Voici un court compte-rendu de lecture du livre "Par amour du Stress" de Sonia Lupien, directrice de Centre d'études sur le stress humain (Montréal) (Éd. au Carré, 2010).
Après 20 ans d'études, elle a pu isoler les facteurs qui induisent du stress chez un humain. Il n'y en a que 4. C'est le CINÉ:
C = manque/perte de
Contrôle
I =
Imprévisibilité d'une situation
N =
Nouveauté d'une situation
É =
Égo menacé (soi-même ou ses proches)
La présence d'un, ou la conjonction de plusieurs, de ces facteurs provoquera du stress.
Tous ne sont pas égaux face au stress. Ça dépend, entre autre, du type de personnalité, du sexe, du statut social.
Déjà il faut faire la différence entre bon et mauvais stress:
Le bon stress (stress aigu), c'est la poussée d'adrénaline qui permet de mobiliser toutes ses énergies afin de combattre/fuir une situation ponctuelle qui pue (un ours s'approche de moi). C'est le stress qui nous aide à survivre dans une situation ponctuelle précise.
Le mauvais stress, c'est la chronisisation de la situation qui pue et qui dure dans le temps (3 heures d'embouteillage par jour pour aller travailler (boulot pourri, chef débile, ...), survie en mode dégradé général, guerre, ...). Là, l'hormone qui domine c'est le Cortisol.
Dans un premier temps, il y en aura trop (hypersécrétion), avec des effets négatifs sur le coeur, cholestérol, diabète, ulcères d'estomac, etc.
Puis dans un 2e temps, plus assez de cortisol (hyposécrétion) provoquera le burn-out, fatigue chronique, syndrome post-traumatique, fibromyalgie.
Stratégies :
Exemple (attention très théorique

):
attaque dans une ruelle la nuit:
(Bon stress).
"C + É" présents ( "C" à moins que vous ne preniez l'initiative du combat); "I" ça dépend de la réputation du quartier; "N" ça dépend de votre expérience personnelle (arrière-plan: combat de rue / métier à risque / folle jeunesse).
Après il faut gérer l'effet "post-traumatique" (possibilité de mauvais stress).
C décider soi-même d'un autre itinéraire, reprendre l'initiative d'un parcours plus sécuritaire;
I traverser cette ruelle le jour plutôt que la nuit, développer son radar intérieur;
N (ben là ça sera plus nouveau ...)
É prendre des cours de SD;
l'idée c'est d'identifier quels domaines du CINÉ sont en jeux, et trouver des plans de rechange pour en diminuer les effets. Ça va tout à fait dans le sens de bonnes lectures (REPERES 2, Protegor) et de stages CEETS.
C = retrouver le contrôle. Développer des compétences qui nous permettent de reprendre (même partiellement) le contrôle. Donc accent sur les compétences (je sais que je sais faire) et par sur l'avoir (j'ai le dernier couteau-taktikeul-que-même-Ong-Bak-il-est-foutu).
I = développer des stratégies d'analyse rapide de la situation, afin de diminuer l'effet de surprise, le côté inattendu de la situation.
N = développer des connaissances qui vont augmenter votre adaptabilité, donc votre capacité de survivre. Plus on en connaît, moins ça sera "fondamentalement nouveau".
É = développer des stratégies de défenses personnelles, physiques et/ou psychologiques.
L'inverse du stress n'est pas la relaxation mais la résilience, la capacité de trouver un plan qui vous permette de faire face à la situation qui pue (ou de la fuir).
Pour chacun des facteurs concernés du CINÉ, rechercher et inscrire sur une feuille des plans B, C, D, jusqu'à ce que vous en trouviez un qui vous convienne, que vous pouvez mettre en action et qui vous permettra de diminuer votre CINÉ.
Tout cela est merveilleusement bien développé dans le livre de Sonia Lupien.
détail de couverture