ville.

 Ca remonte à plus de dix ans, et malgré des hauts et des bas, je pense que ça vaut le coup de se soigner, si je compare à la vie avant. Quitte à prendre une décision très difficile, qu il vaut mieux prendre pour éviter l'hospitalisation forcée à la demande de la police et du procureur avec des mesures de contrainte. Deux  ça suffit, sauf que le malade ne pense pas que ça va se reproduire..

 Puis la personne  a déménagé dans une autre ville, avec un suivi médical par le HP, appart en colloc avec d'autres patients, mais là aussi ça se passe bien et ça dépend vraiment des villes. Un suivi  est nécessaire,  ce n'est pas partout aussi bien organisé lors de la sortie d'un HP ( où la durée de séjour est limitée, même si on s'y trouve bien ).  Sans ce suivi, cette béquille, ça peut facilement repartir en vrille.

 Voilà.              


29 août 2012 à 16:07:11
Réponse #38

floproteus


Citer
Et je ne peux rien faire qui puisse la sauver...
Pour avoir vécut une situation un peu similaire, voilà une conclusion à laquelle il faut aussi s'attendre. C'est très difficile à accepter (personnellement, ça m'a pris trois ans après la rupture et je me pose encore des questions parfois). J'ai passé quatre ans et demi à tenir la personne à bout de bas, essayant des dizaines de méthodes psychologiques (remarque, ça donne de la lecture), non pas pour la faire changer, mais simplement pour réussir à lui faire presser le bon bouton, celui qui relance l’ascenseur vers le haut...
Petite anecdote, nous avions convenu qu'un psychiatre pourrait peut-être l'aider à "démarrer" un bon processus. Rendez-vous pris, elle se rend chez la personne... Après une heure, la psy a conclu par "vous avez trop de problème, je ne pourrais pas gérer ça" et lui a donner le numéro d'un confrère :blink: ! (c'est entre autre pour cela que je conseil d'être très prudent avec ce genre d'animal).

Tout ça pour te dire, Pouçot, d'être vigilant quant à ton implication dans le problème, au risque d'être entraîné dans le tourbillon ;).
« Modifié: 29 août 2012 à 16:14:05 par floproteus »
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29 août 2012 à 16:21:51
Réponse #39

jacqueline


Bon, fil débloqué, c'est pas pire que si c'était moins bien.

Jacqueline : Il est évident que tu as cotoyé des situations extrèmes et difficiles. Ton avis, même s'il est un petit peu catégorique ( y'a pas mort d'homme hein ;)) apporte plusieurs choses. Ton expérience d'abord, il faut en tenir compte. La manière dont tu as "gèré" les évènements, Ce que tu en as tiré comme leçons. Tout ça c'est bien pour tout le monde ici, ça ne fait aucun doute, mais... Il est évident que tu y as "laissé des plumes" ! Et ça, ça compte aussi. Ce n'est pas que ce que tu expose est un avis "partial", mais ton avis est celui de quelqu'un qui a été exposé au plus près de ce type d'évènement.
Ce que tu narres, nous pourrions tous le faire, ce que tu ressents, ce que tu dis, nous pourrions le dire. Nous ne sommes pas à ta place, et si nous l'étions...
Alors, ne prends pas trop mal les diverses interventions à ton endroit. Tes interventions sont précieuses.


 Merci  Anke ton post est touchant .

 Il m'aide à évacuer  un jugement d'une personne qui fait très mal.
 
J'avais autre chose à faire aujourd'hui mais je ne peux rester avec ce sentiment sans répondre.

 

29 août 2012 à 22:18:19
Réponse #40

jacqueline


Karto

 Regardes ta boite, je viens de te répondre.

29 août 2012 à 23:01:43
Réponse #41

éclipse


M'en reste un goût amer de voir plusieurs personnes préjuger que ma position n'est qu'une idée reçue, sans la moindre idée de ce que j'ai personnellement traversé, et vu d'autre traverser... ou sombrer. Le préjugé que si ma position diffère du courant majoritaire, c'est forcément que je brasse du vent sans expérience et sans savoir.

Fin de l'histoire.
Bye, dégoûté.

