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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Les types d'hémorragies et leur gestion  (Lu 31902 fois)

20 mai 2011 à 19:01:02
Réponse #25

Snake.Doctor


Pour le petit HS :

Oui l'intubation protège à 95% les poumons d'une bonchoaspiration, mais au niveau des études il est difficile de définir quand a lieu cette bronchoaspiration... Par principe de précaution c'est vrai qu'on intube quand on arrive car bien souvent on a assez de monde à disposition pour ça (la structure dans laquelle je travaille est composée de 2 paramedics par ambulance avec une autonomie médicamenteuse et de gestes médicaux avancés, renforcé par des médecins anesthésistes, urgentistes ou intensivistes sur appel avec un autre paramedic qui l'accompagne). Par contre pour gérer les voies aériennes on utilise aussi pas mal d'alternatives à l'intubation avec d'excellents résultats, comme par exemple les masques supra-glottiques comme le I-gel qui est redoutablement efficace et facile à apprendre. Il existe aussi des régions où l'on utilise des tubes à doubles lumière comme le easytube ou d'autres marques.

Typiquement je peux parler du cas que j'ai eu il y a 3 semaines où nous intervenions pour un patient se plaignant de douleurs thoraciques, et au moment où j'ai commencé mon examen primaire le patient s'est arrêté. Massage immédiat, ventilation, défibrillation immédiate (c'était une FV), demande d'un médecin cadre sur place pour anticiper la suite, et on a managé à 3 l'intervention. Récupéré le patient sans aucune séquelle neurologique à 3 semaines. Après la reprise d'un rythme on est parti en salle de coronarographie immédiatement où l'IVA a été stentée...

Ce qui a sauvé ce patient c'est pas tellement le fait d'avoir reçu des médicaments de réanimation ni même d'avoir été intubé, c'était le massage immédiat et la défibrillation immédiate qui a fait qu'il a eu un excellent pronostic, et ces gestes sont à la portée de tout secouriste.

Après oui je suis tout à fait d'accord sur le fait que l'intubation permet d'être sécuritaire par rapport à la protection des voies aériennes lors du transport sur l'hôpital. Mais comme on dit souvent, mieux vaut un patient bien ventilé que mal intubé.


Par rapport aux points de compression : oui ils peuvent être tout à fait efficace quand on sait les faire sur certaines situations. Le problème qu'on aborde ici c'est leur apprentissage dans les cours de premiers secours pour les non-professionnels, et dans ce cas-là cette méthode demande de bonnes connaissance et une bonne pratique qui manquent souvent de par le fait qu'ils sont rarement confrontés à ce cas. Et quand il y a hémorragie, mieux vaut leur apprendre des choses simples qu'ils se rappellent dans le moment de stress. Après pour la sous-clavière, dépend de comment c'est délabré, l'accès à l'artère sera quasi-impossible... Toujours en fonction du patient.

A ce sujet pour des hémorragies difficilement contrôlables car internes ou impossible d'accès, il y a sur le marché des seringues avec une sorte de mousse expansive que l'on peut injecter directement dans la plaie. La mousse s'expand et fait compression... Je sais que ça existe mais je ne l'ai jamais vu utilisé nul part.

Pour Lio :

Pour les hémorragie on suit un processus comme expliqué dans le post principal : d'abord la compression directe avec la main, puis pansement compressif si cela ne marche pas. Étonnamment le compressif marche mieux, et surtout il libère un secouriste et sa main.

Pour ce qui est de la poudre hémostatique, en général elle se compose d'une bande de gaz qui est pleine d'une poudre qui réagit au contact du sang pour déclencher une forte coagulation. Le but c'est en fait d'accélérer le processus naturel à grande échelle afin que les caillots bouchent toutes les sources de saignement.

Le danger avec cette méthode, c'est qu'en fonction de la plaie, les caillots formés peuvent repartir dans la circulation et ensuite venir boucher des vaisseaux dans d'autres endroits du corps, ce qui peut être potentiellement mortel. C'est pour cette raison que leur utilisation est très limitée (en général dans l'armée) et que pour les versions civiles pour le outdoor, on recommande généralement ce traitement sur des plaies superficielles externes.

Voici une vidéo (très graphique) sur une simulation de trauma de type de guerre avec section de gros vaisseaux sur un porc et la gestion de l'hémorragie. Vous vous rendez mieux compte de ce que c'est une vraie hémorragie et comment la juguler avec de petits moyens... Sans aspiration il sera difficile d'avoir accès au saignement.

Liens : http://www.youtube.com/watch?v=e9xvIbKBJn4

Normalement son utilisation se fait avant le pansement compressif, ce dernier vient compléter les compresse de gaz mises en place avec la poudre.

Je suis content, ce post soulève de nombreuses questions intéressantes.
So that others may live

20 mai 2011 à 19:29:51
Réponse #26

jeanjacques


Salut,

On placera toujours le garrot au plus près de la blessure

En PSE 1 et 2 (premier secours en équipe de niveau 1 et 2) il est enseigné de poser le garrot à la racine du membre.

Je me permet la petite remarque parce certaines techniques ne sont pas applicables au civil en France : pansement 3 côtés, garrot.

Etant bientôt formatrice PSC1 le garrot est proscrit
Le garrot comme les points de compressions n'existent plus.

L'enseignement des garrots continue à être présent en PSE 1 et PSE 2, vérification faite à l'instant dans le référentiel (formation de 35h chacune, plus haute formation accessible à un civil, même formation chez les pompiers).

encore une fois, c'est votre responsabilité qui est en jeu.

http://lesurvivaliste.blogspot.com/2011/05/le-bon-samaritain.html
Le débat est bien trop compliqué pour être lancé ici, je le conçois bien.

« Modifié: 20 mai 2011 à 19:42:15 par jeanjacques »
Adhérent Unpact.

