Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Sangsue et jungle  (Lu 12492 fois)

05 octobre 2011 à 09:14:58
Lu 12492 fois

Claude Ponthieu


Bonjour,

Préambule
Suite à une réflexion pesée sur certains commentaires de mes différents fils de discussions, il me paraît important d'éclaircir les 2 points suivants.

Au delà de la morale, formuler une critique n'est intéressant que si nous en comprenons son réel fondement, c'est-à-dire comprendre quelle intention se cache vraiment derrière elle, puis de déduire la qualité de l'utilité de cette critique : dans la majorité des cas, les croyances et les certitudes nous mènent que sur des voies sans issue, et bien que nos jugements soient fondés pour l'essentiel sur des hypothèses et autres axiomes, ces jugements rendent aveugle notre perception de la réalité.
Mais si nos errements ou habitudes confortent nos jugements, il est vrai que la prise de conscience de nos erreurs nous apprend plus que nos réussites !

Mes écrits reflètent seulement mes expériences in situ complétées par des recherches. Ainsi donc ces écrits sont tout au plus ma vérité et non la Vérité : le plus simple est de vérifier par soi-même toute information par des recherches croisées ET en expérimentant évidemment avec toutes les réserves qu'impliquent la réflexion et le bon sens.

Pour conclure, en tant qu'amende honorable, mes écrits seront dorénavant le plus précis possible, au mieux de mes capacités et en évitant autant que se peut d'alourdir le texte inutilement, et bien sûr en partant du principe que tout interlocuteur ou commentateur a le choix de controverser intelligemment ou non. ;)
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

05 octobre 2011 à 09:52:21
Réponse #1

Claude Ponthieu


A l'évocation de la jungle, tel un vampire la sangsue hante l'imaginaire de la majorité des esprits. Pourtant elle est présente sur tous les continents, aussi bien dans l'eau (ruisseaux, étangs, etc.) que sur terre (bois...). Ainsi donc la sangsue appartient à la sous-classe des Hirudinea et est schématiquement répertoriée dans 2 familles, les aquatiques (Hirudanae) et les terrestres (Haemadipsa).

Cette créature annélidée est vraiment née pour sucer, elle a une ventouse à chaque extrémité de son corps : une pour se cramponner au corps de son hôte, l'autre pour mordre et aspirer, et cela en même temps !
Sa bouche a 2 à 3 mâchoires, chacune dotées de 100 dents. La morsure d'une sangsue à 3 mâchoires laisse une empreinte en forme de Y inversé dans un cercle qui ressemble au logo de Mercedes Benz.
Seul 10% des genres de sangsues se nourrissent du sang d'hôte vivant.
Afin de pouvoir aspirer facilement le sang, la sangsue sécrète un composant anticoagulant, l'hirudine. Sa salive contient aussi un vasodilatateur pour conserver un débit constant du sang et un anesthésique locale pour aider à masquer la douleur de la morsure et à nous faire oublier qu'elle est en train de se nourrir.

Quelle quantité de sang peut absorber une sangsue avant qu'elle ne soit repue ?
Son corps a un long tube digestif dilatable pour avaler et stocker le sang. Absolument gloutonne, par exemple, une sangsue minuscule (Haemadipsa javanica) suce environ 5 ml de sang pour un repas de 30 minutes, soit à peu près 5 fois son poids et durant ce festin elle peut décupler sa taille normale !

Dans la nature, une sangsue a la capacité de survivre une année entière avant de ressentir le besoin de se nourrir à nouveau.
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

05 octobre 2011 à 10:04:36
Réponse #2

Claude Ponthieu


Depuis plusieurs siècles, l'hirudothérapie est taxée de charlatanisme par notre médecine moderne occidentale.
Pourtant de nos jours des chirurgiens ont découverts le côté spécialement très pratique de l'utilisation de la sangsue (Hirudo medicinalis) dans la restauration de la circulation sanguine (draînage sanguin) pour les tissus greffés, ainsi que pour la remise en place de doigts ou orteils sectionnés : pendant qu'elles se nourrissent, les sangsues peuvent enlever et résorber toute congestion sanguine des tissus lésés et facilitent une cicatrisation rapide.
« Modifié: 29 janvier 2012 à 01:12:40 par Claude Ponthieu »
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

