Est ce que ce n'est tout simplement la capacité de notre cerveau à analyser son envirronement et à faire des liens à un niveau "pré-conscient"? J'entends par là avant que tu aies conscience de ce que ton cerveau est entrain de t'ordonner.
Comme si tu avais un petit programme qui tournait en permanence et qui prend les rennes de la machine tout seul quand il détecte un faisceau d'éléments.
Enfin c'est comme çà pour moi, je cherche pas à le contrôler ou savoir comment çà marche, çà marche c'est tout.
A mon humble avis, c'est exactement ça, et c'est pour sans doute pour ça que l'on hésite souvent à tort à se fier à ses intuitions, surtout quand on est de culture cartésienne (comme probablement la plupart des personnes éduquées dans un cadre intellectuel francophone), alors que pour des personnes baignées dans des cultures différentes, la réaction peut être exactement l'inverse.
Or, l'expérience prouve généralement qu'on a plus souvent raison de s'y fier que le contraire, sans pour autant que le raisonnement conscient soit l'ennemi de l'intuition...
En fait, pour accéder à la conscience, on a besoin du langage, même strictement intérieur, et articuler un raisonnement conscient prend nécessairement un certain temps.
Et au-delà du facteur temps, même avec une grande intelligence (au sens plein du terme, qui est la faculté de relier les choses les unes avec les autres), avec une grande facilité de langage et au mieux de ses facultés, il reste tout de même bien compliqué de faire accéder à la conscience tous les éléments qui, sur un sujet, nous amènent à telle ou telle conclusion...
Mais manifestement, le fonctionnement de notre cerveau ne se résume pas à l'expression de notre conscience et, en particulier dans les situations dangereuses, il semble bien que le cerveau soit capable de rassembler à toute allure un paquet d'informations que nous aurions eu de la peine à consciemment relever, pour nous faire arriver de façon fulgurante à la conclusion tout en nous faisant grâce du raisonnement...
On peut d'ailleurs après, à tête reposée, tenter de relire l'évènement et d'analyser notre réaction intuitive et on arrivera souvent à la même conclusion par un raisonnement conscient.
Le raisonnement conscient n'est donc pas à opposer à l'intuition, me semble-t-il, mais l'important est à mon avis de ne pas, surtout dans notre culture occidentale moderne très "rationaliste", dévaloriser l'intuition mais au contraire de savoir s'y fier, notamment en situation de danger, jusqu'à preuve du contraire...
Ceci me fait penser d'ailleurs à un autre fil, plus ancien, sur ce forum (je ne me souviens plus du titre) où, de mémoire, Serge avait posté un lien vers des articles édifiants sur le fait que des victimes d'agression n'avaient pas su, souvent pour des questions de respect d'autrui et de conditionnement social, écouter leur pressentiment intuitif. L'un des exemples qui m'avait le plus frappé était de mémoire celui d'une femme qui, avant de monter dans un ascenseur où se trouvait déjà celui qui allait quelques instants plus tard la violer, avait eu une intuition de danger, un bref instant d'hésitation intérieur, mais n'avait pas voulu pour des raisons de respect social paraître se défier de l'individu en face d'elle, en substance pour ne pas l'offenser.
L'exemple est à mon avis très éclairant: souvent, face à l'intuition, ce n'est pas tant le bruit ambiant qui nous perturbe, mais plus un certain conditionnement social et ou culturel (par ailleurs souvent plein de mérites) qui vient dévaloriser l'intuition, principalement parce qu'elle n'est apparemment pas rationnelle... Alors que, vraisemblablement, elle l'est le plus souvent encore plus qu'un raisonnement conscient et logiquement articulé...
Cordialement,
Bomby