20 mai 2011 à 19:47:41
Réponse #27

mazel


 C'est la bonne place pour éviter un fil perso, donc voilà

  Un type en ‘pétage’ de  plomb voulant suriner tout le monde dans un établissement public, en a poursuivi un autre..à travers la glace de devanture du trottoir. Cette glace s’est étoilée sous le choc de son crâne et de gros pans de verres et triangles se sont effondrés sur cou et épaule. Un jet de sang puissant et saccadé sortait de la blessure. Même allongé au sol dans une flaque de sang, il continuait à menacer un monde hostile de son couteau. Il fut maîtrisé par six bonhommes assis sur lui ou sur ses membres, dont moi sur son torse.  Je me suis occupé de bien faire préciser dans l’appel des secours de noter l’urgence de l’hémorragie au cou par bris de verre de vitrine et le besoin d’une camisole pour cet individu agité.
 J’ai tenté compression avec l’un de mes pouces, puis l’index, le sang fuyait de partout. J’ai poursuivi mon exploration à l’intérieur de la blessure avec deux doigts finalement, majeur plus index, jusqu’à ce je trouve effectivement une position bouchon. De temps en temps, il fallait recommencer à rechercher une nouvelle position.

 Les secours sont arrivés très vite avec gyro et véhicule rouge, je m’attendais au moins à un bon quart d’heure, en quelques trois minutes ils étaient présents opérationnels.
 Et là je fus stupéfait de la réaction. Très lentement le secouriste a méticuleusement enfilé des gants latex en évitant soigneusement de me toucher. Mes doigts ont accompagné le blessé jusque sur la civière, jusqu’à ce que l’on me dise de relâcher. La fontaine a rejailli, plus ou moins stoppée par un gros bloc de compresse (pansement compressif ?) retenu par une bande scratch autour du cou, car le sang remplissait alors sa chemise.
 « A vous ! » me dit me dit alors le secouriste car j’étais plein de rouge de partout. « Mais moi, je n’ai rien ».
 Sans un merci pour notre geste collectif, il a sorti très gravement:
«Monsieur, vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait, ..et s’il a le sida! »

 Je n’ai pas répondu, à y réfléchir c’est moi qui aurais pu l’avoir aussi. J’agirais toujours dans l’urgence du secours, et n’ai pas de gants latex non plus dans la poche. Je vous rassure, il m’arrive très souvent aussi, selon le cas, d’user de toute ma persuasion pour que l’on ne touche, déplace pas un blessé.

 Ai-je eu le bon geste, je n'ai jamais pu savoir.

 JL mazel   
« Modifié: 20 mai 2011 à 22:20:34 par mazel »

20 mai 2011 à 20:44:16
Réponse #28

CryptoPanda


C'est rigolo les différences de vocabulaire; chez moi (infirmier s.m.u.r. français), la bronchoaspiration, c'est l'aspiration endotrachéale par sonde pour dégager les voies aériennes...si je comprends bien, chez Dr snake (paramedic), c'est ce que j'appelle l'inhalation? ;)

Quoiqu'il en soit... On pourrait disserter pendant des années de nos techniques... Ca finirait comme toute discussion entre professionnels par un catalogue d'histoires de bains de sang!!! (pourquoi croyez-vous qu'il ne faut jamais invité plus d'un soignant pour un dîner entre amis??? ;D)

En revanche chers co-forumeurs, je serai fort intéressé par vos expériences de secours isolés voir d'autosecours dans la verte!!!



21 mai 2011 à 15:37:36
Réponse #29

Snake.Doctor


C'est rigolo les différences de vocabulaire; chez moi (infirmier s.m.u.r. français), la bronchoaspiration, c'est l'aspiration endotrachéale par sonde pour dégager les voies aériennes...si je comprends bien, chez Dr snake (paramedic), c'est ce que j'appelle l'inhalation? ;)

Quoiqu'il en soit... On pourrait disserter pendant des années de nos techniques... Ca finirait comme toute discussion entre professionnels par un catalogue d'histoires de bains de sang!!! (pourquoi croyez-vous qu'il ne faut jamais invité plus d'un soignant pour un dîner entre amis??? ;D)

En revanche chers co-forumeurs, je serai fort intéressé par vos expériences de secours isolés voir d'autosecours dans la verte!!!


Oui, les différences de vocabulaires, c'est en général ce qui se dit même si ce n'est pas exact au sens stricte. On dit souvent "il a bronchoaspiré" plutôt que "il a fait une inhalation bronchique". Je sais pas d'où vient cette coutume mais je m'y suis fait. Même si dans un dictionnaire le terme exact est effectivement l'inhalation bronchique. Le terme "inhalé" je l'entends seulement quand on parle de victimes qui ont été en contact avec des fumées toxiques.

Mais l'important c'est qu'on se comprenne  :D

Et entièrement d'accord avec toi, même entre les gens d'un même service chacun à ses petites habitudes et convictions, et la dissertation des cas cliniques est une chose qui peut occuper des journées entières entre les professionnels  :doubleup: Le plus important pour moi c'est de placer l'intérêt du patient au centre des débats, et de toujours faire en sorte qu'on lui apporte le maximum. Le reste, c'est accessoire.

Excellente idée au sujet des situations que les gens ont déjà vécues, ça va donner matière au sujet !!!
So that others may live

21 mai 2011 à 16:30:48
Réponse #30

CryptoPanda


 Juste un peu de bruit:
Ce que je trouve passionnant ici (forum en général, et pas seulement dans la section "secours"), c'est la diversité des intervenants, donc des vécus, expériences, techniques, terrains de "jeux"...
Tant de "tricks 'n' tips", ça n'a pas de prix!!! :doubleup:  :doubleup:  :doubleup:  :doubleup:  :doubleup:


citation de "snake.doctor":
"Tiens donc, ce week-end je vais faire une présentation de quelques possibilités de trousse, je vais décortiquer la mienne et ça sera le bon moment pour remettre aussi certains choix en question !"

Fouille un peu dans les vieux post (les plus récents aussi d'ailleurs!!!)... y'a déjà d'excellents fils a enrichir!
Par ex:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,700.0.html
...
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,48018.msg396461.html#msg396461
...