Laisse pisser patate.
Manifestement t'es à cran sur ce problème, et t'es manifestement pas le seul. T'as pas à être dégoûté.

'clips.
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

30 août 2012 à 06:06:17
Réponse #42

Anke


Pas d'ac la Patate.
Tu as mis le doigt ( même si ça peut piquer le cul) sur un point essentiel : Le RESPECT !
Que l'on soit dans la tourmente, ou "bien portant", je crois qu'on doit avoir toujours ça en tête.
Tiens deux exemples :
Moitessier : "Vainqueur" du premier tour du monde à la voile.
" Allo Mr Moitessier, vous venez chercher votre prix ? Parce que là, on vous attend sur le quai, la presse, vos potes et tout le bazar ?
Euh... Nan ! Je refais un tour, c'était trop bien !"
L'était pas un peu zinzin le gars ? Peut-être... Ou pas... N'empêche, il a refait un tour, vivant de démerdes et de bricolages digne d'un clodo des océans ( c'est d'ailleurs un peu comme ça qu'il se qualifiait). Pourtant, femme et enfants, notoriété mondiale etc... Va comprendre !

Monterlant ( y'a pas un "h" quelque part ? Oh et puis on s'en fout) Il se dézingue la boite Legrand devant tout le monde, le monde ne l'interessait plus. Pan ! Fin du sketche.

Et alors, librement choisis, librement faits. Nous restons "malades" ou "sains" libres de nos choix. Les soignants, les docteurs les potes et tout le reste doivent avoir cette position là : offrir à celui qui pédale dans la semoule la possibilité de pouvoir faire des choix encore, et parmi ces choix, celui de ne pas vouloir se soigner reste présent et doit être accepté.
Mais c'est sûr, pour ce faire, il y a un prix, souvent lourd à porter, à payer.
ça fait partie du bidule.
N'oublions pas, le respect. Même si on doit porter le deuil, même si on pas été assez fort pour retenir l'autre, même si on se sent abandonné ( enc**é, tu as mis fin à tes jours, et tu me laisses tout seul, tu ne m'aimais pas assez pour ne pas passer à l'acte, je n'étais pas assez important ?), même si on se snet coupable... ou responsable d'avoir loupé un truc, ou pas...
Chacun reste libre de mener sa vie comme il l'entend, et d'y mettre fin si il le veut, si pour lui, il n'y a plus que cette issue là...

Libres, nous devons tous rester libres.
C'est tout.

18 septembre 2012 à 13:37:22
Réponse #43

Rosetta


Je ne sais pas où tu en est Pouçot avec tout ça, mais pour insister sur la notion de respect (je rejoints Anke sur le sujet), il me semble que la personne doit, de toutes manières être associée à la prise de décision. Sauf si elle présente des signes de danger et/ou de toxicité pour les autres (conduites dangereuses pouvant induire des accidents impliquant autrui, violence, destruction progressive de l'entourage- notamment s'il y a des enfants-, etc).

Parce qu'après tout, tout un chacun a le droit de se mettre un balle si ça lui chante ou de sonder les abîmes de la souffrance tout seul s'il en a envie. Reste à voir si sa raison est abolie ou non, et là, difficile de se positionner. Personne ne peut dire ce qu'il en est réellement, chacun juge avec ses propres ressentis et ses propres valeurs, sa propre échelle de ce qui est admissible ou non en terme de souffrance, sa propre perception de la lucidité de l'autre.

Je ne crois pas au soin forcé, comme je ne crois pas que l'on peut vivre et évoluer sans traverser la m*rde à un moment ou à un autre, et comme je ne crois pas que les autres détiennent nos propres solutions.
La dépression peut être le terreau d'une mutation profonde et bénéfique, et tout dépend alors des capacités de résilience mentale de la personne impliquée.
Parfois on s'en sort seul, d'autres fois on a besoin d'un soutien. De l'extérieur, difficile d'évaluer dans quel cas de figure on se trouve.