05 octobre 2011 à 10:37:22
Réponse #3

Claude Ponthieu


Dans l'hiver 1987-88, dans la forêt tropicale de Sarawak et après une heure de marche de toute habitation, je fais une rencontre pour le moins la plus inattendue. Là une personne européenne de 25 ans environ, complètement hébétée, est assise au milieu de nulle part.
Le temps de la calmer et de lui faire retrouver un état normal, elle me raconte sa présence en ces lieux : son livre guide touristique indique que cette balade en forêt comme facile à faire seul, un peu genre jardin botanique, la réalité est autre !
Le plus grave n'est pas tant sa naïveté et son inconscience, mais plutôt que depuis environ 1 à 3 heures elle venait de se faire une entorse sévère au niveau de la cheville qui avait largement triplet de volume, en forme d'oeuf d'un beau bleuâtre.
Pour couronner le tout c'était la saison des pluies et elle n'avait strictement rien prévu en cas de nécessité, en un mot la totale.

Dans l'impossibilité de bouger l'angoisse et la peur avaient fini par l'envahir.

Installation rapide d'un camp provisoire, la nuit tombe très vite sous cette latitude et dans la forêt tropicale.
Préoccupé par son état physique, une impulsion irraisonnée me pousse à utiliser des sangsues pour résorber sa contusion.
Après explication de mon intention, cette personne doit choisir entre calmer sa douleur et sa répulsion des sangsues. Elle finit par accepter que je lui appose des sangsues arboricoles (Haemadipsa picta) sur l'épanchement sanguin.
Suite à plusieurs ponctions, sa cheville retrouve un volume très acceptable sur laquelle est appliquée un cataplasme maison.
Au petit matin la personne est souriante, le cataplasme est ôté et surprise sa cheville semble être revenue à son volume initial : peut être dû à l'anticoagulant, l'hirudine, injecté par les sangsues...

Fin de matinée nous sommes de retour au village.

Cette expérience a été le point de départ de mon intérêt pour les sangsues. ;)
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

05 octobre 2011 à 10:42:11
Réponse #4

Pit


Intéressant tou ça, merci pour le partage.

Pit

05 octobre 2011 à 11:07:43
Réponse #5

Claude Ponthieu


En Malaisie, il y a toutes sortes de sangsue, ci-dessus une liste non exhaustive des plus communes ou remarquables.

Lintah padi, sangsue de rizière (Hirudo vittata)

Lintah paya, sangsue d'eau stagnante appelée aussi Lintah percat, sangsue de buffle (Hirudinaria javanica)

Pacat, dans le langage courant la petite sangsue brune terrestre (Haemadipsa javanica)

Pacat besar, sangsue terrestre longue comme le petit doigt de la main

Pacat melompat, sangsue terrestre qui saute

Lintah, dans le langage courant sangsue tigrée avec une très belle rayure foncée de chaque côté du corps ou sangsue peinte (Haemadipsa picta)

Et pour finir, la sangsue géante rouge de Kinabalu à Sarawak (Mimobdella buettikoferi)


Dans les magnifiques forêts tropicales denses de Malaisie et après la pluie, les sangsues sont bien là.

La petite sangsue brune se tient au sol ou à proximité, à l'affût d'une chaussure ou d'un pantalon auquel s'agripper. Minuscule de taille au point qu'elle peut passer à travers le maillage très fin de chaussettes !
Sa morsure est indolore.

La sangsue tigrée attend dans le feuillage des arbustes pour attaquer au niveau du cou et de la taille.
Elle se fait sentir avant de la voir : sa morsure donne la sensation d'une piqûre !  :(
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

05 octobre 2011 à 11:33:03
Réponse #6

Claude Ponthieu


Les sangsues sont sans danger. :)

Elles ne transmettent aucune maladie, mais leur morsure peut s'infecter, surtout en essayant de les enlever avec du sel, d'une brûlure ou d'une huile essentielle...
Ce choc provoque une régurgitation partielle de leur contenu intestinal. :(

La façon la plus simple et efficace de les décrocher est de créer une dépression en avant de leur bouche avec l'oncle de l'index, puis de la repousser en la roulant vers l'arrière.

Une fois la sangsue enlevée, due à l'hirudine la plaie continue à saignée.

