Salut Serge,
ça fait plusieurs jours que je relis ton post initial, et certains points ne sont toujours pas forcément clairs pour moi...
(...)
Peux-tu STP préciser la distinction que tu fais entre "état second" et "extension de la perception et de la gestion sous stress" ?
Est-ce seulement la notion de perte de contrôle de soi-même ou de perte de discernement qui fait la différence ? Y a-t-il des critères ou points de repères pratiques utilisables pour savoir dans quel sens va notre entraînement à ce sujet?
Par ailleurs, je rejoins un peu la question de Raolux un peu plus haut sur le risque de problèmes psychologiques que tu évoques...
D'une part, tout entraînement sérieux à la SP me semble induire de s'exposer à un certain niveau minimal de stress, qui ne sera jamais totalement anodin... D'un autre côté, on peut me semble-t-il assez facilement concevoir qu'un entraînement qui nous ferait régulièrement entrer dans une sorte de transe sauvage, avec perte de contrôle de soi, soit tôt ou tard perturbant pour le psychisme...
Entre ces deux extrêmes apparents, vois-tu des seuils critiques à signaler ?
Merci par avance des précisions que tu pourras éventuellement apporter (et bien sûr merci aussi pour celles que d'autres que Serge pourraient éventuellement apporter ici).
Cordialement,
Bomby
Salut,
dans ce fil où nous sommes successivement plusieurs à avoir, jusqu' à présent vainement, interrogé notre cher oracle Serge, je m'auto-cite car en fait, en relisant mon propre questionnement avec un peu de recul, j'ai l'impression que la réponse est évidente...
Au moins pour la différence entre "l'état second" et "l'extension de la perception et de la gestion sous stress", je ne vois pas qu'il puisse y avoir d'autre critère aussi important que la perte ou la conservation du discernement et du contrôle de soi-même...
Je crois qu'en fait il s'agit de deux directions de travail totalement opposées : dans un cas, par crainte de rester pétrifié et/ou de ne pas avoir suffisamment d'agressivité réactionnelle, on développe la programmation d'une réponse automatique à un ou plusieurs stimuli donnés (avec une évidente perte de contrôle par rapport à une appréciation contextuelle fine) ; dans l'autre, on travaille au contraire à ne jamais perdre le contrôle, malgré le stress, tout en allant puiser en soi suffisamment d'agressivité réactionnelle.
A cet égard, la référence plus récente (encore donnée par Serge) à l'article de Peter Consterdine "no plan survives contact with the enemy" m'a pas mal éclairé :
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,63622.0.html. Dans cet article Consterdine insistait notamment sur l'intérêt de garder le contrôle même en travaillant des enchaînements types, pour ne pas se trouver embarqué par le drill travaillé mais garder la capacité à adapter finement son comportement à la situation.
De l'extérieur, les deux pratiques peuvent sans doute parfois paraître proches, mais cette différence fondamentale de direction de recherche me semble pourtant essentielle.
Sur la question des seuils critiques d'exposition au stress à l'entraînement, j'ai moins avancé depuis le post que je cite...
Sinon cependant qu'en remettant en juste perspective l'importance primordiale de l'évitement et de la désescalade par rapport à celle de la nécessité d'un réaction agressive, on ramène sans doute la nécessité d'un entraînement sous stress à de plus justes proportions, plus réduites (au moins en fréquence, plus qu'en intensité).
Et sinon également que le feedback de l'entourage est probablement dans la durée le meilleur signal d'alarme qu'on puisse avoir sur le sujet...
Cordialement,
Bomby