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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: L'aventure, et son copain le risque  (Lu 5635 fois)

13 mars 2011 à 15:06:52
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Bison


Bonjour à tous

Nous sommes sur un forum dont le thème est "Sauver des vies".
Est-t-il incongru d’y parler d’aventure, de risques, et pire encore, de risques acceptés ?
Je crois que l’on n’y échappe pas. Vivre, c’est vachement dangereux !

Un brin de réflexion philosophique, pour une fois …

La vie est une aventure :  elle est pleine de dangers, de difficultés, de pièges ... L'imprévu est toujours présent, rien n'est parfaitement sous contrôle, même quand on fait de son mieux. La vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Heureusement ! Car que vaudrait la vie, s'il n'y avait pas ces imprévus auquels on on s'adapte (ou pas), ces pièges que l'on évite ou dont l’on se sort (ou pas), ces difficultés que l'on vainc (ou pas), ces dangers que l'on affronte bravement (ou pas) ?
 
Cette aventure dans laquelle nous sommes plongés dès la naissance, il y a plusieurs manières extrêmes de la vivre :
- dans l’angoisse
- dans l’insouciance ou dans l’inconscience
- en acceptant de jouer le jeu, en pleine connaissance de cause, en pleine acceptation des règles. Avec pour objectif de « gagner » le plus longtemps possible. Gagner quoi ?  Le bonheur de vivre aussi librement que possible, de profiter des petites joies quotidiennes, et des grandes moments aussi ... Gagner la satisfaction d’assumer ses responsabilités, de créer, de voir de nouvelles vies prendre la relève ...

Bien sûr, dans la vie de chacun de nous, il y a une part d'angoisse, une part d'insouciance et d'inconscience, et aussi (surtout ?) une part de "jeu" où l’on fait de son mieux pour devenir maître de son destin.

L’angoisse, c’est une calamité … Si on veut vivre pleinement, il faut apprendre à vivre avec les risques, à bien vivre sa vie malgré les dangers connus et inconnus que cela comporte.
 
L’insouciance et l’inconscience permettent d’échapper à l’angoisse, c’est déjà ça de pris ! Mais cette attitude hélas risque fort de réduire la durée de la partie …

Alors, il reste à accepter le jeu de la vie, et à jouer le mieux possible, à devenir un joueur de bon niveau, à viser à devenir un champion.

La vie est une aventure.
Une aventure est un jeu où :
- la chance intervient, le succès n’est jamais garanti
- le joueur (aventurier) s’efforce de mettre la chance de son côté
- l’aventurier « force la chance » comme on dit.
- Le joueur paie ses erreurs parfois très cher, dans son corps, dans son âme, ou dans ses biens. Parfois, d’autres joueurs paient pour les erreurs d’un autre.
- le succès permet de continuer à jouer
L’aventure est un jeu grisant …
  _ _ _ _ _ _ _  _

Pour vivre au mieux cette grande aventure qu’est la vie, l’idéal n’est-il pas d’apprendre le métier, les techniques, « l’approche » de l’aventurier ?  
Et pour cela de jouer des parties d’entraînement, des parties auxilliaires … où l’on apprend à forcer la chance . Pour finir par des parties sérieuses où l'on se met à l’épreuve pour de vrai, où l’on se qualifie parmi les "bons".

Le métier d’aventurier

Métier - dans le sens d'un savoir faire, d'un savoir être, d'un ensemble de compétences confrontées à l'expérience ...

L’aventurier est une personne qui s'épanouit dans les entreprises aventureuses.
- il domine son angoisse mais il prend en compte le danger
- il gère les risques au mieux, c’est une autre manière de dire qu’il met la chance de son côté, et qu’il sait « forcer la chance ».
C’est ainsi qu’il survit, et qu’il recommence !

On peut distinguer l’aventurier volontaire de l’aventurier involontaire.

Le « bon père de famille » est un aventurier involontaire. Son aventure principale, c’est de protéger les siens, de leurs donner les chances d'un avenir qui vaille la peine d'être vécu.
Ce n’est pas une mince affaire.
 