Je vois donc très mal comment on peut construire un processus universel d'action face à une personne dépressive.... désolée donc c'est une réponse qui n'en est pas vraiment une.


a bove ante ab asino retro a stulto undique caveto

09 octobre 2012 à 11:36:53
Réponse #44

HUMAIN-Méhari


Pouçot a donné un symptôme très parlant, mais qui a échappé aux autres lecteurs :
Citation de: Pouçot
Citation
Citer
- défaut d'hygiène (la personne ne se lave plus)


il se trompe sur le cas particulier de mon proche, qui passe des heures sous la douche pour, une fois de plus; se "nettoyer".

Incidemment, Jacqueline a eu un mot indirect sur la question du contage, que la psychiatrie standard ignore et dénie systématiquement :
Citer
retourner la violence contre moi, pour ne pas la retourner contre le bourreau.

Tous ici, êtes restés conditionnés par le postulat enseigné en fac de médecine : "La frontière de la maladie mentale est autour du malade désigné. Point."
La psychiatrie en est encore à un stade pré-pasteurien, voire pis encore, pré-Semmelweis : cela par le lourd héritage du contrat de corruption fondateur, dans les années 1835-1838 (pour la France, mais je n'ai pas étudié l'histoire dans les autres pays), selon lequel l'aliéniste-expert-des-tribunaux est payé par le tribunal pour disqualifier toute parole et toute plainte de la part des pauvres diables, et cela avec un pédantisme qui esbrouffe le peuple, au grand profit des exploiteurs et persécuteurs.

En médecine, la révolution pasteurienne a constitué à savoir identifier les agents du contage : des microbes, au moins pour tous les cas que les pasteuriens ont pu vaincre. Et à savoir bouleverser leur physiologie, ou entraîner les organismes-cibles à leur résister à temps. Voir notamment le cas exemplaire du Blitzkrieg qu'Alexandre Yersin a pu mener à Hong Kong contre le bacille de la peste en 1894. Des virus ou des onchocerques posent d'autres problèmes, nettement plus coriaces, hélas.

Et par mon expérience, et par ma formation académique tardive, j'ai acquis le réflexe, devant une personne dépressive, de chercher les bourreaux, le plus souvent dans le passé, éventuellement décédés, qui ont propagé leur dérangement mental sur leurs victimes. Evidemment, cette démarche n'est pas valide pour le cas de la maladie bipôlaire, ni pour les conséquences d'attaques virales, ni pour des dégénérescences d'origine toxique. Elle n'est valide que pour le cas des dépressions majeures.
Les deux sources à lire sont d'une part l'oeuvre de Françoise Sironi, qui a fait oeuvre très novatrice sur les victimes de tortures (Haïti, Grèce, etc.), puis sur les bourreaux eux-mêmes, et sur les enfants qui ont grandi dans une guerre civile, voire en ont été les acteurs.
D'autre part Juan Luis Linares et Carmen Campo, aux editions ESF : Psychothérapie des états dépressifs: Promenades derrière le masque honorable de la tristesse.
 By Juan Luis Linares, Philippe Caillé, Carmen Campo.
http://books.google.fr/books?id=WBec1_tOxfEC&dq=Campo++Linares+tristesse+d%C3%A9pression&source=gbs_navlinks_s

Chercher les bourreaux, et contrer leur intentionnalité. Je n'ai pas dit que cette intentionnalité fut consciente, ni encore moins avouée, mais qu'elle existe.
Or le symptôme cité plus haut est caractéristique, et doit être investigué.

Et une personne dépressive a de très sérieuses raisons de se défier de ceux qui se donnent un beau rôle en "Je veux t'aider !". Il va vous tester, et le plus souvent conclure que vous ne valez pas mieux que les autres malveillants habilement masqués. Mettez-vous à sa place : sa conclusion n'est pas si absurde que cela, hélas.
De plus la banale "sagesse des nations" ne l'a pas aidé à mettre des mots sur les origines de sa souffrance. Prenez un carabin en spécialisation psychiatrie, je parie qu'il ne sait ni chercher ni contrer l'intentionnalité des tortionnaires, donc pas aider le dépressif majeur. En revanche l'industrie pharmaceutique fait de bons profits... Elle dicte même les catégories du DSM : est telle variété de dépression ce qui répond bien à telle molécule que nous fabriquons. Bizarre, la même molécule ne produit pas le bon effet sur des patients chinois... Bizarre...
« Modifié: 09 octobre 2012 à 12:32:44 par Méhari »

 


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