Pour stopper le saignement, les malais appliquent les feuilles écrasées entre leurs doigts du senduduk (Melastoma malabathricum Linn.), rhododendron de Singapour à fleurs violettes et feuilles à trois nervures longitudinales.

Personnellement je laisse le sang s'arrêter de couler de lui même.
« Modifié: 05 octobre 2011 à 11:45:05 par Claude Ponthieu »
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

06 octobre 2011 à 22:17:31
Réponse #7

StormX


Salut,  :)

Vraiment intéressant ce que tu nous fais découvrir (enfin pour moi), je ne m'attendais pas à ce que les sangsue soignent autant de choses.

Je suis tombé sur cette page résumant bien ce qu'il est possible de faire aujourd'hui avec la medecine moderne : naturo-therapeute.ch

J'aurais une question, concernant ton expérience avec la personne ayant eu une entorse "soignée" par les sangsues : quand tu dis que la cheville avait retrouvé sa taille normale, quant est il de la douleur du à l'entorse ? Elle aussi elle avait diminué ?
Je lis que l'on soigne les hématomes également, même question, le bleu disparaît mais quant est il de la douleur ?

A la fin de cet été nous jouions avec les enfants de la colonie que j'encadrais au bord d'un ruisseau traversant un sous bois. Il n'a pas fallu longtemps pour que nous tombions sur des sangsues. C'était vraiment surprenant de les regarder faire, se déplacer, chercher le bon endroit pour mordre. Cependant, réussir à faire comprendre aux enfants que ce n'était pas "dégoûtant", "horrible", "méchant", a, je crois, été la partie la plus difficile.
Les aprioris culturels liés à cette bébête ont la peau dure.

Merci pour le partage, tu as éveillé ma curiosité !  :up:
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

08 octobre 2011 à 06:56:35
Réponse #8

Claude Ponthieu


J'aurais une question, concernant ton expérience avec la personne ayant eu une entorse "soignée" par les sangsues : quand tu dis que la cheville avait retrouvé sa taille normale, quant est il de la douleur du à l'entorse ? Elle aussi elle avait diminué ?
...
Je lis que l'on soigne les hématomes également, même question, le bleu disparaît mais quant est il de la douleur ?

Pour ce qui est de la douleur je ne peux répondre, je n'ai pas penser à poser cette question et je n'ai jamais eu d'autre contact avec cette personne, j'ai même oublié de lui demander son prénom !

La douleur due à l'épanchement devrait s'atténuer, mais celle de l'entorse doit être encore présente : ce ne sont que de simples suppositions de ma part, donc sous toutes réserves !

Personnellement la douleur me paraît être de l'ordre du suggestif, donc plus ou moins forte en fonction du mental de la personne, ce qui complique la réponse de la personne blessée.


Merci pour le partage, tu as éveillé ma curiosité !  :up:

C'est le but ;)
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

08 octobre 2011 à 07:07:47
Réponse #9

Claude Ponthieu


Senduduk (Melastoma malabathricum Linn.), rhododendron de Singapour à fleurs violettes et feuilles lancéolées à trois nervures longitudinales.
Cette plante est très utilisée dans la médecine locale.

Senduduk, parfois seduduk ou sekeduduk en fonction des régions.

Les indonésiens l'appellent kenduduk ou keduduk.

Les ibans de bornéo l'appellent Kemunting

Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

13 octobre 2011 à 10:17:17
Réponse #10

StormX


Salut,  :)

je suis tombé ce matin par hasard sur un autre X:enius, une série de reportage scientifique sur ARTE, au programme, les vertus thérapeutiques des asticots et sangsues : ARTE + 7

26 minutes d'explications "tout public" (à partir de 8 - 10 ans je dirais  :closedeyes:).
Le reportage passe en revue les différents champs d'application, l'historique de ces traitements, les recherches pour comprendre et peut être synthétiser les principes actifs responsables des guérisons et également les problèmes écologique lié à la sur-pèche des sangsues. A regarder !   :up:

Deux chiffres :le besoin de sangsues est de 300 000 /an aujourd'hui en allemagne contre 300 000 000 en 1850 en france !   :blink:

Pendant le visionnage j'essayais d'établir une liste des blessures susceptible d'être guéries en rando par ces petites bête :

- hématomes
- Les furoncles et les abcès
- Les tendinites
- Les états inflammatoires
- douleurs articulaire
- Les maux de tête

Cela fait déja un sacré champ d'action et pour peux d'être dans un milieu humide, c'est la panacé.