A+

21 mai 2011 à 16:46:29
Réponse #31

Lio


Pour en revenir aux hémorragies même,
je me souvient que lors de mon brevet de secouriste en entreprise on nous a expliqué que seuls les intervenants du SMUR (médecin et aussi infirmier je pense) pouvaient poser un garrot. Je crois me souvenir que la raison était qu'un garrot mal placé aggravait le saignement (ce qui ne serait pas le cas d'un pansement un peu trop serré pourtant).
Une légende ou il y a une explication?
C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages.
Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer:" jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien"
Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. (La Haine)

21 mai 2011 à 17:05:28
Réponse #32

CryptoPanda


Hypothèse:
Plaie impliquant une artère mais aussi le réseau veineux à proximité + Garrot posé sur une partie du membre où l'artère est protégée entre deux os = Pas de compression efficace de l'artère, donc poursuite de l'hémorragie; mais "blocage" du retour veineux superficiel, donc majoration du saignement...
Moralité:
Si garrot impératif, [compression directe (manuelle ou par pansement) insuffisante , compression en amont pas efficace ou non maîtrisée, section de membres sans sidération des vaisseaux sanguins] le positionner sur le "haut" du bras ou de la jambe... ni avant-bras ni sous le genou!!! (on l'a déjà dit, mais la répétition est la base de la pédagogie ;))

21 mai 2011 à 18:19:35
Réponse #33

jeanjacques


Plaie impliquant une artère mais aussi le réseau veineux à proximité + Garrot posé sur une partie du membre où l'artère est protégée entre deux os = Pas de compression efficace de l'artère, donc poursuite de l'hémorragie; mais "blocage" du retour veineux superficiel, donc majoration du saignement...

Surement l'explication de l'enseignement actuel de la pose du garrot: toujours à la racine du membre.
Adhérent Unpact.

23 mai 2011 à 22:02:16
Réponse #34

guillaume


surtout qu'on ne risque rien de masser un coeur qui bat.

Pas de risque de "dérégler" la machine avec un mauvais rythme (je ne sais pas comment ça s'appelle : fibrillation ?) ?

En PSE 1 et 2 (premier secours en équipe de niveau 1 et 2) il est enseigné de poser le garrot à la racine du membre.

Et en étant PSE 1 (ou 2), on peut utiliser les gestes appris dans ces formations lorsqu'on est le civil lambda qui intervient sur un accident ou faut-il être en équipe pour avoir le "droit" d'utiliser ces gestes ?
Parce que ça me permettrait d'avoir une base commune pour tout et que je ne risque pas d'appliquer des méthodes à kaki à un civil ou inversement sous stress...

a+

a+

23 mai 2011 à 22:45:39
Réponse #35

lilou6201


Il est bien dit en PSC1 et je suis sûre dans toutes les autres formations aux gestes de premiers secours, que le but est de ne pas aggraver l'état de la victime. Ne lui faites pas tout est n'importe quoi. N'oubliez pas que si vous faites un mauvais gestes et que vous lui aggravez son cas c'est vous qui paierez les pots casser. Pour tout soucis de ce type et que vous ne savez pas gérer faites le 15, il y a un médecin qui répondra à vos questions et vous guidera. Punaise ne jouer pas avec la vie des gens, il y a assez de mort comme ça.

24 mai 2011 à 09:16:05
Réponse #36

Bison


Bonjour,

Le reproche que j'adresse aux formations PSC1 / BEPS, c'est de ne former en rien le jugement des secouristes.
De ne documenter en rien (chiffres, stats ...) et de ne pas justifier sérieusement les consignes données.

C'est propre aux formations officielles, lesquelles se refusent à faire confiance au jugement, au bon sens, et au sang froid des futurs secouristes.

Le leitmotiv c'est :  appeler les secours ...

Ben, en ce qui me concerne, mon leitmotiv à moi c'est d'être efficace, tout de suite.
Si un de mes proches est victime d'une hémoragie artérielle grave, ce sera le garrot, tout de suite, pour arrêter la vie de s'en aller ...

Après, j'aviserai, suivant les circonstances, la disponilité de pansements et ou  de bandes, la possibilité de se faire assister, le délai prévisible de l'intervention des secours.

Le "jugement" dans le cas présent, c'est d'estimer la gravité de l'hémorragie, sans se laisser impressionner par exemple par le nombre de petites coupures, la surface ensanglantées etc ...

Un jugement, cela s'éduque, et malheureusement, la formation PSC1 ne fait rien en ce sens.

Rien n'empêche cependant de réfléchir par soi-même, de poser des questions à un médecin, de lire autre chose que la littérature officielle.

J'ai assisté il y a peu à une formation du Club Alpin Belge, donnée aux membres intéressés mais destinée en premier lieu aux futurs guides et accompagnateurs en montagne. Cette formation était bien instructive à plusieurs points de vue:
 - l'option "appeler les secours" n'était pas le leitmotiv, du fait de l'esprit "expédition";
 - la formation était données par des médecins, à qui on pouvait poser des questions, sans recevoir une réponse dans la langue de bois.
 - l'usage du garrot était enseigné conformément à l'analyse donnée dans le premier message de cette discussion.

C'est une formation donnée dans un programme de formation professionnelle reconnu par les autorités de tutelle ...

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

24 mai 2011 à 10:57:42
Réponse #37

mazel


 Auto-citation certes:

C'est la bonne place pour éviter un fil perso, ..

.. Cette glace s’est étoilée sous le choc de son crâne et de gros pans de verres et triangles se sont effondrés sur cou et épaule. Un jet de sang puissant et saccadé sortait de la blessure. Même allongé au sol dans une flaque de sang, il continuait à menacer un monde hostile de son couteau. Il fut maîtrisé par six bonhommes assis sur lui ou sur ses membres, dont moi sur son torse.  Je me suis occupé de bien faire préciser dans l’appel des secours de noter l’urgence de l’hémorragie au cou par bris de verre de vitrine et le besoin d’une camisole pour cet individu agité.
 J’ai tenté compression avec l’un de mes pouces, puis l’index, le sang fuyait de partout. J’ai poursuivi mon exploration à l’intérieur de la blessure avec deux doigts finalement, majeur plus index, jusqu’à ce je trouve effectivement une position bouchon. De temps en temps, il fallait recommencer à rechercher une nouvelle position.

... Ai-je eu le bon geste, je n'ai jamais pu savoir.

 Ma petite section escalade du Caf (en France) formait à l'époque ses membres à certains premier secours. (réduction d'entorse au pied, garrots de membres, portage petit blessé avec paquet de corde lovée en huit..). Certains membres praticants étant secouristes ou dans la médecine nous ont certainement plus appris à ce qu'il ne fallait surtout pas faire.

 Et puis j'attendais un peu une réponse avisée à cette question posée par cet extrait de mon message sur ce fil sur des hémorragies avec la critique d'un des professionnels .

 Merci à lui de répondre sur ce qui a dû durer moins de cinq minutes dans cet épisode.

 Alors bon geste ou pas?

