Salut,
J'ai lu, par épisodes, depuis ce matin en long et en large ce fil et il me vient en à l'esprit quelques réflexions que j'ai envie de vous livrer "brutes" histoire de faire peut-être avancer le débat :
Je vois dans les différentes demandes et interventions 3 approches différentes :
1) Le besoin de se dépasser, dans ce cas, le stage n'est que prétexte à l'exploit pour SE prouver quelque chose soit pour LE prouver aux autres ... d'ailleurs le récit sur le forum et le fait d'avoir
été là est alors plus important que les choses apprises lors du stage.
Bref, dans ce cas, pourquoi ne pas organiser une expédition ou un vrai exploit. Nous sommes alors dans le défi sportif.
2) Le "choc psychologique" ... là, moi, je dis : "
connerie", de toutes les façons vous saurez que c'est une simulation, et en AUCUN cas cela ne pourra vous révéler la façon dont vous réagirez en situation réelle. Oui, vous connaîtrez parfois les aspects négatifs des "effets de groupe" quand ça devient dur : le découragement et serez un poil de mauvaise humeur mais vous n'approcherez jamais les aspects soit vraiment négatifs (j'vais pas lui filer vraiment un coup de surin ça fera deux fois plus d'eau à boire et personne ne le saura jamais) ou positifs puisqu'à nouveau c'est une simulation et votre petite voix vous dira:"put**n et dire que j'ai payé pour ça, que je pourrais être peinard au resto...".
Un choc psychologique, justement, on ne sait pas à l'avance comment on y réagira et il est difficile alors d'imaginer la façon de s'y préparer. Ça ne marche pas de la même façon où l'on peut attraper des "automatismes" pour allumer un feu ou apprendre les trucs qui comptent pour réaliser un abri. Oui, on peut travailler en stress mais ton subconscient lui restera bien au courant que c'est un jeu ... Pour ce niveau là, outre les connaissances de base afin de limiter la panique, il n'y a pas de répétition ou de drill possible.
Exemple perso, un peu détourné : Si on m'avait dit, en commençant à bosser, que j'aurais des gouttes de sueur comme des petits poids pendant plusieurs mois en ouvrant la salle de bain d'une chambre où j'ai trouvé une môme de 19 ans pendue, je ne l'aurais pas cru, pourtant il m'a fallu des mois pour que cette sensation ne disparaisse ...
Bref, on peut imaginer des scénars, on ne sait qu'au moment précis où ça arrive comment on réagit à une situation vraiment pourrie ... je crois que les militaires appelaient cela le baptême du feu.
Il n'est pas nécessaire de créer des traumatismes psychologiques, de pousser les stagiaires à chialer comme des gosses pour que le stage soit bénéfique, si on en arrive là, c'est que déjà on a été trop loin ou, du moins, trop tôt pour le stagiaire.
3) Pour chaque stage, il est possible d'adapter le niveau à chaque participant, libre à chacun de se mettre des challenges perso et d'en tirer des enseignements. A la rencontre N-E, par exemple, nous avions tous des challenges un peu différents et nous avons bosser parfois ensemble, parfois seuls à ces "tests grandeur nature" ... nous avons appris des choses individuellement et ensuite nous les avons mises en communs, chacun sachant que l'apprentissage n'est qu'une longue évolution.
Il est toujours possible de mettre des petits plus pour pimenter les "défis", par exemple à la rencontre N-E si Corin nous avait rejoints, il se serait retrouvé dès le départ avec un bras ficelé en écharpe (préparée pour l'occasion d'aprèsuneidéeoriginale de Manu) afin d'augmenter son niveau d'handicape et donc le niveau de défi compatible avec sa pointure ... Une autre idée était de faire un échange aléatoire entre les kits ...
En conclusion :
Il faut se garder de se mettre en situation réelle de survie juste pour la gloriole, pour voir jusqu'où on peut aller ou pour avoir LE Frisson ...
On a beau tout tester, se mettre dans des scénarii de plus en plus tordus, il restera toujours l'élément X pour mettre un peu de brol lorsque le moment sera là de mettre en application les choses acquises. N'oublions pas la Loi de Murphy.
Au niveau pédagogique, ce n'est pas en rendant des humains stressés, fatigués, déshydratés et misérables qu'on leur apprend quoique ce soit !
Chaque stage doit être, même si réalisé en groupe, un truc personnalisé et discuté un minimum avec le responsable ... Pour ce dernier, il faut, je pense obliger les stagiaires à la progression dans les stages, on n'entame pas un niveau I avant un niveau "base" etc ... sinon, c'est comme ça qu'on se retrouve avec un groupe d'habitués et un gros mytho qui n'a jamais dormi dehors et qui va péter les plombs après 24 heures sans douche.
Voilà, voilà, je précise tout de même que je ne veux stigmatiser personne dans mes clichés mais que je relève juste, comme ça, de grosses tendances ... Les
"Hep, c'est où la piste noire, j'suis pas une tapette !" ça n'a jamais été le style de la maison, faudrait pas que ça change

@ SUIVRE et à gamberger ...
Fred