La vie des gens "ordinaires" est une belle et grande aventure. L’aventure de toute une vie. Elle se prépare (de loin) et se conduit (jusqu’au bout de ses forces) comme toute autre aventure.

Pour certains, l’aventure d’une vie, c’est de réussir une carrière, ou de diriger une entreprise.

Ce sont vraiment des aventures dignes de ce nom, dignes de notre respect.
Et il y aurait beaucoup de chose à dire sur ces aventures-là, sur ces aventuriers là. Mais elles sont dites ailleurs.

Les aventuriers « volontaires » .
Qui sont-ils donc ?
 
Ce sont ceux qui cherchent ailleurs que dans la vie "normale" le frisson de l'aventure :

- en pratiquant un métier « réputé » dangereux :  secouriste en montagne, militaire d’active, pompier, coopérant … il peut bien entendu exister toute une gamme de motivations où la part d'idéal "humaniste" entre en jeu, mais l’esprit d’aventure est toujours là, lui aussi, sinon on se dévouerait autrement.
 
- en choisisssant une activité de loisir réputée dangereuse - ou dangereuse sans avoir cette réputation :  alpinisme, spéléo, parachutisme, plongée sous-marine … mais aussi la plaisance (bateau) et la randonnée en montagne.
 
Notons que s’il n’y a pas de danger, il n'y a pas d'angoisse à dominer, de risques à gérer ...
Même s'il existe des difficultés à surmonter, même s'il faut un physique du tonnerre pour "tenir", il ne s'agit plus d'aventure dès lors que le danger est absent. Un sport ou un métier difficiles n'ont rien à voir avec l'aventure, si le danger n'est pas présent, si l'erreur ne meurtrit pas son homme.

Dans le contexte de nos sociétés civilisées, solidaires, sécuritaires … les aventuriers volontaires ne sont-ils pas des « extra-terrestres », voire des parias ?

Les questions fondamentales

A. Trois questions de moralité publique

1. Un bon père de famille ou un gérant d’entreprise … ont-ils le droit de se lancer dans des entreprises dangereuses « étrangères » à leur responsabilité principale? Ont-ils le droit en risquant leur propre vie, de mettre en péril l'avenir de leur entreprise, de plonger leur famille dans le chagrin et le désarroi ?
2. Les « aventuriers » dans leurs loisirs ont-t-il le droit de mettre en péril les sauveteurs qui tôt ou tard prendront des risques pour se porter à leur secours ?
3. L’exemple qu’ils donnent à leurs proches ou au public n’est-il pas un mauvais exemple ?

B. Trois questions pragmatiques

Comment augmenter les chances de survie, les chances de "victoire" quand on est un aventurier volontaire? C’est une problématique en trois parties :
- comment mettre les chances de son côté ?
- comment forcer sa chance lors d’une sortie dans la verte un peu « engagée » (par exemple) ?
- quel est le risque résiduel acceptable ?

1. Mettre les chances de son côté, c'est d’une part réduire la probabilité de devoir affronter un danger. Il n’est pas écrit « mettre toutes les chances de son côté ». D’une part ce serait illusoire, et d’autre part, si cela devait aboutir à éliminer totalement cette probabilité, il n’y aurait plus de danger, il n’y aurait plus l’aventure ... Metttre les chances de son côté, c’est d’autre part prendre un certain nombres de dispositions utiles pour augmenter la probabilité de s'en sortir, ou  de limiter la casse, quand l’accident se produit.

2. Forcer sa chance, c'est aussi savoir prendre un petit risque pour en éviter un plus grand. pour atteindre un but plus directement. Bref, savoir prendre la meilleure décision dans l’incertain …

3. Le risque résiduel est celui auquel on ne peut se soustraire, sauf à prendre des précautions démesurées, à subir des contraintes innacceptables. Le niveau de risque résiduel acceptable reste à l'appréciation de chacun. Et c’est vraiment une question cruciale, car c’est en cours même d’aventure, « en temps réel », alors que les conditions changent rapidement, qu’il faudra constamment ré-évaluer le niveau de risque, et prendre les bonnes décisions.

Puisque l’on est sur un forum « vie sauvage » qui aborde bien souvent le thème de la survie en rando, il me semble donc opportun de poser cette triple question à propos des sorties dans la verte et des randos quand celles-ci sont quelque peu engagées, c'est-à-dire quand il y a du danger, quand on n’a pas trop le droit à l’erreur … (exemple : le GR 20, une aventure qui fait rêver en effet mais aussi un casse pipes!
 
C. L’expérience de l’aventure « volontaire » peut-elle s’avérer utile dans la vie de tous les jours/

Trois axes de réflexion encore …

 - Un chef d'entreprise peut-il profiter de ce que lui apporte son hobby de spéléologie (par exemple) pour mieux conduire son entreprise vers la prospérité ?
 - Un chef de famille peut-il être un meilleur chef de famille du fait qu’il exercerait une profession réputée dangereuse - disons la professiuon de pompier ? Ou du fait qu’il pratiquerait un loisir « à risque ».
 - Au final, le bilan peut-il être positif si on place d'un côté le risque de "disparition" et de l'autre les avantages éventuels que procurent l’expérience de la gestion du risque, la maîtrise de l’angoisse et bien d’autres petites compétences supplémentaires que l’on acquiert en tant qu’aventurier « amateur »?

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On ne peut évidemment répondre à aucune de ces questions, sans avoir à l’esprit une réponse, ou au moins une ébauche de réponse à toutes les autres.
Mais, en vue de simplifier les discussions, de leur donner une ligne directrice, je propose de lancer trois discussions « annexes » à celles-ci .

Risques et responsabilités :  les personnes qui portent de lourdes responsabilités ont-elles le droit de risquer leur vie dans des activités à risques extéreieures à leur responsabilité « d’état ».
Débat ICI

L’aventure :  comment survivre à ses dangers, comment accepter le risque résiduel
Débat ICI

Bilan :  l’expérience des activités « à risque » peut-elle s’avérer précieuse dans la vie de tous les jours. Est elle bénéfique au niveau de la société?
Débat ici

Sur chacune de ces discussions annexes, on débattra donc des question fondamentales posées ci-dessus.
Mais le débat "général" – aspect philosophique et « métier » d’aventurier - reste ouvert ici même à la suite de ce premier message.
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Il reste, avant de poursuivre à poser une définition du risque et du danger

Les dictionnaires, malheureusement ne nous aideront guère car dans la vie courante comme dans la littérature, ces notions se comprennent intuitivement.
Au cours d’une discussion, il pourrait être nécessaire de s’exprimer de façon plus précises.
Je pense qu’intuitivement, le mot danger couvre un potentiel de destruction, de malheur.
- "un hache est un outils dangereux"
- "les dangers de la montagne …"

Il faudra surtout pourvoir faire un distinction entre la probabilité d’un évènement et la dangerosité de celui-ci (son potentiel destructeur).
Un risque, ce sera donc, pour les besoins de ces discussions, une notions à deux composantes :
- la probabilité d'être confronté à un événement dangereux
- la dangerosité de cet évènement, c’est-à-dire la gravité des dommages potentiels de cet évènement pour celui qui en serait victime

L'équation du risque : Le risque est donc le produit d’une probabilité et d’une dangerosité .

On parlera aussi des facteurs de risque :  ce sont les éléments qui influencent la probabilité ou la dangerosité. On pourra donc agir sur les facteurs de risque non seulement pour diminuer la probabilité d'être victime d'un accident, mais aussi pour limiter les dommages, pour augmenter ses chances de s'en sortir sans trop de casse.
 ______

PS.
 
Ce serait si simple si les probabilités étaient connues, et les dommages chiffrables ...  ::)
Malheureusement ce n’est pas le cas, en particulier quand on parle de phénomènes naturels pouvant emporter des vie humaines, causant chagrin et désastres familaux ...

J’aime bien ces signatures de membres illustres du forum.
« Tomber sept fois, se relever huit »
« La vie est une satanée sal*pe, mais elle a un si beau cul … »
« Modifié: 13 mars 2011 à 15:51:49 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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