En tant que parents, l'école de nos enfants ou des associations, colonies de vacances nous demandent régulièrement de signer des autorisations de soins pour nos enfants.
Ceci est aberrant puisqu'illégal.
Voici quelques explications juridiques.
L'article 376 du code civil indique que : "Aucune renonciation, aucune cession portant sur l'autorité parentale, ne peut avoir d'effet, si ce n'est en vertu d'un jugement".
Ainsi un parent ne peut autoriser une autre personne à prendre des décisions relevant le l'autorité parentale.
Rappelons que l'autorité parentale est "un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux père et mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne". (art 371-1 du code civil).
L'autorité parentale est donc exercée par les 2 parents (sauf décision judiciaire contraire). Le mariage, le divorce, la séparation n'ont aucun effet sur cela (art 373-2)
Comment faire en cas d'accident pour faire soigner un mineur ?
Le code civil distingue les actes usuels de la vie courante (art 372), des actes graves, c'est à dire ceux engageants l'avenir du mineur sur le long terme.
Appliqué au champ médical ces dispositions donnent ceci :
Actes médicaux bénins :
Il s’agit d’actes de la vie quotidienne sans gravité, prescriptions ou gestes de soin qui n’exposent pas le malade à un danger particulier, tels que les soins obligatoires (vaccinations), les soins courants (blessures superficielles, infections bénignes), les soins habituels (poursuite d’un traitement).
Chacun des parents est réputé agir avec l’accord de l’autre à l’égard du tiers de bonne foi : le médecin peut se contenter du consentement d’un seul des deux parents, à moins qu’il n’ait connaissance de l’opposition de l’autre parent sur l’acte en cause.
Actes médicaux graves :
Il s’agit d’actes considérés comme lourds, dont les effets peuvent engager le devenir du malade et ayant une probabilité non négligeable de survenir (hospitalisation prolongée, traitement comportant des effets secondaires ou ayant des conséquences invalidantes, actes invasifs tels anesthésie, opération chirurgicale).
Ces actes nécessitent l’autorisation des deux titulaires de l’autorité parentale, même en cas de séparation.
Dans ce cas, aucun acte médical ne peut donc être pratiqué sans l'accord des 2 parents.
S'il y a désaccord (et s'il n'y a pas d'urgence), c'est le juge aux affaires familiales qui tranche.
Si la santé ou l'intégrité physique du mineur est mise en cause par le refus d'un ou des parents, le médecin peut saisir le Procureur de la République au titre de l'enfance en danger (art 375 du code civil).
Et en cas d'urgence ?
Le médecin doit tout mettre en oeuvre pour recueillir le consentement des parents.
Si, malgré tout, cela n'a pas été possible, le médecin doit agir dans l'intérêt de l'enfant en prenant les décisions qui s'imposent.
Enfin, rappelons qu'un mineur est considéré comme juridiquement incompétent, il ne peut donc s'opposer à se propre hospitalisation.
Un résumé de tout cela ici :
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/admission_mineur_dans_un_etablissement_de_sante.pdf