trempez-la dans l'huile, trempez-la dans l'eau, ça fera un joli couteau...

Démarré par cedx69, 02 Octobre 2006 à 21:55:44

CaralDesail

Hop, je fais remonter le post mais c'est pour la bonne cause ;-)

Il me semble qu'entre une zone trempée et non trempée, la réaction au backstand n'est pas la même : Sur du XC75, la zone trempée laisse de bonnes éteincelles, la zone préservée n'en donne que peu. Est-ce juste une impression ?


James

Citation de: CaralDesail le 17 Juillet 2007 à 18:36:11
Hop, je fais remonter le post mais c'est pour la bonne cause ;-)

Il me semble qu'entre une zone trempée et non trempée, la réaction au backstand n'est pas la même : Sur du XC75, la zone trempée laisse de bonnes éteincelles, la zone préservée n'en donne que peu. Est-ce juste une impression ?



non, ce n'est pas une impression.

DavidManise

C'est pas pour rien que les briquets à silex fonctionnent bien mieux à dureté élevée ;)

David
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James

c'est tres pratique a la ponceuse pour reperer ou la trempe se troucve et si elle foire, ca et le son....

basic

Petite question (un peu bête) à tous nos forgerons:
J'ai réalisé des couteaux dans des vieilles limes plates par émouture sans jamais les tremper et sans problème de casse jusqu'à présent.  Mais quand même... je me pose la question : pour une lame de ce genre (très carbonée donc) un simple revenu au four de cuisine ne serait-il pas suffisant ?

cardoso5fr

Ben par abrasions sur une lime, si t'y vas à la disqueuse tu vas la détremper, donc sans trempe.....
Si tu bosses sur une lime à la lime sans détremper au préalable, je vois pas trop comment tu t'en sors.
A l'abrasif, ponceuse à bande ou avec une cale et du papier, on y arrive mais faut du courage (surtout à la main). (et à la ponceuse en refroidissant en permanence)
La trempe a pour but d'augmenter la dureté de l'acier, le revenu stabilise la structure de l'acier (détend le stress occasioné lors de la trempe) et permet d'ajuster la dureté de la lame au niveau souhaité.
Donc dans l'absolu si tu ne détrempes pas ta lime lors du travail, un revenu pour adapter la dureté à ton besoin, cela peux être potentiellement suffisant. Mais bon, pour moi on s'emmer... moins à faire un recuit sur la lime (la détremper), de bosser, et de refaire le traitement thermique. De plus tu ne connais pas l'état interne de ton acier à la base. S'il y a des zones de stress ou autre.
@ + Ben (Dremeltingpote steel dust junky)

basic

Merci de ces précisions, Cardoso. Et voici les miennes :
j'ai toujours eu soin, en travaillant à la meule (et pas à la lime ;) de pas laisser la lame s'échauffer. Le test du coup de lime sur la lame est assez concluant pour dire que mes lames (faites dans des limes assez costaud) ne se sont pas détrempées. Et comme j'ai fait des montages sur soie, je n'ai jamais eu le souci de percer pour mettre les plaquettes. 

FRED M

James a écris une chose très importante à mon sens, le SON.

L'acier trempé à un son très cristallin.

Je suis très attentif au bruit de l'acier, même quand je forge...si par exemple je forge dehors, je vais plus tenir compte du champ de l'acier sous mon marteau que de sa couleur.
La lumière est parfois trompeuse, l'oreille non.

Pour en revenir à la trempe, je n'utlise maitenant plus que de l'huile alimentaire.
Je fais très attention à la température de ma lame avant de la plonger dans mon bac à trempe.
Il est facile de tremper un acier comme un cochon, en montant la lame au jaune clair, et plouf dans l'huile qui s'enflamme gaiement.

Lorsque je trempe suis presque dans le noir, ma FAG est bien chaude et mon brûleur envoie tout doux.
Je promenne ma lame dans le foyer pour obtenir une température uniforme... comme je ne suis pas géné par le charbon, j'arrive à lire l'acier presque en transparence: je peux ainsi voir si la température est bonne même au coeur du matériau.

