Bonjour,
Je ne connaissais pas cette épopée « survivre et surfer », merci inzemix de me l’avoir fais découvrir.
Me pousser à remettre en question mon postulat ne peut qu’être positif ! Et puis ces jeunes sont bien sympas et ils n’ont pas hésité à se lancer à l’eau.
Je vois pourtant ici quatre « points noirs » qui empêchent les jeunes bretons de gérer correctement leur survie, le 1er étant sans nul doute celui qui leur causera le plus de désagréments.
- Le choix de la destination en Indonésie en période pluvieuse/mousson.
- Une ile sans fruits ni légumes.
- Une pêche difficile (j’ai plus de mal à comprendre ce point).
- Une ile sans cours d’eau.L’Indonésie est un climat équatorial et non tropical. Il y a de fortes précipitations, on le voit d’ailleurs sans cesse dans le film. L’humidité constante et les fortes pluies portent vite sur le morale et la fatigue et nécessite de fait plus d’énergie. Je ne parle même pas des blessures…
L’archipel est affecté par deux moussons, l’une de novembre à mars, accompagnée de fortes pluies, et qui constitue la saison la plus humide, et une autre, de juin à octobre.
Ils sont partis durant la seconde mousson d’après ce que j’ai pu lire sur leur blog.
Une petite carte des climats assez simpliste, comme mémo plus ou moins personnel :

La forêt est également le point qui me semble difficile à gérer et qui a causé leur « semi échec ». A les lire ils sont ravis et ce n’est pas un échec du tout, je parle ainsi uniquement en terme d’aisance et de survie.
Il ne semble pas y avoir les fruits et légumes présent sur les îles tropicales, (goyaves, mangues, ananas, papaye, avocats, tamarin, grenade, letchie, brédes…), qui sont une vrai source de «sur»vie par leurs vitamines et ne demande que peux d’effort pour la cueillette.
Mais peut-être que la pluie incessante ne leur laisse pas vraiment le temps d’explorer l’île, et qu’il y a plus que le simple régime de banane qu’ils trouvent (et quelques papayes si je me souviens bien) ?
La pêche me laisse plus songeur : 3 heures pour ramener quelques poissons, alors que rien n’est plus aisé que la pêche dans un lagon où il n’y a aucun combat "homme-poisson", et c’est d’ailleurs interdis un peu partout dans le monde, tout comme la pêche en bouteille.
On voit le pêcheur plonger parfois à 3 ou 4 mètres de profondeur, donc peut-être vont t’il derrière la barrière de corail, je n’ai pas vu assez de détails pour comprendre ceci. (Ils n’utilisent pas non plus de filets).
Et enfin, pour finir, dans ma base de départ, l’ile tropicale est pourvue d’un cours d’eau, ce qu’ils n’ont pas.
Tu verras que même avec un peu de matos, la fourniture de nourriture/eau et la gestion de leur campement leur prend tellement de temps qu'ils n'ont presque plus de temps/énergie pour surfer
Cela me fait penser, entre autre, à Tom Neale, qui passa 6 ans sur un atoll polynésien, « souvarof » (avec une coupure de 6 années).

Cet atoll de 800 x 600 mètres très bien pourvu de par son lagon ne l’est pas au niveau végétation, (à part les cocotiers), il éprouve ainsi le besoin d’un poulailler et d'un potager pour varier sa nourriture, et ne cesse de le construire.
Il passe ainsi les premiers mois à déplacer des kilos de terre arable pour aménager un jardin, des semaines entières pour l’enclos…
Pourtant, une fois les cochons sauvages tués, (indispensable car ils détruisent le peux que la forêt lui offre), il pourrait pourtant se laisser vivre confortablement en ne « travaillant » pas plus de deux ou trois heures par jour, un peux de pêche, de ramassage de bois, d’entretient... D’autant qu’il est très doué pour la pêche, la confection de fours et que c'est un vrai "touche à tout".
On peut lire p 151 « j’avais tant à faire ici ou la que je ne trouvais jamais un moment pour me reposer ».
Mais après tout, pourquoi pas ne bien s’installer les premiers mois et travailler d’arrache pieds, pour ensuite profiter pleinement de son ile.
Mais justement son désir de perfection et de civilisation ne lui laisse pas de répits.
Par civilisation je reprendrai un exemple de son aventure. A l’arrivée d’un voilier proche de souvarof , Neale se fais cette réflexion (p 175) « C’est à ce moment que je réalisais combien ce ponton détruit par l’ouragan de 1942 faisais mauvais effet et comme il était temps que je m’y attaque. »
Il la donc reconstruit, au fruit d’effort titanesque. Ce travail lui prendra 6 mois et lui donnera des accès de fièvre et son retour prématuré sur une île habitée quelques mois plus tard.
Pour la petite histoire quelques semaines après qu’il ai terminé la jetée celle-ci sera démolie par un ouragan.
Toujours sur ce sujet « d’hyperactivité robinsonne » dans le récit « Un atoll et un rêve » de Paul Zumbiehl, le couple, (Paul et Danièle), va travailler lui aussi d’arrache pied sur leur atoll a 1 500 km à l’est de Tahiti.
Ils passent, entre autre, des semaines pour se construire un chemin sans la moindre entrave, propre, « comme en ville».
Après le passage du 1er cyclone on peut lire ceci, page 138, « Un beau chemin, parfaitement déblayé entre deux talus de cailloutis et de troncs coupés, brutalement interrompu par le mur de débris édifié par les vagues. »
N’ayant pas finis le livre je vais me contenter d’une citation :
Etonnement, c’est au moment où ils lâchent prise qu’ils vivent enfin quelques instants idylliques.
Dans ces deux histoires vrai je pense qu’ils veulent trop en faire, et qu’il est tout à fais possible de survivre en passant beaucoup moins de temps à des taches contraignantes.
S’il s’agit de survie, ce n’est donc pourtant en aucun cas un travail de 10h par jour comme on peut le lire des les robinsonnades, une ile avec une forêt et un lagon assez dense fournit tout le nécessaire à une vie agréable, surtout si celle-ci n’est pas soumise aux cyclones.
Je ne nie pourtant nullement que la survie nécessite du travail, surtout et d’autant plus sans outil.
C’est d’ailleurs bien dans mon cas le gros souci actuel, le manque d’outil !
Je vais prochainement aller chercher ce livre et tous ceux de la même lignée à la bibliothèque de la part dieu à Lyon, qui contient parfois des trésors dans ses sous sols (c’est la plus grande bibliothèque municipale de France) :

J’ai bien peur cependant de me trouver une fois de plus dans la recherche en milieu tempéré et non tropicale (que les pierres ne soient pas les mêmes par exemple).
Pour façonner des outils tel qu’un arpon à partir des éléments de la nature : roche fendu, corail, bambou me semble une tache ardue tant que je n’aurai aucun moyen de le tester moi-même ou de trouver une documentation sur le sujet.
Le tressage des palmes de cocotiers pourrai constituer un filet de capture pour les poissons, j’avoue ne pas avoir approfondis ce sujet et que d’autres méthodes doivent être plus efficaces.
J'ai a la maison un livre sur les pierres taillees qui est tres complet mais je ne sais pas te donner les coordonnees maintenant.
Quand tu en auras l’occasion je serai très intéressé, en attendant je vais voir ce que je peux trouver sur le net et à la bibliothèque.
Je reste bien entendu dans l’attente de toutes vos suggestions, expériences, lectures, ou même critiques visant à me remettre les pieds sur terre, vos réponses ne peuvent que me faire avancer.
Kall