Cependant, évidemment, je ne suis pas hirudothérapeute et leur utilisation sans formation préalable me semble être un pari risqué. Il est bien souligné dans ce reportage et également dans tous les documents que l'on trouve sur le sujet, que lorsque l'on parle de "biotechnologie" les risques infectieux sont grand et ne doivent pas être pris à la légère.
Cependant, je trouve qu'il serait dommage de ce passer de ce traitement...et puis...plus MUL tu peux pas !  ;#

Quelques documents lié aux sangsues (dont une thèse  :closedeyes:) :
- http://www.sangsue.ch/Dateien/sangsue_ordre_pharmacien.pdf
- http://artur.univ-fcomte.fr/SMP/SBP/these/_126400_4_html.pdf
- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1996_num_84_312_6256

On trouve néanmoins beaucoup moins de documentation à propos des asticots...la "mode" n'est de retour que depuis une dizaine d'année, laissons le temps au temps.  :closedeyes:

Les sangsues sont elles comestibles, peut être pourrais tu y répondre précisément Claude ?

Passionnant !  :love:
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

13 octobre 2011 à 14:59:48
Réponse #11

StormX


Ben si un rebouteux menaçait de me coller un de ces vampires gluants sur la peau, je pense que mon organisme synthétiserait vite fait une grosse giclée d'adrénaline et autres hormones qui accélèrent la guérison spontanée.

Je suis pas un rebouteux reboutant !  :ohmy: Mais être en contact avec ces bébêtes est vraiment troublant, rien qu'au toucher, notre corps "à peur" et pourtant j'ai pas l'habitude d'avoir peur de la petite bête. Mais c'est "en moi" on ne peu s’empêcher de trouver ça repoussant, il faut vraiment lutter contre !

Citer
"Application des sangsues

Les sangsues utilisées en thérapeutique sont à jeun depuis au moins cents jours. Tous les territoires
anatomiques, hormis le centre du visage, les seins et la verge relèvent des sangsues.
Broussais conseille l’application d’une centaine de sangsues par séance et chaque séance coûte la
vie à de nombreux vers.

Le patient est allongé pour ne pas avoir la vue des sangsues et du sang. On se lave soigneusement
les mains et l’on saisit les sangsues de moyenne grosseur, agiles et pressées de mordre ; on prend
celles qui se trouvent hors de l’eau, comme plus affamées. Pour les exciter à prendre, on les roule
mollement dans un linge bien sec, et chaud, s’il se peut.

Pour que les sangsues prennent bien, la région doit être nettoyée au savon et à l’eau tiède, rasée si
besoin est, puis bien séchée en frottant un peu rudement la peau. Il ne doit pas rester de savon qui
pourrait empêcher les sangsues de prendre. La friction de la peau congestionne les vaisseaux, ce qui
incite l’animal à la morsure. Un peu de lait ou d’eau sucrée excite également à la morsure.

Pour les appliquer, on les introduit dans un verre aussi étroit que possible, que l’on reverse sur le point
indiqué. Si l’on veut que les sangsues mordent à un point précis, on intercale un carton percé entre le
verre et la peau, en alignant l’orifice avec l’endroit choisi. On le maintient dans cette position jusqu’à
ce que toutes les sangsues aient pris, ce dont on se rend compte en enlevant le verre lentement.
Celles qui ne se sont pas fixées glissent au fond du verre. Les autres restent suspendues.

Lorsqu’elles se refusent à mordre, on les y excite en passant du vin dans le verre qui sert à les placer.
Ne pouvant alors se poser contre les parois de vin, elles ne tardent pas à se fixer sur la peau qu’elles
attaquent rapidement.
D’autres techniques utilisent des tubes ou des cartes à jouer.

Les sangsues demeurent en place d’un quart d’heure à une heure (de nos jours, on ne les laisse pas
en place plus de 20 minutes). Elles tombent généralement d’elles-mêmes. Cependant, si l’on veut les
faire détacher plus tôt, on les poudre d’un peu de sel. Les quantités ponctionnées atteignent parfois 8
à 9 fois le poids initial de l’animal qui varie entre 2 à 4 grammes.