 JL mazel

24 mai 2011 à 15:18:30
Réponse #38

Snake.Doctor


Il est bien dit en PSC1 et je suis sûre dans toutes les autres formations aux gestes de premiers secours, que le but est de ne pas aggraver l'état de la victime. Ne lui faites pas tout est n'importe quoi. N'oubliez pas que si vous faites un mauvais gestes et que vous lui aggravez son cas c'est vous qui paierez les pots casser. Pour tout soucis de ce type et que vous ne savez pas gérer faites le 15, il y a un médecin qui répondra à vos questions et vous guidera. Punaise ne jouer pas avec la vie des gens, il y a assez de mort comme ça.

Désolé de ne pas y aller par 4 chemins (mais c'est mon style  :D), mais le jour où en France vous cesserez d'infantiliser les gens et de leur faire peur dans le domaine des premiers secours, peut-être que vous arriverez à plus d'efficacité sur le terrain et vous cesserez de vous étonner encore que personne ne fait rien en attendant les pompiers ou le SAMU...

J'ai l'impression qu'à chaque fois que vous enseignez un geste de secours, vous êtes obligé d'ajouter derrière "mais attention, si c'est pas la bonne chose à faire sur CETTE situation, vous serez tenu responsable de la péjoration du patient devant un juge ! Vous serez condamné à la prison à vie, vous allez perdre votre emploi, on va saisir votre maison, violer votre femme, empailler votre chien, et votre âme ira pourrir en enfer" (bon ok je me suis laissé emporté, mea culpa  :doubleup:).

Plus sérieusement, arrêtez de vous étonner que les gens détournent les yeux quand il y a des blessés et préfèrent passer leur chemin plutôt que tenter d'aider la personne. Avec ces discours alarmistes sur les suites juridiques possibles, c'est sur que personne n'ose agir... Et devinez quoi ? Ce qui sauve les gens c'est pas des professionnels avec 40kg de matos avec eux qui arrivent après 10min sur place, les trucs graves c'est le BLS qui sauve, c'est la gestion des hémorragies, c'est la position latérale de sécurité, c'est de protéger un patient des éléments extérieurs (surtout les échanges thermiques), et c'est un massage cardiaque externe sur un arrêt cardio-respiratoire. Et ça, si personne le fait avant l'arrivée des secours, non seulement ça péjore l'état du patient, mais en plus ça peut facilement engager son pronostic vital...

Ce qui importe, c'est de se former au mieux, acquérir des compétences reconnues et éprouvées, et faire ce que l'on juge le meilleur pour la personne, dans la limite de ses compétences. J'ai jamais gueulé sur une personne parce qu'elle avait fait un garrot à un patient qui avait une petite plaie sur le dos du pied, bien au contraire, je l'ai remerciée et félicitée d'avoir fait quelque chose, en précisant qu'un pansement aurait suffit quand ça saigne pas beaucoup. Un garrot correct (large et bien placé) ça peut être laissé en place jusqu'à 6h sans léser le membre, alors une fois pour toute il faut arrêter d'avoir peur de choses que l'on connaît.

Ensuite concernant l'appel à un ami (c'est une expression que j'utilise souvent), en l’occurrence le 15 en France pour parler avec un médecin... Croyez-moi, la régulation téléphonique c'est une science plus qu'inexacte (je suis passé par là pendant ma formation donc je parle en connaissance de cause)... Entre ce que la personne vous raconte au téléphone et ce que vous avez sur le terrain, c'est bien souvent le jour et la nuit, dans les 2 sens du terme. On ne peut pas s'attendre d'une personne stressée qui n'a jamais vu de blessé de sa vie de vous faire un compte-rendu adéquat d'un type d'hémorragie ou de lésions externes...
Donc oui, l'appel au 15 peut aider dans certaines situations, mais pour en revenir sur le sujet, la gestion des hémorragie, le temps d'expliquer au médecin que le sang est plutôt fuchsia que bleu azure, la personne risque d'être décédée si c'est massif.

Citation de: mazel
Alors bon geste ou pas?

Pour reprendre depuis le début, déjà le gars tant qu'il a son couteau à la main, je ne m'approche pas. Votre sécurité passe avant tout le reste (ça comprend aussi mettre des gants pour se protéger des pathogènes sanguins ainsi que des lunettes si disponibles). Ca ne sert à rien d'avoir un 2ème blessé par arme blanche sur la situation qui est déjà bien chaude.

Pour l'agitation, c'est très pragmatique ce que je dis, mais quand il aura assez saigné et tombera inconscient, on pourra commencer à bosser. Sinon les camisoles ça ne se fait plus depuis quelques temps déjà, on préfèrera utiliser une contention "chimique" si besoin avec des médicaments injectés pour "calmer" la personne. N'oubliez jamais que vous n'êtes en rien responsable de l'état de santé d'un patient, il faut éviter de se sentir investi d'une "mission divine" qui risquerait de vous mettre en danger.

Maintenant concernant l'hémorragie, si je comprend bien la blessure qui saignait le plus était à la base du cou ? Si c'est le cas, ça pouvait être l'artère carotide ou sous-clavière (si tu dis que ça pulsait). Sans matériel peu de solution. Comme tu l'as très bien remarqué. Sur ce type de blessure l'accès est quasi-impossible et ce qui risque de marcher le mieux reste la compression directe (ce que tu as fait). Attention cependant car comme tu le disais ce sont des morceaux de verres qui sont tombés, il aurait pu y en avoir un cassé dans la plaie et tu aurais pu te blesser.

Pour l'hémostase, si possible utiliser des compresses ou de la gaz (à défaut un morceau de tissu déchiré) et l'enfoncer dans la plaie. En mettre un maximum à l'intérieur puis bien comprimer par-dessus pour faire compression. Sinon la compression manuelle avec les doigts comme tu l'as fait, très difficile si on ne trouve pas l'origine du saignement, mais une fois trouvé si on arrive à boucher correctement ça marche bien aussi. Après c'est sur qu'il ne faut plus retirer ses doigts sauf si le saignement reprend et qu'il faut se repositionner.

Donc si j'ai bien compris ta situation, pour moi tu as fait ce qu'il fallait, compression directe dans une plaie profonde avec les moyens du bord. C'est typiquement le genre d'hémorragie très difficile à contrôler.

Dans l'optique de mieux faire la prochaine fois, pense surtout à te protéger (de la personne dangereuse et de la contamination), comme je l'ai dit au début, c'est con d'avoir 2 victimes quand on a déjà bien assez à faire avec une seule. Et pour l'hémorragie, essaie d'utiliser de la gaz ou du tissu pour augmenter la compression et "colmater" la plaie.
So that others may live

24 mai 2011 à 15:53:36
Réponse #39

mazel


...ce sont des morceaux de verres qui sont tombés, il aurait pu y en avoir un cassé dans la plaie et tu aurais pu te blesser.

Pour l'hémostase, si possible utiliser des compresses ou de la gaz (à défaut un morceau de tissu déchiré) et l'enfoncer dans la plaie. En mettre un maximum à l'intérieur puis bien comprimer par-dessus pour faire compression. Sinon la compression manuelle avec les doigts comme tu l'as fait, très difficile si on ne trouve pas l'origine du saignement, mais une fois trouvé si on arrive à boucher correctement ça marche bien aussi. Après c'est sur qu'il ne faut plus retirer ses doigts sauf si le saignement reprend et qu'il faut se repositionner.

Donc si j'ai bien compris ta situation, pour moi tu as fait ce qu'il fallait, compression directe dans une plaie profonde avec les moyens du bord. C'est typiquement le genre d'hémorragie très difficile à contrôler.

... Dans l'optique de mieux faire la prochaine fois, pense surtout à te protéger (de la personne dangereuse et de la contamination), comme je l'ai dit au début, c'est con d'avoir 2 victimes quand on a déjà bien assez à faire avec une seule. Et pour l'hémorragie, essaie d'utiliser de la gaz ou du tissu pour augmenter la compression et "colmater" la plaie.

 C'était des pans de gros triangles de glace épaisse entiers, dont l'un tombé comme un couperet sur la base du cou effectivement. Tout le monde avait fui par plusieurs issues, et le type gisait seul à moité groggy sous le choc. C'est en revenant de lui porter secours qu'il a cru qu'on voulait l'achever, il a donc fallu le maîtriser de réactions d'une violence incroyable pour un blessé. Il a eu droit en premier à une piqure dans la fesse.

 L'infecter par mes ongles sales m'a éfleuré l'esprit, mais allait-on le voir se saigner complètement sans rien faire?

 Je te remercie beaucup de la réponse et me sens soulagé.

 JL mazel

 
« Modifié: 24 mai 2011 à 16:10:59 par mazel »

24 mai 2011 à 17:32:03
Réponse #40

Snake.Doctor


C'était des pans de gros triangles de glace épaisse entiers, dont l'un tombé comme un couperet sur la base du cou effectivement. Tout le monde avait fui par plusieurs issues, et le type gisait seul à moité groggy sous le choc. C'est en revenant de lui porter secours qu'il a cru qu'on voulait l'achever, il a donc fallu le maîtriser de réactions d'une violence incroyable pour un blessé. Il a eu droit en premier à une piqure dans la fesse.

 L'infecter par mes ongles sales m'a éfleuré l'esprit, mais allait-on le voir se saigner complètement sans rien faire?

 Je te remercie beaucup de la réponse et me sens soulagé.

 JL mazel

 

D'accord. Oui je pense qu'effectivement ils ont commencé par le sédater la moindre pour le calmer. Les réactions violentes arrivent souvent (surtout avec les gens qui sont alcoolisés ou/et drogués), c'est d'autant plus important avant d'approcher la victime d'expliquer clairement qu'on vient pour l'aider, et lui dire de lâcher son couteau. On se dépêchera alors de le mettre en sécurité pour pas se le prendre par la suite.

Il faut savoir qu'une personne en état de choc (psychologique ou hypoperfusé) peut avoir des réactions inattendues, qui vont à l'encontre de ce que l'on peut attendre d'une personne que l'on veut aider. C'est normal.

Pour l'infection je parlais surtout pour toi, pas pour la victime. Il faut toujours se protéger soi-même quand on intervient auprès d'un blessé. Vous vous rendez pas compte du nombre de personnes qui sont porteuses de maladies transmissibles par le sang...

En tout cas merci de ton témoignage et si tu as d'autres questions, hésite pas.
So that others may live

25 mai 2011 à 18:08:53
Réponse #41

fry


Désolé de ne pas y aller par 4 chemins (mais c'est mon style  :D), mais le jour où en France vous cesserez d'infantiliser les gens et de leur faire peur dans le domaine des premiers secours, peut-être que vous arriverez à plus d'efficacité sur le terrain et vous cesserez de vous étonner encore que personne ne fait rien en attendant les pompiers ou le SAMU...

Je suis en profond désaccord avec ceci ( et tout le reste du message que je ne citerai pas pour des raisons de place et de lisibilité ), qui est selon moi totalement à coté de la plaque.

En France le problème n'est absolument pas une quelconque infantilisation ou un effroi du grand public dans la formation des premiers secours ( car ces points ne concerneraient que les gens ayant justement passé ces formations ), le problème est que les gens ne se forment pas aux premiers secours. Et ça, ça change complètement la donne. Si pas grand monde ne sait réagir face à des urgences de premières nécessité en France, ce n'est pas parce que leurs cours n'ont pas été assez développé ou qu'on a trop insisté sur l'aspect juridique, puisque ces cours ils ne les ont pas eu.
Le français moyen se sent peu concerné par les premiers secours, ou si ça l’intéresse, il n'est pas suffisamment motivé pour faire le premier pas et prendre l'initiative de s'inscrire à une formation officielle de secourisme. Le problème il est là, ne mélangeons pas tout, et surtout pas les modalités d'enseignement du secourisme qui forment globalement de très bon secouristes sur le territoire ( après on peut toujours discuter du contenu de ces formations, de la manière etc... mais ce n'est sûrement pas la formation actuelle qui est responsable d'un manque à gagner en matière de santé publique. Les gens bien formés réagissent au mieux ).
Quelqu'un qui joue au héros en dehors de ses clous, peut être plus dangereux qu'un spectateur n'osant rien faire. Et j'ai pas mal d'exemples en tête.

Il est absolument capital d'insister sur l'aspect de responsabilité cité plus haut, ainsi que sur le principe de sécurité ( un bon sauveteur doit absolument éviter de se mettre lui-même en danger avant de songer à porter secours... comme dit plus haut, mieux vaut une victime que deux ). On ne voit pas seulement passer de nombreux cas mal gérés par manque de gestes, on voit aussi beaucoup de cas mal gérés suite à des gestes totalement inappropriés, un état de fait qui nuit à la victime et envoie l’apprenti sorcier devant un juge. On ne réalise un geste périlleux que lorsqu'on sait le réaliser ( a quelques exceptions notables telles que le massage cardiaque qui vaut mieux mal fait que pas fait du tout ).

Les discussions sur ce forum souffrent d'un biais de sélection évident, tous les intervenants ici ou presque sont formés voire enseignants en secourisme à des degrés divers, et il est évident qu'un débat réclamant plus de détails, de champ libre, et d'exhaustivité des formations de secourisme pourra ici prendre son sens.
Mais pensez que ce n'est pas le cas de 9/10e de vos concitoyens, et que les dites formations sont destinées au plus grand nombre, ce fameux plus grand nombre qui fait souffrir les statistiques de premier secours dans notre pays.

Non, pour moi ce n'est pas la démarche clinique / diagnostique et le bon sens médical qui permettra aux millions de français de bien réagir face à une urgence vitale, mais des pratiques standardisées et protocolisées très précises apprises et répétées de nombreuses fois pour un déroulement optimal, et anticipant toutes les situations les plus courantes ( inconscience et respiration: PLS, inconscience pas de respiration: massage, etc... ). Ensuite, dans un deuxième temps, pour les personnes plus intéressées, plus concernées, on peut élargir sur des formations complémentaires et aller plus avant dans la science du secours à la personne bien entendu... mais mettre une quelconque infantilisation de la formation ou l'éducation juridique de tout secouriste comme cause des maux de la France en matière de premiers secours est vraiment une lourde erreur.

Pour le reste:
- Effectivement ce sont les premiers intervenants qui permettent la survie dans certains cas - dont les ACR en priorité -, avant le SMUR, puisque 1min écoulée = 10% de chances de survie en moins, et que le SMUR met en moyenne 12 min à arriver sur place. Ce n'est un secret pour personne, et les secouriste français correctement formés réagissent de manière optimale dans ce genre de situation.
- La régulation téléphonique je connais bien aussi, crois-moi, et son but n'est pas de remplacer l'intervenant, mais de renseigner au mieux les équipes en route, et éventuellement de conseiller des gestes au personnel sur place. Elle n'est qu'une étape d'attente, avant l'arrivée des pompiers généralement très rapide, puis du SMUR.  

Au total je ne vois pas en quoi on peut incriminer tout ce qu'on à incriminé plus haut... tout ce que l'on constate en 2011, c'est que les français se forment peu, pas qu'ils sont mal formés.

N.B: dans l'absence de formation, je compte les personnes ayant pour seul bagage la journée de secourisme de la JAPD ( dont il ne reste plus grand chose a un an, voire à 6 mois ), ou encore les personnes s'étant formé il y a dix ans sans jamais se recycler, et n'étant pas beaucoup plus renseignées qu'un passant lambda au final...
« Modifié: 25 mai 2011 à 18:13:58 par fry »

25 mai 2011 à 22:14:59
Réponse #42

lilou6201


Bonne conclusion Fry il faut savoir qu'on est que 42% des Français à être former aux gestes des premiers secours et que 4500 personnes meurent en France par an car le Français lamda ne sait pas faire le minimum.
Former vous !!! 80 % des Arrêt Cardio Resporatoire  arrivent au domicile, si la personne n'est pas masser dans les quelques minutes elle à des séquelles irréversibles au cerveau et à forciori décède. Le SMUR une  fois sur place ne pourra faire que peut de chose  si ce n'est tenter un massage à perte...
Pensez à vous et vos proche !!

26 mai 2011 à 09:39:41
Réponse #43

Snake.Doctor


Je suis en profond désaccord avec ceci ( et tout le reste du message que je ne citerai pas pour des raisons de place et de lisibilité ), qui est selon moi totalement à coté de la plaque.


Je ne vais pas non plus tout citer pour des questions de place.

Il ne me semble pas que j'incrimine toute la population française dans ce que j'ai écrit, mais les gens qui sont passé par des formations de premiers secours officiels. Si je me suis mal exprimé et que vous m'avez mal compris alors je m'en excuse mais ce n'était pas le but de mon dernier message.

Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le fait qu'il faut encadrer légalement les premiers secours et mettre les gens au courant de leurs droits et devoir, par contre je suis contre la manière qui est utilisée à large échelle (en tout cas de tout ce que j'entends). On peut expliquer aux gens que les gestes appris doivent être bien faits, sans pour autant leur faire peur par avance à faisant pointer la case tribunal partout, et c'est le ressenti que j'ai quand je discute avec des amis français, voir des professionnels. Je mets surtout ça en avant comme point à améliorer dans la formation. A travers les instructions que je donne auprès de non-professionnels, le thème des suites légales aux gestes est une des premières questions qui vient sur le tapis. Ca montre bien la peur que cela provoque chez les personnes, et il faut en tenir compte...

Parce que pour rester factuel, combien de condamnation de personnes en France pour des gestes de premiers secours mal appliqués ? Voir combien de convocation devant un juge pour ça ? Est-ce que vous avez un endroit pour obtenir des chiffres ? Ca pourrait en dire long sur l'aspect légal de la chose.

Pour le reste de ton message, je pense que tu peux retirer le mot "France" de ton texte et le remplacer par "Europe", voir même "Monde". Le problème de la formation de la population au secourisme est un problème majeur partout, de par le peu d'intérêt que cela suscite auprès des gens. La personne lambda préfère ne jamais penser à des personnes blessées, se disant que de toute façon des professionnels seront là pour s'en occuper.

Je ne sais pas comment fonctionne votre système en France, mais par exemple en Suisse toute personne qui désire avoir le permis de conduire voiture doit nécessairement passer par une formation de base au secourisme (hémorragies, arrêt cardiaque, personne inconsciente, sécurité sur le lieux d'un accident, etc...) et c'est seulement une fois que le cours a été fait qu'ils peuvent demander un permis d'élève.

Après je suis d'accord également que les gens suivent ces cours par obligation et que la matière retenue à 6 mois doit être bien faible, justement parce qu'on ne suscite pas d'intérêt chez les gens.

Il y a des projets pilotes qui ont montré leur potentiel, avec la volonté politique qui suit derrière, comme par exemple à Seattle où ils ont mis en place dans les centres communautaires des cours de premier secours (surtout le massage cardiaque avec AED), gratuits pour tous, et en parallèle ils ont fait installer des AED partout dans les endroits publiques. Le résultat ? Ils ont un des taux de réanimations réussies des plus élevés au monde (autour de 75%, et le taux de survie avec sortie de l'hôpital environ 30%).

Alors, des idées à apporter pour avoir un soutien politique (moi perso je vote pour que Adriana Karembeu cesse de récolter de l'argent et commence à former les gens aux premiers secours  :doubleup:) ?
So that others may live

26 mai 2011 à 10:07:56
Réponse #44

Kilbith


Citer
Au total je ne vois pas en quoi on peut incriminer tout ce qu'on à incriminé plus haut... tout ce que l'on constate en 2011, c'est que les français se forment peu, pas qu'ils sont mal formés.

N.B: dans l'absence de formation, je compte les personnes ayant pour seul bagage la journée de secourisme de la JAPD ( dont il ne reste plus grand chose a un an, voire à 6 mois ), ou encore les personnes s'étant formé il y a dix ans sans jamais se recycler, et n'étant pas beaucoup plus renseignées qu'un passant lambda au final...

La conclusion de ton intervention me semble aller dans le sens de l'impression exprimée par "Snake Doctor".

Plutôt que de se plaindre du fait que peu de français soient ou désirent se former au secourisme, il est bon de s'interroger sur le pourquoi.

AMHA : si peu de français désirent se former c'est justement à cause de l'impression majoritaire qu'ils ont. Soit pour eux ce n'est pas nécessaire, soit ce n'est pas souhaité, soit que rien n'est fait pour leur faciliter cet apprentissage, soit que rien n'est fait pour leur faciliter l'excercice après.

Sans compter la perception d'un manque de "considération" une fois formé de la part des institutions et des professionnels de santé. Et là j'ai plein (mais alors plein) d'exemples vécus de l'intérieur.

Le fait qu'un professionnel Suisse dans ce domaine puisse exprimer facilement un avis sur le "pourquoi" est pour moi particulièrement révélateur. Si un étranger ressent cela, on peut compter que ce soit le cas d'une grande partie de nos concitoyens. L'important n'est pas de savoir s'il ont raisons ou tord...l'important c'est de changer leur perception négative.

En gros : si les gens ne se forment pas, ou ne désirent pas se former c'est qu'il y a une/des raison. La réponse ne peut pas être simplement de les y forcer (lors du passage du permis, au SN...).

Il faut donc pour modifier cet état de fait s'interroger sur l'équilibre forces agonistes vs. les forces antagonistes relatives à ce sujet.

Ce n'est pas celui qui pose le problème qui est le problème... ;)

Citer
Parce que pour rester factuel, combien de condamnation de personnes en France pour des gestes de premiers secours mal appliqués ? Voir combien de convocation devant un juge pour ça ?
Les faits sont en fait assez secondaires, ce qui compte c'est la perception que l'on a des faits. Il semble évident que plein de gens pensent dans notre pays, à tord ou a raison, que chaque geste qu'ils vont tenter va leur apporter plus de problèmes que de bénéfices. Après il ne faut pas s'étonner qu'ils préfèrent majoritairement rester dans l'ignorance.

Toute proportion gardé, c'est un peu la même chose lors de l'élection d'un délégué de classe ou promotion. Aucun avantages, aucune considérations de la part de l'équipe pédagogique, souvent pas mal de jalousie de la part de ses pairs, considéré comme "taillable et corvéable à merci" par tous parce ce qu'il a été "volontaire". On constate même que parfois il est jugé "responsable" (exclusivement des mauvais) agissements du groupe qu'il représente.

...D'ailleurs plus on avance dans les années du primaire vers le supérieur , plus on constate que l'apprentissage à joué et qu'il y a, bizarrement (?), moins de volontaires.



 :)
 





« Modifié: 26 mai 2011 à 10:19:11 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

26 mai 2011 à 10:09:38
Réponse #45

Bison


Bonjour,

Citer
le thème des suites légales aux gestes est une des premières questions qui vient sur le tapis. Ca montre bien la peur que cela provoque chez les personnes, et il faut en tenir compte...

L'impression que j'ai ressentie (PSC1 français puis BEPS belge), c'est que ce sont avant tout les secouristes semi-professionnels qui se sentent concernés ... (Je n'ai pas perçu la même inquiétude chez les toubibs qui enseignaient le secourisme en rando / expé).

Je pense aux secouristes volontaires de la croix rouge (par ailleurs instructeurs PSC1/BEPS) qui, sans avoir eux-mêmes un bien grand bagage théorique (part formante du jugement), jouent un rôle quasi professionnel. Ils interviennent beaucoup plus souvent que le commun des mortels. Donc, ils sont forcément confrontés, un jour ou l'autre, à des embrouilles. Et ils ont intérêt donc à se protéger.

Le brave père de famille lui va rencontrer quoi? Une demi-douzaine de cas d'intervention sur sa vie ?  Allez, disons une douzaine ... Et la plupart du temps, ce seront des brûlures pas trop graves, des coupures pas trop graves, des entorses, des malaises vagals ... Si un jour un de ses enfants, ou le gamin du voisin, passe à travers une porte vitrée, il ne pensera pas aux suite légales de ses actes ... enfin je l'espère. D'ailleurs, en cas de problème, son assurance RC familialle devrait intervenir, si je ne m'abuse. Et avant qu'il ne soit condamné au pénal pour avoir "fait de son mieux" ...

Tiens, bizarre ...
Je ne me souviens pas avoir été briefé sur la probabilité relativement élevée d'un malaise vagal suite à une coupure (même "pas trop grave").
Et pourtant ... c'est un scénario réaliste, qui complique un peu les choses non?
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

26 mai 2011 à 10:22:13
Réponse #46

Bison


Citer
AMHA : si peu de français désirent se former c'est justement à cause de l'impression majoritaire qu'ils ont que soit ce n'est pas nécessaire, soit ce n'est pas souhaité, soit que rien n'est fait pour leur faciliter cet apprentissage, soit que rien n'est fait pour leur faciliter l'excercice après.

J'ai bien du mal à persuader les mamans et les papas de mes petits enfants de se former ...

Déjà, ils n'ont pas vraiment beaucoup de temps libre.
Ensuite, ils n'en ont pas encore ressenti le besoin.

C'est rare pour un adulte jeune d'avoir assisté en première ligne à "un cas" de réelle urgence, un de ces cas où, si on n'intervient pas tout de suite, la victime est perdue ...

Qui a assisté de près à une hémorragie grave, à un arrêt cardio respiratoire ? ... de près, et dans la première minute où l'on peut réellement faire quelque chose?

Ce que je trouve moins excusable, c'est l'indifférence dans les écoles, au niveau des directions, des enseignants ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

26 mai 2011 à 14:24:49
Réponse #47

CryptoPanda


Ce matin, je rentre de ma quatrième garde d'affilée...
La petite (8 ans) dêjeune, me demande si j'ai bien travaillé (sa mère lui dit que je sauve le monde... Je pondère en général par un: "oui, mais par tout petits bouts!" :-[ :-[ :-[)...
Et attaque: "hier, y'a un sapeur-pompier qui est venu à l'école... il nous a parlé des gestes qui sauvent..."
Et là, feu! Elle m'enchaîne pendant 30 minutes... questions/réponses... "Et si un copain tombe dans la piscine? Je fais quoi? "Et si tu "colles" à la cafetière électrique?" (...)
Elle en voulait la petite!!! Pas peur d'un juge ou d'un secouriste énervé d'être réveillé pour un gars ivre déclaré inconscient par un passant... Juste une petite humaine pleine de bonne volonté et pas envie de perdre une copine... (elle a découvert "la mort" cette année...)
J'étais fatigué... mais fier...  :love: :love: :love:
C'est peut-être HS... mais faut pas bouder les petits plaisirs!!!

Quoi qu'il en soit, j'ai bien peur que ce ne soit pas simplement par peur du juge que Mr X ne s'arrête même pas pour demander comment va Mr Y qui gît à terre... ( oui, la nature humaine me déçoit parfois quelque peu... surtout après une dizaine d'heures au samu et aux urgences... Ca doit être la fatigue???)
« Modifié: 26 mai 2011 à 20:13:25 par CryptoPanda »

26 mai 2011 à 17:53:54
Réponse #48

Snake.Doctor


@ CryptoPanda, l'espèce humaine est toujours surprenante et bien souvent décevante, mais en se rappelant tous les moments merveilleux qu'on vit auprès des gens ça permet de toujours adorer ce que l'on fait (en tout cas c'est mon cas, et je ne me lasse pas d'aller chercher des OH en rue en anticipant toutes les complications graves qu'ils ont une chance sur 1000 de me faire, et pourtant ça arrive...).

Sinon pour faire avancer un peu la réflexion sur comment motiver les gens à se former... Qu'existe-t-il en France comme cours bon marchés et de qualité pour les premiers secours ? Et la volonté politique ?

Je prends un exemple tout con des choses qu'on arrive à faire changer par des petits trucs... L'année passée une personne que je connais a fait une étude sur les arrêts cardio-respiratoires dans une zone campagnarde du pays. Résultats en mains (avec évidement les comparaisons qui vont bien avec les USA, Seattle et Washington en tête, puis comparaison avec d'autres endroits Européen où le BLS-AED a été largement soutenu et l'installation de défibrillateurs automatiques s'est faite), il est allé voir des responsables politiques pour leur soumettre les chiffres : ok vous avez tant de % de chance de faire un arrêt cardiaque en étant là. Les secours mettront x temps pour arriver, et on sait que chaque minute qui passe c'est en moyenne 10% de chance de moins de récupérer un patient.

Résultat, une loi a été votée et acceptée, et maintenant les cours de BLS-AED sont donnés dans toutes les écoles du canton pour former les gens. Un budget a été voté et de nombreux AED ont été installés dans les endroits publics. C'est très satisfaisant de voir une chose pareille se mettre en place.

Dans un autre canton, ils ont joué sur la publicité et la concurrence dans des grandes chaînes de magasin (d'abord expliquer que par exemple IKEA a installé plusieurs défibrillateurs dans tous leurs magasins sur le territoire), et ensuite leur dire que là où on a de la chance de sauver des gens c'est justement dans des lieux publics comme les magasins... Et en plus niveau marketing ça fait un sacré coup de pub de montrer qu'on se préoccupe vraiment de nos clients.

Résultat, tous les magasins de la chaîne ont été équipés d'AED (et surtout les magasins en montagne où le temps d'intervention augmente), et ils ont mis en place un programme pour former 3% de leur personnel au BLS-AED par an.

Je pense que c'est déjà un bon début.

Ensuite pour les professionnels, je pense qu'on a un rôle important à jouer auprès du public. Par exemple quand on réanime en rue, j'essaie toujours de trouver un témoin qui a fait le BLS-AED et qui se sent capable de masser, pour dédramatiser le geste et leur montrer que c'est à la portée de n'importe qui, pas besoin d'avoir un uniforme et un stétho autour du cou pour être capable. De plus ça motive les gens de se dire que ça a été utile de se former, rien que pour nous donner un coup de main. Les gens le voient également, et ça fait réfléchir...

J'ai pas de réponse miracle, mais c'est vrai que dans une société de plus en plus individualiste, c'est difficile de motiver les gens à venir en aide à leur prochain parce que c'est une bonne chose à faire...
So that others may live

26 mai 2011 à 18:36:03
Réponse #49

Humain


Quoi qu'il en soit, j'ai bien peur que ce ne soit pas simplement par peur du juge que Mr X ne s'arrête même pas pour demander comment va Mr Y qui gît à terre... ( oui, la nature humaine me déçoit parfois quelque peu... surtout après une dizaine d'heures au samu et aux urgences... Ca doit être la fatigue???)
Peut-être que ça dépend des coins...?
Peut-être que c'est parce que M. X n'a plus envie de se faire prendre à partie par un poivrot qui cuve dans un coin de rue et qu'il aura dérangé en voulant s'assurer de son bien-être? Peut-être aussi parce que M. X n'a pas envie de revoir ce regard las et épuisé des gars du smur qu'il a fait venir "encore" pour un poivrot, et qui sera exactement au même endroit le lendemain, encore en train de cuver son alcool? Alors peut-être que M.X s'adapte et ne regarde plus? Même si c'est triste, c'est de la survie aussi...

  Mme X, qui a connu la douce chaleur humaine de la banlieue parisienne.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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