Je sorts la lame pour la présenter à l'aimant, juste pour me rassurer qu'elle n'est plus amagnétique. Je dis: juste pour me rassurer parce que j'ai déjà testé cet état lors des 3 revenus précédents.

Ensuite je la plonge dans l'huile chaude (40/60°) qui ne s'enflamme pas, ou vraiment à peine...un souffle suffit à l'éteindre.

Je vous décris là ma méthode, et mes moments d'attention qui sont à la fois très plaisants à vivre, mais aussi très stressants.



Anke

Ouhhhhh ! Haro sur le baudet qui forge au gaz ! Iconoclaste, béotien etc.... ( c'est pour rigoler hein !)
Bon, tout comme pareil comme Fred, trempe à la fin du jour, pas de lumière parasite et au charbon de bois. Amener la ferraille à la température tranquillou. Pour le visuel et ne pas être "gèné" par le charbon ( je t'en foutrais moi de la gène !), il suffit d'aménager un "lit" pour la lame dans le charbon, et de l'y coucher tendrement en la retournant régulièrement pour avoir une t° homogène jusqu'au coeur. Un petit coup d'aimant et immédiatement dans l'huile.
On peut également temper dans l'eau en ayant versé une pellicule de 2 cm d'huile dans le bac d'eau. Ainsi, en plongeant la lame, une pellicule d'huile enrobe l'acier avant qu'il ne soit au contact de l'eau ( vu dans un bouquin de forge, Strodzini, je crois), mais bon, surement à ne réserver qu'à un acier connu, nomenclaturé ;  avec un acier de "récup", faut être joueur pour tremper à l'eau ...
Plazen parle aussi d'une espèce de halo de chaleur qui se dégage de la lame quand elle est à la bonne température. Perso, je n'ai jamais vu, faut dire que moi je suis terrien, lui c'est pas sûr ! ( faut lire ça dans le sens de l'admiration à l'égard du gars)

FRED M


Kilbith

bonjour,

Je ne comprends pas pourquoi vous ne trempez pas dans l'eau/saumure. Certes cela risque de faire subir des contraintes mécaniques importantes à la lame, mais en revanche la termpe serait plus complète non?
Je pensais que la trempe à l'huile n'était utile que pour les objets épais.

Me tromperais-je ?

Anke

Kilbith, les notions que j'ai s'étagent ainsi :
La trempe d'un acier est le principe d'un refroidissement brutal de l'état très chaud au très froid. Le choc thermique que subit la lame est énormissime. Au cours de l'action de forge, on frappant, on crée des "traumatisme" à l'acier que l'on travaille, on l'étire, on l'aplatit etc... Ces traumatismes ont pour effet de créer des faiblesses sur l'objet, à tel point que l'on en arrive à compter les coups de marteau pour infliger le même traitement sur les deux faces ( pour un couteau) et tenter d'équilibrer ainsi les changements de structure.
La lame fragilisée ( c'est un peu inévitable) risque de casser tout net ou de se fendre ( le fameux "tic"..... horrible !) à la trempe "dure".
Donc de la trempe la plus douce à la trempe la plus dure :
Goop ( végétaline et paraffine), huile chaude( végétale), huile froide( végétale itou, si huile de vidange : bonjour le nettoyage après !), eau chaude, eau froide, eau salée froide.
Je crois que l'on peut dire qu'à chaque acier correspond une trempe, après c'est aussi une question de pratique, d'expérience et de connaissance en métallurgie ( voir :http://coustil.free.fr/ et http://www.forgefr.com/) où de bons articles et forgerons-couteliers ( pas des "Anke", des vrais !). Nos couteliers locaux sont également de bon conseil et sont surement tout prêts à expliquer.
Pour info, les katanas sont forgés droits et sont trempés à l'eau chaude ( et non salée je crois). C'est à cette occasion qu'ils prennent cette jolie courbe très pure. Cela donne un aperçu de la violence du processus ! Mais ces forgerons là sont des maitres.
Il est de bon ton en général de tremper à l'huile, notamment quand on ne connait pas trop la teneur en carbone ou tout simplement la constitution de l'acier travaillé (limes par ex ou acier ressort). Mais même avec cette prudence, il m'est arrivé de me retrouver avec une joile hélice au lieu d'une belle lame ( surtout sur les grands modèles sup à 30 cm par ex)... Mais bon, ça fait partie du bidule. Et puis se retrouver avec ta ferraille en main, c'est d'abord un grand " Et Meeerrrrde !", et puis un sourire en coin, secouant un peu la tête, tu remets un peu de charbon un coup de ventilo et regardant l'hélice du coin de l'oeil.... tu arrêtes de te la pêter au coutelier-forgeron !
Me faire recadrer comme ça..... j'aime bien !