Le sang continue de couler par les piqûres pendant quelques temps, puis s’arrête spontanément. Si
l’on désire prolonger l’écoulement, on applique des cataplasmes de farine de lin tièdes sur les piqûres.
Si les petites plaies saignent trop longtemps, on arrête l’hémorragie avec un tampon d’amadou, après
les avoir saupoudrées d’un peu de colophane ou d’alun.

Le pansement sera très simple : on lavera la petite plaie très soigneusement pour éviter toute
infection, en même temps qu’enlever le liquide anticoagulant. On emploiera de préférence l’alcool à
90° ou la teinture d’iode. On recouvre d’un peu de poudre d’aristol et d’une compresse, et l’on
maintient le tout avec une bande et de l’ouate. Il faut souvent mettre une assez grande épaisseur
d’ouate pour absorber le sang qui continue à couler. Cette précaution est bonne pour éviter le
souillage du lit ou des vêtements.

La guérison des piqûres est complète en deux ou trois jours. Elles laissent de petites cicatrices
blanches, étoilées, à trois branches, qui sont très caractéristiques.
De mauvais protocoles pour le pansement, tel que les toiles d’araignées ou de l’amadou ont été
utilisés pendant longtemps ; ils ont été à l’origine de complications infectieuses très graves."


Citer
Risque infectieux

Ce type de thérapeutique, utilisant des organismes  vivants, présente un risque infectieux potentiel,
surtout lorsqu’il y a une porte d’entrée, comme la morsure de sangsue. Cependant, peu de
publications font référence aux problèmes infectieux rencontrés.
Whitlock et al., en 1983, ont mis en évidence  des germes d’origine aquatique dont Aeromonas
hydrophila à partir de culture de sangsues.

Pour éviter des contaminations de malades, il paraît préférable de détruire les germes présents à la
surface des animaux par immersion dans une solution d’antibiotiques (pénicilline G, streptomycine,
polymixine) pendant plusieurs jours. Une fois l’immersion réalisée, il ne faut pas oublier de laver
soigneusement les sangsues à l’aide d’eau stérile afin d’éliminer toute trace d’antibiotique allergisant.
Un procédé plus rapide, qui assure une décontamination extérieure correcte et respecte les qualités
de succion, est le suivant : les sangsues sont plongées 10 secondes dans une solution de
chlorhexidine au 1/5000ème, après deux rinçages dans l’eau pure, elles sont remises dans l’eau
distillée.

Malgré une décontamination extérieure, il subsiste toujours un risque infectieux minime du fait de la
présence de certaines bactéries dans le tube digestif de la sangsue.
Il est bien évident qu’il est formellement exclu qu’une sangsue soit utilisée pour des malades différents
étant donné le risque de transmission de germes ou de virus ; mais rien n’empêche de les remettre à
la tâche chez un même patient après passage dans un bocal d’eau vinaigrée.

Source

J'ai pas eu le courage de lire la thèse, m'enfin avec wikipedia, et ces documents on arrive à rassembler pas mal d'information. Ce qui serait vraiment intéressant maintenant, c'est des retours d'expérience comme Claude.  :closedeyes:
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

25 octobre 2011 à 11:27:09
Réponse #12

Claude Ponthieu


Les sangsues sont elles comestibles, peut être pourrais tu y répondre précisément Claude ?

Tout se mange à moins d'être végétarien, mais totalement déconseillé d'en manger.

Personnellement je suis 100% végétarien depuis 30 ans environ...

« Modifié: 25 octobre 2011 à 11:49:06 par Claude Ponthieu »
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

25 octobre 2011 à 11:36:04
Réponse #13

Claude Ponthieu


Ce qui serait vraiment intéressant maintenant, c'est des retours d'expérience comme Claude.

Dès mon retour en France, je ferais en sorte de compléter le sujet, pour l'instant je me contente de regarder la mousson et toutes les inondations qu'elle apporte dans le coin  :(
Nous avons eu une culture riche en expérience et pauvre en information.
Aujourd’hui, nous sommes riches en information, mais au seuil de pauvreté de l’expérience réelle.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //