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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: La désescalade  (Lu 11503 fois)

01 novembre 2010 à 15:28:04
Réponse #25

Lycaon


"dans quelle "catégorie" placerais tu le détournement d'attention où on va rebondir sur les propos du type pour le calmer et/ou lui faire penser qu'on est avec lui le temps de mettre les voiles ? (Plusieurs fois utilisé avec des types drogués ou dérangés)"

Je place ça dans le registre de l'empathie ou "écoute active". C'est l'approche des négociateurs en situation de crise (forcenés..). L'objectif est de construire une relation de confiance. On utilise beaucoup la paraphrase, la reformulation. Il faut que l'"autre" ait vraiment le sentiment d'être écouté et compris. La personne doit pouvoir s'exprimer. (En gros il faux permettre à la personne de  "frapper avec des mots plutôt que dire avec des coups"). C'est néanmoins une approche qui doit prendre un minimum de temps. La confiance ne se construit pas en 30 secondes.

En situation de fort stress, il y a ce qu'on appelle la communication paradoxale. Grosso modo un discours grammaticalement juste mais complétement décalé au niveau du sens ou qui crée une forme d'incertitude. ça évite d'avoir à gérer la conduite d'une stratégie trop élaborée et d'être plus centré sur la frappe préemptive. Ex: "Il m'avait dit que tu me tomberai dessus, il m'avait prévenu !!!" Le gars marquera un temps. Ou alors,: "Mes parents vont me tuer, aie aie, mes parents vont me tuer" !! 
 (Il y a des formes plus élaborées avec des formes thérapeutiques ou l'on "saupoudre" dans un grand flot d'incohérence, des mots ou phrases clefs afin d'obtenir un résultat en communiquant directement avec l'inconscient du patient. Mais bon, là je ne suis pas spécialiste).

Bien à tous
Vivez comme le Bouddha (mais pas tout le temps) et battez vous comme le diable

01 novembre 2010 à 20:42:08
Réponse #26

Lycaon




Citer
Il s'avère que c'est excessivement difficile à réaliser; voire, c'est quasi impossible, sans des drills bien spécifiques, ou sans une tonne d'expérience de type city streets.


C'est vrai qu'on a tendance à croire que "c'est verbal donc c'est facile ou plus facile". Il n'en est rien. Il faut s'entraîner et/ou avoir une activité professionnelle, par exemple, qui vous met souvent dans ce type de situations. De la même façon que le gars qui vous parle aura un temps de retard à réagir si vous attaquez, de la même façon, il est dur, sans entrainement de lancer une attaque au milieu d'une phrase. La technique peut marcher contre nous à notre insu. Le gros gros défaut, c'est souvent d'avoir besoin d'armer sa frappe pour basculer du verbal au physique, ça aide et ça invalide en même temps car on perd l'effet de surprise. Ensuite, plus on est stressé, plus ça doit être simple. J'ai pu dans le cadre de mon ancien taf préparer des "gestions verbales complexes" (cf agressivité sur un tiers imaginaire). J'ai décidé du moment et du comment. Pris à l'improviste, ça devient plus chaud. Il faut répéter, choisir ce qui fonctionne le mieux pour nous.   Dans le cadre de la communication paradoxale, on peut apprendre un texte crée de toute pièce par coeur qu'on pourra sortir automatiquement si bien travaillé. ca permet d'être en parti déconnecté de ce qu'on dit et de plus facilement basculer sur le plan "physique". Après, c'est jamais du 100% de réussite et c'est toujours du boulot en amont.


Bien à tous
Vivez comme le Bouddha (mais pas tout le temps) et battez vous comme le diable

18 décembre 2010 à 12:23:28
Réponse #27

dkjm


J'ai lu les deux pages du fil que je trouve très très interessantes, mais j'ai l'impression (arretez moi si je me trompe, je ne l'ai jamais essayé dans une situation réelle) qu'il reste une dernière piste dont on a pas parlé, c'est celle de faire le "fou" dans le sens une personne complètement folle qui n'aurait peur de rien qui serait extremement étrange, on a souvent peur de ce qui est étranger, et puisque l'agresseur n'est pas autre chose qu'un homme il aura aussi peur, et quand on sait que généralement les personnes n'agressent que les individus qui ont l'air plus faible qu'elle, cela peut peut être jouer non ?

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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