Kilbith


Anke

Boah, de rien. On dira qu'un savoir( dans mon cas le peu de savoir que j'ai en la matière !) non partagé est un savoir perdu.

FRED M

Bonnes remarques Anke.
Ta description de la trempe et ta remarque sur le savoir.

Il faut également garder à l'idée que que pour être vraiment efficace, la trempe doit se réaliser dans un volume d'huile 100x équivalent au volume de la pièce à tremper.

Personne n'a tenté une trempe habillée directement dans une solution perchlo (sans doute solution de perchlo usagée pour ne pas trop attaquer l'acier durant les longues minutes de refroidissement)????? A la fois trempe et révélation!


Patrick

Citation de: FRED M le 07 Janvier 2008 à 08:39:44Personne n'a tenté une trempe habillée directement dans une solution perchlo (sans doute solution de perchlo usagée pour ne pas trop attaquer l'acier durant les longues minutes de refroidissement)????? A la fois trempe et révélation!
Celui qui tentera le premier prendra bien garde à porter un appareil respiratoire isolant car la vapeur de perchlo dégagée par la chaleur de l'acier porté au rouge ne doit pas être du meilleur effet pour les voies aériennes respiratoires.

Anke

Ouaip ! Je propose que FredM fasse l'essai ( hé hé, fais de trop beau couteaux celui-là, ch'finirais bien par l'avoir !). On dira que c'est mon coté Gargamel !
Ou alors demander à Ibis.... habillé en grenouille ? Quoique O2 et forge ...moyen moins !

cardoso5fr

Pourquoi moyen moins l'O2 et forge? c'est un acier que l'on retrouve pourtant souvent forgé (et j'ai pour l'instant des résultats tout à faire honorable, voir meme excellent sur le tout dernier au niveau tranchant et elasticité de lame), en plus le manganèse qui est fortement présent limite normalement les déformations lors des traitements thermique.
En tout cas bonne analyse de la trempe anke :). Moi je dirais que trempe à l'eau somatre, ben 1/2 chance de claquer la lame. Cela fait des trempes trés dure, mais faut être joueur. (même sur des kiris trempés à l'eau froide j'ai réussi à avoir une tapure et pourtant tout était poli pile poil).
Sinon pour le halo qui se dégage, je parlerais d'un voile "noir" qui passe sur la lame au moment du processus d'austénisation, dans une forge au gaz tu peux le voir, je dirais que dans une forge à charbon c'est impossible (enfin j'ai pas de forge à charbon) perso même si ma boite de conserve est au sol, je suis à moitié allongé et regarde le voile noir passer de la pointe vers le ricasso en ressortant la lame fréquément pour ne pas "bruler" la pointe. Et on voit nettement le voile passer, si tu tests à l'aimant alors que le voile est à la moitié de la lame, la pointe n'attire pas et le ricasso encore un peu. Il y avait un post en image je crois justement d'éric plazen sur britishblade ou forge ou le voile était photographié lors du refroissement. Faudrait que je le retrouve.
@ + Ben (Dremeltingpote steel dust junky)