Logiquement, cette réflexion devrait me semble-t-il nous conduire à nous-même réévaluer notre attitude dans nos réunions conviviales (allez, un bon examen de conscience!) : sous prétexte (légitime) de convivialité, ne cherchons-nous pas nous-mêmes trop souvent à pousser tel ou tel à faire une exception à sa ligne de conduite alimentaire?
Pour répondre à cette question, il me semble opportun de distinguer différents types de régimes alimentaires, non pas techniquement, mais dans l'esprit. J'en distingue 3, mais il y en a peut-être d'autres:
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le régime de nécessité: c'est le cas des allergiques (arachide, œuf...) ou de personnes souffrant de problème médicaux (cancer, trouble du système digestif, obésité, déséquilibre alimentaire, etc...). Un tel régime ne peut subir ni critique ni exception puisqu'il y va de la santé du pratiquant.
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le régime de raison: c'est la tempérance devenue une discipline de vie, lorsqu'on s'abstient de consommer des substances qui procurent principalement un plaisir gustatif mais dont la consommation peut avoir des répercussions néfastes sur l'organisme (alcool principalement). Là, même si l'impétrant se prive sans que sa santé ne l'y oblige, il est fortement discourtois de lui imposer de changer sa façon de faire.
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le régime "idéologique": c'est un choix de vie indépendant d'une quelconque nécessité de santé (végétarien, végétalien, etc...), le plus souvent fondé sur des convictions personnelles. En l'occurrence, ces personnes ont fait des choix qui leur sont propres, et ont décidé de se distinguer, et quelque-part, de se marginaliser... ils doivent alors en assumer les conséquences. Aussi, lorsqu'ils sont reçu, même si la bienséance voudrait qu'on n'aille pas à l'encontre de leur mode de vie, les pratiquants ne sauraient malgré tout reprocher à leurs hôtes de ne pas (pouvoir) satisfaire leurs caprices (le mot est fort... mais on n'en est pas loin).
Le problème qui se pose, c'est que nombre de nos contemporains se livrent à la gourmandise (abus des aliments qu'ils apprécient sans se soucier des effets néfastes) et, en réaction, il est concevable que d'autres se rebellent contre cette mentalité, en basculant dans l’extrême inverse. Ces deux mondes sont condamnés à faire des concessions... ou à vivre cloisonnés!
Et la normalité? Elle serait dans l'équilibre alimentaire... mais cet équilibre est fonction du métabolisme et de la vie de chacun, ce qui n'est pas nouveau car nos ancêtres savaient déjà varier la nourriture d'une personne à l'autre en fonction des besoins nutritionnels
Un collègue me racontait qu'il a renoncé à convaincre ses beaux parents qu'il ne se gaverait plus à chaque repas.
du coup, officiellement, il a du cholestérol ...
c'est pas forcément très malin, mais ça lui évite de se battre à chaque fois et belle maman lui fait des légumes à l'eau rien que pour lui ... sa femme hésite à avoir du cholestérol elle aussi ...
C'est un exemple de ce que j'ai nommé "le régime de raison"... étant donné qu'en ne le respectant pas, on met en jeu sa santé à plus ou moins long terme, il n'y a pas d'état d'âme à avoir à rompre les contacts avec des personnes qui ne respecteraient pas ce choix, ou à utiliser des moyens moralement discutables pour parvenir à ses fins!
